‹ Essai historique sur l'école d'Alexandrie et coup d'oeil comparatif sur laChapitre 12 sur 25 · CHAPITRE IL De la Poésie · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL De la Poésie

La Grèce aussi avait subi le joug des vainqueurs p«7* s^*^ de l'Egypte, de la Syrie et de Pergame; elle n'était plus que Yuichtuey et depuis les barbaries conmiises à Cqrinthe par le consul MtUnmius, elle devait regarder comme des faveurs ce que les consuls et les césars lui laissaient de ses libertés et de ses monumens.

Dépouillés de tout ce qui fait la grandeur d'une nation, les Grecs, autrefois les législateurs de Rome^ en étaient devenus les esclaves. Us s'estimèrent heur reux de leur commander quelquefois encore par leurs

I Uinfloeiice qiie le dcmer àt ces systèmes a exercée sur la théologie tient aux circonstances.

talens oratoires ou phflosophiques ; mais celui de la poésie ne devait plus être leur partage.

Cependant il faut en rechercher encore les vestiges. Strabon nous apprend cp'un de ses contemporains , Diodore de Sardes , faisait des odes d'un grand mérite.^ Il faut peut-être louer les Grecs de n'avoir plus essayé de chants épiques ou de poèmes dramati<{ues : ce^ nobles travaux demandaient une situation qui . n'était plus la leur. La seule épopée grecque corn- ^posée dans cette période fut V Alexandréide de Tem-* pereur Adrien.

Aimant encore l'art des vers, ib se contentèrent de la poésie didactique : Denys de Thrace publia en vers une Périégèse qui nous reste ; Marcellus de Sidç en Pamphylie composa y sous Marc ^ Aurèle , un ou-* vrage de médecine en quarante -'deux livres, dont il s'est conservé des fragmens. Oppien l'ancien nous a légué sur la Pèche un poëme en cinq livres , et Oppien le jeune un autre ^ en quatre, sur la chasse.^ L'un de ces deux poètes, si eu effet il en faut distinguer deux, avait aussi disserté en vers sur la chasse aux ciseaux; mais il ne nous reste de ce travail qu'une paraphrase en prose, faite par 1^ sophiste Eutecnius, d'un âge inconnu.

Vépigramme était si chère aux Grecs, tju'Us continuèrent à composer de ces petites pièces. On peut juger de leur prix par celles dont Diogène de Laërte a parsemé son ouvrage. CeUes de l'empereur Adrien , qui en composait aussi en latin , se sont perdues.

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il serait inutile d'ajouter que ces productions n'ofireût apcun intérêt sous le rapport de la poésie ; mais l'un des phénomènes les plus singuliers de cette période, c'est de voir les Grecs mettre en vers des ouvrages composés en prose : un contemporain d'Auguste , Babrias , rendit ce mauvais service aux fables d'Ésope.

Les membres du musée ne voulurent pas non plus Aienodrie; renfoncer entièrement à la poésie. Tryphiodore publia deux poèmes épùjues y l'un sur le combat de Marathon y l'autre, qui nous reste, sur la destruction de Troie. Léonidas d'Alexandrie, contemporain d'Auguste, nous a laissé des épigrammes; Ptolémée Chennus, auteur ou bizarre ou ambitieux, publia non- seulement des rhapsodies , mais un poème anthoméri^ue , d'une éten-' due considérable. Peut-être faudrait-il ranger ce dernier parmi les épopées. Quant aux folies et aux poésies frivoles des derniers poètes d'Alexandrie, elles fiirent ^ beaucoup plus graves que celles de leurs anciens mo*dèles. Ik ne composèrent plus ni anagrammes y ni ailes y ni haches y ni œufs y ni autels; mais ils publièrent des pôëmes lipogrammatiques.^

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