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n'attaquait pas Autun. Les choses se fussent probablement passées en pais, si un des gens enfermés dans l'intérieur de l'abbaye n'eût été, par un motif de religion ou de vengeance particulière, d'intelligence avec les Huguenots et ne leur eût livré passage. Entrés dans l'enceinte du monastère par une poterne écartée , ils se dirigèrent d'abord vers l'église, brisèrent les marbres, les autels et les images, mutilèrent les statues, coupèrent les pieds, les mains, le nez et les oreilles au célèbre cruci6x, dévastèrent le sanctuaire, lacérèrent les livres religieux et les ornements , brûlèrent dans la chapelle Saint-Ladre les armoires qui renfermaient les titres, défoncèrent les verrières , et , après avoir tout mis en pièces , essayèrent d'incendier l'édifice en amoncelant aux portes des fascines enflammées. Ils s'attaquèrent ensuite au logis abbatial et aux lieux réguliers, démolirent le dorioir, s'emparèrent du trésor, vidèrent le grenier et la cave , puis, à leur départ, jetèrent le feu à tous les coins de l'abbaye. Sa destruction allait être consommée si le chambrier, en livrant 1,300 boisseaux de blé aux Calvinistes, n'eût obtenu d'eux qu'ils s'éloignassent sur-lechamp. On eut le temps de porter un prompt secours et d'arrêter les ravages de l'incendie, dont le dégât dans
ennemis, qui avancèrent de quelques jours la fin de sa vie. Les Huguenots brûlèrent sur leur passage Féglise de Saint-Symphorien, en présence du roi de Navarre qui, suivant une tradition conservée dans le pays, regardait ce spectacle, assis sous un noyer existant encore il y a quelques années dans le jardin de Tabbaye. Âutun, avec ses remparts nouvellement construits et la milice levée pour sa défense par le chapitre de la Cathédrale, n^eut pas Thonneur d^étre attaqué, et consacra par une procession solennelle le souvenir de sa délivrance.
Aux Calvinistes succédèrent les Ligueurs. La guerre s^établit en permanence dans la province partagée entre le parti royal et la faction des Seize. Les terres étaient frappées de dévastation et de stérilité -, des bandes armées ravageaient le pays, s^installaient dans les places fortes pour exercer delà leurs exactions, ou les détruisaient après s^en être emparé. Les unes tenaient pour un parti , les autres pour un autre, toutes pour le pillage et la violence. Le monastère réduit aux abois se trouva dans l'impossibilité d'acquitter plus longtemps les taxes portées coup sur coup. 11 eut recours à la clémence royale, et remit aux commissaires des décimes Fétat de ses charges et revenus constatant sa triste situation. Elle n'empêcha pas, en 1589, une de ces bandes aventurières de s'emparer de la forteresse de Saint-Martin et de s'y cantonner, battant la campagne, enlevant les foins et les récoltes. Le chef de ces maraudeurs était le capitaine ligueur de Marrey qui , repoussé des environs d'Amay et d'Avallon par les troupes du maréchal d'Aumont, venait de temps à autre se réfugier à Autun auprès
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de ses tuiiis de rUnion. On ne put s'en déburmsser qu'en lui comptant I,â00 livres.
Le baron de Sennecey, commandant en Bourgogne pour le duc de Mayenne, craignant que les murailles de Saint-Hartin ne tombassent entre les mains des armées royales, qui délit auraient pu inquiéter Autun , y plaça quelque temps le capitaine de la Barre, afin de les occuper au compte do la Ligue; puis jugeant cett« occupation onéreuse et ayant besoin de ses troupes sur d'autres points, il fit démolir en 1591 les fortifications, ne laissant plus qu'une enceinte et des fossés.
Ailleurs, les affaires de Saint-Martin n'allaient pas mieux. Atiu d'éviter les frais d'une garnison, les gens de Girolles s'étaient engagés à garder eux-mêmes le château de l'abbé. Les uns montaient la garde jour et nuit, se relevant à tour de rdle, les autres étaient chaigés de faire sentinelle aux portes et de veiller à ce qu'aucun étranger n entrflt. La surveillance générale était exercée par messieurs de Lauvilly, amodiateurs de la terre de Girolles. Ils recommandèrent de se défier des personnes même connues, étrangèi'cs au bourg. C'était en 16S9, au plus fort de la Ligue, peu de temps avant l'avénemenl de Henri IV. Des partis royaux battaient sans cesse la
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inteiligeiiGes. Là. trois d'entr'eus. parmi lesquels \r iiear Milleron , demandèrent à Coquillon s'il pouvait leur indiquer dans les bois du plan de clôture et leur donner un homme pour les aider: sur quoi œ dernier répondit qu'il allait d'abord chercher uneëmined'avoinf ftu diàteau , et qu'ensuite il les accompagnerait, v Dé- « pèeheiE-TOUs* mon oncle, s'écria Cœur-de-Roi . car j*ai » hâte.» Et ce disant, il suivit Coquillon au château. A peine entrée il se jeta sur Mathieu Finot . un des portos, i qui il arracha sa pertuisane: il appela ses com- Pignonsqui accoururent, Tépée à la main, en criant: Toe! tue ï mirent en fuite les deux autres portiers, et ^'^mptrèrent du guichet. Quelque temps après , les hairittntsd'AvalIon reprirent le château de Girolles au profit
^ h Ligue. • Nicolas Bmlard . maître des requêtes, abbé du Val-de-
^i*ftce , et fil9 de Noël Brulard . procureur général au
f^^lementde Paris, était alors commandatairc de Saint- ^*rtÎD,où il ne résidait jias. Sous prétexte qu'il était
^^tileau parti d'Henri IV. le sieur de Chantai, le ca- '^'^iiiede Saint-Mathieu, commandant du château de
^'^tcenis, Julien de Bissy. gouverneur de Verdun . et ^'^ gens de guerre, mirent la main sur les revenus
^ terres de l'abbaye placées à leuriKirtée, faisant expier
^^^i aux religieux les opinions politiques de leur abbé.
^^ exactions prolongées de 1589 à 1593 ne laissant pas f^ëceesaire aux moines . ils furent obligés d'envoyer
* Elirait do procès-Terbal de la prise de (;irolle<». n" 161. — fia- ^loKiie des ArchiTe» moniripalef» d^Afalfon.
Tun d'eux au conseil privé du roi solliciter la mainlevée de cette saisie militaire. De son cAté , Nicolas Brulard ne semblait pas se mettre beaucoup en peine de porter remède à cette détresse el de donner du pain aux religieux. Depuis trois ans, il leur devait la partie de leur prébende assise sur sa manse '. Il fallut obtenir contre lui, devant le bailliage d'Autun, une condamnation pour faire rembourser cet arriéré et r^blir les pensions. Tel fut le fait le plus saillant de son administration. Il résigna en faveur de Pierre Bnilard, son neveu, coas^ller au grand conseil, fils de Pierre Brulard de Genlis, secrélaire d'Etat sons Charles IX. Brulard 11, après avoir été abbé jusqu'en 16S3 sans laisser aucun souvenir k Saint-Martin, céda lui-même son bénéfice, l'année suivante, moyennant une rente viagère, à Nicolas de Castille.
■ Elle coiuiitall, poar cb*que moine, dan» quarinle-huil bois- ■«■m de froment e( d» renilletlea de vin.