CHAPITRE
FondaiSon de TablMiye. — Monogi;rAphie de Tégliae.
Au milieu drs sanglantes rivalités di*s rois niérovinp:iens, la régence de Brunehîlde présente, pour la première fois, le spectacle d'une femme essayant d'apporter dans le gouvernement de ses Etats des idées d'ordre et de civilisation.
Elevée à Tolfîde, à la cour d'Athanagilde son père , roi des Visigoths , elle avait été , d»"^ IVnfance , habituée à de grands exemples de pouvoir et de gouvernement. Dans cette Espagne depuis longtemps soumise au christianisme, l'esprit juridique de l'ancienne Rome, allié à la charité de l'Evangile, formait le fondement de la mo-
IC ABBAVK
iiarctiie t>( Av st>!> iiistUulioi)». Adiuiiiislratiiiii itiiiuiiiii' substituée à la constitution germanique \ unité du pouvoir impérial plerlifremplaçant la féodalité des chefs de tribus ; langue latine chassant progressivement l'idiome gothique ; conciles composés des évèques et des leuiles, traitant tour n tour des lois religieuses et des lois de l'Etat: étroite union entre l'épiscopat et la royauté, qui se prêtaient un secours mutuel pour se roncilier le respect , adoucir les mœurs et faire prévaloir le sentiment de la justice: législation à la fois religieuse et politique, destiiiéo k atteindre ce double but : tels étaient les éléments de civilisation que Bninehilde avait vus se développer sous ses yeux. Elle avait vu son pèn; appelé par les conciles à la couronne . pour avoir été Thomme de ces traditions-, elle l'avait vu, api-ès les avoir fait régner avec lui pendant quatorze ans , mourir en emportant , chose rare à cette époque . les regrets de son peuple.
Elle-même, pleine décourage et d'élévation dans l'esprit, instruite du passé et prévoyante de l'avenir, une fois rentrée en Auslrasie et tutrice de son fils, elle dut penser il consolider ce trdne si longtemps disputé k l'anarchie. De ce moment, on la voit essayer d'appliquer à la société des Franks des règles et des habitudes empruntées à la
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danee gravement atteinte^ au sein de cette aristocratie grossière, ignorante , peu accessible au sentiment religieux , plus forte par le nombre et les passions que par les talents et les idées , une pareille tentative n'était pas possible ou ne Tétait qu^à demi. Le temps et Fautorité manquèrent à Brunehilde dans la poursuite de cette œuvre dont TaGComplissement était réservé à Charlemagne. Elle y perdit la vie : elle ne put y sauver Thonneur de son nom.
Ge qui lui fut donné de réaliser avec le plus de succès , c'est en quelque sorte le cdté extérieur et matériel. Par elle, des villes , des places fortes, furent bâties^ les anciennes voies romaines furent restaurées, et de nouvelles se prolongèrent de toutes parts jusqu'aux extrémités du royaume. La Flandre , le Hainaut , le Cambrésis , la Bour^ gogne, la Picardie, les provinces du Midi, montrèrent longtemps les restes de ces magnifiques ouvrages connus sous le nom populaire de chaussées Brunehaut. Aimoin, qui vivait plus de trois siècles après , s'étonnait qu'avec les ressources de la Bourgogne et de l'Austrasie, elle eût laissé de si puissantes marques de son passage. '
Ge fut surtout à l'influence religieuse qu'elle s'adressa. Elle qui avait abjuré le schisme d'Arius pour le catholicisme^ qui, dans le clergé visigoth, avait trouvé tant d'exemples de science et de vertu, elle ne pouvait méconnaître la grandeur et la durée de cette influence. Fille docile de l'Eglise, elle seconda de tout son pouvoir la papauté dans la propagation du christianisme , chercha à étendre l'action du clergé, l'éclat extérieur de la religion.
• Alaioin,iV, t.
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et y aidamconstruisant un grand iiombred'ëcoles,d'h6pitaux, d'aises et de monastèreg. Autun, cette ville k demi-romaine qui lui était chère par ses souvenirs et qui était le centre de la Bourgogne ; Autan , où elle se plat & résider souvent , obtint une large part dans ses munificences. Elle l'enrichit de trois établissements qui , après douze siècles , protégeaient encore sa mémoire.
Elle fut secondée par un homme avec qui une grande «>nfoniiilé de vues et d'opinions l'unissait inUmenient. Syagrius, attaché comme elle au parti gallo-romain, avait été appelé à l'épiscopat par sa vertu et par sa sdenoe. En lui , le lèle du pasteur s'alliait à la culture des lettres chrétiennes et profanes ; son palais était une académie oii des jeunes gens de grande famille venaient poursuivre leurs études sous sa direction. Plusieurs en sortireat des savants et des saints. Ces plaisirs de l'écrit , loin de nuire à la dignité du ministère épiscopal, eu refaaussaiatt l'éclat; et , dans les limites de son diocèse , Syagrius veillait attentivement à la stricte distribution de la justice , au maintien de la discipline cléricale , k l'agrandissement et à la multiplication des écoles et des édifices religieux.
Ce fut en 589 , qu'avec l'aide de Syagrius , Bninehilde jeta les fondements de ses constructions monastiques.
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sy étaient conservés. L'imagination populaire y plaçait ses fables, ses apparitions, ses influences mystérieuses, toutes ces idoles de la pensée qui sumvent longtemps aux idoles de bois et de pierre. C'était surtout au foyer domestique que se perpétuaient avec ténacité les traditions païennes, là existaient des autels pour les lares et les pénates*, là retrouvaient encore un sanctuaire secret, Cybèle, Minerve,, Jaaus^ Jupiter, Apollon, les Mènes. *
A Texemple du grand évéque de Tours , Brunehilde voulut attaquer ces croyances sur leur terrain consacré et fiftire une réparation plus solennelle au Christ. En relevant en son honneur les édifices primitifs, elle consen^a plusieurs de leurs parties ^ suivant un usage fréquent à cette époque^. L'Eglise succédait ainsi aux possessions des temples ; elle tournait au profit de la foi nouvelle les habitudes développées par le culte des faux-dieux. Souvent même elle lui emprunta ses chants et ses cérémonies ; elle eut comme lui des fêtes, des processions, des images ; à travers tout le moyen Age, les réunions du peuple, répoque des fêtes, les noms même du paganisme se sont conservés , mais épurés par l'Evangile et revêtus d'une signification nouvelle. Brunehilde construisît l'hospice de
* Beognol. — Histoire de la destruction du paganisme en Occident
> Telles étaient aussi les idées de saint Grégoire. Il défendit au moine Augustin de détruire les temples païens qui pouraient être utilisés pour iei usages chrétiens, a Ut dùm gens ipsa eadem fana sua non Tidetdestroi, de corde errorem deponat et, Deum Terum cognoscens ac adorans, ad loca ^uœ consuevit, famiUariùs concurrat, Nam duris mentibus simul omnia abscindere, impossibile esse non dubium est, quia is, qui locum summum ascendere niUtur, gradlbus Tel patsibiis, non aulem saltibus elevatur. *
Saint-And(Mthe sur le temple de Minerve, Tabbaye de Sainte-Marie et Saint-Jean sur le temple de Bérécynthe, celle de Saint-Martin sur l'aDcienne demeure de Saron.
Depuis le jour où saint Martin avait détrAoé la statue du vieux roi mythologique, les lieux avaient de plus en plus changé d'aspect. Autour d'un vaste polyandre ooosa- CT^. par les cendres des premiers évfiques et des premiers martyrs d'Autun mêlées aux cendres des nobles fomilks romaines , plusieurs basiliques s'étaient élevées. C'étaienI cellesdeSaint^PierreetSaint-EUenne, dont le nom réunissait, par une association touchante, le premier apAtreel le premier martyr de la foi ; c'était l'autel érigé à sûnl PierreetàsaintPaul par saint Martin lui-même, le continuateur de leur apostolat dans la Gaule. Près de là , une abbaye florissante remplaçait l'oratoire primitif élevé sur la tombe de saint Sympborien ; des reclus , des solilaires . étaient venus placer leurs cellules sur ce berceau de la foi éduenne. Célèbre par ses souvenirs, par les miracles qui s'y accomplissaient, par mille exemples de renoncement et de piété, il attirait de nombreux pèlerins, ei souvent gardait ceux qu'il avait attirés. On venait prier dans ses oratoires , s'inspirer de l'exemple des saints , et recueillir sur leurs tombeaux de pieuses traditions.
A quelques pas du polyandre de Saint-Pierre et de
niers rayons du soleil se couchaient sur le Beuvray ' ^ qui ^ les dominant toutes , abritait derrière lui des pays encore sauvages , derniers asiles des superstitions druidiques dont il avait été le centre initiateur. Dans la plaine , encore marquée d'un caractère primitif, Tuniformité des forêts n'était interrompue que par les lignes blanchissantes de quatre grandes voies romaines se subdivisant au pied des montagnes , et bordées aux approches de la ville diï tombeaux et de cippes funéraires; par des lacs brillant ça et là comme des miroirs ; par quelques colonnes de fumée s'élevant d'une riche villa abritée sous les grands arbres , ou d'une colonie assise au milieu des champs cultivés, et par le cours sinueux des fleuves sacrés le Tarants et l'Arus.
Sur leurs rives tombait chaque jour un fragment de la ceinture de temples antiques qui environnait la ville , et qu'avait déliée la main des apôtres chrétiens; c'étaientceux de Dis et de Proserpine, minés par les eaux et ouvrant aux raAnes leurs salles désertes ; celui de Janus , laissant pénétrer par ses quatre faces démantelées les quatre vents du ciel ; celui de Gybèle , mère des dieux , voué désormais à la mère du Girist; celui de Minerve, dont la sagesse s'était tue devant la parole dévie.
En vain se dressaient-ils encore dans la majesté de leurs ruines ; en vain les portes de Sens et de Langres ,
* Au sommet de celle montagne , une chapelle fui élcfèe à saint MarUn. Une fontaine sacrée porte son nom et est visitée par les fens du paya, qui vont y puiser la guérison de certaines maladies. IVaBciennef superstiUons se pratiquent toujours sur cette montagne, el remoolant, selon toute apparence, à l'ère druidique.
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lethtiAtreel TaniphithéAtre encore debout , frappaient-ils le Frank d'admiration , et accueillaient-ils la btenvenne du voyageur; ce n'était point h eus qu'était dévcrfu le râle de faire de l'un un homme et un chrétien , d'ouvrir Ji l'autre les trésors de l'hospitalité. Il appartenait désormais à ces quatre diaconies placées aux portes de la ville , où la main de la charité donnait à tous le denier de t'aO' m6ne , la nourriture* , an abri ; à ces quatre basiliques el chapelles, Saint-Nazaire , Sainte-Croix, Saint-Pancrace, Saint-Pierre, qui s'étaient emparées du cœur d'Augustodunum pour le transformer.
La cité sacrée et profane était là tout entière , posée en amphithéâtre sous l'œil et la méditation des moines, au pied du mont des Druides , de celui de Jupiter, k l'ombre de ceux deCucubaretdePhilosie, où les symboles rapprochés de la mort et de la volupté leur rappelaient que BOUS le r^e de VeMprit toutes deux denûent être vaincues par l'abstinence et la foi. '
Les édifices romains échappés aux désastres de l'invasion servirent à Brunehilde de modèles. Destinée, dans la pensée de sa fondatrice , à recevoir 300 moioes , l'abbaye de Saint^artin fut construite avec une magniftoenœ et une solidité dignes de l'ère impériale. Une tradition du monastère assurait que l'on avait utilisé dans l'ëf^ise
Elle était construite en blocs de pierres de taille posés sans ciment comme aux portes d'Arroux et de Saint- André. On a prétendu qu'ils étaient liés à Tintérieur par des crampons de fer; mais peutr-étre a-t-on été induit eu erreur à la vue des cavités que les Romains creusaient dans les gros matériaux pour faciliter remploi des pinces. *
Quoique les diverses ruines dont cette église fut la victime eussent altéré Tunité de son architecture , cependant, jusqu'à sa reconstruction , en 1750 , on regarda les deux murs de la nef et celui de Feutrée, épais partout de 1*,6Ô, et composés de blocs de même grandeur, comme des restes romains de Tancien temple ; seulement , la forme de l'édifice païen n'étant point en harmonie avec les besoins de l'édifice monastique , on avait démoli le mur oriental semblable à celui de rentrée, et des matériaux de cette démolition avait été construite une apside.
Le plan de l'église était conforme à celui des basiliques oonstantiniennes et offrait peu de développement. Son chevet était tourné à l'orient , vers Jérusalem et le calvaire , ses pieds au couchant , suivant les traditions de la symbolique chrétienne. Ses dimensions , conformes aux règles consacrées , présentaient une longueur deux fois égale à sa largeur, 108 pieds sur 54 en œuvre. C'était un rectangle terminé par trois apsides semi-circulaires et divisé en trois zones , tout se formulant dès-lors d'après la triade.
La première zone , dite npô^aoç ou avant^temple , consistait en un simple portique à colonnades , sous lequel on
* A Tare romain de Sainles, les pierres élaienl liées à Tinlérieur par des crampons en bois.
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entrait par un arc arrondi , soutenu sur des colonnes engagées ou sur des pilastres latéraux*. La seconde partie, appelée >«( ou nef, était séparée de la première par on mur transversal à trois pcHtes. Au-dessus de celle du milieu, une peinture dédicatoire, coolemponine de la fondation , montrait la reine Brunehîlde présentant de la main droite des religieux , et de la gauche son mcmaatère à saint Martin et à saint Benoit. Cette peinture parait avoirélé, avec celle de l'apside de Saint-Vital de Ravennes, où l'évéque Ecclesïus offre son ^lise au Sauveur, un des plus anciens exemples de ces dédicùcei devenues si fréquentes à partir du VI* siècle.
Cettesecondezoneétait partagée en trois nefs par deux rangs de colonnes de marbre qui correspondaient aux trois divisions de l'apside.
Elle était s^rée de la eelia ou sanctuaire par une balusUade en marbre, que sunnonlaîl un arc triomphal soutenu par deux colonnes de maître dont les auteurs parlent avec admiration. On montait par trois marches au pretbyterium, dont les voûtes rappelaient , par leur surbaissement , les premières cryptes chrétiennes.
L'art romano-bysantin déployait dans l'apside le luxe de ses mosaïques à couleurs éclatantes* sur des fonds d'or
OU d'azur ^ dans i'arc triomphal , ses arabesques et ses
bas-reliefs, dans la nef ses lambris à compartiments
dorés. Le sanctuaire était pavé de mosaïques représentant les signes du zodiaque, et la nef de marbres qui
furent conservés jusqu'à nos jours.
L'autel élevé par Tévéque de Tours , après le miracle qui signala son passage , était adossé au fond de l'apside contre le mur oriental *, et de là dominait tout le reste du temple. Cette situation , conforme à un usage bysantin très ancien*, fait supposer qu'il n'y en eut longtemps qu'un seul , consacré au Dieu premier-né , altare Unigenito^. Il était petit , fort bas, se rapprochant ainsi des autels antiques , et peu eotnmode pour le saint sacrifice de la messe*. Une antique pierre de jaspe en ornait le devant.
Sous le chœur de l'édifice s'étendait une crypte dédiée à Notre-Dame, rappelant la confession où Ton recueillait les restes des martyrs. Dans ce tombeau commun , où les sépultures des abbés vinrent se grouper autour de celle de la fondatrice, brûlaient des couronnes de cierges suspendues à la voûte par des chaînettes. ^
* L*autel placé aa milieu du chœur fut , selon toute apparence , ajouté plus tard : celui de Saint-MarUn ftit reporté dans la chapelle de Sainte-Marguerite « où (« cardinal Rotin est dépeint * . On lui donna pour rétable un tableau des saints Pierre et Paul.
* lostrucUons du comité des monuments historiques.
* Cyprien Robert. — Cours d'hiéroglyphique chrétienne; Uniferaité catholique , octobre 1838.
* Notes manuscrites des archiTcs de Saint-Martin.
^ Ces couronnes étaient encore en usago h Saint Martin au XVI' siècle. On s'en serrait aussi au Mont-Cassin.
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Kieii n'indique que l'édifice ait été vuùlé. Un passa^ de la vie de saint Hugon dit que la reine Brnnebilde décora l'élise de poutres de sapin ornées ' . Faut-i) appliquer cette expression à la charpente qui soutenait les toits, ou aux lambris ornés des plafonds i* Selon une disposition adoptée quelquefois dans les basiliques biianlines , il existe à Ftome plusieurs ^lises dont la dtarpente plus ou moins décorée est visible à rioténèar. Celte pratique toute primitive se trouve parfUtement conservée à l'église des SS. Nérée et Achille. D'un autre cAté , la vie de saint Léger nous apprend que Syagrius flt faire à Saint-Nazaire des plafonds dorés : Ton ne peut guère douter qu'il n'ait employé la même décoration à Sainl-Hartin. C'était là d'ailleurs un usage presqne universel. Prudence, parlant de l'église de Sainl-Paul hors des murs , bâtie par Constantin et embellis par Honorius , emploie le mot trabibus dans le sens de lambris * . 11 fournit un argument de plus en faveur de cette dernière opinion. '
■ Ecclealtoi decorarit (riblbui ibietinii formotU. — Bméric DiTid ;.HLstotTC de la peinture ] s'eilaiéprlsiurce puuge en ■Uribunl à uiD( Hugon les ouTrtges inlérieun diUnl de BraoakMa.
> Bracteolis IrabibutHibleTil, ut omnli aanilenU l«i onM inttei
Comme dans un grand nombre de monuments romanobysantins de l'Italie ^ la plupart des ornements de la basilique de Brunehilde provenaient des édifices païens. La fecilitë de trouver, sous la main , des marbres précieux amenés, au temps de Fempire, de toutes les parties du monde romain , ne fut pas sans effet sur la richesse de l'art dans cette période. Les temples et les autres édific4^s chrétiens étaient des musées où Ton réunissait tous les débris de Tart antique. Dans les cloîtres, sous les péristyles , dans les cryptes , les statues des dieux et des héros trouvaient un asile. Coloifmes , fûts , chapiteaux , sarcophages , mosaïques , bas-reliefs , sculptures de tout ordre et de toute époque , étaient mis en réserve , en attendant la main qui devait les relever et les consacrer au (Christ. Il en était ainsi à Saint-Martin. *
* On Toyait dans rinlérieur de la maison une foule de fûts, de baaes, de chapiteaai en pièces, enlre aub'es deux demi-chapiteaux corinthiens d'an Ira? ail exquis. On faisait si peu de cas de ces restes , que , lors de la réroluUon, le mur de clôture était plein de morceaux de marbres de Sicile et d'Italie. Après la démolition de l'église, plusieurs ooloiuies furent enlevées et emmenées à Paris, où quatre au moins sont au nrasée du Louvre. Ces marbres étaient de même nature qoe ceux de la petite église de Saint-Racho , construite à une époque rapprochée, et indiquaioit une communauté d'origine. Sous les deux églises et dans tous les alentours de celle de Saint-MarUn , on tronrait un grand nombre de ces tombeaux de pierre en forme d'auges, si fréquents à Saint-Pierre- l'Etrier, et dans lesquels on enterrait souvent des moines à Saint-Martin , car on les trouvait en creusant les fosses. Avant la démolition de la chapelle souterraine, trois de ces tombeaux, d'une grandeur démesurée , et placés l'un au bout de l'autre, faisaient partie du mur occidental, et traversaient tout l'espace compris entre la porte par laquelle les religieux entraient au chœur et celle qui donnait sortie pour aller à la chapelle Notre-Dame. Ces tombeaux, qu'on croyait n'avoir jamais été ouverts,
Les colonnes qui soutenaient l'égli^, au nombre de 44 , avaient une semblable origine. Prises en différents lieux, elles étaient disparates de forme et de grandeur, particularité qui se retrouve dans plusieurs édifices très riches de cette phase '. Elles avaient généralement 0* ,56 ou O'jSS de diamètre et une hauteur proportionnelle. Dans plusieurs cette dernière était égale à neuf fois le diamètre. Les unes, de cïpolîn, crèche brune ou grise , marbre jaspé ou granulé, étaient généralement unies; les autres, de marbre blanc, avec bases et chapiteaux de même matière, étaient cannelées. Les diapiteaux , excluslvemail corinthiens , étaient , ainû que les bases , rarement assortis avec les fûts. *
1^ basilique de Brunebilde subsista jusqu'au milieu du XVIII* siècle. Elle était restée comme un des derniers types de cet art primitif qu'il faut aujourd'hui aller étudier en Italie, et dont on cherche vainement les traces dans notre pays, qui en possédait autrefois de si riches et de si nombreux modèles.
n'éUlenl ealbncéi ea lerre qae de leur épaûMST, an nlnaa dd Mil lie I* orjple. Dan* to<ii tes lutrei lieux du monatUn, au eMIra, à la culilae, ta rATectoire, Il enezlilail «falement, e« «al pourrait Ice fklre Hippowr anlérieor* t la roodalloa. On en reoMotra da reale iltni lonlecnoséglite* UMlenne*.