‹ Essai historique sur l'abbaye de Saint-Martin d'Autun de l'ordre de Saint-Benoît; (volume 2)Chapitre 30 sur 62 · INTRODUCTION LIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LIX

Bninehilde employa les années de paix dont jouirent ses états à les pourvoir de nombreux établissements ecclésiastiques ; mais elle ne donna à aucune ville une organisation religieuse aussi complète qu^à Autun. Les monuments que le génie grec et romain y avaient laissés, les restes de civilisation qui s^y transformaient rapidement sous la main du Christianisme , Tantiquité de son siège épiscopal, la position éminente de ses évéques constamment en relation avec les poètes et les écrivains contemporains, expliquent suffisamment le choix de Brunehilde et la grandeur imposante de ses fondations. Elle accepta la nécessité de rivaliser avec la splendeur de VEmule de Rome, d'opposer un art chrétien à Fart antique, et d'effacer sous les institutions nouvelles les vestiges des superstitions mythologiques. Cette dernière intention ressort du choix même de ses emplacements. A côté d'un temple de Minerve elle éleva un hospice aux malades et aux voyageurs, comme pour montrer le complément de la sagesse dans la charité-, elle lui donna le nom de l'apôtre saint Andoche, qui avait été emprisonné en ce lieu même , et bientôt après martyrisé à Saulieu , victime aussi de sa charité. D'un temple de Cybèle, sanctuaire d'impuretés effrénées, elle fit un asylc de vierges sous l'invocation de la mère de Dieu et de saint Jean , ces deux types les plus purs delà chasteté. Sur les ruines d'un temple et d'une école druidiques , elle érigea un monastère destiné à abriter la science et la contemplation des disciples de saint Martin et de saint Benoît.

Des colonies de moindre importance se répandirent, par les soins de la reine , sur les points secondaires du pays éduen. Les chefs-lieux d'archi prêtres établis dans

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