CHAPITRE IX
ÉMAILLEURS DU XIl^ SIÈCLE. ISEMBERT. PIERRE.
Le premier nom qui s’offre à nous au xii^ siècle est celui cl’Isembert, abbé de Si-Martial. Cet Isembert, ou Hysembert, moine dès son enfance dans ce monastère, avait été prieur de Ruffec] il gouverna l’abbaye de St-Martial de 1174 à 1178. Geoffroi nous apprend qu’il bâtit l’infirmerie des pauvres à la ressemblance d’un palais royal , et qu’il composa pour saint Alpinien une châsse d’un ouvrage admirable (1). Un inventaire sommaire du xvi^ siècle , cité par Legros , disait , sans autres détails ,
Umoceno. — Ducange , loc. cit. — M. Monteil, t. ii, p. 455 et 475 , cite aussi plusieurs manuscrits où des chandeliers, des crucifix et des coffres sont dits de Vœuvre de Limoges.
Nous pourrions grossir cette note de l’indication d’un grand nombre de faits qui nous expliqueraient l’extension de la réputation des émaux de Limoges ; Gérald , évêque de Limoges , donna à Rome un grand festin où brillaient des vases fabriqués avec les métaux de sa patrie. — Au départ pour Cluny de Pierre, abbé de St-Martial , une châsse d’un travail admirable , une crosse , un calice , une croix , des burettes , tout l’ornement d’une chapelle , et même les chevaux de l’abbaye, furent retenus, je dirai plus, enlevés par lui. Profectus Cluniacum PetruSj capsam admirandi ôpèHs , crossam , calicem , crucem, ampullas , totiusque capellœ ornatum, simul equitaturas relinuit^ imoplus dicam j rapuit. Gaufrid. Vos. ap. Labbe. Rerum Aquit.., t. m, p. 5t5. — Vers H65, des chanoines de l’abbaye de Lincoln , dédiée à St Martial , vinrent à Limoges chercher des reliques de leur saint protecteur. Ils obtinrent un ossement du bras, et purent le porter dans leur patrie avec une belle châsse qui leur fut donnée à cette occasion. B. de St-Amable , iii , 491 .
(1) Iscmhertus capsam sancti Alpiniani opéré mirahUi composuit. Gau- Md. Vos. Labhe , ii , 521 .
que celle châsse était de lésion figuré et esmaillé (sic). Elle a disparu pendant la révolution.
Un monument va nous fournir une autre date et un nom également précieux.
L’église paroissiale, autrefois abbatiale , de Mausac en Auvergne, conserve une châsse émaillée consacrée à St Lalminius. Des reliefs de cuivre ciselé et doré représentent, sur la face antérieure, Jésus-Christ entre les symboles des évangélistes, la crucifixion et les douze apôtres. Les autres faces sont occupées par des panneaux de cuivre glacés d’un émail bleu et de rosaces tricolores , et par des dessins gravés , reproduisant diverses scènes de la vie de St Calminius, apôtre de f Auvergne. Sur le premier panneau de la toiture , à droite , est représenté un abbé entre deux lévites, au-devant d’un autel garni de deux chandeliers. Au-dessus se lisent ces deux inscriptions :
PETRUS ABBAS MAUZIACUS FECIT CAPSAM PKECIO.