‹ Essai historique sur l'abbaye de Saint-Martin d'Autun de l'ordre de Saint-Benoît; (volume 2)Chapitre 22 sur 62 · INTRODUCTION. XLIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XLIII

Téglise de Saint-Symphorien un droit d'asile aussi étendu et aus&i re&pectë que celui de Téglise de Saint*Martin de Tours. Grégoire de Tours en cite un exemple remarquable. Gontramn, roi de Bourgogne, voulant venger son neveu Herménégilde, mis à mort par Leuvigilde, son père, roi des Visigoihs, pour s^étre refusé à embrasser Tarianisme, Tarmée burgonde, au lieu de se réunir pour attaquer Leuvigilde, saccagea les bords de la Saône et du Rhâne, et se livra aux derniers excès contre la population galloromaine, n épargnant ni les prêtres ni les églises. A la suite de ces brigandages, les généraux craignant la colère du roi , se réfugièrent dans Téglise de Saint-Symphorien. Gontramn, pénétré de chagrin en apprenant la conduite de ses troupes, résolut de prévenir par un .exemple le retour de pareils excès. 11 vint à Autun tenir son plaid, vers la fin du mois d^août, époque à laquelle la fête de saint Symphorien attirait une foule nombreuse. Les fugitifs n^osant quitter leur asile, Gontramn leur accorda un sauf conduit , leur promit de ne point sévir contre eux avant le jugement des grands, et les fit oomparattre devant l'assemblée où il exposa lui-môme ses griefs : « Comment pourrions-nous, dit-il, être vieil torieux, puisque nous faisons le contraire de nos pères. » Eux, en élevant des églises et mettant tout leur espoir A en Dieu, en honorant les martyrs et respectant les » prêtres, ont remporté des victoires , soumis leurs en- » nemis par Tépée et le bouclier. Mais nous, sans crainte » de Dieu , nous dévastons ses sanctuaires , nous égor- » geons les prêtres , nous livrons à la dérision et nous » dispersons les reliques des saints. Non, on ne peut » vaincre avec de tels crimes. Aussi nos bras sont-il^

LLIV INTRODUCTION .

• sans vigueur, notre cpëe sans force, nos boucliers < sans protection. Si donc j'ai autorisé ces excès, que

> Dieu les fasse retomber sur moi; mais si vous avez agi I au mépris de mes ordres , la bAche doit frapper vos I télés; la mort de l'un des principaux cbefs sera un I exemple pour l'armée. Mieux vaut le cbâtîment des

> criminels que de voir la colère de Dieu tomber sur I un pays innocent, m

Les chefs répondirent : u Excellent prince, la gron- I deur et la bonté de ton âme surpassent toute louange. I On connaît ta crainte de Dieu , ton amour des ^lises,

> ton respect des prêtres, ta chanté envers les pauvres.

> Nous rendons hommage à tes vertus , à la sagesse de

> tes paroles-, mais que pouvons-nous lorsque l'armée

> entière est dans le vice, et que chacun met «on plaisir )' à des actes coupables ? Personne ne craint le roi , per-

• sonne ne redoute ni duc ni comte. Si quelqu'un dé-

> sirant attirer sur nous la bénédiction du ciel, s'efforce

> de remplir tes vœux, aussitôt une sédition éclate dans I l'armée, on s'ameute, chacun vocifèr» de terribles I menaces contre le malencontreux conseiller; à peine I a-t-il chance de salut en se taisant. »

Le roi alors s'écria : — « Qu'il vive celui qui a observé

> la justice ! qu'il meure celui qui a méconnu notre loi

> et noire commandement, de peur que la peine du

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