‹ Essai historique sur l'abbaye de l'Immaculée-Conception-St.-Michel (primitive observance deChapitre 7 sur 36 · PER CRUCEM CRESCENS · texte numérisé non relu

PER CRUCEM CRESCENS

Les croix marquent ma foy, les croissants l'espérance ; Mes péchés pour le ciel me rendent impuissant : La sainte croix ira mon mérite croissant, Si vostre croix, bon Dieu, va pour ma pénitence.

Jean du Pré avait été élevé par le pape Paul V à la dignité de protonotaire apostolique. Il combla de SCS dons l'église de Sainte-Marthe, et c'est â lui qu'on dut, en 1611, la composition de roffice liturgique de cette bienheureuse hôtesse de Notre-Seigneur (1).

A Jean du Pré succéda, en 1632, Henri de Robin-Graveson-Barbentane.

Il était issu d'une des premières familles du pays, famille qui subsiste encore aujourd'hui et qui naguères donnait au canton de Ghâteaurenard son représentant au Conseil général des Bouches-du-Rhône et au département de Saôneet-Loire l'un de ses députés au Corps législatif. Troisième fils d'Antoine de Robin, seigneur de Graveson et coseigneur de Barbentane, et de Marguerite de Bouliers, fille d'un vicomte de Reillanne et petite-fille d'un Porcelet, il avait son écusson fascé d'or et de gueules de quatre pièces, à trois merlettes de sable sur Vor^ deux et une.

Il venait à peine, pour ainsi dire, d'être installé dans sa prébende, lorsqu'on vit une auguste voyageuse s'agenouiller au pied de l'autel de

(1) Dans sa dédicace à Jean du Pré, le chapitre de Tarascon, éditeur de ce livre, lui dit, en effet : Accedit ad reliqua iiix in nos munificentix auctarium non igno» bile quod huic operi a nobis exoptalo lucem dedisti. Accedit non vulgare pietatis tuœ argumentum inter tôt monumenta qiix perpetuo in hac nostra Ecclesia insignem tuam kumanitatem et religionem poster is comniendabunt, (Avignon, imprimerie de J. Bramereau, 1612).

NoIre^Dame-du-Bon-Remôde. En 1632, là reine de France, Anne d^ Autriche apprenait â Tarascon, où elle s'était rendue pour vénérer la glorieuse sépulture de sainte Marthe, la renommée dont le sanctuaire de Frigolet jouissait dans toute la contrée. Elle voulut y aller en pèlerinage, et là, exposant à Marie sa stérilité désolante, elle supplia cette tendre Mère de lui donner un fils. On sait comment fut exaucée sa prière; mais ce qu'on ne sait pas, c'est que, six ans après, lorsqu'elle eut mis au monde Louis XIV, elle s^mpressa de rendre à Notre- Dâwaie-dti-Bon-Remède ses actions de grâce pour' un tel bienfait. Par ses soins et à ses frais, le vénérable sanctuaire fut revêtu intérieurement de boiseries dorées, habilement sculptées et encadrant des toiles où Nicolas Mignard, à son début, représenta, non sans mérite, les principaux mystères de la Vie de la Très-Sainte Vierge.

Il n'en fallait pas autant pour rehausser un pèlerinage que ni les épidémies, ni les guerres civileSi ni les intempéries de l'atmosphère n'avaient pu interrompre ; aussi, pour seconder la dévotion des fidèles et favoriser leur affluence toujours croissante, le prieur Henri de Robin- Graveson-Barbentane installa-t-il, en 1647, avçc l'agrément de Mgr de Marinis, archevêque d'Avignon, des religieux Hiéronymi tes ou Pères de Samt Jérôme (1), au monastère de Frigolet, s'o-

(ly I/Ordre- des Hiéronymites était tellement répandu

bligeant lui-même, ainsi que ses successeurs, à pourvoir â leur nourriture et à. leur entretien. Puis, pour guider les pèlerins à travers les Petites Montagnes, il fit élever, en 1648, de distance en distance, sur le chemin de Barbentane â Frigolet, de gracieux oratoires en l'honneur de Marie. Ces oratoires, construits sur le modèle de ceux qui mènent soit de Saint-Maximin à la Sainte-Baume, soit du village de Sain^•Didie^sur-Pernes au petit Séminaire de Sainte-Gardedes-Ghamps, soit des dernières maisons de Marseille aux portes de Notre-Dame-de-la-Garde, ont été détruits à l'époque de la Terreur: deux seulement sont encore debout, mais dans un triste état de délabrement. G'est encore sous le prieur de Robin-Graveson Barbentane que les herbages delà Tour-du-Valat, près des montagnes de Frigolet, acquis autrefois par l'archevêché d'Arles, furent estimés â 6,740 livres, â raison de 36 livres la sextérée.

en Provence, au XV» siècle, que le Saint-Siège crut devoir réunir toutes ses maisons françaises en une Observance spéciale, à laquelle il donna le Prieur de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon pro tempore pour visiteur apostolique. Ces maisons étaient très-nombreuses et ne comprenaient chacune que très peu de religieux, sans doute afin qu'on y observât plus parfaitement la vie érémitique. L'archidiocèse d'Embrun, en particulier, en comptait un très-grand nombre dans ses montagnes. Ces détails sont tirés d'une pièce originale qui se trouve dans les anciennes Archives du Collège des Jésuites d'Avignon dont notre vénérable ami, M. l'abbé Corenson est possesseur^ nous espérons pouvoir un jour Ja publier in extenso.

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