‹ Essai historique sur l'abbaye de Saint-Martin d'Autun de l'ordre de Saint-Benoît; (volume 2)Chapitre 25 sur 62 · INTRODUCTION. XLIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XLIX

pas humain, et dont les arbres à haute cime semblaient porteries nuages. Un étroit sentier hérissé débroussailles et de ronces, auxquelles restaient des lambeaux de leurs vêtements, leur livra rentrée de la forêt. En se courbant jusqu'à terre, ils découvrirent dans des profondeurs obscures une caverne étroite, fermée aux rayons du jour par les branches entrelacées des saules et des vignes sauvages, caverne de voleurs , retraite d'esprits immon • des. A cette vue, le saint aimé de Dieu se jette à genoux au milieu des épines, lui demandant assistance».... Il éleva sa cellule dans ce lieu même.

Les habitants du voisinage, peints par la légende sous de si terribles couleurs, vinrent le visiter, a Adoucis à sa )> voix, de loups devenus agneaux, ils Taidèrent à bâtir )i son monastère , creusant les fondations , élevant les yf murs, déracinant les arbres, traçant les chemins. Les » moines y affluèrent de toutes les parties du monde. On )) admira dans la nouvelle fondation la chasteté, Tobéis-' » sance, l'étude des lettres sacrées, toutes les vertus qui, )) plus tard, devaient illustrer ce monastère. » *

Saint Seine lui imposa la règle orientale de saint Macaire, sorte d'intermédiaire entre la vie érémitique et la vie cénobitique. Il ne semble pas Tavoir modifiée par un de ces mélanges si fréquemment usités avant que saint Benoît eût donné à la vie religieuse son code suprême.

Ce lieu , appelé Sestre ou Ségestre, était peu éloigne d'un temple élevé près des sources de la Seine à la di-* vinité du fleuve. Les païens y étaient venus longtemps

* Vita s. SeqiiaDi. Acta SS. ordinis S. Benedicti, t. V\ p. 364.

L l^fTROtllCTinN.

demander la guérison'. Des ex-voto, des bras, des jambes de pierre, des inscriptions, des statues et autres simulacres jonchaient encore les abords du monument. Il avait été livré aux flammes après l'introduction du Christianisme , mais ses sectateurs n'avaient pas oublié l'objet de leur antique vénération. En ne prenant pas h la lettre le teste du légendaire, on ne peut guère voir dans les hommes Jéroces réfugiés auprès du sanctuaire ruiné de la déesse Sequana, que des peuplades païennes hostiles à la religion nouvelle , aigries par la misère , dénaturées par Tisolement et la sauv^erie des moeurs. ' En 573, le roi Gontramn établit à deux milles de Chalon, où il avltit fixé sa résidence, le monastère de Saint-Marcel sur le lieu du martyre de cet apAtre, compagnon de saint Pothio et des cinquante martyrs de Lyon condamnés à mort sous Harc-Aurèle. Nous n'emprunterons point à Aimoin le récit du songe qui détermina le pieux Gontramn. Celte fiction toute poétique ne se rattache k aucune donnée réelle. Elle est un modèle curieux de ces visions fréquentes dans les légendaires du VII' et du Vlll" siècle, et qui occupent également une place considérable dans la littérature du moyrai ^e. L'abbaye de Saint-Marcel acquit aux portes de Chalon l'importance de Saint-Symphorien à Aulun. Elle devint comme cette dernière un lieu d'asile visité souvent par

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