‹ Essai historique sur l'école d'Alexandrie et coup d'oeil comparatif sur laChapitre 5 sur 25 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Des sciences grammaticales.

T»jt «net. n est assez curieux de remarier <jue la Grè posséda un nombre prodigieux de rhéteurs et pt de grammairiens savans , tandis ijue TÉgypte eu dans toute cette période, une quantité de gramma riens et de cpti^es j et ne compta pas un seul rh teur sophiste.^

n n'est pas difficile de trouver la cause de < phénomène. En Egypte , les savans y vent dans l'aboi dance : dédaignant d'enseigner pour un salaire si perflu, ils préfèrent les travaux de Térudition. E Grèce , la science n'est, pour ceux qui la professent qu'un moyen de fortune*; ils n'en veulent qu'autai qu'il leur en faut pour recueillir des applaudissemeij et des richesses.

Dans tous les pays grecs une seule école de philologi rivalisa avec le musée ; c'était celle de Pergame dont le travau3^ furent supérieurs à ceux de la Grèce , et quel quefois égaux à ceux d'Alexandrie. Cratès de Malles la gloire de Pergame, fut assez savant pour défier Ans tarque, pour se déclarer contre ses principes de critiqua et sa recensioii d'Homère. Un motif particulier, le plu puissant que connaisse un auteur, annait le critiqua de Pergtoe contre celui d'Alexandrie ; il avait pu

( Si Pan Àennt le nom 4e «ojAûste à •quelque .s^vmH dl^41ciaDclrîe ce «Mt tte Mi fM désigner un bomme qui pcvfiuse >pa«r àt Tari gent quelques principes de philosopbie , de politique^ d^doquence.

Uié mssi tme retseosion des œuvrer d'Homère; i avait y entre litres chaiigeiaejas^ distribué l'Iliade ea neuf livres; et il est probable que la division ea vingtr^pialre 9 adoptée par Aristarijue, fut l'un des sujets l68 plus graves d*uae dispute^ dont les détails , au i^sie f BOtts 30¥^t iucoimiis. Strabon ^ qui vécut f4us d'un siècle après ces grands bommes, n'os^ décider de leur mérite; mais il les dte comme le$ caryi^ées de la pibilolpgîe dans leur temps.

Une oboae ^e legéograpbe nous apprend encore, c'est que 4uralès faisait usage des poésies d'Homère pour domier des leçons de goût *à ses discipleB, et qu'il leur démoi^tra que ce grand poëte avait suivi Jes règks «^'op doima depuis pour la composition de l'épopée. * .

Gratès laissa un grand nombre de disciples , et les Cr0iéens rivalisèrent longrtemps avec les Aristarcbéens. La riy^té ^ui existait d'abord entre lès Lagides et ies Attales ^ .passa ain^i dans les écoles que ces deux dynasties avaient établies dans «leurs capitales, et fit •&ire aux lettres ies plus heureux progrès. Les temps 0Ù il n'existe eiKre les souverains d'autre rivalité pour le perfedionnement des connaissances sqnt si rares, que lliistorien doit les signaler quand il les fencontre»

Cratès fit des infidèles jusque dans le camp de son lival ; le jeune Zénodote d'Alexandrie adopta ses principes pour comb^Etttre Âri^arque. En général, la $ecte des Gratéens fut long-tenips célébré. Ptôlémée 4'Ascalon publia .up ^^uyrajjge |Mirticulier sur ses travaux.

Elle existait encore dans les premières années de 1 ëhrétienne , où il s'éleva contre elle de neuve adversaires. ^

Pendant que les grammairiens de Pergame < putaient contre cent d'Alexandrie sur les nouve recensions d'Homère, la Grèce se, contenta de ce que Pisistrate, Aristote et Euripide lui avaient laissa

Les rois de Macédoine , émules des Attales et (

Lagides , paraissent avoir fait exécuter des travâ

. analogues à ceux de Gratès et d'Avistarque ^. Il

. de fait qu'ils montrèrent, conmie Alexandre , que te

les princes imitaient alors , une grande affection pc

les vers d'Homère. 5

aieandriei Cependant les sciences granunaticales ne furent ci tivées' dans toute leur étendue qu'à l'école d'Alexa drie/etnous pouvons dire que la philologî/e naquit av< elle. On s'était occupé auparavant de la révision < quelques écrits anciens, et de l'explication des pa sages obscurs qu'on y remarquait ; mais ces travau n'avaient pu créer ni la science de la critique, i celle de l'interprétation, et ce ne fut que l'école d^A lexandrie qui vit naître entre ses mains, l'une aprc l'autre , les branches de la philologie.

Résolue de livrer aux âges futurs les monumeo du génie grec dans leur intégrité primitive et enrichi

I Fabriciî ^/MWi, ^Arrtf , /| 36 1.

a Ibidem : Homère.

3 Les premiers successeurs d'Alexandre affectaient même de pen-< cher la Ute et de lerçr les yeoy comiae oe prince.

d^explications 9 elle commença son travail par les recensions.

Les ouvrages des premiers temps de la littérature c'étaient répandus dans toutes les parties du ipqpde grec; copiés avec une précipitation proportionnée à leur étendue y ils offraient des yarïant^s nombreuses* Les copistes et les propriétaires remplaçaient par ides leçons plus conformes à leur goût celles qui leur déplaisaient : le respect pour les opinions ou les mots d'un auteur n'était pas encore un devoir ; on corrigeait les fautes sur les manuscrits mêmes , comme nous en agissons avec les livres de nos bibliothèques particulières. Les poèmes surtout éprouvaient ces altérations : on préférait tel dialecte ; telle épithète , tel passage; ou en rejetait tel autre* Les plus belles conceptions du génie grec , Flliade et POdyssée , avaient subi des altérations d'un gaire particulier. Les rhapsodes ^ qiii en récitaient les plus beaux morceaux aux Grecs ravis de les entendre, les dé%uraient par différentes raisons : leur mémoire infidèle consacra des leçons inexactes ; leur vanité substitua souvent aux beautés simples des figures, ou des phrases apprêtées.

Plus on s'éloignait de l'époque du créateur de l'Iliade, plus il devenait difiScile de distinguer lesbonnes copies de ses poèmes i. Peutrétre cet auteur avait-il donné lui-même l'exemple de quelques variantes. Une tradition , qui n'est rien moins qu'absurde , veut qu'il »— — ■ I 1————.^ Il — y.^— «^

I J^admets qu*Homire a connu Pécritnre. Yoyn let écrits dt Wolf et de Sainte- Croix sur cette question.

ait récité ses ters daiis diffiéreates contrées : il en a\ laissé peut-être des versions différentes.

Quoi qull en soit y les Variantes derkirent si 5( sib^s que les législateurs menue s'en occnpèrej LjQurgue, (pu avait raf^rté les poèmes d'Homère d pay» qui les 'avaient tus naitk^^ les fit garder Sparte comme un <^et sacré ; à Athènes, les lois < Selon veillaient sur l'ordre des chants et sur la fidéli des rhapsodes. Cependant ces lois ne remédiaient p â des abus consacrés par quelques siècles de duréi et Pisistrate chargea les griunmairiens d'en entreprei dre la réforme. Aristote et Euripide publièrent d éditioois nouvelles. Mais tous ces travaux n'offraiei que l'âiauche d'une véritable recension > , entreprise difficile que l'école d'Alexandrie s'en occupa pendai tout le temps de son existence.

Pour donner une édition critique d'un ouvrage ^ on en recueillait les plus anciens exemplaires, ou le fragmens qui en restaient ; on choisissait les leçons d'après les xègles du dialecte et de la prosodie ; o: recherchait la suite naturelle des parties détachées on divisait les volumes ou l'ouvrage entier en livres e en chapitres ; on ajoutait surtout des marques critique aux variantes. La connaissance de ces signes devin même une science particulière ; plusieurs grammat

1 Cf. Wolf, Proie lom, ad Homtrum ; D'Ansse^de Yilloisonj Anecdot, grac* , //, ^. 1 84.

a £kn£QcûçtÇk

tiens d'Alexandrie ^ ^ des critiipies de la Grèce et de FAsie mineure y écririrent des traités sar Tusage des signes.^

L'école d'Alexandrie se dérona pres(|ue exclu»*iPêment 9xrA recensions d'Homère : cdles de Zénodote, d'Aristoplane , d' Aristatqtie ^et de Tyrannîon y se suo* cédèrent de près an musée.

La reccn^on de Zénodote fnt toujours regardée par les anciens comme l'une des ' meilleures ; ils là citaient fréquemm^t arec âoge. Plus sévère <pie ses prédécessetirs , Zénodote atact retranché de son édition un grand nombre de* vers suspects* Straiban et Apollonius ) l'auteur du Lesique^ blâmèrent cette ^liberté : un philologue de nos jours, en recueillant * i^uelques-uns de ces Vers rejetés , nous fait juger du goût de Zénodote; 3

n se peut y au reste y que nous confondions ici y à l'exemple des scoliasles y Zénodote d'Éphèse avec Zénodote d'Alexandrie y surnommé le jeune. 4

Aristophane, disciple de Zénodote y n'hérita point

^ de la rigueur de ses principes ; il modéra son ardeur

réformatrice, et se contenta d'sjtouter des marques aux

yers proscrits par son maître.

- Le disciple d'Aristophane, Aristarque, fut en re-

I Voyet Première partie : HèpheMon,

^ Diogène de Cyzique , Philoxëne , etc. Le terme technique de ces signes est le mot c»jKi/cv.

3 Siebenkees, dans la Bibliothèque pour b littérature ancictonc, etc., partie III , p. 8o (en allem.).

4 Voyez Première partie ; ZénoJoh. .

vandie plus sévère même que^Zenodote; aussi vi un grand nombre d'antagonistes s'élever contre 1 Cratès de Malles et Zénodote le jeuoe le combai rent avec une espèce d'animosité : Qéanthe mit di âon opposition une modération plus philosophiqi Ptolémée d'Ascalon , Callistrate et Didyme le gran continuèrent à tombattre cette audacieuse recensi( Une lutte aussi énergique prouve un grand adv( saire* Aristarque ne s'était pas contenté d'ajouter u marque ^ aux vers d'Homère qu'il regardait comi authentique^ y et de signaler ceux dont l'origine i était suspecte ^ ; on l'accusait encore d'avoir su stitué des vers de sa façon à ceux du chanf d'Achille. 3

L'opposition que rencontra Aristarque y l'engagea corriger plusieurs fois son travail : il prétendait ii poser son Homère à la postérité^ et tel fut son asce dant , qu'on le combattit avec violence sans qu'on Oi rejeter ses éditions.

Les recensions d'Aratus et de Tyrannion excitère beaucoup moins l'attention des critiques.

La généreuse obstination avec laquelle les sava d'Alexandrie s'occupaient d'Homère, les empêcl d'accorder une attention suffisante aux autres poët( Il est vrai que nul ouvrage n'avait subi autant d'alt rations que l'Iliade et l'Odyssée. L'école d'Alexandi

I CëUit une étoile.

a U les notait d^un obélas.

3 a BiVîotA^ grmca^^ /, /. 364.

corrigea néanmoins les poèmes d'Hésiode, et elle estimait trop ceux de Pindare, d'Eschyle , de Sophode, d'Enripide et d'Aristophane , pour qu'on puisse croire qu'elle les ait négligés. Ptoléinée Evergète II fit des sacrifices considérables pour procurer an musée les^ meilleures éditions des a^tettrs tragiques. ^

S'il n'était pas nécessaire de publier des recensions, c'est-à-dire dès éditions entièrement corrigées de tous les bons auteurs, il était au moins utile qu'on les accompagnât de commentaires pour la postérité. L'école d'Alexandrie semblait appelée par le destin à exécuter cet important travail. Depuis long- temps les Grecs se livraient à l'explication de leurs auteurs classiques ; ces étudé^ faisaient même partie de l'instruction élémentaire et grammaticale de ta jeunesse. Quelques philologues s'en étaient déjà occupés dans un sens plus élevé ; l'école de Socrate , Platon , Aristote et quelques autres avaient donné l'exemple d'une interprétation scientifique : mais leurs travaux n'étaient point comparables à ceux que publia l'école d'Alexandrie.

Cette docte société adopta un plan nouveau. Ses membres publièrent des périphrases sur les auteurs^ ; ils se communiquèrent des doutes ^, discutèrent les passages difficiles 4 , et en proposèrent des solutions. ^

I Voyes Proniëre partie : PMéméâ Éeergèie IL 5 Avtuf,

Les membres du musée s'entretenaient habitue ment de ces sujets ; ils se distribuaient les rôles demandons et de répondons : les premiers étai chargés de découvrir et d'émettre des difficultés; autres, de les résoudre. ^

Ces discussions s'o^ivrirent d'abord sur Vlliade l'Odyssée, et elles produisirent un grand nombre traités particuliers sur Homère : on écrivit sur i moyens poétii/ues , ses allégories , ses mythes , l'i ten^ention des dieux dans ses poèmes y etc.

On considéra ce poëte comme géographe, comi historien, comme législateur, conmie philosophe. Str bon, qui se laissa séduire quelquefois par l'autori d'Homère, fut sans doute induit en erreur par ses cou mentateurs. On sait que les peuples de la Grè< fixèrent quelquefois les limites des pays et décidèrei des querelles, les poèmes d'Homère à la main.

Après Homère , ce furent les autres poètes anciei et les orateurs que les membres du musée chei chèrent à expliquer pour l'avantage des âges futurs. Il faut croire qu'aucun auteur ancien ne fut oubli par eux ; car bientôt ils interprétèrent même les poëte d'Alexandrie. Gallimaque, Lycophron, Aratus, Apol lonitts de Rhodes présentaient aussi des difi^cultés on conunenta leurs poèmes.

En général, l'école d'Alexandrie se dévoua pieusement à la *gloire des ouvrages sortis de son sein

1 £*vr«'nitM et xuTixo/. Cf. Porphyr. in scoliis e cod.. Vened cdiiis ad lîiad. /, 684* Yalkenaer, Liss* de scoliis y p. i45.

Les disciples de Callimacpe commentèrent non- seulement ses poèmes , ils perfectionnèrent ses autres ouvrages ^ particulièrement son Tableau des auteurs. ^ Les mêmes soins furent prodigués aux écrits d'Euclide, d'Ératosthène, d'Aristarque, et généralement à ceux de tous les hommes distingués qui laissèrent des disciples.

Si nous avions pu hériter de tous les travaux philologiques du musée y que de recherches pénibles et souvent iq/ructueuses elles nous eussent évitées ! Les traditions étaient récentes ; elles transportaient pour ainsi dire sur le théâtre de beaucoup de faits maintenant ignorés. Les idées avaient changé , mais on connaissait encore celles du temps passé ; les expressions avaient vieilli , mais on en conservait le sens. Que de découvertes intéressantes nous cache aujourd'hui le voile dont les siècles revêtent à la longue, toutes les productions de l'homme !

L'étude constante que l'écoje d'Alexandrie vouait aux auteurs anciens^ L'amena à leur classification.

Quoiqu'il n'y ait point de dictature dans la république des lettres , il s^est trouvé chez tous les peuples des 'individus qui se sont permis d'assigner des rangs aux écrivains. S'il est des exemples d'injustices évidentes , si des corps savans même partagent quelquefois une erreur généralement reçue, c'est aux âges isuivans à redresser les torts , à mieux signaler les bons et les mauvais auteurs.

A l'époque d'Aristophane et d'Aristarque ^ l'opinion était formée sur le mérite des anciens. Ces deux

X Voyez Première partie ; Callimaque»

célèbres cridques pouvaient essayer de leur assig des rangs ; ils le firent avec une grande sévérité.

Tous les auteurs contemporains furent exclus eux de leur tableau. La postérité a reconnu d cette règle un jugement équitable : aujourd'hui au< conten^porain d'Aristophane ou d'Aristarque n'est pi au premier rang des écrivains grecsé

Si nous pouvonsk nous confier à l'exactitude < grammairiens et des scoliastes , le tableai^ d'Arisi phane et d'Aristarque , préparé par les travaux de C limaque , était le suivant :

Poètes épiques et héroïques : Homère y Hésioc Pindare, Panyas^, Antimaque.

'Poètes tambiques ou ïambographes : Archiloqu Simonide^ Hipponax.

Poètes lyriques : AIcman, Alcée, Sappho, Ste chore , Pindare y Bacchylide y Ibicus y Anacréon y Sim nide y Callinus , Mimnerme y Philétas y Callimaque.

Poètes tragiques : Eschyle y Sophocle y Euripid Ion , Achaeus y Agathon.

Poètes de P ancienne comédie : Epicharme^ Cra nus y Eupolis, Aristophane, Phérécrate, Haton ; de moyenne comédie : Antiphane , Alexis ; de la nout^ei comédie : Ménandre y Philippide y Diphile y Philémo

Apollodore. ,

Orateurs : Antiphon y Andocyde y Lysias y Isocrat< Isée^ Eschine , Lycurgue , Démosthène y Hypéride y I narque, désignés quelquefois comme les dix de VAttiqu

Historiens : Hérodote , Thucydide , Xénophoo Théopompe y Ephore y Anaximène , Callisthène.

Philosophes : Platon ^ XénophoQ, Esdiine, Aristote , Théophraste. »

Quelles études cette magnifiqae collection de classiques n'offrait -elle pas à la jeunesse, quelles leçons à l'âge mûr 9 quelles jouissances à tous les âges ! Pou-* vait-elle ne pas provoquer les exceUens ouvrages dont l'école d'Al^andrie enrichit le monde grec ?

Quelques noms obscurs pour nous se rencontrent dans ce tableau des écrivains de la première classe; mais ces noms étaient autrefois illustres : Panyasis et Antimaque, par exemple, avaient laissé des épopées classiques ; le premier avait chanté les exploits d'Her-* cide, le second le siège de Thèbes» H n'entre pas dans notre plan de rappeler id les droits que les autres écrivains , peu connus aujourd'hui et inscrits au pre* mier «rang par des critiques sévèreis , s'étaient acquis à cet honneur.

Jusqu'ici nous n'avons fait connaître encore que les auteurs de la première classe^. La seconde se composait des auteurs de là pléiade générale et de ceux de la pléiade tragique \ Cette distribution est un Nouveau monument de l'excellent goût des membres du musée.

Après les travaux de recen3ion , d'interprétation et de classification, l'école d'Alexandrie pubh'a encore des élémens d'histoire littéraire , des théories de belles^ lettres et de grammaire,

1 Voy, Prodas, /« Ciresf. , /r. 34o* 3 Acvri/* T«$i(,

Callimaque rédigea le premier un immense ouvr^ sur les bons auteurs dans tous les genres. Ce ne p< vait être simplement une liste indicative ; c'était plutôt des élémens d'histoire littéraire , que perfectic nèrent $es disciples.

Lycopbron publia des ti^avaux analogues sur 1 auteurs comiques et sur la comédie ani^ieniie. £i tosthène passa entrevue les anciens bistorîens et 1 géographes.

Comme toutes les parties d'un livre classique a' taient pas également dignes de servir de modèles l'école d'Aleiandrie rédigea des instructions partiel lières ou des théories de belles-lettres ^ dans lesqueU< elle signalait les beaux passages , discutait les faibles, < traçait des règles et des principes. Les livres de rht torique , de poétique et celui des doctrines ^ , publie par Aristote, avaient préparé ces travaux»

Les théories de grammaire étaient d'une nécessit encore plus urgente. Les auteurs grecs étant de pay et d'âges si différens , il fallait des règles spéciale pour Tintelligence du dialecte de chaque région j di langage de chaque époque.

La position particulière de l'école d'Alexandrie Im présentait de. nouveaux motifs pour désirer de bonnes théories de langue grecque. Jetée sur une terre étrant gère , dans unç ville qui était à la fois coIcMiie macé« donienne , égyptienne , grecque et judaïque ; voyant t ' ' . . ■

2 ^/jSpiOC ^^AÇKetKMV.

chaque jour la langue se détériorer au milieu àe tant de barbares, elle dut songer aux moyeïis de prévenir une corruption absolue.

Cependant les écrivains d'Alexandrie semblent avoir hésité d'abord sur le langage (pi 'il convenait d'adopter. Les tms employèrent le dialecte macédonien , tel qu'il s'était modifié dans une ville grecque d'Egypte ; les autres préférèrent la langue- commune ^ qui n'était que l'absence de tout dialecte ■• Il est à croire que les sons désagréables du dialecte macédonien décidèrent les auteurs d'Alexandrie à préférer la langue com^ mune ; plus tard des causes analogues produisirent un nouveau changement dans le langage des écrivains du musée. L'école .des juifs d'Alexandrie s'était fait ce style particulier qu'on nonune hellénisme judaïque y et qui offre beaucoup de constructions et de locutions orientales. Les Grecs , frappés de la négligence et de la barbarie de ce style, s'appliquèrent alors à l'at* ticisme avec un zèle piartièulier, et les efforts de plusieurs grammairiens n'eurent d'autre but que de rétablir le langage d'Athènes dans toute sa pureté. La ville d'A« lexandrie employait donc quatre dialectes différens , et il faut les distinguer soigneusement en discutant son langage. *

Les théories de grammaire dont nous venons de

1 Kumt y^Mîfu,

2 Nous avons 4e bons traités sur le dialecte maeédonico- alexandrin f de Sturts et Pltfik^ ilk ; mais il BinqiM encore kaacoup de détails, qui ne pea?ent être fournis que par an recherches toutes particulières.

montrer le besoin , s'exécutaient en langue commune , et se trouvaient préparées en quel<{ue sorte par les travaux d'Aristote , de Platon y et même de Cjnéthas de Ghio ^. Cependant l'école d'Alexandrie traita cette science nouvelle avec là supériorité que lui donnait son immense érudition. La plus ancienne grammaire d'Alexandrie qui nous soit parvenue est celle de Dionysius de Thrace j auteuip de la seconde période : on ne peut douter néanmoins ^'il n'en ait été publié un grand nombre dans la première.

Après avoir tracé dans les théories les règles du langage y l'école d'Alexandrie s'occupa des mots ou des phrases en particulier, et elle composa des lexiques. Ces recueils difieraient sous plusieurs rapports de ceux que nous publions aujourd'hui sous le même nom. On fit d'abord des lexiques pour expliquer les dictions d'un auteur y celles d'une classe d'auteurs, celles des écrivains de k même province^. On publia plus tard des lexiques universels ^ ; travail qui ne fut exécuté que dans la seconde période de l'école d'Alexandrie , lorsque l'interprétation cessa d'occuper aussi vive-^ ment cette illustre société*

■ Ll ' U '

I Od les intitnklt : Tfx,v«ti >/«iM^t«Ti««u. Od doniuât au an-f çiens grammairieDs les noms de Kfirutu et de ygAfAfjLetrutta, Plus tard on distingua les grammainens des criti^es ; et Galien fit un traité intitulé t «Iv /watai t/( mat Kgm^ç xtu y£A/A/uui*rtxoç, Les anciens donnaient aw antcnrs de frammaire les noms de *nxyu94 et dt Ttx^fvyfAfu,

% Les titres de eei divers lexiques étaioit i \^uî\ m^ik >/«A(« fAùLvuiAti Mf«ic MÊfAoun^ y?ij»ççêUf etc..

3 ^vifLym^n Xi^tan irutm.

Les philosophes^ les médecins et les astronomes d'Alexandrie partagèrent ces travaux avec les grammairiens ; le musée fut essentiellement une école de grammaire , et on ne saurait trop louer cette école de la modestie et de la sagesse avec lesquelles elle exécuta les travaux de ce genre.

Si l'on se sentait disposé à juger trop sévèrement les savans de l'école des Ltagides , il faudrait considérer que nous devons à ses soins les monumens du génie grec, qu'ils les ont tjrés de la poussière des siècles, et que leurs travaux ont éclairé les nôtres : si leurs propres ouvrages ont péri , la science 1^'est au moins transmise jusqu'à nous par les disciples que leur pro-* curèrent les générations suivantes ; s'ils se sont trom-< pés quelquefois en fjsdt de critique, nous n'avons que trop souvent reproduit leurs en'eurs, et aujourd'hui même nous sommes à peine d'accord sur les principes de cette science» L'école d'Alexandrie a trop commenté ; eUe a suscité quelquefois de vaines difficultés pour avoir la gloire de les résoudre : mais c'est encore l'histoire de notre siècle; si nous voulons juger sévèrement ceux qui nous ont précédés dans la carrière, au moins rendons-nous la même justice* Quel institut peut avoir à notre indulgence plus de titres que celui qui commande notre admiration ? Tandis que la Grèce dépérit , l'école d^Egypte , entourée de bar- Wes , recrutée de savans de la zone glaciale et de U zone torride, conserve le goût des belles- lettres, propage l'amour de la science , et publie d'utiles ou-» vwges }

Page 1