‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 80 sur 170 · ESSAI GÈNÈBAL DE FORTIFICATION · texte numérisé non relu

ESSAI GÈNÈBAL DE FORTIFICATION

ATTAQUE. DÉFENSE

dnglacif des pUcet d*armet rentrantet.

Oa oommeoce dans le coaronnement de la cootreaoarpe du retran- «h«n.e«t d. U coot«sg.rde, d« j„^^ ^ ee.taa,ns, s^rimt

Uont h peht ta..»» é. U tour en ^^. ^ ^^ ^^^^^^^^ ^J

arrière, et doot lea aatreiy placées ^ ^ .

* l'„rond».en.en. de ceue coo- "T*^'^' t>-r duc^non, ^

tre«=.rpe. enfileront et détniiront 21^^ T" .'"T"" 1, fr«« d« d«» fcci d. »«».»- *^- ^^ f* «• «««utou* «h«»«.t. et k bnttMnt mèmt , .'3 »»*»««•' «»«<*«« m«ttr. A i».le but , eb briebft , à son angle ' ' . ^ ^, . ^ .

On cotnmenoe aaiii dans ce lo* •• *•* o««lsri«# êouimratnts. geoient, deai puits , pour poasier dn fond de chacon , on rameav veis la gorge de la eootre-garde , et éUblir derrière les eontre-forts du revêtement de cette gorge, vis4-vîs les aogles de flanc de la tour , des fooroeauz, dont rezplosion icmpUra de défaJ#û ce» angles, et jmas« quera les batteries casematées qui f ont leurs embrasures.

tlHGT'SCPTIBHB RViTi

On prolonge dans lê parapet Commù ià frieèdèmU* L*u$$Ugà des flânes de la contre-garde, les ««« de fiw m ffUu aUenUf a/uœ sapes qu'on avait poussées dans fmmv^nunt qvspavrraU faire Va»' cekn de ses faces, afin de parvenir siégeanit toU vsrs Iss brèe^ du à ▼oir dans le fossé en arrière des Ce- corfft de fUce , 9oU surUnU verà U nailles. rettoMUmmU de ia €amtr9^rd€.

On continue dans le logement de U contrescarpe du retranchement de la contre-garde » le travail des batteries et celui des mines , et l'on y commence celui des descentes du fosié de ce retranchement.

Liv. I. CHA.P. xir» ^ 367

ATTAQUE* DÉFEKSE.

YlHGT-HVlTlklIB FUIT»

On achèfe les descentes du fossé L'assiégé eaniinua à faire de et les batteries de la contrescarpe $on t^ranehement U piMs grand du retranchement de la contre- feu de mausfueterie , ei ewHaui garde, et Ton y amène pièces et 4^ grofiades, tant fourineemmo^ knunitîons On prolonge jusqu'au ^(^ {^ eourotmemeni de ta eon^ hué du corps de place, les sapes tr^géarpe de ee retranehememt ^ et des fossés qui séparent les tenailles (^ travaii des éatteries qu'aie y de la contrt'-garde , que protègent f^a ^ g^ (^ pasiage du fessée à ^iiot maintenant les sapes du parapet a ^i ^^^ ^^ i^ f^ ^„ ^1^ ^,. des ttancs de ce dernier ouvrage ; «/im en arriére etpariefem oUiqve et, è Teitrèmilé de ces fossés , on deistfurtines, dont quelques emhracommence à double épaulement , g^^^es Uaises enfilent ee fossé. Celés passages de celui du corps de .pendant , iorsqu'ii verra i'aeHéplftce. géant gratis' tant de ifOn ce retran-

êhement^ U fera sa retraite par (es escaliers et les éeheiies doni nous

avant parlé , en laissant l*ennemi eoopesé asuD feu» du corps de place, qui tout aiors se réuniront dans i'intériear de ce retranchement.

Il a été forcé de retirer de dcT' riérCf les tenailles des postes qu'il y tenait^ pour prendre en flanc l'aS" «au< aMQi hrèehes du egrps de place* Il ne lui reste donc plus, pour empêcher cet assaut, ainsi que le tra^ vail des passages de fossé qui doivent y conduire^ que de tout disposer dans ses hatteries souterraines, pour y faire dans ee dernier acte de ta défensCy un feu vif et non interromfUé Et , pour cela y il y itahlira des ventilaieurs , et par tous les moyens possihies , des courons d'air.

TlNGT-nBUTIEME MVIT.

On se loge dans le retranche- V assiégé se rstire à temptdst son itient de la contre-garde, en pet* reiranehemonti et n'a plus mainte^

368 "^ ESSAI GÊKiRAL DE FOATIFIGATIOK.

çant ton parapet dam le piolonge- nani à ^oeempet ^medesai^ eorp$é0 ment des paît agea de ton foMé, par jiUee; mmiê U fémt amvenir ^'U deux aapei qui , pairenoei dans n'ajtoigwrU rtmpoH étroit et «lelloténeor da retranehement , se vitUeeUd'cifiafosHéUitéds faire dirigent k la rencootre l'one de deéanneêdiâpoHlùmt fnmrrtpoust'antre» parallèlemeDC à l'arrondis- sar l'asêavt dont H eU monaeô, H y sèment de la gorge de la contre* flanque deterrmin pour nuimBuvrer garde 9 laquelle ainsi se tronvecon* et ftmt t'y retrtmeher. Une f>emt ffoonée. non fiUu tirer ^rand poriidot plates.

An four, on travaUle dans ce lo- formes de eet tours, quoique fermée» gemeot, è des batteries contre les comme des redoutes, Car^ quemd flancs des toors et des petits bas- même i'aHiiierie assiégeante n'owtiooscollatëranx, qu'on n'a pu jus- rait pas totaiement rosi cMe de qu'ici découvrir de nulle part , et Vattaquoy et fait de grands ravages l'on rase en arrière de soi le para* dansi'inlérieur étroit et resserré de pet du retranchement y pour se ses coUatérales , eiies ne pourraient donner dans ces batteries, d'autant empieher que i'assaiiiant^ deseen^ plus de terrain et d'aisance. dant éroU devant iui le terre plein

On poursuit four et nuit le travail en arrière des éréehes , ne pénétrât des mines, et celui des passages à danslaplaee. Ces tours ne pewoent double épaulement du fossé du donc rendre de services^ qu'en oppjcorps de place. sant à i'assaut , te feu de ieurs éot-

teries souterraines, qui sans cesse doivent canonner ie travaii despas^ sages de fossé, et se tenir prêtes d tirer au pied des (frécHes, au mo~ ment de i'auaui.

Si l'assiégé conserve encore quel" ques pièces de canon aux flancs des contrc'gardes collatérales à cette de l'attaque, il peut, des extrémités de ces flancs 0 en tirer sans les trop biaiser y d revers dans les éréches»

TRBimkaB noiT.

On poursuit le travail des passa*- Tout ce gue l'assiégé y s'il est dé'

ges de fossé à double épaulement, eidé à courir les risques d'un aueuty

celfli des batteries du retranche- peut faire afin d'éviter d'ètie cm-

ment de la contre -garde , «i celui porté de vive force, et pour avoir le

LIF. I. CHAP. XIV. 36g

ATTAQUE. DÉFENSE

des gtleries de mines veis le revê- Umpt de eapihU^r t'U ne réusHt tement de la goige de cet ouvrage, pagaie repoutêer^ te réduU à fra- Aa joor, cet galeries parveaue» tiquer det ampuret auremffaH, de derrière les contre-forts de oette pmri et d'autre de$ éréohes , aUant goige» se dJTÎsenl eo T, de droite jutqu'aum mmiiem en arrière, tel' et de gaacbe, pour placer à l'eitré- iee que noue tes mvone dieritee au

BÙté de chacaa d'eux, oo foar- ehap, III, ei repréeeutéee pi. i5,

oean, à l'effet de renvener le re- fig* s.

fétement de celle gorge^ et de l'en-

rojer, ainsi que la plupart des ter«

f e* qall soutient , au moyen d'une

charge tant soit peu forcée , dans -

les angles de flano de la tour.

TRBRTB-VMIBaftB N01T.

Oa achève les fonmoaus de la Comme iês deux préeédentee, govge de la contre-gsrde » etKon y transporte les poudres de leur charge.

On achève aosii les batteries de J'aiToodlssement de cette gorge, et l'on j transporte pièces et munitions.

Au jour, ces batteries fouent contre les flancs des toms et des petits bastions collatéraux à oeux de l'attaque , et s'attachent eurtout à dégrader leurs embrasures souterraines.

lies épnulemens des passages du fossé s'approchent du pied des biè- ^

ches, nous la piotection de ces nouveaux feux.

TBBKTB-DBrXIEMB NriT.

Oq iàii jouer les fourneaux à l'en* J^ Comme iee préeèdmiei, trée (de la nmt. Ils amoncellent duM^les angles][de flanc de la tour

370 BS8 AI eiNàBAL DB FOETlFICAriOIf.

ATTAQUE. DÉFENSE

de ratUque, smcs d« déblais pour eo oatquer compléteoMal let enip braturei •ooterraiocft. Oo achète à la faveur do feu des batteries de l'arioodisseiDeiit de Ja conlie^garde, les épaulemeos cootre les flancs drs tours et des petits bastions col* latéraux. Ils atteigoent le pied des brèches; on le nettoie y on en reconnaît le sommet.

An {ooTy aMant.

Telle est la durée probable delà résistance d'une place de Fun des deux derniers systèmes de Vauban ^ et encore je prie qu on veuille bien remarquer que Tattaque ipe je viens de conduire contre une contre -garde et deux demi-lunes , est celle qui convient aux pol jgones du plus grand nombre de côtés , et même k la ligne droite, c^està-dire à Temploi le plus redoutable de ces système». Mais dans le cas d'un hexagone et même d'un octogone , tels que ceux auxquels Yauban a appliqué ses deux dernières méthodes de fortifier, l'attaque à l'ordinaire sur un front entier composé de deux tours , de deux contregardes et d'une demi-lune » serait préférable ; on ne s'y trouverait pas k la fin obligé , comme ici , à Texpédient de masquer par l'efiet des nunes» le flanc d'une tour qu'on ne peut contre-battre de nulle part; car chaque flanc, soit de tour, soit de petit bastion du front d'atuque , serait facilement contre-baHu de la gorge de la contre-garde

opposée.

Ayant terminé l'attaque et la défense du dernier des quatre principaux systèmes de fortification , que la réputation de leurs auteurs , l'usage réel qu'on en a fait, et

LIT. I. CHAP. XIV. S^l

surtout lour mérite intrinsèque nous ont engage à préférer à tous les autres , pour en faire la matière d'un examen approfondi ; on nous dispensera volontiers sans doute de soumettre à un examen semblable la foide des systèmes enfantés par le peuple des inventeurs ; car s^il est quelqu'un de ces systèmes qui paraisse à quelque amateur valoir la peine d'être approfondi et comparé à ceux qui viennent de nous occuper, il lui sera bien facile , pour peu qu'il ait saisi les principes exposés dans cet ouvrage, et qu'il se soit rendu familière la marche qu'on y a suivie dans l'attaque et la défense de chacun de ces , qnaUre systèmes, de soumettre à la même pierre de touche le système qui le séduit, c'est-à-dire d'en faire de même le journal d'attaque et défense , afin d'avoir entre ce système et les précédens un point de comparaison , exempt jusqu'à un certain point de vague et d'arbitraire, r^ous ne prétendons pas prononcer que le résultat de cette comparaison ne puisse jamais être à l'avantage de tel système, peut-être à peine connu, dont l'auteur n'avait pas , comme ceiix des systèmes ci-dessus^ dirigé des attaques et des défenses de places ; maia dans ce eas , s'il existe > il y a bien à parier que cet avantage sera dû à une multiplicité d'ouvrages , de dépenses , et de conditions difficiles, pour ne pas dire impossibles à réunir ^ dont n'ont pas eu besoin les systèmes des illustres ingénieurs doôt nous venons ■ de feire notre étude* S'il en était autrement, et qu à égalité d'ouvrages et de dépenses iin tel système offrit une résistance supérieure à celle de ces derniers* nous n'hénterions pai à dir^ qu'il doit leur être préféré ,* car l'unique règle que i^ous reconnaissions pour apprécier les divers modes de fortification , c'est la durée de leurs résistances respectives , et nous n'avons

37< sssAi GknàmAh db fortification.

point de meilleurs moyens de mesurer cette durée , que

les journaux de Fatu^e et de la défiense probables

que peuvent fiiiro ces dÎTers modes de fortification ou

systèmes»

G>mme il se pourrait qu'il existât dans req>nt du lecteur quelques doutes sur la réalité de nos opérations d'attaque et de défense , et sur la cerdtude de leurs résultats, tels qu'ils sont présentés dans les divers journaux que nous venons d'en •donner, nous ne croyons pouvoir mieux faire , en terminant ce chapitre qui fait la clôture de tous ces journaux » que de lever, autant qu'il est en nous , ceux de ces doutes dont nous pourrons soupçonner l'existence.

On nous aura dit souvent, peut-être , dans le courant de la lecture de nos différens journaux d'attaque et ie défense, que nous étions heureux de n'avoir à faire ces attaques que sur le paper ; qu'il s'en faut bien que sur le terrain , en face d'une place d'où part un grand feu , les choses puissent aller de ce train ] que des sorties renversent ou font abandonner le travail ^ que des batteries, sur r effet constant desquelles nous comptons, peuvent être et sont souvent démontées ; qu'enfin chez nous an travail n'attend pas l'autre , contre la maxime de ne point s'avancer que tout ce qui précède ne soit perfectionné et en état de produire son-efFet ^ et que tous ces travaux en^ core, noQs supposons quHls s'exécutent avec la même célérité , et plus peut-être que s'ils se faisaient à l'atelier, paisiblement et loin du feu de l'ennemi.

A ce dernier Veproche, on répond que le feu de l'ennemi sur des travailleurs dont l'objet est de se mettre promptement a couvert, loin de retarder le travail ne fait que le hâter, chacun étant alors intéressé par le MÂn de

hlV. I. CHAt. XIT. 373

sa propre conservation à dépêcher sa besogne îndividaelle, il n'en peut résulter qu^atcélëration de la besogae commune. Le seul défiais que peut causer ce feu ne porte donc absolument que sqr le nombre des hommes qu'il peut tuer où blesser pendant le travail, ou de ceux que la peur engage à le quitter, et auxquels le désordre permet de le faire ; mais le nombre des premiers ne p|ut jamais être bien considérable , par rapport au nombre total des travailleurs ; et celui des derniers doit être moins considérable encore , et même nul dans des troupes disciplinées et commandées au travail par un nombre suffisant d'oiBciers et de sergens. Au reste, pour obvier à ees deux défieitê, s'ils causent quelque inquiétude, on fera fort bien d'avoir toujours en arrière du travail-, soit aux dépôts de la tranchée dans le commencement du siège, soit dans les tranchées le plus à portée Itsrsque le siège est déjik avancé , de petites réserves d6 travailleurs tenues séparément bien en ordre , chacune dans un lieu déterminé pour chaque partie de l'attaque , pour la droite , la gauche et le centre , par exemple , qu'on n'appellera que par parties , et qu'autant que le besoin de remplacement l'exigera. On est donc bien fondé à penser que le travail d'une tranchée , s'il est bien dirigé, ne se fait pas moins vite que celui qui se fait paisiblement à l'atelier.

Or il est connu qu'à l'atelier un homme de moyenne force fouille et charge de la première main , au louchet , dans un terrain convenable A cette espèce d'outils, deux toises cubes de terre, dans une journée de douze heures de travail ; et qu'il en fouille et charge encore au moins là moitié » c'est-à-dire une toise cube si le terrain est tel qu^il soit (4>l]*gé de piocher les terres avant de les char-v

374 E«SAI ûà^tJBiiLh BB tOBTUnCATlOH.

ger, oa de les déblayer a la pdle. Mais «n boyau de tniiclié0 , de 1 1 piedrde largeur par le haut, de 6 par le bas 9 et de 3 pieds de profondeur, ne doooe par toise cottFanle, que 4 pieds 3 ponces cubes » on un peu plus des deux tiers d'une toise cube de déblai ; et chaque trairaillenr n*en ayant que 5 ]»eds conrans à exécuter, n'a fjar conséquent à déblayer que 3 peds 6 pouces et demi cubes de terre , c'est-à*dire un peu jdus de la moitié de ce qu'il est en état de faire en douze heures de travail \ aussi en £ût41 ordinairement la totalité ou à peu près dans sa nuit , quelque courte qu'e)le soit, et n'eût-eUe, comme celle des plus longs jours d'été, que 6 ou 7 heures. D'un autre côlé, une parallèle de 18 pieds de largeur par le haut, et de^ par le bas , ne donne, déduction faite du solide de sa banquette , qu'un déblai de 5 pieds 9 pouces cubes, par toise courante , ce qui ne fait pour les 5 pieds conrans que chaque travailleur en a à exécuter, qu'un déblai de 4 pieds 9 pouces et demi cubes. Aussi est-îl d'expérience que le travailleur de nuit ne laisse guère à celui de jour que la banquette i faire avec les terres qui restent, soit à recouper aux talus pour les mieux dresser, soit à enlever du fond de la tranchée pour la nettoyer. On ne peut donc nous accuser d'avoir excédé la possibilité physique , ni seulement d'avoir outré la vraisemblance , dans la supposition du temps que nous avons jugé devoir suffire à l'exécution de ces travaux. '

Quant au temps nécessaire a la construction des batteries , il est d'expérience reconnue de tout temps dans l'artillerie française, que, quand cette construction se fait par un nombre suffisant de canonnie|*s expérimentés, aidés par un nombre convenable de servans, ayant les uns et les autres sous la main tods les matériaux ncces-

UT. I. CHAP. XIV. Zji

saires, elle doit être «chevée dans trente-six heures , ou dans deax nuits et un jour (i). On pourrait croire que celles qui se fimt très près de TenneiBi , telles que les batteries de Jhràche » demandent beaucoup plus de temps à raison du péril plus grand et du trouUe qui raccompagne^ mais ai Von fait attention que ees batteries se placent dans le couronnement du chemin oouyert , ou dans d'autres logemens déjà tout faits , et s* exécutent en conséquence tout-à-4ait à couvert, on concevra qu'elles ne demandent tout au plus que le même espace de temps que les auirea pour leur construction. Or cette mesure de trente-six beures que nous n'avons jamais abrégée, nous l'avons souvent excédée. Nous sommes donc encore ici à l'abri dn soupçon d'avoir outré la câérité avec laquelle s'exécutent les travaux d'une attaque. Cela bien démontré par tout ce qui précède » si l'on nous citait des exemples 4^contraire, nous serions bien fondés à les attribuer i ime mauvaise direction dans la conduite du travail , ou au manque de discipline dans la troupe qui l'aurait exécuté , deux défauts qui rendent inutiles toutes les règles de Tart , et avec lesquels.par conséquent l'art ne doit jamais avoir à compter.

Je m'attends qu'on m'objectera que ces tranchées

(1 ) L'artillerie pimâeime y- met encore tme bien autre c^érit^ , et on Ini a TU, aa aîége de Mayence, mettre en une nuit dec batteries en ^tat de tirer. Il est Traî que ces batteries n'ayaient pas, comme les Itatteries françaises , leurs plates-formes au niyeau , ou même de queli|qe chose au-dessus du terrain, ce qui n'est bon à rien, quand cela ne ùix rien déooayrir de plus; maïs qu'elles étaient enterrées jusqu'à leur genouilUre, ce qw est sans ioconTéaic&t, quand on est sur un terrain on assez éleyé , ou assez éloigné de la place pour n'en, étie ^9» plongé.

376 KMAI QiRimAL DB FORTIFICATIOR.

étroites , dont rexécution est si prompte « ne sert>nt pas «ssez larges pour pouvoir 7 faire passer l'ardUerie à couvert dans son transport vers les batteries ; j*en conviens , aussi n^est^ce pas par les tranchées que ce transport doit avoir lieu. U doit se faire k travers champs , de nuit ^ par le chemin reconnu à Tavance pour le meilleur et le plus convenable. Si ce chemin traverse quelques boyaux ou parallèles , on en déblaie le parapet , on jette un pont de madriers sur leur excavation , et après le retour dû convoi tout s'y répare et rentre dans Tordre ; tel est Tusage constant des Français dans les sièges , adopté par eux moins pour s'exempter du travail de rélargîr leurs tranchées f que pour ne point les embarrasser de charrois qui «a généraient tout le service , tant la circulation des hoDunes et des matériaux nécessaires à l'avancement des . travaux , que les mouvemens et les dispositions des troupes qui le protègent. Us ont peu de regret d'a^^eurs à renoncer à faire de leurs tranchées cet usage auquel 11 faut convenir qu'elles ne sont rien moins que propres. En effet , à moins d'im fond de gravier ou de roc , des fossés de 3 pieds de profondeur formeraîent-^ils , par des temps pluvieux, un chemin convenable à de si pesantes machines ? Après s'y être partout embourbées , elles et les chevaux qui les traînent en rendraient le séjour infiniment incommode, ou le trajet complètement impfaticable aux troupes et aux travailleurs qui les occupent ou les parcourent sans cesse ; et puis , si Ton veut bien y faire attention , y a-t-il iséellement pour ces convois d'arttUerie , conduits ainsi de nuit rapidement à travers champs , où il ne parvient que des coups perdus , plus de danger d'êlre atteints, qu'il n'y. en aurait pour eux cheminant péniblement par les détours d'une tranchée ,

Liy, I. cuAP» xir. 077

sur laquelle tous les coups de Tassiégé sont constamment dirigés ? Concluons donc quMl peut nous être permis de nous en rapporter en ceci , à l'usage du peuple qui passe pour exceller dans Tattaque des places , et que c'est ici le cas peut-être de peser les voix au lien de les compter.

Si de là nous passons au reproche d'entreprendre un travail avant que celui qui le précède inunédiatement ne soit perfectionné , nous aurons d'abord une distinction imporunte à faire. Si le travail qu'on entreprend tire sa protection et son soutien uniquement du travail qui le précède , on doit sans doute attendre que ce dernier soit réellement en état de lui donner réellement ce soutien et cette protection ; mais si le second travail est indépendant du premier , pourquoi attendrait-^on que cdui«ci flit perfectionné, avant que de commencer l'autre ? Pourquoi attendrait-on , par exemple , que des cavaliers de tranchée fussent à perfection , pour travailler aux sapes qui doivent, les joignant les uns aux autres, former avec eux une quatrième parallèle ? Dès qu'une place d'armes est en état de contenir la garde qui doit protéger le cheminement en avant, qu' est-il besoin d'attendre que toutes les batteries qu'on a à y placer soient achevées et jouent pour entamer ce cheminement ?

Qu'arrive-t-il en effet de cette marche prétendue méthodique et réellement routinière ? C'est que Fassiégé gagne un temps précieux qu'il sait mettre a profit j qu'il fait des retranchemens et des coupures qui vous forcent k prendre en deux ou u*ois fois ses ouvrages , que sans cela vous eussiez eus tout entiers en une; qu'il peut pousser des rameaux de mines fort loin au-devant de vous , et vous fatiguer dès votre troisième parallèle , par les chicanes d'une guerre souterraine , que par plus de diligence

«i;Ô B«SAI GÉRÀRAL DU FOBTlFlCATlOlf.

V0113 eussiez évitée, ou réduite à peu de chose. Bu un mot, il ne faut jamais , en matière d'attaque , fidre en deux ou plusieurs fois ce qu'il est possible de faire en une ; et loin d'approuver ces ingénieurs paresseux qui ^ sous prétexte qu'une parallèle est trop longue, et sans aucun autre motif, se contentent de l'ouvrir aujourd'hui au centre , pour la prolonger demain par sa droite, et après-demain par sa gauche , j'appelle cela perdre deux jours. Mettez pour une nuit, s'il le faut, une moitié de votre armée aux travailleurs , et l'autre moitié pour couvrir le travail, plut6t que de morceler ainsi ce qui peut , ce qui doit même être fait d'un seul jet.

Mais en poussant, dira-t-on, les attaques av^ cette vivacité , n'y perd-on pa^ beaucoup plus de monde ? Non , l'on en perd moins : ce qui se fait en une nuit avec trois mille travailleurs , ne peut coûter plus de monde que ce c[ui se fait en trois nuits avec mille. Il y a plus : l'assiégé moins pressé dans ce dernier cas, fait de meilleures dispositions» et lire plus de parti de ses moyens de défense ; il a le temps d'en préparer de nouveaux qui vous £orcent à des travaux de plus et à des atUques de vive force, que sans cela vous n'eussiez pas eu à faire. Vous perdez donc évidemment davantage à aller plus lentement , puisque la somme de vos travaux périlleux en devient plus grande , et que celle dçs actions de vigvepr qui vous sont nécessaires pour vous emparer de la place, en est semblablement augmentée»

Il y a encore ici uqe considération fort simple , qui , indépendamment de ce qui précède , pourra paraître décisive ^ c'est qu'une place a^iégée n'ayant qu'une mesure donnée d'efforts et de feux à faire à la fois , abréger la durée du siège de cette place , ou du temps pendant

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