‹ Essai historique sur l'abbaye de Saint-Martin d'Autun de l'ordre de Saint-Benoît;Chapitre 6 sur 56 · XXXV · texte numérisé non relu

XXXV

de l1 épiscopat, lorsque, sur la foi d’une vision, il s'embarqua pour la Gaule dans le dessein d:y propager le Christianisme, malgré les remontrances des autres évêques et du peuple. Avec douze compagnons recueillis en Italie, il vint à Autun dans le courant du IVe siècle, attiré par la réputation de saint Rhétice, évêque de cette ville, pontife d’une éminente piété et l’un des docteurs les plus savants de l’Eglise. Il lui succéda, suivant Grégoire de Tours, vers 334. Le premier soin de saint Cassien fut d’aller prier au polyandrede la via strata. Il se prosterna dans l’oratoire élevé sur les cendres de saint Symphorien. Il en devint comme un nouvel habitant 1 . Il y choisit sa sépulture. « J’ai vu , dit Grégoire de Tours, le sépulcre » de ce grand pontife. Il est presque troué par les ma- » lades qui s'y font porter afin d’enlever un peu de pous- » sière dont ils se servent comme d’un remède efficace. » Rien n’était plus populaire que le souvenir de saint Symphorien -, rien n’était plus fait aussi pour frapper les esprits et pour toucher les cœurs. L’origine de ce jeune gallo-romain, issu d’une des familles les plus anciennes et les plus riches d’Augustodunum , élevé dans toutes les délicatesses des lettres antiques, la pureté de sa vie. l’élévation et la noble simplicité de son caractère, la fermeté de ses réponses au proconsul Héraclius , son courage en marchant au supplice sous les exhortations de sa mère, renonçant ainsi à ce que le monde pouvait don-

• Cum aulem S. Cassianus ad oralorium S. Symphoriani martyris pervcnisset, ubi ejus sancti corporis reliquiæ venerantur, orationi sine intermissione , noms habilalor assistebat. — Vita S. Cassiani apud Coil.

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