INTRODUCTION. IX
romaine , alléchés à son luxe , à sesi. arts dégénérés , d'autres moins connus , campés au-delà des frontières impériales, Goths, Franks^ Alemans, Saxons, Huns, Vandales, parcouraient le nord de la Germanie du Caucase au Rhin. Leurs tribus débordaient sur les provinces par un torrent continu. Elles venaient se heurter aux populations romaines sans y rester étrangères, sans s'y mêler complètement. Empreintes de la rudesse primitive de leurs aïeux , elles ne connaissaient Rome que par les efforts de Rome pour les soumettre , par ses cruautés et ses exactions. A leurs yeux , les représentants de la civilisation romaine, c'étaient le lieutenant impérial qui recrutait les légions, le procureur qui levait les impôts, et qui , à défaut de For qu'ils connaissaient à peine , enlevait leurs peaux de bœufs et de buffles, et mettait à l'encan troupeaux et familles. Rome , impuissante à les dompter, cherchait à les affaiblir en soufflant entr'eux la discorde -, elle excitait à s'entr'égorger des tribus entières , prête à donner le coup de grâce au plus faible. Les exterminations entretenues durant plus de trois siècles , de César à Constantin , les populations vendues sur les marchés ou jetées aux lions des amphithéâtres avaient accumulé une dette de vengeance et préparé lentement le triomphe des victimes. Le nombre . la puissance passaient chaque jour du côté de ces dernières. L'esclavage les avait semées par masse dans toutes les parties de l'empire, le recrutement militaire les avait incorporées aux légions dont elles étaient devenues la principale force. La dégénération des races italiques, les affranchissements de plus en plus multipliés leur avaient livré les emplois publics, h^claves , affranchis , colons , soldats ,