INTRODUCTION. XXXIII
C'était UD captif que les Burgondcs, dans une de leurs incursions, avaient amené de Pannonie où depuis longtemps régnait TEvangile. Il était né à Sabarie, patrie de saint Martin. Clos dans sa cellule pendant un gi*and nombre d'années, il détermina plusieurs fidèles à imiter son exemple. Ayant quitté Autun par un motif inconnu, il se retira à Vienne en Daupbiné. C'était Tusage , à Vienne, que Tévéque choisît un saint homme qui se vouât à la réclusion dans l'intérieur de la ville. Etrangère au monde, ne communiquant avec lui que par la charité, cette victime volontaire passait sa vie à offrir au ciel les vœux des fidèles et à prier pour eux. Léonien fut désigné afin de remplir ce rôle de médiateur entre Dieu et la cité. Il resta reclus quarante ans , sans qu'un regard humain eût aperçu son visage. Il recevait par une étroite fenêtre le pain de chaque jour et donnait des conseils spirituels à ceux qui accouraient le visiter. Une foule de religieux se fixèrent autour de sa cellule du fond de laquelle il dirigeait deux monastères. *
La vie commune suivit de près la vie solitaire. L'arrivée des disciples de saint Polycarpe dans la province lyonnaise dut déterminer quelques essais d'organisation monastique. Ce saint vivait en communauté avec ses clercs ; il est probable que ces derniers introduisirent , dans les églises qu'ils fondèrent, la règle du maître.
Ce fut seulement à la veille de l'établissement des Visigoths dans l'Aquitaine et des Burgondes dans la Séqua-
* Mabillon. Aiuules BénédicUnes , I. I , p. 31 , 33 , 36. On croit que Mînt Léonien Tint à Âutuii en 487.
nie. que saint Martin, en 360. dota la Gaule de sa première grande fondalion, et inaugnra la vie commune à Ligngé el à Marmoutien. Ce jalon était à peine fixé, que l'Ile Barbe, Saint-Victor de Marseille et Lërins oavraieiit à la science et aox ««rtus monastiques de célèbrea alnis. Ik^MÙlaire des traditions romaines, plus éparptée dans les désastres de Tinvasion germanique, la Gaule méridionale se trouvait en outre en communication directe avec l'Orient, où, depuis longtemps, les moines viraient ré(inis sous diverses règles. Elle recul les institutions BODveUes, les propagea avec rapidité, et le courant remonta du midi au nord.
Vers 430, un moine, nommé Sabin, dirigeait le monastère d'Ainay, au conOuent du Rhdne et de la Saône *. Dans on de ces voyages fréquents alors, où les hommes de piélé allaient, comme (es anciens Sages, k la recherche de nouvelles lumières, saint Romain, né en Bargwidie, s'arrêta près de loi. Sabin possédait quelques livres sur les anachorètes d'Orient. Son hAte les lut, et pénétré d'admiration à la vue des prodiges accomplis par la volonté humaine aidée de Dieu , il jugea ses voyages désormais inutiles. Il reprit la'rauie de son pays, se proposant d'y vivre comme les disciples d^Antoine et de PaCdme. Ehin's les'monlagnes du Jura, il fit choii d'une' . retraite impénétrable et vécut quelque temps en ermite.