PLAN DE L’EGLISE DE BRAGNY
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Un seul, sur l’un des piliers delà nef du midi, présente quatre animaux informes et méconnaissables. Au-dessus de chaque travée de la nef principale et des basses nefs , s’ouvre une fenêtre évasée à l’intérieur, ayant en hauteur plus du double de sa largeur. Le clocher est assis sur la première travée et sur le mur d’occident percé par la porte d’entrée. Le linteau de celle-ci , surmonté d’un plein cintre , repose sur des consoles ornées d’une figure humaine. La longueur dans œuvre est de 18m,35, la largeur de 9m,64 ; la hauteur de la grande nef, sous l’arc doubleau, de 8m,20-, celle des basses nefs, de 4m,87.
L’église d’Anzy, récemment illustrée par le séjour de saint Hugon et par la révélaee de ses reliques, fut la principale construction de Saint- Martin. Elle était aussi la plus riche en ornements , en détails iconographiques , en symboliques images, et portait tous les caractères d’une véritable basilique. Son plan affecte la forme d’une croix latine terminée par une couronne de cinq apsides -, une sixième s’ouvre sur le fond circulaire du presbyterium. Une vaste crypte règne sous cette partie de l’église , dont
la longueur totale est, dans œuvre, de 40m,37, la largeur de la nef, de 14m,26, et la hauteur sous les arcs doubleaux, de llm,39. Un double rang de cinq piliers cantonnés de pilastres et de colonnes engagées, couvertes à la base de torsades, de roses, de feuillages, forme trois nefs divisées en cinq travées. Une nouvelle travée s’élève au-dessus des marches du presbyterium terminé par la double apside dont nous avons parlé. Cinq fenêtres évasées, placées à chacune des travées, éclairent l’église. La façade est percée d’une baie dont l’archivolte repose sur des colonnes. Celles du portail sont surmontées d’une
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plate-bande où sont sculptés les douze apôtres, d’une archivolte où douze anges jouent de divers instruments de musique, d’un tympan occupé par la figure du Christ, assis sur son trône et tenant un livre à la main. Ce portail est en grand appareil, ainsi que la majeure partie de l’édifice. La corniche extérieure est soutenue par des modifions ornés, surtout à l’apside. Autour de l’apside centrale , dans le plafond compris entre les consoles de la corniche, sont sculptés les douze signes du zodiaque. Aux arcs doubleaux des nefs correspondent des contreforts terminés par une retraite en amortissement. Une magnifique tour octogone, à faces inégales, servant de clocher, s’élève au point d’intersection de la nef et du transept. Elle se compose de trois étages de fenêtres géminées , séparées par des colonnes inscrites sous un arc encadré lui-même dans un parallélogramme dont la partie supérieure est couronnée d’une arcature. Chaque rang de .fenêtres est séparé par une corniche régnant sur toutes faces. La masse de cette tour, dont le diamètre est de 5m,87, acquiert par le grand nombre et l’heureuse proportion des baies, une véritable élégance. Sa hauteur, au-dessus de la coupole , est de l4m,38 , et de 26m,77 au-dessus du sol.
Dédiée à la Trinité indivisible , à la sainte Croix et à la sainte Vierge, la basilique d’Anzy offre la représentation de la mère du Christ tenant le Sauveur enfant , sur le claveau supérieur de l’arc de la basse-nef du nord, qui contrebute l’arc triomphal. Sur le claveau supérieur du plein cintre de ce dernier, sont réunis les symboles de la vie contemplative et de la vie active , représentés par saint Jean-Baptiste sous la figure d’un homme à
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.Martin dcl.
longue barbe, à longs cheveux, couvert d’un manteau de poil, comme saint Matthieu et saint Luc l’ont dépeint-, par saint Jean l’Evangéliste , sous la figure d’un homme sans barbe, revêtu d’une longue robe, portant la mitre ancienne, avec le signe de la consécration sacerdotale sur le front. Aux extrémités de ce même arc sont sculptés deux lions1. Sur le pilier du midi, deux fleuves s’échappent au milieu de riches feuillages, de deux cornes tenues par des anges, et réunissent leurs eaux dans le même bassin. Sur celui du nord, deux personnages se querellent et s’arrachent la barbe ; deux moines se donnent le baiser fraternel 5 un solitaire est en méditation , images de la vie du siècle , de la vie commune, de la vie érémitique. Les autres colonnes sont également ornées de chapiteaux sculptés offrant tantôt huit lions affrontés, huit bœufs, huit aigles, attributs des évangélistes; tantôt des feuillages , des légendes alternant avec des sujets symboliques. Un homme renversé est dévoré par le serpent, allusion à la chute originelle ; le démon terrassé frappe en vain de son trident le bouclier de saint Michel ; les quatre âges de la vie sont symbolisés, le premier, par un enfant que le démon cherche à entraîner-, le second, par deux bustes humains précédés d’un joueur de flûte, et réunis à la partie inférieure en un seul corps indiquant le mariage « duo erunt in carne unâ ;» le troisième, par un cyclope au repos, image de la force virile et de la fixité du but; le quatrième , par un homme renversé que cette force
1 Dans d’aulres églises, les deux lions sont placés aux deux côtés de la porte d’entrée.
abandonne, et dont la vieillesse ne soutient plus le poids de la vie. Un groupe difficile à déterminer, composé de cinq personnages , dont plusieurs d’un type grotesque, est reproduit sur chacun des chapiteaux, d’où s’élancent les deux arcs longitudinaux qui précèdent l’apside centrale ; ceux qui supportent la retombée opposée , représentent des aigles , emblèmes de l’inspiration et de l’esprit. Les fresques de l’apside du transept méridional figurent les sept sacrements-, celles de l’apside nord sont encore ensevelies sous le badigeon.
Des événements, dont le souvenir ne s’est pas conservé, ont détruit la partie septentrionale de l’église de Saint- Pierre-le-Moûtier. La basse nef du midi, quelques parties du transept et du presbytère, sont les seuls restes des constructions du XIe siècle; on y trouve toutefois des indices évidents d’une disposition primitive. Le plan de cette église présente une nef de cinq travées , des transepts très courts, et trois apsides rectangulaires. L’arc en fer à cheval s’y fait remarquer. Les piliers carrés sont cantonnés, sur trois de leurs faces, par des colonnes engagées. Ce plan, analogue dans quelques détails à celui de l’église de Saint-Martin de Bragny, en diffère par l'existence de transepts et de trois apsides ; il en diffère encore par une ornementation plus riche. Les chapiteaux des colonnes sont sculptés avec soin ; quelques-uns de leurs sujets historiés se rattachent au système iconographique de l’église d’Anzy, du moins y retrouve-t-on la dispute des hommes barbus opposée au baiser de paix représenté sur le même chapiteau. Sur l’un d’eux existe une légende inconnue, avec les noms suivants désignant des personnages et un ours placé à côté : VIVENCTVS , GIRALDYS
FILIVS * VRSVS On ignore si cette église a jamais été voûtée; si, dès le principe, elle n’était pas comme aujourd’hui, couverte par un plafond -, si même sa charpente n’était pas apparente, conformément aux plus anciennes traditions romano-bysantines.
11 ne reste rien de l’église primitive du prieuré de Saint-Saulge, dont les chartes du XIe siècle font mention. Celle d’aujourd'hui ne remonte pas au-delà du XVIe. Nous ferons toutefois observer que le plan rectangulaire de cet édifice est peut-être un souvenir des constructions anciennes qu’il a remplacées , souvenir qui se retrouve dans plusieurs dépendances de l’abbaye de Saint-Martin.
On reconnait dans ce qui reste de l'église de Thil les caractères de l’architecture romano-bysantine secondaire , dans sa phase riche, avec des restaurations exécutées au XVe ou XVIe siècle. L’apside était séparée de la nef par un transept servant de chœur. Au point d’intersection s’élevait une tour carrée percée sur chaque face d’une baie géminée à colonnette. Les quatre arcs cintrés du transept avaient leur retombée sur des colonnes engagées, surmontées de chapiteaux historiés. Selon toute apparence, ces quatre arcs, accompagnés de pendentifs, portaient jadis une coupole -, on la remplaça plus tard par une voûte à arrêtes avec nervures. La forme de ces nervures, et celle des consoles d’où elles partent, annonce la dernière phase du style ogival. L’apside était circulaire et séparée du chœur par des pilastres cannelés , dont les
1 Etudes archéologiques sur le Nivernais, par M. Georges de Soultrait.
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chapiteaux à feuillages offrent un travail relativement très soigné. Une ceinture de colonnettes isolées, portant une arcature, se développait dans le rond-point de l’apside. Les moulures de la base de ces colonnettes appartiennent à la phase la plus riche de la période qui a précédé l’époque de transition. Le sujet répété le plus souvent avec différents accessoires dans les chapiteaux du transept et de l’apside, est celui des quatre figures d’animaux, figure d’homme, de lion, de bœuf et d’aigle. Les têtes d’homme sont aux quatre angles, les têtes de bœuf ou de lion sont sur les faces du chapiteau. On remarque dans l’apside le grand appareil. Des moellons, placés par lits horizontaux et par couches obliques, donnent à quelques parties des murailles extérieures un caractère assez fréquent dans les provinces d’outre Loire, mais que l’on trouve rarement en Bourgogne 1 .
Saint-Martin construisit encore, dans le même siècle, le petit prieuré de James près Moulins-Engilbert, réuni plus tard à celui de Commagny ; et parmi les paroisses de sa dépendance, les églises rurales d’Epinac, de Maltat, de Marmagne, de Sommant, de Saint-Pantaléon et de la Celle. 2
1 Voir les plans et dessins à la fin du volume.
2 Le chœur, l’apside et la tour de cette église appartiennent à l’architecture romane, période XIe siècle. L’arc du chœur est en fer à cheval. L’apside est ornée d’une ceinture de quatre colonnettes surmontées d’un plein cintre. La tour est ornée d’une fenêtre géminée avec colonnes à l’orient et à l’ouest. On voit deux fenêtres géminées sur chacune des deux autres faces. Le grand appareil se remarque dans cette tour et sa base. On croit reconnaître la tradition du petit appareil primitif dans l’apside. L’âge de la nef est plus difficile à
Sa dernière construction importante fut celle du prieuré d’Avallon. Les caractères de son architecture ne permettent guère de la croire antérieure au XIIe siècle. L’église, en forme de croix grecque, est surmontée, à l’intersection des transepts, d’une tour carrée servant de clocher. La façade , percée de trois portes sur le même plan, était précédée primitivement d’un narthex dont les fondations ont été récemment relevées 5 la corniche est soutenue par des corbeaux composés d’une moulure carrée et d’un quart de rond. On retrouve dans la construction l’emploi fréquent du moyen appareil. Quelques colonnettes, attachées encore au flanc droit de l’église, indiquent la naissance de la galerie claustrale qui la reliait aux bâtiments conventuels. Les arcatures des portes et des arceaux intérieurs sont légèrement surhaussées, et marquent le commencement de l’ogive; les fenêtres seules, selon l’usage, ont conservé le plein cintre. Le corps de l’église est divisé en trois nefs par des piliers cantonnés de pilastres ou de colonnes engagées, et surmontés de chapiteaux à crochets, fouillés avec soin ou recouverts de feuillages et de figures d’une certaine richesse. Dans cet édifice , remarquable par les détails architectoniques, par la profondeur de l’expression religieuse et la sévérité de l’ensemble, les moines conservèrent un débris de l’église mérovingienne qui
établir. La plate-bande des portes est soutenue par des consoles à moulures refouillées. Le cintre qui couronne ces portes fait saillie aux moulures. La corniche est aussi simple que possible, et dépourvue de inodillons. Il est difficile de décider s’il faut fixer la date au XIIe ou XIIIe siècle.
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l’avait précédé, et qui devait, selon toute apparence, sa fondation àBrunehilde-, l’arc doubleau, placé au fond du presbyterium , est soutenu par deux colonnes antiques de cipolin, témoins oubliés de cette riche phase où l’art bysantin , dans sa pureté , empruntait à l’Orient et à l'Italie l’usage de ces marbres que la domination romaine lui avait légués.
Saint-Martin paya son tribut à toutes les préoccupations du XIe siècle. Après avoir participé à la rénovation des temples , il exhuma du tombeau les ossements de ses saints ; il eut ses translations de reliques, ses récits merveilleux, ses légendes. « Environ vers l’an 1000, pendant que l’homme de Dieu Hildegrin était abbé de Saint- Martin, existait à Anzy un moine nommé Ewrard, homme d’une sainte conversation. Il avait fait deux fois le pèlerinage de Jérusalem et y était resté sept ans. A son retour, il s’était fixé à Anzy, dans le dessein d’y finir ses jours. Il était honoré du saint ordre de prêtrise, grand serviteur de Dieu, humble, obéissant à ses supérieurs, aimable à ses égaux et à ses inférieurs. Ewrard passait la plus grande partie de ses journées, perdu dans des contemplations devant Dieu , et oubliant le monde sensible. Plusieurs fois saint Hugon lui apparut. Effrayé d’une faveur dont il se reconnaissait indigne, il n’osa d’abord la divulguer. Aux approches de la fête de Noël, ces apparitions se multiplièrent 5 il redoubla de prières et demanda à Dieu de lui faire connaître sa volonté sur ces visions. Comme il passait avec la communauté la nuit durant laquelle l’église célèbre la naissance du Sauveur, il vit dans le cours des saints exercices, pendant la psalmodie des laudes, saint Hugon suivre l'office au milieu
des moines. Les cérémonies achevées, ceux-ci allèrent prendre leur repas, puis revinrent à l’église rendre grâces du pain de chaque jour; mais quelle ne fut pas leur surprise en trouvant les cierges allumés, quoiqu’ils eussent été éteints à leur sortie, et que les portes eussent été fermées à clef. Ewrard avait tenu secrète la vision dont il avait été favorisé pendant la veillée sainte. Il sortit et alla visiter le tombeau de saint Hugon son patron ; mais la pierre qui le recouvrait était hors de place et élevée à un demi-pied de terre. Aussitôt il appela les moines pour les rendre témoins de cette merveille ; bientôt le bruit s’en répandit au loin ; les populations voisines s’émurent; l’évêque d’Autun, Walther, fit venir Hildegrin, dont le témoignage confirma la vérité de ces faits miraculeux. » 1
L’évêque d’Autun résolut de relever le corps d'un saint dont Dieu manifestait la gloire d’une manière si éclatante. Cette révélace était la canonisation légale de ce temps ; elle autorisait les fidèles à vénérer les reliques. Walther remit cette grave cérémonie jusqu’aux ides de décembre de l’année suivante, ne voulant point être accusé de précipitation. Ces solennités étaient l’objet d’un immense concours , et l’Eglise y déployait toutes ses pompes. Aussi, lorsque l’évêque se mit en route pour Anzy, accompagné de ses chanoines et des moines de Saint- Martin chantant des hymnes , une foule immense se déployait le long de la route. Le corps de saint Hugon , tiré du tombeau placé à l’entrée de la cellule où il était
1 Vila S. Hugonis.
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mort en reclus, fut lavé dans le vin, couvert de parfums, et exposé à la vénération dans une châsse d’argent1. « Une multitude de fiévreux et d’autres malades accourus à cette solennité, s’en retournèrent guéris, louant Dieu et saint Hugon- les infirmes, atteints de divers maux, arrivaient des provinces éloignées, et après un séjour de deux ou trois nuits à Anzy, repartaient transportés d’avoir obtenu sans difficulté une guérison ardemment désirée. » 2
Trente ans après l'élan de foi qui suivit l’an mille de l’incarnation, une famine de plusieurs années plongea 1 Europe dans un nouvel accès de découragement, et l’on crut que la destruction attendue pour Van mille de V incarnation avait été reportée à Van mille de la passion { 1033). La mort du pape Benoît VIII , du roi Robert et de plusieurs autres personnages éminents, frappèrent de crainte les imaginations- une horrible misère et les crimes sinistres auxquels la faim porta les hommes3, mirent le comble à leur épouvante. Mais cette année redoutée ne réalisa pas plus que la première les sombres prévisions du
1 Ces reliques furent brûlées par les Calvinistes.
2 Vila S. Hugonis, passim.
3 Raoul Glaber assista lui-même au supplice d’un scélérat retiré près d’une église isolée dans la forêt de Châtenay, à trois milles de Mâcon. On trouva chez cet homme quarante-huit têtes de voyageurs qu’il avait assassinés et dévorés. Il fut attaché à une poutre dans un cellier et brûlé.
Au marché de Tournus, un homme mit en vente de la chair humaine. Il fut aussi brûlé, ainsi qu’un malheureux qui l’avait déterrée pour la manger. [Raoul Glaber, liv. IV, chap. IV. ]
monde*, les pluies, cause des dernières famines, cessèrent, le ciel s’éclaircit, et d’abondantes récoltes rendirent la joie au peuple. 1
Les évêques, les abbés, des hommes de tout rang, convoquèrent des assemblées et des conciles pour rendre grâces au ciel et pourvoir au rétablissement de la paix et au maintien de la foi. « On y porta le corps d’un grand nombre de bienheureux et quantité de châsses contenant de saintes reliques2. » Parmi elles étaient celles de saint Hugon . Les moines se préparaient à ces solennités par un jeûne général. Les dignitaires et les frères les plus, âgés soutenaient tour à tour sur leurs épaules le précieux fardeau. Aux approches des églises et des monastères, les prêtres ou les moines sortaient en procession, pieds nus , pour les recevoir ; les cloches sonnaient à pleine volée. Les reliques étaient gardées durant la nuit entière dans les églises, au chant des prières et des psaumes ; le clergé des pays voisins accourait en foule pour les vénérer, et entonnait en entrant les hymnes du Veni Creator et du Te Deum. On les reconduisait avec la même pompe à la station la plus prochaine. Les lieux où elles avaient été déposées en pleine campagne, étaient marqués d’une croix en souvenir de leur passage. Hommes et femmes, transportés d’allégresse , dans les champs , au bord des chemins, sur le seuil des maisons, s’écriaient : « Très saint Hugon, notre père, ayez pitié de nous. Priez Dieu pour le salut du peuple, afin que par vos prières et vos mérites il nous sauve de la peste et de la fa-
1 Raoul Glaber, liv. IV, chap. IV.
2 Raoul Glaber, liv. IV, chap. V.
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mine, et qu’après la mort nous jouissions de la vie éternelle. » 1
Ces restes sacrés furent amenés à l’un de ces conciles provinciaux tenu à Anse2, au diocèse de Lyon, et exposés avec plusieurs autres à la vénération des fidèles. 6n ne saurait raconter, dit la légende, avec quels cris, avec quels gémissements, quelles larmes, le peuple vint se prosterner devant eux. Dans cette multitude enthousiaste, un homme du nom d’André renouvela l’exemple de Lethbald. A la vue des prodiges opérés sur les infirmes par la vertu divine, se sentant touché au profond du cœur, il s’approcha des saintes reliques, et levant les mains au ciel, le visage baigné de pleurs, il s’écria : « O saint Hugon, confesseur du Christ, source de tant d’œuvres de miséricorde, je te supplie, par la grâce que tuas méritée du Dieu tout-puissant, de m’obtenir, s’il est dans sa volonté que je meure avant la fin de cette année, de ne point sortir de ce lieu et de trouver cette mort désirée ici même devant ton corps. 11 répétait ces mots sans cesse et demeurait immobile. Au bout de deux ou trois heures , ses genoux fléchirent doucement sous lui ; il tomba à terre et rendit l’âme3. » 11 fut enseveli surplace.
1 Vita S. Hugonis.
2 Cinq conciles ont été tenus à Anse en Lyonnais, en 1025, en 1070, 1100 et 1112. La présence de saint Odilon, abbé de Cluny, au concile où furent transférées les reliques de saint Hugon, démontre que cette translation ne put avoir lieu* qu’au premier concile de 1025, Odilon étant mort en 1048, avant la tenue du second. [Vita S. Hugonis. ]
3 Vita S. Hugonis. — Tout ce passage de la translation de S. Hugon est évidemment inspiré de Raoul Glaber. Les paroles mises par l’au-
Un oratoire, d’après le vœu de la multitude, fut élevé afin de conserver un souvenir qui, après avoir frappé les esprits, devait, pendant bien des générations encore, servir d’aliment à de naïves et pieuses pensées.
teur de la rie du fondateur d’Anzy dans la bouche de cet homme, qui meurt près de la châsse de saint Hugon, se retrouvent également dans le récit de Raoul Glaber sur la mort de Lethbald.
Méreau de saint Merry.