‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 77 sur 170 · LIT. I* CHAP. XI · texte numérisé non relu

LIT. I* CHAP. XI

conseryant en entier et tombant sur sa gorge. En avant de ces coupures on ferait un chemin couvert parallèle à l'arrondissement de la contre-garde , avec deux demiplaces d'armes rentrantes , dans lesquelles les défenseurs des brèches de cet ouvrage trouveraient un asile vers lequel leur retraite serait protégée par le feu des coupures , et où leur retraite finale serait assurée par des rampes qui , de ces demi-places d'armes , descendraient dans le fossé des coupures ; de celui-ci d'autres rampes ou escaliers de charpente les conduiraient dans le fossé et aux poternes des angles de flanc de la tour en arrière. On préfère cette disposition à toute autre qui masquerait davantage aux feux du corps de la place , l'intérieur de la contre-garde.

Si la conire-garde , quoique pleine dans son intérieur, était , comme au Neuf-Brisach » à demi-revètement avec berme au-dessus , on ne pourrait y faire de coupures partant de ses flancs , parce que l'assiégeant longeant la berme y et remontant par les talus en terre de ces mêmes flancs (1)9 tournerait facilement ces coupures. On donnerait dans ce cas au retranchement la forme d'un redan ou d'une lunette à flancs , détachée en entier de ceux de la contre-garde. Si la contre-garde est vide, et qu'on ne puisse y élever de retranchement assez haut pour n'y être pas dominé et plongé du terre-plein de l'ouvrap^e, il faudra se contenter d'y faire , au-dessus de l'escalier de sa gorge , un réduit en palissades , pour donner après l'assaut aux troupes qui l'auront soutenu y le temps de défiler par cet escalier sans risquer d'être égorgé par les assaillans.

(I) PJtDch. 35, fig. 1.

S£4 'S'^I ailfilAL DR FOaTIFICATIOH.

L*a8sî^é fera aussi Tinipossible pour pratiquer et 80u<tenîr des coupures dans ses demi-lunes, afin de conserver après leur prise , ou pour mieux dire après le logement fait par rassiégeant à leur angle flanqué , la possession des places d'armes rentrantes de son chemin couvert. Il armera par le dedans ces coupures d^une double palis** ' sade y à la manière des chemins couverts , pour essayer

de les garantir d'être tournés par la berme. D ne pourra ^ à ]a vérité , faire de retranchemens dans les réduits qu'ont ces demi*lunes au troisième système : ils sont trop petits pouf en comporter ; mais il aura à faire , soit en \ terre, soit en madriers , dans les places d'armes rentrantes

de son chemin couvert, ces retranchemens ou réduits qui se trouvent tout faits , et même revêtus en maçonnerie et pourvus de toutes sortes d'avantages , dans les places àla Cormontaingne.

Cela posé , nous allons commencer le journal d'atta-* que et de défense » a la treizième nuit de l'ouverture de la tranchée, en renvoyant pour ce qui précède, au cha-^ pitrç VIII, où l'attaque et la défense d une place de la construction de Cormontaingne , sont traitées en détail*

♦ ATTAQUE. DÉFENSE

THBIZIÈMB HUIT.

On achève les cavêtien de tran- Ptu de mouêquêUrie du trmet'

chée des demi-lanes , et l'oD en tei et de$ relranehemen$ en cHoT'

débouche à leur extrémité b plus ftent» dei piacet d*armet taUlantes

▼oinlne de la capitale , on sape dou- des devx d^mi-iwies^ ainsi que dee

ble et dt'bout , qu'on dîiige sur les ùhemint couverts de ia contre^arde

flaiUans du chemin couvert ,^pour de i'atlaque et de ses deuao eoilate-

en commencer le couroitMemeot. raies.

Bn même temps , on entame trois Feu d'oéutiert ou de mortiore

BOUf eaux cavaliett de tranchée » momUê sur affàti de eanon, dot ra-

^ UT. î. CHAP. Xlt, $55

ATTAQUE. DÉFENSE

coDtre les places d'armes rentrantes tra$kehêmeiit det jdaeêM d'ûirm§ê

et la place d'armes sail laote en avant rmUranUt de i'atUtqye , aimi quë

de la contre-garde de l'attaque ; et des fiacet d'armée eoUaUrates.

ces caTaliers, en se joignant l'un i Feu d'ariiUeri» des ^tuUf fmeee

l'aatre, se serrent routnellement de eoiUre-gardeey étewriemêdeeam-'

de recouTremens. Les ricochets siée fUmquèe dee dernùkinee^ fui

contre la contre-garde, vraîsem- voieeUd^êetmrfetetUuUeoUfemdé

blablement interceptés par ces non- rev^t, 4e eawomiumemi eommeneé

▼eaai cavaliers , n'en continneront du eftenitli Mmieri. paa moins contre les deui demitnnes , que rien ne leur masque.

QUATOÙIBMB ROIT.

btt pousse le couronnement îos- CawmetafricideiHiwy yiHinf mua qu'à la première traverse seulement fewo. Du reete , «srftss , é'U ut potde part et d'autre de chaque saillant Mie , sur ie iranaH dee trois itoude demi-lunes, et l'on y travaille veaux eavaHers de iroatehée^ qui sur-Ie^hamp, i» à des batteries de dmt masquer à ia troisième fforaibrèohe contre la contre-garde de iéie^ parties des dèbouehés des pial'attaque, et à des contre- batteries ces d^arme» 'rttUranUts du front contre les contre- gardes colleté* d'attàqtsie, raies; a* aux descentes dans le chemin couvert , qu'on dirige debout aux traverses des places d'armes saillantes.

On poursuit le travail des trois nonveaujt cavaliers de tranchée, dont l'effet, quand ils seront achevés, sera de chasser l'assiégé du •<, reste du ehemin couvert du front d'attaque , et de le réduire k n'en occuper plus que les retranchemens

de places d'armes rentrantes. *

Au joar, on continue à travailler Aujow, grand feu sur ie tramai batterie» da couronnement, et vaii des éaUerieSy et sur ia UU des é perfectionner les trois nouveaux sapes. cavaliers de tranchée.

556 ESSAI GàrrisRAL de fortification.

ATTAQUE. DÉFENSE

QUINZIBMB HIUT.

On prolonge le coaronDemeDt Comme ia préeèdehU , à Vexeeip' jufqu'è la seconde traverte du ohe. <ûm tUi toHiêê , qu'U n'egù fh» nMD èoafert des demi-lanet» da poiHéUdê faire déhcmoher êou* U oôtédelaoontre-gardedel'atuqae, feu » maintgnani en adi^Uy des poar 7 -établir les batteries de brè- naunemim omeaiiere de tranùhée, che contre ees demi-laDes.Oo oon^ tioue à traTailler ans batteries contre les contre-gardes, ainsi qo'aox descentes dans le chemin couTert , qu'on dirige en galerie sons les IraTerses dès places d'armes saillantes.

Les trois derniers cavaUeis de tranchée , maintenant achcTés, bannissent par leur fea l'assiégé da reste dn chemin couvert du front d'attaque.

Au jour, les précédens travanx continuent ou se perfectionnent .

On commence à trafaiiler aux batteries de brèche contre les demilunes f dans la nouf elle partie du couronnement de leur chemin couvert, et l'on en établit de pierrien , dans les arrondissemens des trois nonteauz cavalien de tranchée , contre les retranchemens des places d'armes rentrantes , et contre l'adgle flanqué de la contre «..

garde.

SBIZIÈICB nVlT.

On poursuit le travail des batte- Comtne la ftréeédenU. ries de brèche contre les demilunes. Celles des contre-gardes sont achevées, et l'on y amène pièces et munitions. On continu^Jes des-

tIV. 1. GHAP. XIT. 357

ATTAQUE. DÉFENSE

cent es de Soêêé tu sortir des premières traverses do chemin coavert, en retoar le long de la oontreacarpe , par une tranchée blindée , josqa'é ce qa'uae trop grande proibndeur oblige à revenir au procédé de la galerie coffrée* On achève les batteries de pierriers des arrondissemens des trois nouveaux cavaliers de tranchée, et l'on 7 amène pièces et munitions.

Au four^ elles tirent, ainsi que les batteries de brèche de la contregarde de l'attaque, et les contrebatteries des contre-gardes collatérales.

DJX-SBPTjèMB HUIT.

On tire vivemeat» des batteriea Comme im frécùl§nfe, des sailiaos do chemin couvert des deux demi-lunes, aux faces des trois contre-gardes. Oo achève les batteries de brèche contre, les demilunes, et l'on 7 amène pièces et munitions. On poursuit vivement aussi les descentes du fossé. Aussitôt qu'on parvient à y déboucher, on en commence le passage.

Au jour, tout cela se poursuit , et les batteries de brèche contre les demi-Iuncs commencent, k tirer.

DIX-HUlTIEXe NUIT.

On continue A battre en brèche On diépûSê, du eanon sur 4eg les demi-lunes et la contre-garde de ipauiet des ffelits inuiions du corps l'attaque, et à contre-battre les de plaeOf si sur ies portions ds eourcontre-gardes collatérales. On oom* tirtes immédiatement eontiguês à

3S8 BStAl GÉNÉHAL DB FOBTIF1CATION%

ATTAQUE. DÉFENSE

meDce le travail de« pwsa^ de ienn fUmeê^ afin 4Cik fàr#r dâm^

foité des deinUlaacs , «fiD d'y don- Viniéritiuit de» angUt flatu/méê ée*

ner l'aftant , tottUôt qae leart brè • ^emi-liiiMt, ion^u» i'asëiégemU y

chesseront pralioablet. dtmnerm VmttMa, et oôùwptrm

Aa jour, eontiDuation de o^ mn^ far dm êogmmm. tr^Tanx et de cf i Çeoz.

Diz-nuTikm huit.

On acfaèfe les bréchet dei demi- On «0 %itmt fret à faire mr ie talanef ,ansti bien qae leurt paisaget gemmU fut w fera daiu VinUriewr de fioMéi, et «onitôt qae la brèche de i'angiéflf9qui de ehaq^ demide l'ttD ou de l'aatre de cet oaTragct imne , le flue grand fe% de num»' ctt recooooe praticable , on la cou» queUrie^ tant de$ eoufmreê de cet ronne d'un logement, qu'oo pootte omnrage que de toi» rédaU, qvx y à la tape jaiqu'au tommet du talut joindra de i'arliUerie à eartouohes. intérieur du rempart , afin d'y pla- On dirige ausei sur ee même €ogecer det batteriet, tant pour battre ftMnt , far la tnmée dn fossé du rien brèche le réduit que pour contre- dmii^ VartUterie det angies d'épaule battre let tenailles et les partiet du tt df flâne des petits hattion^ du corpt de plaee qui défendent ie fotté çerp» de piaee. de ce réduit. En arrière de cet batteriet, Tert la pointe de l'angle flanqué , on en établit de pierriert contre l'intérieur da réduit et det coupuret. En même tempt, pour interdira à l'attiégé tout retour è la partie de la dedii-lune , eitérieure auK ooupuret, on prolonge le logement au trafert du parapet, tur ton talot, tur ta berme, et jotque tur le boA de ton etcarpe.

On débouche det troia ce? aliert Aussitôt que Veeeiégé e'aperfoU de t^nchée du chemin couvert de du traeaii de ces nouveileê sapeSf it la contre-garde , par tiz tapet dou- en eanonne (a tite , et y dirige pn blet et debout , dirigéet aux taillant feu vif de tnousqueteri^, dea troit plaoet d'armet de ce chemin oouTert, duquel ensuite on pontinue le couronnement.

pn commence dans les fottés det

ur. I. cnAP. XIV. S5<)

ATTAQUE. DÉFENSE

dcmi-lunef , à s'avancer en zigiags , ▼e» Ira brèchea dp la contre-garde de l'attaque, que continuent d'agrandir lea batteries du couronnement des lailJans duchemio coo?ert de ces demi-lunei.

Au jour» continuation de ces ▼ans et de ce^feuz*

TiHCTisn «r».

On acbèTe au bovt des sapea di- L'aâaiigé emiimm Jomt al imti rigëea aox saitlans dea trois placée ao» fm eçni^ iei iegemênê dé f'ând'armea du chemin couvert de la térU^ird€»d^mi4mkUy€icefnirêU9 contre-garde de J'attaque, des loge- taft dê$ ffiacés d'armes ttniUûniêt mens , dont celui dn centre sera le «t rtniranUeê du eKêmin fitmvêri de couronnement pur et simple de la ia eonirû-$arde de 4^aiUiqMêé place d'armes saillante , et les deui aoties , commencées sur les saillans dea places d'armes rentrantes» à peu près perpendiculairement i leurs capitales ^ et i la distance ordÎDaire, ne se prolongeront que du côté des demi-lones , en se reculant i 10 ou la toisea de l'eitrémité de la face de ces places d'ar* mes, de ce côté ; afin d'y établir dea batteries qui poiasent contre- battre le corps de place, par la trouée qui se trouve entre les fiança de la contre-garde et ceux dea demi-lunes, et même le battre en brèche, par celles qui se trouTent entre la contre-garde et les tenailles coUaté- ^ raies.

On achève dans lea logemens dea anglea flanqués des demi-lunes, les batteries de pierriers , et l^on con* iioue dans le logement en avant 9 U travail de rétablissement dea

36o ESSAI GÉNÉRAL DB FOBTlFICATIOlf.

baltericfl d« brèche contre Ict rédoiti, doot on commence Uf deacentef de Ibtfé. On poone eoMî ^ de cet dernien logemens , rerg les coupures de celles des faces des deux demî-lunes qai s'appuient sur la contre-garde de l'attaqne»

des sapes étroit es et enfoncées dans le solide de lears parapets, desqoelles le feu , plongeant dans les coupures et dans les retrancbemena des places d'armes rentrantes, fera viabemblablement abandonner les unes et les autres. On conlînoe à s'avancer en ligtags , par le fond des fossés des demi-lunes, vers les btéchee de la contre-garde.

An four , les batteries de pterrieis tirent au rédoits et aux coupures des demî-lunes, et particulièrement à celles de ces coupures qui sont intérieures au front d'attaque , si toutefois elles sont encoae occupées par l'assiégé.

YUrCT-VnifellB KCIT.

On trsrsille dsns le couronne- ConHnuatian dps ftnx <U l'asment du saillant du chemin coufert $iégè. de la contre-garde , aux contre-bstteries des coiitre-gardcs collatérales , et, dans le» logemens des glacis des places d'armes rentrantes, aux batteries de brèche contre le corps de place. Les batteries de brèche contre les rédiilts sont achevées.

On j amène pièces (i) et muni-

(i) Cm pièce* leront oellet desbiKerics d« brèdie des dcniMones , qa'on àtanoén éaoi le eh^aiio coatert , à l'abri de ••> tteooât» tniT^rtes , de U , pv dce uiacbim» ,

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