LIT. I. CHAP. XV
^ais nous Tenons de voir au chapitre précédent , cpxe pour établir dur la gorge des contre -gardes des deux derniers systèmes de Yauban , des contre-batteries aux flancs souterrains des tours ^ et à ceux des petits bastions du troisiénie système , à TefTet de favoriser Tassant à des brèches déjà faites, il faudrait trente-un jours de tranchée ouverte; et maintenant, si Ton veut bien se souvenir que par Taddition de la seconde tenaille que nous faisons en arrière de la première , nous ôtons la possibilité de battre en brèche le corps de place , d'ailleurs que de la gorge des contre-gardes, on ne pourra s'empècber de reconnaître quMl faudra au moins trois jours de plus , pour que les batteries établies sur cette gorge aient le temps de faire brèche ; ce qui porte la durée totale du siège à trente-quatre jours de tranchée ouverte» à supposer encore que la hauteur de la goi^e de la contregarde y jointe au peu de largeur du fossé du corps de place y rende possible de faire cette brèche par le canon , ce qui est fort douteux , et que la descente de la gorge de la contre - garde dans le fossé du corps de place , n* ajoute pas à cette durée , ce qui est plus douteux encore. Ajoutez aussi que rétablissement et le service de tant de batteries faites sous le feu à bout portant du corps de place , où toutes les ressources de Fassiégé sont concentrées , et tendues au plus haut degré d'énergie , à ce période du siège, ne pourraient être que très lents et très meurtriers.
On ne peut donc , à dépense égale avec le système de Cormontaingne , surchargé de contre-gardes sur ses bastions, estimer à moins d'un sixième en sus, Fexcès de durée de la résistance des deux derniers systèmes de Vauban (avec les légères rectifications que nous y fai-
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sons), sur celle de ce système , qui jusqu'ici passe pour ce qu'il y a de plus parfait dans la fortification française (*) . Et cet excès pourrait facilement être estimé au double . si nous nous permettions de calculer les difficultés vraiment incommensurables y qui résulteraient nécessairement de Fexcès des dangers qu'entraîneraient inévitablement les diverses opérations du siège d'une place de ces derniers systèmes.
(*) Ce n'est pas U système de GcHrmontaiiifpie , surcharge de contregardes snr ses l>astions , que I'od doit comparer i^u système de Neuf- Brisack, c'est le système de Corfnontsdufne avec des retranchemens dans les bastions. La diffërCDce de force est à l'arantage de ce dernier. Au reste, Gonnontaingne et M. de Konrcroy ne regardaient point Je système cte Belle-Croix comme ce qu'il y a de plus parfait dans la fortification française. Ce que Corœontaingne admettait comme le roieiix et le plus fort , quant à l'enceinte simplement , est précisément le système de Neuf-Brisack , avec les légères rectifications de M. de Bousmard. M. de Fourcroy s'exprime ainsi: {Mémorial dt foriificaii&n permanente,
chap. xv.)
« Que l'on transporte maintenant dans le fossé d'une première enceinte de place ce front de contre-gardes , qui est cehû de Neuf- Brisack , avec nos petites corrections modernes , on aura le retranchement au corps de la place dont nous avons parlé ( cbap. \u) , c'est-àdire précisément l'idée que nous croyons devoir attribuer au maréchal de Vauban , lorsqu'il détache son bastion au Neuf-Brisack. «La simplicité de cette ordonnance mérite la préférence sur tout ce qui a été imagina en &it de double enceinte ou fortification redoublée. Cormontaingne en évaluait U force à 38 jours , à l'hexagone, et à 43 jours, au
décagone.
Il est juste de dire que M. de Bousmard ajoute au système de Neuf- Brisack une seconde tenaille très-élevée , que Cormontaingne n'a pas jugée nécessaire, que du moins son dessin ne représente pas. Les réduits de places d'armes rentrantes n'y sont également pas indiques- (Voyez le Mémorial de fortification permanente , pi. 1 1 , fig. 25.) aucotat.
PIN ru TOME PREMIBR.