LIV. I. CHAP. XUX. 34t
cation qo^il ayait trouvé établie , que des améliorations de détail , des perfections de position ou d'application au terrain , bien plus que de construction et que des corrections de défauts reconnus , plutôt que des inventions de mojens nouveaux , et que des découvertes de propriétés jusqu^alors inconnues. Et en cela il ayait sans doute obéi lien plus aux circonstances et au devoir de servir sk patrie et son roi , qu à son génie , et surtout qu'à son cœur, porté de préférence à tout ce qui tendait à conserver les Ixoimnes et la paix parmi eux. Louis XIV, dans ses trois premières guerres , n'avait eu que des places à attaquer, presque aucune à défendre. Porter à sa perfection Fart de les prendre , était donc bien plus important pour lui que d'y porter celui de les fortifier : il y a plus , ce dernier lui eut été nuisible. Un mode de fortifier les places, qui en eût considérablement auginenté la défense, et l'eût extrêmement rapprochée de l'attaque , qui dans les mains de Vauban venait d'atteindre à son terme, eût été sur-'lechamp imité par ses ennemis, et eût indubitablement ralenti , arrêté peut-être le cours de ses conquêtes. Yauban ne devait donc tenter d'ajouter à la force des places de son pays , que par des procédés qu'il ne fut pas au pouvoir de ses ennemis d'imiter. Mieux tirer parti des localités, mieux accorder qu'on ne l'avait encore fait la {brtification au terrain , redi*esser les tracés fautifs , rectifier les reliefs manques , retrancher ce qui était vicieux , ajouter à ce qui était faible , fut donc pendant long-< temps tout ce que Yauban se permit dans la construction des places. Dans leiu* défense , plus d'ordre intr^uit dans le service des places assiégées , plus de prévoyance^ dans l'ensemble et le détail de leurs approvisionnemens , d'excellens mémoires de défense dressés pour chaque
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place menacée d^un siège, ftittout ce quUl ajouta ace qui se pi*atîquait arantlui ; or ce genre de fortification et de défense ne pouTait être imité par quiconque n'avait ni son expérience ni son génie. Telle fut , et telle dut être en fcMtification la marche , que pour mieux servir son pays , YauBan tint pendant les trois quarts au moins de sa vie militaire. .
Mais les événemens de la fin du siècle dernier, la prise de Namur par les forces de la quadruple alliance en 1695, les immenses moyens qui furent déployés à cette attaque, Taflliblissement de la France, raffermissement des ligues qu^avait provoquées son ambition , Fabandon fait par elle k la paix de Byswick , et prévu long-temps k Favance, de tout ce qui sortait de ses Umites naturelles , Tattente d'une guerre plus terrible que celles qui Favaient précédée , et dont la succession d'Espagne lui laissait l'inévitable et fimeste héritage , tout avertit Vauban que les temps étaient changés , et que sa patrie , désormais sur la défensive , aurait à l'avenir moins de places k attaquer qu'à défendre. Ce fut alors qu'il songea tout de bon a perfectionner la défense , et k tirer de la fortification tout l'effet dont cet art est susceptible potir la conservation des états.. Ce fut alors qu'on le vit élevés de ces lignes qui, barrant l'entrée d'une frontière, purent, avec des forces médiocres et des moyens restreints en tout genre, arrêter un ennemi supérieur ou le forcer à une attaque meurtrière et désavantageuse. Ce fut alors qu'il proposa (1) et indiqua des camps retranchés sous les places les plus importantes par leur position , afin d'en empêcher le siège autrement que par le développe-
(1) Par un Mémoire daté de janvier 1696.