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lequel Tarmée assiégeante est en bulle k ses efforts et à ses feux f c'est , toutes choses égales d'ailleurs , diminuer évidemment dans la même proportion la perte de cette dernière ; pourvu donc qu on observe la règle de ne se faàtcr de faire que ce qu'on peut soutenir, en accélérant sa marche on évite réellement des pertes. On ne parle pas de l'extrême conséquence dont il est pour l'objet général de la guerre y d'abrégé les sièges , l'histoire l'atteste trop. <et de trop de manières, pour qu'il soit besoin de s'étendre ici su^ ce sujet.
Mais on sWfraie des obstacles et des retards que feront éprouver à l'assiégeant dé6 batteries démontées ? C'pst que vraisemblablement on ne se fait pas une idée nette de la nature et des suites de cet accident, fâcheux à la vérité , mais beaucoup moins qu'on ne le pense ; quand il arrive à quelque batterie, on en est quitte pour en masquer sur-le-champ léSi embrasures^ afin d'j rétablir à couvert ce qui en a été dérangé » et d'y remplacer dans la nuit qui sait , les pièces ou les affûts mis hors de service. Dans l'intervalle, ses voisines à portée de la sup»pléer jusqu'à un certain point , détachent quelques-unes de leurs pièces de leur direction ordinaire , pour continuer d'occuper et d'inquiéter la partie de la place qui était l'objet des coups de la batterie démontée , qui bientôt |*^renant sa ^première vigueiur, ne laisse désormais apercevoir aucune trace du malheur qu'elle a éprouvé i d'ailleurs , si quelques-uns des canons qui protègent votre marche sont pour quelques momens réduits au silence , n'en démontez-vous pas sans cesse à Tassiégé y qui n'a pas les moyens de remplacement et de réparation dans la raèqie abondance que vous ? Si quelquefois donc il peut vous arriver d'éprouver une diminution
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accidentelle de moyens , elle est ordinairement plus que compensée par la diminution plus irrémédiable de ceux de l'assiégé.
Quant aux sorties , on croit en avoir parlé de manière i £ûre voir qu'avec des mesures bien prises de la part de Fassiégeant , il en est penqui puissent réussir à l'assiégé ; et si F«n n'a pas tenu compte de l'effet de ces dernières, on n'a pas compté non plus sur le tort que se fait l'assiégé, par le nombre plus grand de celles qui ne lui réussissent pas , ni sur les hasards non moinamombreux qui se présentent fréquemment en faveur ée l'assiégeant, tels que de trouver abandonnés des ouvrages qu'il n'eût encore été de quelques jours en état d'attaquer, on que de faire secrètement et sans Te moindre péril , à la faveur de ht nuit, tel travail dont l'assiégé ne soupçonne l'existence, et ne contrarie oonséquemment l'exécution qu'au jour.
Ainsi donc , toutes ces 'difficultés vraies ou prétendues, qu'on oppose vainement à la rapidité de notre marche dans l'attaque, et dont on se fait de loin un époavantail , ne sont , vues de près et examinées en détail ^ rien moins que réelles , ou sont pour la plupart au n^oins compensées par des^ désavantages de la défense,, d'une nature correspondante, semblablement trop variables , et trop précaires pour pouvoir être, no#plus que les. premiers , évalués avec quelque précisidb ; et c'est ce qui fait que nous n'avons fait entrer les uns ni les autres pour rien dans la formation de nos- résultats , qui en conséquence n'en sont que moins incertains , et n'en doivent être que plus approcbans de la vérité.
Au reste , on en appelle encore sur tout ceci aux faits et à l'expérience. Notre marche dans l'attaque est la même,
au moins n'est oertaînement pas plus vive que celle des Français, dans la guerre de Flandre « de 1^44 ^ '74^ 9 que celle du maréchal de Vauhan dans ses nombreux sièges , et notamment à celui d* Atli , le plus régulier de tous; que celle même des alliés, en Flandre, dans la guerre pour la succession d^pagne ; que celle enfin de toutes les armées où il y a de bons ingénieurs en nombre suffisant pour suivre les travaux de près et en détail , assez d'artillerie et de munitions pour attaquer à la fois toutes les défenses de la place , et enfin des troupes aussi dociles au travail , qu opiniâtres à le défendre quand une fois il est exécuté. Il faut avouer que quand on fait un siège avec le contraire de tout cela , ou seulemeot avec quelque chose de moins que tout cela, on suit forcément une marche plus lente ; mais cette marche n*a pas dû être celle de cet ouvrage , dont une des bases néces^ saires est la supposition que les moyens en tous genres sont également abondans chez Tassiégeant et chez Tassiégé, ou pour mieux dire y répondent également à leurs besoins respectif?.
Plus occupé des intérêts du lecteur que de ceux de Tauteur, on n*a point été arrêté ici par la crainte de faire une digression qui aura pu paraître déplacée à la fin de ce chapitre , auquel elle n'est cependant pas plus étrangère en particulier, qu'eUe ne Test au but général de Touvrage , qui est de faire connaître au juste , et indépendamment de tous préjugés et de tous usages , Tart de la fortification et de Fattaque et défense des places. Cet art , ainsi que beaucoup d'autres , est devenu bien plus difficile par les fausses connaissances qui le défigurent , que par les recherches et la méditation qu'exigent ses vrais principes , pour être parfaitement entendus et ap-
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plîqu^s avec justesse. C'est donc pour nous un devoir aussi indispensable de rëréier et de combattre les erreurs qui s'y sont introduites et même accréditées , que d'en rechercher et d'en établir les vrais principes ; et dire en quoi cet art ne consiste pas , nous devient souvent aussi nécessaire , que de dire en quoi il consiste véritablement.