‹ Essai historique sur l'abbaye de Saint-Martin d'Autun de l'ordre de Saint-Benoît;Chapitre 10 sur 56 · XL'VIII · texte numérisé non relu

XL'VIII

INTRODUCTION

Vers le même temps, saint Eptade, né à Autun d’une famille opulente, occupait près de Corbigny, dans les forêts du Morvan , une cellule d’où il allait racheter les captifs dans les villes du voisinage. Il s’y était caché afin d’éviter l’épiscopat que saint Flavien, évêque d’Autun, d’accord avec Clovis, voulait lui conférer. Quelques disciples retirés auprès de lui donnèrent naissance à l’abbaye placée sous son invocation.

A Gourdon, au diocèse de Chalon , un reclus du nom de Desiderat dirigeait du fond de sa cellule un monastère dont l’origine est inconnue , mais qui existait déjà du temps de Grégoire de Tours. Il attirait la foule en accomplissant des guérisons miraculeuses.

Grégoire était toujours évêque de Langres, lorsque saint Seine, unique descendant d’une illustre famille de Mesmont, près Dijon, abandonnant le monde, vint à Réome se placer sous la direction de saint Jean. Devenu bientôt lui-rnême le modèle des moines , un miroir de bonne vie, dit la légende, versé dans les écritures sacrées et dans la science de la vie monastique , il conçut la pensée de fonder un monastère. Il cherchait près de là un emplacement, lorsqu’un de ses parents lui désigna une terre de son héritage , « située dans une solitude convenable à des moines , mais avoisinée d’hommes adonnés au meurtre et au sang, comme des bêtes fauves, et parmi lesquels nul n’eût osé s’engager sans une escorte armée. » Le saint ne douta point que, si son dessein venait de Dieu, « la férocité de ces hommes ne fît place à la simplicité de la colombe. » 11 s’achemina donc avec quelques compagnons vers ce lieu redouté. « C’était une forêt dom le sol n’avait reçu depuis longtemps l’empreinte d’un

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