UT* I. CHAP. XIII
ment des plus grands moyens , et qne par Temploi de la supériorité la plus décidée. Ce fut alors enfin qu'il inventa successivement ses second et troisième systèmes de fortification y et qu'il construisit les places de Belfort, Landau (1) et Neuf-Brisacli.
n se proposait de remédiet* au^ défauts principaux , par lesquels la défense était demeurée si inférieure à Tattaque. Ces défauts étaient :
i^ La ruine simultanée de toutes les défenses de la place par Tartillerie assiégeante , qui, choisissant ses positions sur la circonférence d'un cercle dont le front d'attaque est , pour ainsi dire , le centre , prend en tous sens ces défenses , qui pour se prêter un mutuel secours et pouvoir agir toutes k la fois , se présentent en amphithéâtre les unes au-dessus des autres.
2"* La facilité avec laquelle l'ennemi se loge et se maintient dans les dehors de Ta place , atissit6t qu'il a pu y faire brèche , soit parce que l'intérieur de ces dehors n'est point soumis d'assez près & assez de feux dû corps de place , soit parce qu'il n'offre point à l'assiégé pour s'y retrancher, d'espace suffisant d'où il puisse sortir pour rattaquer l'assiégeant et le chasser de son logement sur le sommet de la Brèche.
3^ La presqu'ini possibilité de conserver de l'artillerie jusqu'à la fin du siège , pour s'en servir alors à la défense du fossé 9 et k empêcher l'assaut du corps de la place.
4* La difficulté d'oser soutenir des assauts aux bas-
(1) Belfort et Landau furent , à la yëritë , construit? yers le commencement de la guerre de 1688 ('] ; mais tout annonça d'abord que cette guerre finirait par être de'fensiye.
(*) Le proJ«t de Belfort est de 1686; celai do Undaa, de 1687- Ed. ,
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lions , et en général au corps de la place , par rincerlitude où Ton est de parvenir à les repousser» et par la. crainte des conséquences effroyables qu^il y aurait à n'y pas réussir.
Pour remplir tout ce que laissait à désirer à ces dif* férens égards la fortification jusqu'alors en usage , il pensa qu'il lui suffisait de détacher les bastions du corps de place , en sorte qu'ils pussent soutenir l'assaut en toute assurance , d'en défendre l'intérieur de très pris par le feu des courtines prolongées derrière leur gorge , et jusqu'à ce moment dérobées à tous les feux de l'assié-géant , et de défendre enfin le fossé de ces courtines par des batteries souterraines et voûtées k l'épreuve , enfoncées sous les flancs des petits bastions ou tours bastion-' nées y enfermées à la gorge des bastions détachés » ou contTf^gardes.
Pour obtenir à la fois ces importans objets , voici comme il construit son second système de fortification, pi. 3a :
Sur son càté intérieur de i4o toises , destiné à être sa courtine , il prend , à partir de chaque extrémité , 5 toises dont il fait la demi-gorge de ses toutes. A l'extrémité de chacune 9e ces demi-gorges , il élève leur flanc de 6 toises (*) , perpendiculaire au côté intérieur ou courtine. De l'extrémité de ce flanc ou épaule, il abaisse une perpendiculaire sur le rayon du polygone , porte sur ce rayon à partir du point où le rencontre celte perpendiculaire , une quantité égale à celle-ci , tire l'hypothénuse de celriangle isocèle , et en fait la face de sa tour bastionnée.
( ' ) Ce flanc a 8 toises , dont 6 en dehors de la demi- gorge , et 2 en dedans. Ed.