‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 99 sur 170 · LIV. II. CUAP. U · texte numérisé non relu

LIV. II. CUAP. U

pr^ndxQ ^t d*aUeatioii8 à observer pour employer la eo»* tre-gaide , qui semble cependaut être l'ouvrage de fortification de Ja cpnfitrucûon la plus simple et la plus facile* Aussi GQ Yûit-dn fort peu ijui n'aient quelque défaut , ou auxgueUea il ne manque quelques-unes des conditions que Jiou^ leur désirons. Mais cela n'empècbejw» que quelquefai& ce n'aji encortif été ce qu'il y avait de mieux à faire pour ajouter à la £oree de certaines places an^ ciennes qui , découvrant beaucoup leurs ouvrages , ne pouvaient , que pa(r Taddition de contre-gardes, être pré« servées d'être battues en brèdie , presque dès Fouverture delà tnmcbée. Car^ Outre qu'il serait souvent presque impossible de relç^ver la crête des chemins couverts de semblables places asiiz haut pour en couvrir les revêtemens , on ne leur obtiendrait, par ce procédé infiniment coûteux , pas le moindre degré 'de force de plus qu'à la place la plus simple, primitivement construite, tandis que des contre-gardes lui en procureront un surcroit , dont il est ten^s enfin de faire connaître la valeur.

On doit se rappeler qu'au livre I , chapitre VIII , cfe C attaque et (te la défense d'une place de la consiructian de Cormantaingne , nous avons | en traitant de sa demi-» lune , qui n'est autre chose que la contre-garde de son réduit , détaillé la manière dont une contre-garde de demilune devrait être atuquée et défendue y ainsi nous sup^ poserons que celte dont nous allons fidre le journal d'attaque et de défense est une contre-garde de bastion.

Nous allons le comniencer.au moment où l'assiégeant^ après avoir fait le couronnement du chemin couvert et l'établissement de ses batteries de brèche et de ses contrebatteries , en est au point de battre la contre-garde en brèche ^ et , avant d'aller plus loin , remarquons que ces

aS 'iSSAI GÈXÈRAL DB FORTIFICATION.

diverses opérations faites sous le feu de dehors étroits et .enfilés p^r les ricochets, depuis rétablissement des pre* mières batteries assiégeantes , auront été d'une exécution sûrement moins meurtrière , et peut--ètre plus prompte , que lorsqu'elles se font sous le feu du 'corps de place , où tout ce qui sert à la défense circule et abonde comme le sang dans le cœur humain , et où le feu des flancs et des courtines j agissant pour la première fois, n est pas encore exposé a être combattu par le canon de Tassiégeant. . n faut aussi supposer que la descente du chemin couvert et du fossé de la contre-garde aura été commencée du moment où le couronnement du chemin couvert se sera trouvé établi d'une manière assurée.

ATTAQUE. DÉFENSE

FlBMIBt JOVB.

Les batteries , montées et appro- ^^^^^^ ^^^ l'artillerie ^es de- Tuionnées dcU nuit prëcëdeiite(l). ^/„^ collatérales à la contm-commencent à battre la contre- garde^ pnnd en muage et à regarde en brèche , tcts le miliea de ,;^rj les batteries assiégeantes , •es ÎBces » et à en raser le parapet, celles-ci sotU encore combaUuesde départ et d'antre de son angle flan- front y par le canon placé sur la ifué f pour pouvoir ensuite , par- contre-garde elle-même ^siy mas dessus ce parapet rasé , contre-bat-^ quant le bastion , elle a assez de tre les flancs des deux bastions col- largeur pour porter batterie» Si, au latéraux à celui de TatUque. D'au- contraire^ elle est convenablement très contre batteries , placées au soumise a^ bastion , et en oonsécouronnement du saillant du che- 9««'«^ "^^«^^ à trop peu de lar> min couvert de U contre-garde , geurpour recevoir du canon se est dontre-battent également les deux ^» ^^^^ ^^ ^ ^'*^'» ^^^ ^

(i) Plancli. 37, fig. S.

LIT. II. CHAP. II. 9j^

ATTAQUE, DÉFENSE

4fiBii-lii]ies colktërales à cet ou- front ^ contre les hattene* de brè- ▼rage , daqad cm contiiiue les des- che. Ce feu de canon sera secondé «entes de fostë. de celui de la mousqueterie deà

demi-lunes y et de la contre-garde elle-même ; bien entendu que ce»

lui de ce dernier ouvrage ne pourra sefairey de sa partie interposée entre les batteries assiégeantes , que dans les momens oà ces dernières suspendront leur feu , soit pour se réparer , soit pour ménager leurs munitions; ce qui permettra de faire alternativement un feu vif de canon et de mousqueterie. jDans tous les cas y les flancs et les cour* , tines masqués n'ont maintenant

risn à faire y et ne pourront agir que lorsque l'assiégeant voudra se loger sur la contre-garde et faire le passage du fossé qui la sépare ' ' du bastion.

SBGOVD JOUA.

Les iMtteries de brèche coati- JUémes feux que lepremier jour. Huent à joaer contre la contre* On ouwe des embrasures biaises garde , et les contre-batteries con- aua: courtines y et l'on prépare ces Ire les demi-lones. Si les batteries dernières y ainsi que les flancs des destinées à contre-battre les flancs deua: bastions collatéraux y à r»> des bastions coUatëranx, ont déjà eevoir du canon pour s*en servir réussi à raser le parapet de pari et fl'«*i«^« 9^9 la contre-garde étant d'autre de l'angle flanqué de la P"^^ *'* "*^^> l'assiégeant voucontregaide» en battant le haut *''«> ^^ <y ^^*'*> ou pousser aw de son reYttement en brèche , eUes ^^' *'» *' '^'^'' au-dessus. ne différeront point de combattre l'artillerie de ces flancs , *fif^ de la rédidre an dlence , pour le moment où derrase faire le passage dn fossé qu'elle dtfend.

On poursuit également le trayail

5o KS8AI OÉKÉRAL BB TORTiriCATIOR.

ATTAQUE. DÉFENSE

de U descente du fosse de la contre-garde , pour en commencer le passage îmnMfdiatement après qu'on j aura débouche. Ce passage , quoique fait très-prés de la demilune t n'offrira que peu de dangers, attendu qu'il n'est tu que d'elle seule, et qu'ellennéme est trop fortement contre -battue , pour pou« ' Toîr lui nuire beaucoup.

TBOISICUB ^OUB.

Les brèches commencent à se On tâche de conserver quelqwe

former. A mesure qu'elles font feu (VartiUerie dans les demi-lu-

e'boulerle parapet delà contre- nés y pour tirer au revers des brè-

garde, les batteries de brèche peu- ches de la contre-garde. On y di-

Yent dëtruire et raser les batteries rige également la mousqueterie de

du bastion en arrière. Les contre- ces ouvrages , dès qu^ on s"* aperçoit

batteries continuent à contre-battre que l'assiégeant travaille àse loger

tant les demi-lunes que les flancs ''urces brèches (x). On tire aussi

des bastions collatéraux , par des- ^ canon des flancs et des courtl-

sus le parapet rasé de l'angle flan- nés à la cr€tedeces logemens j dès

<faé delà contre-garde, de laquelle qu* ils sefont apercevoir, Enfin onj

on fait les passages de fosse. ^^ <^ «m^/» de fusil , de plongée

La nuit suirante, onachèTecet etd'écharpey des extrémités des

pnsages de fossé (î), et , avant la fi*^^ <^« *Ar«w7i, en s'y plaçant

pointe du jour, on se loge au som- *«* obliquement pour faire feu. metdes brèches delà contre-garde»

Ml pour mieur dire à leur reTers p en s'j enterrant de manier» à n*y

(i) Voyw U BOt« de U page soimita.

( a) C«d avppoM qae oe «oit an fotté tee, «a fond dn^stl oa puiite ckbmt «»« Mpc, «t dnqiMl on pviiM tinr U nutièra d'an épaalenent. Bl«i« si e*eai no foué, qo plein d'ea» oa tailla daoi le roc, dens leqael il fuite epiiorter dn dthon , fii matière de répanlement , cela Mra néceeeaJrement pla« lonf .

UT» U. CHAP. M. 3l

ATTAQUE. DÉFENSE

parer à dos, du f«u de la demi' lone Toisme (1).

QUATBifcllK JOVI.

Aassitôt qae TassiégeaDt est logtf L'assiégé {auquel itùus ne supsur les brèches de la contre-g^jrde , posons point de contre-mines dans 3 j traTaUle à d^g imnes, pour faire La contre-garde ) , ne peut contra^ sauter ce qu'il en reste, et notam- fier le travail des mines, qu'en jement le reyétement de la gorge , to'tt dans les logemens des hrè' dans le foss^ du bastion. En même ches^ le plus de pierres y et surtout temps , on ouyre dans le profil de de bombes et de grenades y qi^il chaque brèche , un passage souter- lui est possible. Les canons è emrain ou descente dans le fossé du brasures biaises de ses courtines ^ bastion. ^tù ne sont vus d'aucun des ca^

Twns assiégeansy continuent à tf> rer sur les logemens des brèches de la contre^arde. Quanta ceux des flancsy ils sontoccupés à répondre aux contre-batteries de l'assié" géant y qui les canonne par-des" sus le parapet rasé de V angle Jlan»

que de la contre-garde.

ciMQinhiiB jova.

On continue letraTafl des mines, Ct^Oinuation des mém£s feu». et celui des descentes de fossé du bastion , ainsi que le feu des contre-batteries* On remet en état les

(■) On t'^ffsnara «al tabarrts , ta «nportant «« 4mMnam, m mha» tMaps ^m Uà brkbat ds laeontn- garda; oa qoi fan aoavaaablaà tout ^rda, a( laiiM tris fiieila la iHMMat la passaga dn foai^ èé cat daml'laaaa étant aaimnaaaét aoasHAt i at mIaM phwtdc qMaanx da bi coatra-fwdaX'aat dano paw m paiat aoaipMq«« m JottBa^ fv'oa n'y a point fiiit antrar oatta attaqva dat daml-lnnaa, qv'on Tarin eapandant snria daicln. Oa y apooctné ausrf lai iDgamens at batfaricsA Aira, en^aite dt eetfa tttaqna. dam la larro plain da c«a daaH-lBii»t.

3t B$SAI GÉNÊBAL DB FOBTIPICATlOIf.

ATTAQUE. DÉFENSE

batteries de brèche , qui n'ont plus rien à faire, jusqu'à ce que les fonneanz aient joué.

SIXIÈMB JOUE.

On continae le trayail des mmes. Comme les fours préeédenr. on en charge les fourneaux, on tra* TÛUe au bourrage de leurs rameaux. Continuation du feu des contre-batteries. On débouche dans le fosse du bastion , et Ton en commence le passage, sous laprotec^ tion des contre-batteries , qui depuis long-temps tirent aux flancs des bastions , et autres défenses de ce fossé.

SEPTIÈME JOVB.

On fait jouer les fourneaux. Des Zes batteries des flancs , et sur-

sapeurs achèvent de déblayer tout tout les batteries biaises des cour-

ce qui peut encore masquer les bas- tines, tirent sur le travail dea

tions , au feu des batteries de brè- sapeurs y tant dans les débris de

die. On poursuit le travail des pas- ^ contre-garde y qu'au passage

sages du fossé du bastion. Les bat- ^ f''^^^ ^ bastion. JËUes sont

teries dcbrèchecommcncent à bat- ^^coruiées par tout le feu de mor-

tre le bastion en brèche, et les tiers et pierriers,qu*U est possihU

contre-batteries continuent a tâcher ^ reunir, d'éteindre le feu des flancs des bastions collatéraux.

Nous ne devons pas pousser plos avant ce journal, puisque déjà il contient tout ce dont la contre-garde allonge le sîége • et le détail exact des opérations qu^elIe exige de la part de Fassiégeant. Si elle était contre-mînée, elle opposerait, tant au logement sur les brèches qu'aux mines qui y font les trouées nécessaires pour battre le

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