CHAPITRE Ht
De Véloquence.
Dans l'histoire de Téloipience grecque on voit d'à- p«yi gre». bord les chefs-d'œuvre^ ensuite les théories. Les orateurs «jui produisirent les premiers , forment deux classes.
Ceux de la première étaient ces hommes «d'état qui prononcèrent , sur les affaires publiques ou sur les grands événemens , des discours non préparés ^ trèséloquens et aujourd'hui peu connus : tels étaient Périclès, Thémistocle, Aristide et quelques autres.
Les orateurs de la seconde classe parlèrent aussi sur les afiaires publiques ou sur ks débats qui s'y rattachaient ; mais ils prononcèrent des discours rédigés avec soin : tels étaient les dix orateurs de l'Attique, dont nous possédons quelques chefs-d'œuvre ^ et Démétrius de Phalère, qui n'a rien laissé à la pos^
tenté.
Après les envahissemens du roi de Macédoine , on ne parlait plus avec liberté sur les affiiires d'état ^ et sans la liberté il n'est point d'éloquence.
Une troisième classe d'orateurs grecs se compose de rhéteurs d'école.
On écrivit après Alexandre des discours plus soignés 9 plus pompeux même que ceux de -Démosthène , mais c'était sur des sujets fictifs : on les prononça avec plus de véhén^enoe, plus de mouvement ; mais c'était pour s'assurer les applaudissemens des écoUers« Nous
ne saurions au reste blâmer les dédamatîons doi retentissaient encore les écoles de Rhodes et d'ApoUi lonie j elles étaient un besoin pour les Grecs ; eUi offraient une jouissance de souvenir et entretenaiei des regrets salut^tires. Mab ce ne fut plus de l'élc q[U£]ice ; Qoéron a énoocé une vérité incc^testab en (Ssant : Demetrius tiltimus inAitic^ oui dici poss iyrator* ^
L'âoipience espîra métae avant Démétrias. Cet él gant orateur «te parla |ilu5 *en public s^res la chul d'Athènes. SurveSlant de la législation égyptienne < ponseitter de Ptolémée Soler, â voua à la pit>^péril des lettres le loisir que lui laissaient les affaires. Se exemple aurait dà instruire ses émules ; au lieu c composer des discours qui , mdgré F^Iégance de \ diction^ malgré la chideur du débit , ne produisaiei d'autre fruit xpe d'enlireleiiir le goût de la déclama tion , les rhéteurs «de la iîf'ècfit pouvaient s'occupa plus utilement. £n analysant ks beautés morales • oratoires des anciens chefs-d'œuvre , ils eussent nour le sentiment du -beau et l'amour de U sagesse, éL mens de toute élévation. La conservation des bonn< phoses est la seule ainbition pénalise aux temps c décadence.
Ce que les rhéteurs préférèrent , ce fut d'étab] des théories sur l'aiirt (aratoire. Ari^ot^; en avait donr l'exemple ; «on meilleur disciple .^ Théophraste y ava laissé des c^uvrages'e$tBttés«ur^)ellie matière. I^s^stoïciei
fivâlisè|:«iit dans ces travaux dvec 4es philosophes d
f P^ oral. //, %\ \ fir^fus^ 9.
l^cée : Qéand^e et Chrysi^pe publièrent aussi des. . traités de rji^rîque ; mais Gcéroa n'en conseille rétjEujbe qim'i fi&i^ ^vi vcuknt garder le fiUençep Bqau^. çp^ 4Vi|^e8 io#r<^èi:^t «mt les tra<:«s ,des pbilo- 3<^e$ que ^cms ¥enm^ de çitçir ; ils CMan^entèreat^ dévcSopj^re^it ^t grossîireot l^ui^s préceptes. Cependant le noipbrie de ç^ ihà^sriaeQs ;pe ^ pas aussi con^idéi:«J»le àm» U péijiO^? ia>v^t ^ujg^ste^ que d^uos les tee^$ postérieurs ,à <2e ppapce. ^
l> SOiiy^iSifiaeiil d^spoÂfiiMî de l'Egypte ^ les images Aienadrie. et les iosliltttiqns de oe piiy s , penn^ttAÎenit eiicf^ j^pina ^e ceux de la Grèce TeiopM de TâoqQqnGe pplitique.
Hey4 m Macéd<>ifte^ lébjicw ^ojre du ^peota,cle des maiiardiies.asialljques9 et Irouviatf csiJÉigypte w^ pea{d6 fait au despoûsine y ie premier 1^4^ ne pouy^ être tenté de créer des institutions républicaines , telles qu^ la jaona«cl»e de Tbésée «en ayagiï M4)^ j 4fi(Ies ^ue Sparte eo /conserva toujours.
Les savai^s de TÉ^pte y plus sages que ceui: de la Grèce, renoiOQèrent à l'éloquence pui)l^ue9 qui p'a* vait plus d^iAjei , et dédaignèjcent les ' détçWati^ns d'école qui «e pouvaient la remplaoei:* £a Gv^e ou conitinua de former des.riiétQurs ^et des aaphis^^ parce q^e loe métier y était lucratif : les awsr4e^X«Ag^eis u'avaîent pas œ inotif pow eose^er l'art de h ^pK^^ ^ tifutf. ils travaiHèrenl au perfeotiounemept 4a^ 4cî^-r ces * : llsiîPiiçofièxeRtjpLelques u^^
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:k Nous vciTons ^c dvu la seooadt pérk^ i^Ie d*Alesaiidbrie
mais ib n'écririrent point de discours. Une granc preuve de la sagesse du musée est sa conduite ei Vers Zoïle : il dédaigna de défendre Isocrate d( Injures du critique, et refusa d'admettre dans son sd un barbare qui se disait le réformateur de l'éloquence.
Si Part oratoire , loin d^ produire quelques chef d'œuvre y est d^une nullité absolue dans cette période , ne faut pas du moins raccuseï" de maux dcmt il est inn< cent. On répète contre les rhéteurs de cette période I< reproches que Socrate adressa à ceux de son temps on les regarde comme les auteurs de la dégénéradc morale et politique des Grecs. Ils dénaturèrent l'hi toire j dit--on , sous prétexte d'enseigner l'art du goi vemement ; ils communiquèrent à la jeunesse grecqv des maximes fausses ^ et le perfide talent de les faii valoir,
Socrate, qui avait aussi peu de préjugés que 1% pianité semble le permettre , doit être cru avec respe< sur ce qu'il nous apprend de son siède | la questic n'est plus la même pour les âges suivais. Les 5( phistes contribuèrent au pervertissement des idées ; ma la corruption des Grecs datait de plus loin. Qudqui auteurs la cherdient dans l'héritage que firent les Gre< des dépouilles qu'on arracha aux Perses dans les chamj de Marathon; d'autres la trouvent dans les trésoi que fourmt le commerce 4' Athènes et de Corinth(
TCprit r^fle de Ptrt oratoire , lorsque plusieurs de 8t» membr virent les rhéteurs grecs s*ciirichir à Rome par leur cnseiipienient. I Yoyet Premièn partie ; Zoï/f*
d'autres dans les largesses que Piulippe fit jusqu'aux prêtres de Delphes, et dans l'asservissement de la Grèce par les Macédoniens. Mais n'est-ce pas là prendre l'effet pour la cause? Si les mœurs n'avaient pas été corrompues, on eût méprisé les trésors des Perses , rejeté l'or de Philippe, et battu les phalanges macé* doniennes* L^ dégénération des Grecs remonte donc plus haut ; et les nouveaux germes de corruption qu'ils rapportèrent d'Asie, les criminels désordres des suc* cesseurs d'Alexandre, les richesses du monde que le commerce des Ptolémées accumula dans leur capitale, ne firent que p^cipiter la décadence des principes et des choses. Depuis la barbarie primitive jusqu'au relâchement extrême qui suit la civilisation, la gloire et le luxé , les Grecs avaient parcouru tous les degrés : leurs destins étaient remplis. Les^ nations sont toujours aussi coupables que leurs philosophes ; si ces derniers ne sont pas les organes de leur $iècle, ils eo deviennent bientôt les victimes. Il n'est que trop vrai que la majorité fait la loi : il est donc vrai aussi que les sophistes ne furent pas les auteurs de la corruption de la Grèce; ils n'en furent que les instruineos et les usufruiders. Je ne prétends pas, au reste, entreprendre leur apologie; mais il convient d'être juste envers des hommes qu'on a cru ne pou^ voir phargçr de trop d'accusations» ^
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1 Cf. Montra 9 sur le luxe des AihiaUus^ et Touvra^e da même anteiir , sur tes progrès ei la décadence des lettres des les Qrecs / ?oL L«' : Sophistes.