INTRODUCTION. XIX
société temporelle. » Sans cette transmutation , a dit un publiciste célèbre , la société municipale se fût complètement dissoute. * »
L'intervention des races du Nord ne tarda pas d'altérer cette organisation nouvelle. Les troubles civils causés par rinvasion , la division profonde existant entre les vainqueurs et les vaincus, une multitude d'usages contradictoires empruntés à des législations différentes, ne permirent pas longtemps d'espérer la conservation du municipe épiscopal. Aussi disparut-il dans un grand nombre de pays pour faire place aux institutions féodales , moins favorables à la liberté.
Les monastères seuls conservèrent, durant tout le règne de la féodalité et jusqu'à l'émancipation des communes, le type religieux de la commune la plus étroitement unie qui ait jamais existé. Si celles du moyen Âge empruntèrent à l'administration romaine quelques-uns de leurs magistrats , quelques-unes de leurs fonctions , c'est au monastère qu'elles empruntèrent l'esprit de solidarité qui leur valut plus tard l'affranchissement. C'est là qu'elles puisèrent une foule d'institutions dont nous sommes fiers encore aujourd'hui , sans nous souvenir de les avoir reçues de ces moines dont le nom semble contradictoire avec celui de civilisation.
Les monastères furent les premiers à posséder un asile pour la réception des voyageurs riches ou pauvres , un hôpital où étaient recueillis les malades, et quelquefois
< y. GaiioC, EMti sur THistoire de France. 1836. p. Si, S3.