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peuples et les conseils des rois. Les avertissements sévères des pontifes atteignaient ces derniers au milieu de leurs écarts. Germain de Paris , Prétextât ae Rouen , Grégoire de Tours , le moine Golomban , laissant tomber sur eux les avis et les reproches, bravaient avec leur colère Texil ou la mort. Lorsque les accès de la passion étaient calmés ou satisfaits, il était rare que ces fils indisciplinés de FEglise ne vinssent pas courber le front devant elle. Alors suivait la réparation. Elle consistait d'ordinaire dans des œuvres extérieures plus que dans la contrition du cœur, il fallait qu'elle fût éclatante comme Tavait été la faute ; il follait qu'elle renfermât le germe d'un bien qui devant Dieu et les hommes compensât le mal commis. Ils élevaient des basiliques, reconnaissaient les immunités des églises, multipliaient les cloîtres où Ton priait pour eux, où Ton répandait Taumône en leur nom , fondations qui devaient achever par l'extension de la vie chrétienne dans toute sa pureté ^ la régénération des opprimés et des oppresseurs.
D'autres princes, animés d'une piété réelle, sujets dévoués de l'Eglise, s'associaient à ses travaux, secondaient son agrandissement , sans autre but que de satisfaire leur piété.
Quelques-uns se déterminaient principalement par des raisons politiques. Ils savaientqu'en donnant des moines aux peuples ils donnaient des appuis à leur propre puissance. Il était rare, en effet, que le clergé ne s'attachât pas de toute sa force et ne gagnât pas les populations à un pouvoir qui favorisait son œuvre civilisatrice , tout en respectant lui-même les lois de l'équité. Les évéques. dans les conseils publics, les moines, dans leurs relations
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de chaque jour avec le peuple , étaient en définitive les fondements les plus Bolides de la paix de l'Etat.
D'autres princes cédaient aussi à l'ambition d'imiter l'Empire, à des vues de magnificence romaine, tant était vivace encore l'ascendant que Rome exerçait par ses souvenirs et ses monuments. C'est à cet ascendant que se rattachent certaines formes administratives , certains usages et monuments du VI* siècle , sous les rois gotbs , burgondes et franks.
Il n'était pas rare enfin que c«s motifs se trouvassent réunis. Plusieurs d'entr'eux animèrent la reine Brunehilde. Sous toute la race mérovingienne il n'y eut pas de fondatrice plus zélée et plus magnifique. Son administration en Boui^ogne, durant la minorité de ses enfants, fut l'ftge d'or de la grandeur monastique d'Autun. Les lettres de saint Grégoire le Grand nous font connaître la sollicitude qu'elle portait aux nécessités de l'Eglise. Elles nous révèlent en même temps les vices qui travaillaient cette dernière, les dangers qui la menaçaient. La violence, la simonie, l'intrusion, attiraient les plaintes du pontife ; l'attachement de plusieurs personnages distingués au schisme soulevé par la question des Trois-Chapitres ajoutait à ces causes ordinaires de dérèglement. Dans l'étal précaire fait aux peuples par le partage continuel des provinces et les guerres sans fin qui en étaient la suite, trop