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l'image de Tabeniie et de Scétis. Us élevèrent près d'une voie romaine le monastère de Condat * , qui porta pendant plusieurs siècles le nom de saint Oian, un des successeurs de saint Romain. Versé dans la littérature grecque et latine, passant ses auits à Tétude, saint Oian fut^ dans* les temps barbares, une des gloires les plus pures de Condat. Il avait connu à Vienne le reclus Léonien, et reçu de lui, en signe d'affection, un scapulaîrede poil qu'il portait l'^té, rappelant par ce vêtement les cilices de poil de chèvre des anachorètes d'Orient. Saint Antoine, au moment de sa mort, avait de même envoyé à saint Athanase et à l'évéque Sérapion un manteau et une peau de brebis.
Le nombre des religieux augmentant sans cesse, la montagne stérile de Condat ne put bientôt suffire à leurs besoins ; une émigration devint indispensable. Saint Romain fut placé à la. tête des nouveaux colons avec son frère Lupicini Us bâtirent à quelque distance l'abbaye dé Lauconne, vers le milieu du V*' siècle. Leur famille monastique ne tarda pas d'étendre ses ramifications jusqu'en Allemagne. Les deux frères se partagèrent la direction générale, l'un à Condat, l'autre à Lauconne. Avant de mourir, ils eurent la joie de voir leur*sœur quitter le monde et venir -sur leurs traces chercher Dieu el la paix. L'hospitalité qu'ils lui accordèrent était digne de son sacrifice; ils élevèrent pour elle l'abbaye de Baume ; elle y vécut avec cent compagnes.
«i Dans l'histoire naïve des deux frères paraissent leurs
* Saint Clatide, arehevéque de Besançon, s'y retira cl y motirul en 698. La ville de Saint-Claude doit son origine à ce monastère.
XXXVf ISTRODICTIO!».
>) verluB et leur caraclère opposé; la douceur de saint ') Romain et la rigidité de son frère, véritable pdte dn » désert, ses austérités surpassant, dit le légendaire, H toutes celles de l'Orient et de l'E^pte; sa longue vie, » la faveur dont il jouit près des rois de Boui^ogne, son * costume formé de peaux d'animaux et de sabots gn»n siers, qu'il ne quittait qu'en se rendant à l'assemblée >> du comte. La foule se presse sur leurs pas ; ils défri- ■I chent des forâts aussi antiques que le monde. La ban che , le hoyaa , quelques livres, et surtout les livres n saints , voilà toute la richesse de ces solitaires, n '
Si l'on excepte l'Ile Barbe, où des religieux apparaissent dès l'origine de l'Eglise lyonnaise, peu d'Eglisea peuvent faire preuve d'institutions cénobitiques avant Autun. La règle primitive y arriva des deux principaux centres qui réunirent en Orient les forces monastiques, l'Egypte et Césarëe de Cappadoce, où saint Antoine et saint Basile avaient donné des préceptes à la vie solitaire ainsi qu'it la vie commune. Ces deux r^es précédèrent toutes les autres et formèrent le code du premier monasli''r«' d'Autun.
i'MWa de saint Antoine y fut introduite probablement yuxT saint Cassien d'Alexandrie, qui l'avait pratiquée dans lu Thcbaldc , après avoir été instruit dans la foi par ce saint martyr Théonas qui a^-aii évaogélisè le midi de
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de répiscopat, lorsque, sur la foi d'une vision, il s'em^ barqua pour la Gaule dans le dessein d'y propager le Christianisme, malgré les remontrances des autres évéques et du peuple. Avec douze compagnons recueillis en Italie , il vint à Autun dans le courant du lY^ siècle, attiré par la réputation de saint Rhétice, évêque de cette ville, pontife d'une éminente piété et l'un des docteurs les plus savants de l'Eglise. Il lui succéda , suivant Grégoire de Tours, vers 334. Le premier soin de saint Cassien fut d'aller prier au polyandre de la via strata. Il se prosterna dans l'oratoire élevé sur les cendres de saint Symphorien. Il en devint comn^g un nouvel habitant *. Il y choisit sa sépulture. c( J'ai vu , dit Grégoire de Tours, le sépulcre » de ce grand pontife. Il est presque troué par les man lades qui s'y font porter afin d'enlever un peu de pousn sière dont ils se servent comme d'un remède efficace. » Rien n'était plus populaire que le souvenir de saint Symphorien -, rien n'était plus fait aussi pour frapper les esprits et pour toucher les cœurs. L'origine de ce jeune gallo-romain, issu d'une des familles les plus anciennes et les plus riches d'Augustodunum , élevé dans toutes les délicatesses des lettres antiques, la pureté de sa vie, l'élévation et la noble simplicité de son caractère, la fermeté de ses réponses au proconsul Héradius , son courage en marchant au supplice sous les exhortations de sa mère, renonçant ainsi à ce que le monde pouvait don-
* Cam âutem S. Cassianus âd oratoriam 8. Symphoriani martyris peryenisset, ubi cjas sancU corporis reliqui» yenerantar, oraUoni sine intermissione, norus habitalor assistebat. — ViCa S. GaHiani apad Boll.
XSXVIII INTROBUCTION.
n«r de bonheur ou d'illusions, avaient fait du martyr éduen une de ces figure» empreintes de l'idéal de ta beauté chrétienne , et qui , une foie entrevues, ne s'oublient jamais. Son culte s'était répandu avec rapidité. Toutes les villes de la Celtique et de la première Belgique lui élevèrent , à l'exemple d'Autun , une église presque constamment confiée à défi moines. L'ouest, le midi de la Gaule inscrivirent son nom à une place d'honneur sur les dypUques sacrés. 4 Langres, sous la Crypte romaine des SS. Jumeaux Speusippe , Eleasippe et Hélasippe, enfants martyrs que la tradition donnait comme parents de saint Symphorien , ses reliques p^étuaient dans les souvenirs chrétiens l'antique fraternité des Liions et des Eduens.
Après son supplice ' des hommes que les actes du martyre désignent sons le nom de religieux * recueillirent son corps. Ils formèrent autour de son tombeau, objet de la vénération même des païens, un groupe au sein duquel saint Cassien mit vraisemblablement en vigueur la règle égyptienne de saint Antoine j c'est du moins le seul moment où Ton puisse assigner son introduction.
Quoi qu'il en soit, eu 421 , Euphrooe, alocs simple prêtre, et depuis évéque d'Autun -, construisit une basi-