CHAPITRE XV
Examen des avaritages et des défauts d'une place eonsiruite suivant Vun ou C autre des deux systèmes pré^ tédens, et recherche des changeniens à faire dans sa canstructinn ^ pour augmenter tes uns et diminuer Us autres.
On a vu par l'issue du journal d'attaque et de défense que nous venons de faire, que la durée de la résistance d'une place construite dans l'un quelconque des deux derniers systèmes de Yauban, à l'attaque le plus vivement conduite, ne peut être moindre que de 3a jours, ce qui fait 6 jours de plus (*) que la durée de la résistance des places de la construction de Çormonuingne , et 1 1 jours de plus que celle des places du système de Coehorn. Cet excès de résistance sur celles de ces systèmes , d'une grande répuution et d'un mérite réel , cessera de sur- >■■■■■
(*) Pe«r obtenir oelta difTëreBce de six joan, reatetu* conduit les cbeminemeDS j«5> qu'an pied des bréchet ouTertes à la conrtiiie» il délaillb l'attaque de la contre-gardf fnllsnppoM retranchée, il 7 jubllt dfl» coQtr««batteriea ; enfin 11 ihltjoner une mîM poar naaqner par sea déblais les flancs de la tour d'attaque. Or, on remarquera que les brèches de la courtine ont été commencées le ▼ingt.troiùème jour, qu'elles doivent être preiicables le a$, et qu'elles penwat 4lM dlfSeilenent retranehcea. Cesk pourquoi» nut iroU aiéges de Landau de 1703, 1704 et 1713, la place a capitulé aussitôt que l'assiégeant a «lé logé sur les contra-gardes. Au si^e de 170a, les contre-gardes n'ont pas été •Maquéos s ou Terra Au* le Htm suiTunt de cet ouTrage , qu'un ntranchement enéenté dans le bastion d'atuque du système le plus simple de Cormontaingne, ajoute 1 s jours à la dtirée du siège. ^jl^
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prendre si Von fidi attention , qu'outre une seconde enceinte à forcer, les deux derniers systèmes de Yauban ont le mérita exclusif de pouvoir soutenir k leurs bastions attaqués , Faasaut le plus opiniâtre, sans qu'il entraîne aucun risque pour la prise immédiate de la place , tandis que les places de tous les autres systèmes sont, ou forcées de se rendre sans attendre cet atosaut , ou expo-" sées è ètr^ emportées en le soutenant. A la vérké , les bastions de ces derniers systèmes de Yauban , totalement déuchés du corps de place ^ sont devenus , à la lettre, des dehors dont le corps entier de la ganûson ne peut être appelé à défendre la brèche , comme il le serait à défendre celle d'un bastion- ordinaire. Mais la grandeur de ces bastions détachéa ou oontre^gardes , et leur forme évidée à leur gorge , joint au pende largear du fossé qui les sépare du corps de place« font que leurs assauts peuvent être soutenus par un assez grand nombre d'hommes, pour exiger de la part de l'assiégeant l'emploi des plus grandes forces , et qu'en même temps l'intérieur de l'ouvrage est battu partout de si près , par le feu jusqu'alors intact du corps de place en arrière, qu'après la brèche emportée , l'assaillant ne peut tenir ni se loger nulle part dans cet intérieur, et qu'il y est réduit à couronner te sommet de la brèche pair un faible logement qui , gardé par peu de monde , attendu le peu de profondeur du terrain qui lui sert de base, est détruit autant de fois que Fassiégé s'y porte en force pour l'en chasser. Or ce dernier s'assure facilement cette faculté par le moindre retranchement , même par la moindre enceinte palissadée avec barrière » formée au-dessus des escaliers de la gorge delà contre-garde, retranchement dans Tintérîeur duquel il peut, ou se tenir à l'abri, on rentrer momenu-
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nément avec sécurité, pour en sortir dans les circonstances qui lui paraîtront favorables.
Mais , après avoir triomphé de ces obstacles multi^és, et s'ètve solidement établi dans la contre-garde^ l'assiégeant en a de non moins grands à vaincre dans le passage du fossé du corps de place. En effet, rassise peut se maintenir et manœuvrer en sûreté dans ce fossé , tant que Fassiégeant n'est pas logé Immédiatement sur la gorge de la contre-garde, et il faut convenir que ce logement n'est rien moins qu'aisé à établir, à la portée de la grenade des tours et de Tenceinte du corps de place. D'un autre côté, la sape poussée dans l'épaisseur du parapet des flancs de la contre-garde, par laquelle nous y suppléons , n'est pas non plus sans danger, ni peut-être d'un effet pleinement assuré» Hais il y a plus ) c'est qu'en admettant ou la possibilité du premier de ces deux moyens, ou l'efficacité du second , il reste encore de grandes difficultés k l'établissement du double épaule*- .ment, à la faveur duquel l'assiégeant doit traverser le fossé pour parvenir à la brèche du corps de place ; et nous n'avons eu d'autre ressoiu*ce dans notre attaque conduite contre une seule contre-garde , que de supposer ou que le feu des batteries souterraines de la tour de l'at» taque , que rien ne contre-bat ni ne peut contre-battre , serait , à cause de la fumée • trop peu assuré et surtout trop peu suivi pour arrêter l'assiégeant , ou que ce dernier en masquerait l'effet par le )eu d'un fourneau , qui interposerait entre lui et ces batteries souterraines assea de débris de la gorge de la contre*garde pour obstruer totalement ces batteries ; mais on ne peut se dissimuler que ni l'une ni l'autre de ces suppositions probables n'esc infaillible , et qu'il ne fût peut-être plus sûr dé conduire
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Tattaque contre deux contre-gardes à la fois , dans tous les cas ^ ce qui dans celui d'un polygone d*un grand nombre de côtés , et surtout dans celui d'une fortification en ligne droite , obligerait à étendre Fattaque k trois demi- * lunes y et à les prendre toutes trois pour parvenir à ces deux contre-gardes. Et ce serait sans doute encore un très grand avantage à compter en faveur de ces systèmes , de n'avoir qu une manière d'être attaqués, et d'avoir celle qui force à en emporter le plus grand nombre d'ouvrages.
Mais quelle ne serait pas l'excellence de ces systèmes , si , par leur construction , ils ne donnaient gratuitement à l'attaque quelques avantages faciles à lui enlever ? Celui qui se présente le premier est la trouée ouverte entre la tenaille et la contre-garde, que la partie retranchée à la demi-lune pour lui donner un flanc , permet à l'assiégeant de mettre facilement à profit, pour, de la crête du glacis, battre le corps de place en brèche. Le second est le peu de relief de la tenaille , que pour ne point masquer les flancs des contre- gardes , on tient forcément trop basse pour qu elle puisse couvrir convenablement la courtine en arrière ] ce qui , joint à la hauteur du revêtement de cette courtine ^ portée mal à propos jusqu'à la plongée de son parapet , l'expose à être ruinée k mihauteur au moins , et conséquemment à ne point conserver de parapet devant l'artillerie de l'assiégeant. Le troisième' est la petitesse des tours , qui réduit leur plateforme supérieure à n'être entourée que d'un parapet de maçonnerie insuffisant et dangereux.. Le quatrième est le défaut de renouvellement et âe circulation d'air dans les batteries souterraines des tours et des flancs des petits bastions du troisième système , lesquels y eussent été émi-