‹ Essai historique sur l'abbaye de Saint-Martin d'Autun de l'ordre de Saint-Benoît; (volume 2)Chapitre 27 sur 62 · INTRODUCTION. LI^I · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LI^I

vantes. L'obéissance jusqu'à la mort, quelque pénibles que fussent les devoirs prescrits ou recommandés; un silence continuel hors le cas d'absolue nécessité; la prière, rétude, le travail des mains; le jeûne jusqu'à trois heures du soir; une nourriture composée de légumes, de poissons, d'un petit pain, de farine détrempée d'eau, d'un peu de bière; telles étaient les bases énergiques de la discipline. Six coups de fouet pour celui qui aurait oublié de faire le signe de la croix avec sa cuiller avant le repas, douze pour celui qui, en demandant la permission de sortir , aurait omis de s'agenouiller ; des corrections variées à l'infini pour le diacre ou le prêtre qui n'aurait pas coupé sa barbe ou ses ongles , pour les moines qui seraient entrés à l'église en habit de nuit ou n'auraient pas strictement suivi l'ordre des offices , pour celui qui aurait répandu des miettes sur la table; deux cents coups de fouet pour les fautes les plus graves , telles étaient quelques-unes des rigueurs nécessaires d'une règle qui semble dépasser les forces de l'homme, mais qui leur communiquait en réalité une vertu surnaturelle. L'exil de saint Golomban, chassé par Théoderik et Brunehilde, n'altéra point la prospérité de Luxeuil ; peut-être même cette prospérité ne fut-elle pas étrangère à son exil. Elle avait élevé Golomban à la hauteur d'une puissance redoutée , et qui n'épargnait pas aux rois les avertissements. On sait quelles causes amenèrent cette disgrâce dont Frédégaire a tracé le dramatique tableau.

Brunehilde ayant présenté au saint, pour les bénir, deux enfants que son fils Théoderik avait eus d'une concubine, Colomban la repoussa avec indignation en

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s'écriant que jamais ces enfants, fruits du libertinage, ne porteraient le sceptre. Iji reine, irritée, tourna sa vengeance sur les monastères de Coloinban. Elle interdit de laisser sortir les moines, de leur donner l'hospitalité, de leur accorder aucun secours. ASn de les arracher à cette persécution et d'en flétrir les auteurs , Golomban se rendit auprès du roi au château d'Ëpoïsses; il arriva au soleil couchant et refusa d'entrer. En vain Thëoderik, averti, lui St offrir les mets de sa table; le moine, h la vue de ce luxe royal, maudit les plais et les coupes, invoquant le texte sacré où « le Très-Haut réprouve les offrandes des impies, » protestant qu'il ne souillerait point sa bouche des mets d'un ennemi des serviteurs de Dieu. Il brisa les vases, renversa les vins , jeta par ses anathèmes l'effroi dans la maison royale, jusqu'à ce que Thëoderik lui eût fait la promesse de renoncer à ses désordres.

L'humiliation avait été trop amère pour que Brunehilde la pardonnât. Elle escita contre Colomban le roi. les grands, les évéques même. Elle fit attaquer son orthodoxie au sujet de sa règle religieuse et des rites qu'il avait introduits, réchauffant les discussions relatives k la célébration de Pâques le 14* jour de la lune, suivant l'usage de l'Eglise d'Irlande. .\rrèté à Luxeuil par des satellites de Thëoderik, qui avaient charge sur leur tête

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