‹ Essai historique sur l'abbaye de Saint-Martin d'Autun de l'ordre de Saint-Benoît; (volume 2)Chapitre 26 sur 62 · INTRODUCTION. LI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LI

respect du roi pour la basilique. Gontramn introduisit à Saint-Marcel, où il voulut être enterré, la psalmodie perpétuelle. Il associa cette abbaye à celles de Saint-Maurice d'Agaune et de Saint- Bénigne de Dijon, qu'il avait comblées toutes deux de libéralités.

Quelques années plus tard, en 584, Flavius, évéque deChalon, familier de Gontramn, éleva ou plutôt restaura réglise de Saint-Pierre , située dans un polyandre sur une émînence au nord de la ville. Un saint ermite avait jadis occupé en ce lieu une cellule et un oratoire. A sa mort, le souvenir de ses vertus y avait attiré le concours du peuple. Une église avait déjà remplacé Thumble oratoire du solitaire, lorsque Flavius y annexa un monastère d^hommes.

Vers SfiO^ un moine nommé Colomban vint se fixer dans une solitude des Vosges, non loin du camp romain d'Anegray. Il trouvait à peine sa nourriture et celle de ses douze disciples dans ce lieu inculte, couvert d'herbes et d^arbres stériles. C'était un jeune homme d'une beauté pleine de noblesse et d'attrait, un compatriote de ces jeunes esclaves mis à l'encan sur un marché de Rome, et dont le visage blond, doux et pensif avait inspiré au moine Augustin le désir de gagner à la foi chrétienne le pays qui donnait naissance à cette race choisie. Il était né en Irlande, dans la province de Leinster. Dès sa jeunesse il était entré au monastère de Benchor, et s'y était fait remarquer par ses austérités , sa science et l'énergie de son caractère. L'état de décadence de la religion, dans quelques provinces de la Gaule , l'attira dans ce pays. Le flux et le reflux des invasions , l'extension de l'arianisme parmi les tribus burgondes et visigothiques , la

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négligence ou le découragemeni des évoques aux prises avec les nécessités temporelles, avaienl singulièrement affaibli l'cmiiire de la foi chrétienne. Partout sur son passage son éloquence pleine de chaleur et de grâce, sa charité, sa douceur, »i modestie apaisaient les discordes, efiacaienl les vestiges des pratiques païennes, et rappelaient tes esprits à une religion dont il était un des plus parfaits disciples.

Du creux d'un rocher disputé aux bêtes fauves, il fondait dans ce désert des Vosges trois monastères, Anegray. Fontaine et Luxeuil. Les forti fi c-a lions antiques de Luxeuil protégèrent ce monastère élevé sur des thermes construits par la magnificence romaine. Aux alentours , la multitude des ex-voto cl des images des dieux élait aussi nombreuse que les arbresdes forêts voisines ' . Située sur les confms de la Gaule et de la Germanie . l'ahhaye de Luxeuil devint bicntAt le cbe/det mtmaitèret deFranee et de Bourgogne par ta sévérité de la diteipline et par la perfection de ta doctrine '. Six cents disciples y chantaient le Laos perennis. Une foule de Pranks et de Burgondcs venaient y déposer leur longue chevelure et embrasser la vie ratière. I.«s nobles burgondes et franks envoyaient leurs enfants il son école. An sein de l'ëtouffement amené par la barbarie, elle fut le berceau et le modèle do celles qui se reformèrent ailleurs.

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