‹ Essai historique sur l'église Saint-SéverinChapitre 4 sur 14 · SAINT-SEVERIN DE LA RENAISSANCE A LA REVOLUTION · texte numérisé non relu

SAINT-SEVERIN DE LA RENAISSANCE A LA REVOLUTION

Avec Henri IV commence une nouvelle ère; Tart luxuriant de la Renaissance se discipline et devient d'un classicisme rigoureux. Cinquante ans ne se sont pas écoulés depuis la Ligue que l'arcliitectune du Moyen âge, que les ogives, que les voûtes sveltes inventées par le génie national apparaissent comme une grossière aberration. Et Molière, en 1669, dans son poème La gloire du Val de Grâce, tonne contre le fade goût des ornements gothiques,

Ces monstres odieux des siècles ignorants Que de la barbarie ont produit les torrents, Quand leur cours, inondant presque toute la terre. Fit à la politesse une mortelle guerre Et de la grande Rome abattant les remparts Vint avec son empire étouffer les beaux-arts. La Bruyère vingt ans plus tard dans ses Caractères (1688 parlera presque dans les mômes termes de « l'ordre gothique que la barbarie avait introduit pour les palais et pour les temples ». Et au début du xviii" siècle Fénelon, qui avait déjà décoché à notre architecture nationale des flèches épigrammatiques dans son Discours de réception à VAcadémie française (31 mars 1693) et dans ses Dialogues sur L'éloquence écrits deux ans après opposait, dans sa Lettre à VAcadc-

?Hi<'(171'i),rar('Iiilo('tiuHe dite gothiqueiùrarchitecture grecque: il dépeint rurcl.ittH'Iui'e antique où « tout est simple, tout est mesuré, tout est boiné à l'usage; on ne voit ni hardiesse, ni caprice, ni élévation qui impose aux yeux; les jiroportions sont si justes que rien ne i)arait fort grand, quoique tout le soit : tout est Itorné à eonlentei' la vraie raison ». 11 ajoute : « Au contraire, l'arcliilecture gothique élève sur des piliers très minces une voûte iiiiinenr-c qui mtiute jus([u"aux nues; on croit que Inut va tomber: nrais (mil ilure pendant bien des siècles : tout est plein de fenêtres, de roses et de pointes, la pierre semble découpée connue du carton : tout est à jour, tout est en l'air. »

Et il conclut, non sans une douce ironie : « N'est-il pas naturel que les i)remiers architectes gothiques se soient flattés d'avoir surpassé par leur vain ralTmement la simplicité grecque ?»

Aussi la mutilation des chefs-d'œuvre 'du Moyen-âge, monuments des siècles barbares, ou recherches puériles d'un arl grossier, était-elle à l'ordre du jour au tenq^is du grand roi. Et les artistes modernes pourraient répéter de cet âge le mot d'Alceste :

Le méchant goût du siècle en cela me fait peur,

C'est ce goùl qui, à Saint-Mei'ii. plaqua de stiie les piliers et les arcades du chœur. C'est ce goût qui iulligea à Saint- Gervais le portail grec de Jaccjues Desbrosses, chef-d'œuvre si l'on veut, mais chef-d'œuvre assurément déplacé. C'est ce goût entin qui devait encore, un siècle plus lard, appliquer sur ia cathédrale de Metz, je ne sais quel portail rococo.

Sainl-Séverin ne devait pas échapi>ei' au zèle de l'art prétendu classique, qui jtrenait en architecture Vignole pour Vi-

truve, comme il prenait en poétique l'abbé d'Aubignac pour Aristote.

Comme si tous les vrais, le vrai esthétique et le vrai moral, étaient solidaires entre eux, c'est au moment où l'église allait subir les corrections des Zoïles du gothique qu'elle était le théâtre de deux profanations.

Les recherches récentes auxquelles a donné lieu l'affaire des poisons nous montrent le rôle qu'y joua un prêtre de Saint-Séverin, Fabbé Mariette. En 1G67, aloirs que Madame de Montespan rêvait de supplanter dans le cœur du roi Louise de la Vallière, elle fit faire dans une petite chambre de la rue de la Tannerie des incantations contre celle qu'elle projetait de remplacer. « Une autre fois, ajoiuto M. Frantz Funck-Brentano' (1), à qui nous empruntons ces détails, une autre fois, dans l'église Saint-Séverin, en présence de Madame de Montespan, l'abbé Mariette fit des conjurations sur deux cœurs de pigeons qui avaient été bénits aux noms de Louis XIV et de Louise de la Vallière durant le sacrifice de la messe. »

Vingt-cinq ans plus tard, un sacrilège était commis dans l'église. (( Le mercredi 3 septembre 1693, raconte M. l'abbé de Madaune (2), entre cinq ei six heures du matin, comme le prêtre célébrait la sainte messe dans l'ancienne chapelle du Saint-Sacrement, une personne^ Elisabeth Chàteauronx, s'approcha de l'autel. Au moment de la communion comme le prêtre se communiait lui-même, cette fille se jeta sur le calice qu'elle saisit et renversa le précieux sang sur l'autel. » Une procession solennelle eut lieu le dimanche suivant et encore aujourd'hui une procession réparatrice a lieu dans

(1) Le Drame des poisons, 5* éd. ,p. 159.

(2) Guide du vèlerin au sanctuaire de Notre-Dame de Sainte-Espérance, p. 34.

l'église le premier dimanche de septembre. Les sacrilèges n'étaient malheureusement pas rares à Paris sous Louis XIV. Deux vols sacrilèges eurent lieu vers la même époque à Saint- Sulpice, comme le rappelle M. Charles Hamel (1), l'un dans la nuit du 27 au 28 juillet 1648, l'autre dans la nuit du 25 octobre 1665 et donnent encore lieu à des cérémonies réparatrices le premier dimanche d'août et le dernier dimanche d'octobre. Un autre avait eu lieu jour pour jour sept ans auparavant à l'église des Pères de la Doctrine chrétienne (2).

Saint-Séverin, ainsi souillé dans sa pureté rehgieuse, ne devait pas être respecté dans son intégrité artistique.

Continuant la revue de ce que les divers siècles firent pour l'égijse, M. Huysmansi '3 dit : « Quant au xvn^ il l'éreinta : après avoir défoncé la chapelle de Saint-Sébastien pour lui substituer une hideuse salle qui servit pendant longtemps de chapelle à la Vierge, il jeta bas le jubé, plaqua de marbre couleur de rillettes, les piliers du chœur, transforma en arcades cintrées les ogives, instaura dans le chœur, aux frais de la Montpensier, un autel à baldaquin ridicule. »

Comme on le voit le xvn^ siècle se signala à Saint-Séverin par trois opérations architecturales : la construction d'une chapelle adventice, la destruction du jubé et l'accommodement du sanctuaire au goijt classique.

C'est en 1673, que fut édifié© sur l'emplacement d'une partie des charniers une chapelle elliptique. La construction coûta en y comprenant le pavage des charniers qui eut lieu en même temps 8.497 livres. La maçonnerie ne monta qu'à

(1) Histoire de l'église Saint-Sulpice, p. 70, 120.

(2) Le cruel et [unestc sacrlU\je commis dans l'éaUsc des révirends piTes de la Doctrine chrétienne par une femme à l'endroit du Saint-Sacrement, arrivé le S septembre (686. in-8°. Cité l'abbé Valeiitin Dufour, BiUltotjraphie de Paris avant n89. V. Sacrilège.

Cà)r.a Bii>vrr et Saint-Séverin, p. 178.

4.500 livres (1) Cette chapelle consacrée d'abord au Saint- Sacrement devint, après qu'elle eut été réparée sous la Restauration, la chapelle de Notre-Damie-de-Sainte-Espérance. Elle est maintenant utilisée comme sacristie des mariages.

C'est en 1684 que la fabrique fit disparaître le jubé qui s'élevait dans le chœur à la hauteur du cinquième pilier. « Il coupait, dit M. l'abbé de Madaune (2) il coupait le vaisseau en deux parties égales et nuisait à la vue de l'ensemble. Sa disparition a été un bienfait, quelque regrettable que soit la perte d'une œuvre d'art. » Dès lors on se servit de la chaire comme de jubé. « A tous les anciens saluts, dit l'abbé Lebeuf (3) l'évangile qui se chantait au jubé est chanté dans la chaire à Saint-Séverin. » La chaire à cette époque était, comme elle l'est encore à Notre-Dame, placée au Midi (4) à l'endroit où se trouve aujourd'hui le banc d'œuvre.

Il subsista dans l'église un fragment du jubé. En effet, à ce que nous apprend l'abbé Lebeuf (5), on transpoTta le crucifix qui le surmontait dans la chapelle oiî était enseveli Guillaume Fusée, qui prit dès lors le nom de chapelle du grand Christ (6), et qui est aujourd'hui la chapelle de saint Charles Borromée. Plus tard, à ce que nous apprend encore l'abbé Lebeuf (7). ce crucifix fut transporté dans le cimetière. On ne sait ce qu'il est devenu.

Enfin c'est aussi en 168^ji, à ce que rapporte Piganiol de

(1) L'abbé Valentiu Dufour. Les charniers des églises de Paris, Salnt-Séverin, p. 18.

(2) Guide du pèlerin au sanctuaire de Notre-Dame de Sainte-Espérance, p. 60.

(3) Histoire de la Ville et de tout le diocèse de Paris, t. I, p. 107.

(4) L'abbé Lebeuf, Histoire de la Ville et de tout le diocèse de Paris, t. I, p. 107.

(5) Histoire de la Ville et de tout le diocèse de Paris, t. I, p. 102.

(6) L'abbé de Madaune, Guide du pèltrlîi au sanctuaire de Notre-Dame de Sainte-Espérance, p. 77.

(7) Histoire de la Ville et de tout le diocèse de Paris, t. I, p. 102,

la Force (1), que le chœur fut complètement modifié. Le grand autel fut achevé au mois de février (2). Les circonstances qui amenèrent cetle transformation du sanctuaire sont assez piquantes et valent d'être rapportées.

En 1665, l'impétueuse fille du débile Gaston d'Orléans, dont cinq ans plus fard Madame do Sévignô devait énumérer les multiples dénominations et les nomhieux titres : « Mademoiselle, la grande Mademoiselle, Mademoiselle fille de feu Monsieur, Mademoiselle, petite-fille de Henri IV, Mademoiselle d'Eu, Mademoiselle de Bombes, Mademoiselle de Montpensier, Mademoiselle d'Orléans, Mademoiselle cousine germaine du roi », revenait à Paris après dix-huit mois d'exil à Saint-Fargeau en Champagne. En revenant, elle alla aux eaux de Forges puis à Eu.

Elle semblait songer à s'adonner à la piété. « Je me reposai ici (à Eu), dit-elle après être revenue do la Cour : puis je fus à Forges. Je revins ici. J'étois si désaccoutumée de la Cour et avois si bien goûté le repos de la campagne que je ne fus pas en état d'y retourner sitôt. Le soin avec lequel j'allois à la paroisse me faisoit juger que plus j'irois en avant et plus j'y prendrois de plaisir &i que Dieu me feroit la grâce de me donner du goût à le servir. »

Ce goût pour la piété devait éprouver quelque peine à se satisfaire à Paris. Mademoiselle de Montpensier habitait le Grand Luxembourg tiiii, bâti par Marie de Médicis, avait été le palais de son père, Gaston d'Orléans, m'ort en 1660. Le Grand Luxembourg se trouvait à cheval sur la lisière de Saint-Sulpice et de Saint-Sévtrin : car, sauf quelques maisons

(1) ncscription histoHque de la Ville de Paris, t. VI. p. 258.

(2) Sauvai, Histoire et recherches des anttquitez de la Ville de Paris, t. 1. p. 415.

proche la porte du Luxembourg et du même côté, la rue d'Enfer qui longeait le Luxembourg appartenait à Saint-Séverin. Bien que M. Olier eût converti Gaston d'Orléans (1) qui iQingtemps n'avait été connu que par ses blasphèmes (2), bien que celui-ci se fût « engagé à verser une somme de 10.000 livres par an jusqu'à l'achèvement de l'édifice (3) », po!ur aider à la construction de l'église actuelle qu'on commençait alors, Mademoiselle n'aimait pas SaintrSulpice et elle était brouillée avec les Sulpiciens, cette société nouvelle que venait de fonder M. Olier.

(( Je n'en avais pris nul (goût), coatinue-trelle, à aller à Saint-Sulpicei depuis que j'étais logée au palais d'Orléans. Je les avois vus (les Sulpiciens) fort s'intriguer pour faire soirtir madame de Saujon des Carmélites, pour avoir sa dévotion et pour se rendre nécessaires auprès de Monsieur (Gaston d'Orléans). Dans mon affaire de Ghampigny, ils avoient sollicité contre moi publiquement et avoient fait des prières de même pour le gain du procès de madame d'Aiguillon. Même un secrétaire de M. Madelaine... n'avoit pas gurdé des écritures de trop bonne foi qui alloit à confesse chez eux. Depuis le retour de ma belle-mère (Marguerite de Lorraine, seconde femme de Gaston d'Orléans), ils s'étoient fort partialisés pour elle contre moi en toutes occasions et au lieu de ne se mêler Entre nous qu'avec un esprit de charité que tout chrétien doit avoir et surtout des gens de ce caractère, je n'étods pas persuadée qu'ils l'eussent fait. On me dit, m'entendant plaindre d'eux : » 11 y a un, procès qui est commencé il y a fort longtemps « entre Saint-Sulpice et Saint-Gôme. Ainsi tant qu'il durera

(1) Charles llamel, Histoire de l'église Salnt-Sulplce, p. 88.

(2) iJ. iJ- P- 66.

(3) id. id. p. 83.

« vous pourrez aller à huiuoUe des deux paroisses qu'il vous « plaira et quand Mnnsiour est venu loger C('>ans,M. l'aru chevèque de Tours (Victor Boulliillier de Rancé, premier « aumônier de Gaslon d'Orléans) lui a demandé de quelle pa- (( roisse il vouloit être et lui a dit cette raison. Son Altesse* K Royale lui a dit: « L'église de Saint Côme est trop petite! Si « j'y allois le jour de Pasques, personne n'y pourroit entrer. » Je demandai à M. de Tours si cela étoit vrai. Il me» dit que oui sans autre chose.

« Madame de Belloy accoucha; j'envoyai à Sainl-Gôme pour que l'on vînt baptiser son enfant. Ils y vinrent sans difficulté. Le curé de Saint-Sulpice m'en vint faire des plaintes. Je lui dis en vertu de quoi je l'avais fait. II n'eut rien à répondre et fit faire quelque signification à Saint-Côme. Saint-Sulpice s'est fait faire un reposoir à la grande porte du Luxembourg depuis quelques années pour autoriser mieux ce droit; car depuis que j'y loge, j'ai été avec la procession au petit Luxembourg au reposoir. La Fête-Dieu vint : ils eurent peur que je ne fiss(^ venir la procession de Saint-Côme, ce qui n'y eut pas été un droit; car au Palais Royal quand le roi y logeait (il (le Palais Royal) est de Saint-Eustache) les processions de Saint- Germain-l'Auxerrois, des Quinze^Vingt, de Saint-Honoié, de Saint-Thomas, de Saint-Nicolas, tout cela y venoit et Saint- Eustache n'y trouvoit point à redire. M. [le curé] de Saint- Sulpice vint û midi chez moi et me dit : « On m'a averti que vous vouliez demain faire venir la procession de Saint-Côme ici; nous ne le souffrirons pas. » Je lui dis : a Je n'y songe point. » Il deiuieura tout le jour chez moi. Je crois que c'était pour voir à qui je parlerois et ce que je ferois. Le soir, le maréchal d'Aumont vint chez moi qui venoit de Saint-Ger-

main me dire que le roi me défendoit de faire venir la procrs=~ion do SRint-Côme à Luxembourg". Je lui dis que je n'y avois pas songé. Il me dit que c'étoit Madame qui avoit envoyé M. de Saint-Mesme à la prière du curé de SainUSulpice et qu'il ajoutoit que j'avois fait semer parmi le peuplei que je les souliendrois et qu'ils ne se missent pa& en peine. Cela étoit fort méchant voulant dire que moi, qui sorlois de la guerre civile, je savois émouvoir le peuple; même qu'ils avoient prié le maréchal d'Aumont de commander dans le quartier au peuple de se contenir. On peut juger de la confiance que je pouvois avoir en de telles gens.

« Je contai tout cela à M. l'archevêque de Rouen (François de Harlay de Ghanvalon, plus tard archevêque de Paris) qui me dit : « Vous ferez fort bien de n'aller pas à cette paroisse; « mais quand vous en demanderez permission à M. l'arche- « vêque de Paris (ce qu'il peut faire aisément; nous sommes « maîtres de ces choses-là; nous changeons tous les jours « des particuliers de paroisseï, quand ils ont sujet de se plain- « dre de leurs curés; à plus forte raison une personne de « votre qualité) : mais que dans la permission qu'il vous don- (( nera, il ne mette pas à cause du procès de Saint-Côme; car (( messieurs de Saint-Sulpice sont [sûrs quej tôt ou tard ils « emporteront ce qu'ils voudront sur cette paroisse; que « votre permission soit fondée sur des raisons que vous avez « et que M. de Paris connoit bonnes et légitimes ; car, de « mettre que vous avez méchante opinion d'eux et les raisons « énoncées, cela ne seroit charitable, ni à vous de le dire, ni « à lui de les répéter. » J'écrivis à M, de Paris (alors Hardouin de Péréfixe) et je lui mandois que voulant dorénavant aller à ma pai^oisse avec plus d'assiduité que je n'avois fait par le

ï>assé. je le priois do m'en donner une autre que Sainl-Sulpice et (lue je lui en mandois les raisons. Il m'envoya une permission non seulement pour moi et mes domestiques d'aller aux sacrements et à tous les devoirs de paroisse à Saint- Séverin; mais à tous ceux qui demeureroient de mon côté au palais d'Orléans et à tous mes domestiques demeurant en quelque endroit que ce fût du faubourg.

« Quand je retournai à Paris huit ou dix jours après, mon chirurgien tomba malade. On lui apporta Notre Seigneur un dimanche après la messe de paroisse. Cela leur fit un grand dépit et encore plus grand quand l'on ouvrit son testament où il donnoit sept à huit mille francs à la paroisse où il mouroit. De temps à autre on a fait des tentatives auprès de M. l'archevêque (François "de Harlay de Ghanvalon, archer vêque de Paris à l'époque, 1677, où Mademoiselle écrivait ses Mémoine.s) quand (juelqu'un a été malade, que Ton a porté les sacrements, mais il répond : « Je n'ôterai pas à Mademoi- « selle ce que mon prédécesseur lui a donné et ce que je lui « donnerois, si elle ne l'avoit pas et qu'elle me le demandât. » Ils se contentent de se mêler en tout ce qu'ils peuvent où j'ai intérêt contre moi ; je les trouve toujours en mon chemin. Dieu veuille que je souffre cela avec plus de patience que je n'ai fait. En ce monde, ils ne me feront point de mal; mais que je ne dise rien d'eux qui me les fasse trouver en l'autre. Ils déchirent messieurs de SaintrSéverin où il y a de très honnêtes gens qui ne se mêlent que de leur ministère ou tiui ne sortent point des bornes où il y a assez à travailler et où il n'y en a pas tant qu'à Saint-Sulpice. Ils seroient bien fâchés que la trop grande quantité [d'affaires] les pût faire manquer à leur devoir par l'impuissance de donner des secours et

rajnbition ne leur fera point trouver leurs bornes trop petites. (1) »

Telle fut la façon dont Mademoiselle de Montpensier devint en 1665 paroissienne de Saint-Séverin : on voit par ce récit, suivant la remarque de M. Fernand Bournon (2), qu'elle n'eut pas besoin, comme le dit l'abbé Lcbeuf (3), de boucher la porte du palais sur la rue de Tournon et d'en ouvrir une sur la rue d'Enfer. Il suffît pour la faire changer de paroisse d'une autorisation de Farchevêque. Il est superflu d'ajouter que si la fidélité historique nous a semblé commander de reproduire les griefs de la brillante amazone de la Fronde, nous n'entendons nullement nous en porter garante. Peutrétre éprouvera-t-on quelque doute tout au moins sur la gravité qu'ils pouvaient présenter si l'on considère d'un côté la nature passionnée de Mademoiselle de Montpensier que l'irrégularité de son style sufTirait à trahir, et de l'autre l'humilité de l'abbé de Poussé, alors curé de Saint-Sulpice et l'estime particulière que lui témoignait Bossuet (4) .

Quatre ans plus tard. Mademoiselle prenait part à une cérémonie paroissiale. Jusque-là l'église n'avait que trois cloches, la plus grosse de 4 pieds 10 pouces de diamètre sur 15 pieds 9 pouces de circonférence remontait à 1553. Deux autres avaient été ajoutées en 1612, au commencement du règne de Louis XIII, l'une de 4 pieds 3 lignes de diamètre sur 14 pieds 7 pouces de circonférence, l'autre de 3 pieds 9 lignes de diamètre sur 11 pieds 7 pouces de circonférence. En 1669, fut montée une nouvelle cloche de 3 pieds 7 pouces | de klia-

(1) MUe de Montpensier, Mémoires, éd. Chemel 11, VII t. IV, p. !^ (^) Rectifications et additions à l'Histoire de la Ville et de tout le diocèse de Paris de Lebeuf, Ville de Paris et ancienne banlieue, p. 75.

(3) Histoire de la Ville et de tout le diocèse de Paris, t. I, p. 112.

(4) Charles Hamel, Histoire de l'église Saint-SulrAce, p. 117, 122.

mètre sur 10 i)ieds de circonférence. Ce fui Mademoiselle qui en fut la nuiriainc ainsi (lue le relatait rinscription gravée sur le bronze et (]ui était ainsi conçue :

« En 1069, j'ai été nommée Annc-Marie-Louise par très haute et très puissante princesse Anne-MarierLouise d'Orléans, lille aînée de feu Monsieur, lils de France, duc d'Orléans, oncle du Roi, princesse souveraine des Dombes, duchesse de Montj>ensier. (lliàtcllei-aull et Saint-Pargeau, dauphine d'Auvergne, piincesse de la Roche-sur-Yon, comtesse d'Eu, i)remier pair de France, et par haut et puisscint seigneur Messire Emmanuel-Théodose de la Tour d'Auvergne, cardinal prince de Bouillon, duc d'Albret et abbé "de Saint-Ouen de Rouen et de Tournus en Bourgogne, et bénite pcU* Messire François Le Tellier, prêtre, kiocteur en théologie, curé et archiprètre de l'église Saint'-Séverin et aumônier de la Reine, M. Auguste Robert de Pommereux, chevalier, seigneur de la Bretache, conseiller du Roi en ses Conseils, maître des Requêtes ordinaires de son hôtel et président au Grand Conseil, M. Claude Louvet. écuyer, conseiller et secrétaire du Roi, Maison et Coiuronne de France et de ses Finances, M. Joacliiin lîdivinet, greflier de TaiMience de la troisième Chambre des Re{iuêtes du palais et honorable homme François B'ourgeois, marchand de soie, bourgeois de Paris, marguilliers. »

Une cinquième cloche de 2 pieds de diamètre sur 6 pieds

7 pouces de circonférence devait être placée plus tard et enfin une sixième cloche de 1 pieni 8 pouces de diamètr© sur 6 pieds

8 pouces de circonférence vint compléter le carillon. Elle fut bénite en 101)7 |)ar Jean Lizot. alors à la tête de la paroisse (1).

(1) Piganlol de lu Force, Dcsvriiitioii hisloriiiuc de la yHlc di' Paris, t. VI. p. 440.

Quinze ans après le baptême de la cloche qui porta ses prénoms, en 1684, à peu près brouillée avec son mari secret, Lauzun, qu'elle venait de tirer de prison et d'exil au prix des plus grands sacrifices et à qui elle allait défendre de se présenter devant elle (1), voulant témoigner sa reconnaissance à la paroisse qui l'avait accueillie et dont le curé, JeanLizot, était son confesseur (2) , Mademoiselle de Montpensier fit « des réparations dans le chœur, dont on changea la disposition, et principalement celle du grand autel ». « Celuici, poursuit Piganiol de la Force (3), celui-ci, qui est d'ordre composite, fut décoré de huit colonnes de marbre posées sur un demi-cercle, qui soutiennent une demi-coupole enrichie de quelques ornements de bronze doré. Les piliers les plus proches de cet autel ont été aussi ornés de marbre et de festons. Aux quatre piliers qui sont les plus proches de l'autel sont quatre termes portant des cornes d'abondance qui servent de chcindeliers.

« Entre les arcades des piliers, au-dessus des balustrades de fer doré, sont les chiffres de Saint-Séverin et les armes d'Orléans, qui sont de France au lambel d'argent. L'écu est en losange parce que ce sont les armes d'Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier et fille ds Gaston-Jean- Baptiste de France, duc d'Orléans, laquelle était sans contredit la principale paroissienne de cette église. »

Ce fut Lebrun qui dessina le plein cintre destiné à empâter les ogives du chœur et le baldaquin appelé à écraser l'autel. Ce fut Tuby qui exécuta ces travestissements. C'étaient les mêmes artistes, unis dans une semblable collaboration

(1) Mlle de Montpensier Mémoires III. V. t. IV, p. 505

(2) L'abbé Lebeuf, Histoire de la Ville et de tout le diocèse de Parts, t. I, p. 112.

(3) Description historique de la Ville de Paris, t. VI, p. 251

(lu crayon cL du ciseau, qui devaient nous donner l'admirable tombeau de la mère de Lebrun, à Saint-NicolaS'-du-Ghardonnet.

Cette complicité de deux aussi grands artistes dans la perpétration d'un forfait esthétique tel qu'un aussi ridicule ropl à (rage suffit à montrera quelles aberrations peut conduire le fanatisme d'une prétendue correction et l'exclusivisme de conceptions étroites.

Ce ne fut pas, d'ailleurs. Mademoiselle de Montpensier seule qui supporta les dépenses de ces déplorables embellissements.

Les frais ne se montèrent pas à moins de 24.400 livres. Elle y contribua dans une proportion quie nous ignorons, mais le curé et la fabrique en supportèrent leur parL C'est du moins ce que nous apprend Piganiol de la Force (1).

S'il faut en croire l'abbé Lebeuf (2), une partie des fonds serait provenue d'une somme de 6.000 livres donnée par un ecclésiastique de la paroisse nommé Fournier. Enfin d'après Sauvai (3) la décoration aurait été payée « tant des deniers de la fabrique et du curé que de la quête qui fut faite par toute la paroisse ».

Ce baldaquin et une partie du cintrage des ogives du chœur ont disparu à la suite de Téreclion en 1894 d'un nouveau maître-autel en harmonie avec le style du monument.

Les anachronismes de décoration de Tuby ne furent pas la seule contribution que le \vn^ siècle apporta à l'ornementation de Saint-Séverin. Jacob Bunel, né à Blois en 1588, qui a laissé quatorze fresques à Fontainebleau, et qui fit, pour les

(1) Description historique de la Ville de Paris, t. VI. p. 25:2.

(2) Histoire de la Ville et de tout le diocèse de Paris, t. I, p. 10».

(3) Histoire et recherches des antiquitez de la Ville de Paris, t I. p. 415.

Feuillants, une Assomption de la Vierge et, pour les Grands- Augnstins, une Descente du Saint-Espnt, peignit sur les arcades, se détachant dans un fond d'or, les sibylles, les pro* phètes, les patriarches et les apôtres. Ce mélange des voyantes du paganisme et des héros de l'histoire sacrée, qui étonne Piganiol de la Force (1), n'a cependant rien de surprenant. Ne se rencontre-t-il pas dans les loges du Vatican où l'on voit la sibylle de Gumes et la sibylle d'Erythrée à côté d'Ezéchiel et d'Isaïe ? D'ailleurs au siècle suivant on mit bon ordre à ce scandale. En 1761, l'architecte Godin fit procéder à de grandes réparations. On gratta sur le vif et l'on fit disparaître les peintures de Bunel(2).

On attribue aussi à Jacob Biinel la peinture murale de la chapelle Saint-Michel La prédication de saint Jean-Baptiste qui a été restaurée par Stenheil en 1852 (3).

Un autre peintre plus connu avait aussi contribué à l'embellissement de l'église. On voyait encore, en effet, au xvn^ siècle, dans la chapelle voisine de la petite porte donnant sur la rue Saint-Séverin, dteux tableaux de Philippe de Champaigne, Sainte Geneviève et Saint Joseph. Une Sainte Geneviève et un Saint Joseph de Philippe de Ghampaigne figurent aujourd'hui au musée de Bruxelles. Sont-ce les toiles qui ornaient jadis Saint-Séverin ? Il y avait aussi, nous apprend Sauvai (4), dans la chapelle du SaintrSacrement, aujourd'hui sacristie des mariages une copie de la Cène de Philippe de Ghampaigne, dont l'original [ilaci' dans l'église de Port-Royal.

(1) Descriptton historique de la Ville de Paris, t. VI, p. 253.

(2) Piganiol de la Force, Description historique de la Ville de Parif, t. VI p. 439.

(3) Inventaire des objets d'art, Richesses de la France, Ville de Paris, Monu ments religieux, t. II, p. 95.

{i) Histoire et recherches des antiquitcz de la Ville de Paris, t. I. p. 4U.

représentait, dit-on, les principaux solitaires de la Thébaïde Janséniste (1). Cette copie a également disparu.

Des prières spéciales furent) établies à SaintrSéverin au xvn' siècle. Un office particulier fut institué en 1669 par un marchand drapier nommé Bachelier. « C'est, dit l'abbé Lebfeuf (2), un salut qui commence par la lecture de l'Evangile du jour que fait le diacre revêtu de la dalmatique dans la chaire à prêcher, laquelle tient lieu de tribune ou jubé, mais qui anciennement était placée dans le côté méridional ainsi qu'elle Test en l'église Notre-Dame, en sorte que les prédicateurs comme le diacre regardent le septentrion en annonçant la parole de Dieu. Dans la suite de ces offices, on chante l'ancienne formule de louanges et d'invocations Chnstus vincit, Christus régnât, Christus imperat qui est encore en usage dans plusieurs cathédrales du royaume avant l'épître de la messe à certains jours. Ce chant contient des vœux pour lePape, rÉvôquc, le Clergé, le Roi, la Reine, leur armée, les Juges et le peuple. »

Il ne semble pas que Saint-Séverin qui souffrit dans sa partie artistique du faux goût dles contemporains de Louis XIV ait en récompense profité de l'épanouissement littéraire de ce grand siècle, l'âge d'or de l'éloquence de la chaire. Tandis que Saint-Sulpice entendait la parole de Bossuet et de Bourdaloue et (jue Fénclon y révélait son talent oratoire (3) on ne rencontre la mention d'aucun discours de ces grands sermonnaires prêché à Saint-Séverin. L'abbé Lebarq (I) ne donne SaintrSéverin pour théâtre à aucune prédication de

(1) Charles Blanc Histoire des peintres Ecole franiaisc t. I, l'Iiilippe de Clmnipaigne p. 14.

(2) Histoire (le la Ville et de tout le diocèse de Parisi. l, v. loi .

(3) Charles Ilamel, Utsloirc de Saint-Sulpice, p. 117.

(4) Histoire critique de lu jinHiicatton de Bossuet. p. lis, 2S8.

Bossue L et M. Anatole Feugère (1) dans le relevé qu'il a fait des « stations » de Bourdaloue n'en signale aucune prêchée à Saint-Séverin. Un seul orateur de quelque renom vint y donner une harangue solennelle. Le P. Senault y prononça un 17 août le panégyrique de saint Manimès dont la fête tombe ce jour-là (2;. Ce sermon se place au plus tard en 1656 puisqu'il figure dans l'édition des Panégyriques des Saints du P. Sénault, publié cette année-là chez Le Petit.

Si l'église fut atteinte, le charnier le fut davantagie encore. Au commencement de ce siècle, on avait pris soin de le décorer : on trouve dans une décision des marguilliers du 20 mai 1617 la mention die tapisseries destinées à orner la première chapelle des charniers où l'on distribuait la communion les jours de fête (3). Mais en 1673, on démolissait une partie dies charniers pour construire à la place la chapelle elliptique qui sert aujourd'hui de sacristie des mariages. Le 23 mai 1674 une décision des marguilliers fermait les charniers, c'est-à-dire interdisait d'y faire dorénavant aucune inhumation.

Les dernières inhumations dans les charniers dont nous trouvions mention sont celles d'Anselme Rousseau, maître tailleur et bourgeois de Paris décédé le 14 janvier 1624, de Gardine Michelle sa première femme morte le 15 juin 1604, de Marie Langlois sa seconde femme morte à une date qui n'a pas été indiquée dans son épitaphe et de Jean-Baptiste Altin, conseiller au Ghàtele.t de Paris, mort le 14 juin 1640 (4). Il semble donc que quand on. ferma les charniers il y avait

(t) Bourdaloue, Sa vrédicatlon et son temps, p. 35, 39, 44. (2) P. Senault, Pnné'juriQursdcs saints, t. I, p. 305.

(3) L'ahljé V'alentin Dufour, Lis charniers des églises de Paris, Saint- Séverln, p. 14.

(4) id. id. p, 22

déjà nombro d'années qu'on n'y cntorrnil plus. En 1693, on cessa d'y procéder aux élections des marguilliers (1). Mais les processions continuèrent de se faire sous les charniers : le cortège sortait par la chapelle^ du Saint-Sacrement, faisait le tour des galeries et rentrait par le^ passage de la chapelle de Saint-Jean-Baptiste (2).

A cette époque on donna à l'église une nouvelle annexe. On avait commencé à fonder des écoles de charité. Il y avait eu des réclamations de la part des chantres de Notre-Dame. Une transaction intervint aux dates des 18, 20, 22, 23, 29 et 30 mai 1699 entre les curés de Paris et les chantres (3). Au nombre des curés figure Jean Lizot, archiprêtre et curé de Saint-Séverin. Il fut convenu que les curés pourraient régir les écoles sans avoir à prendre des lettres des chantres, que les maîtres et maîtresses des écoles de charité seraient exempts de la juridiction dos chantres. De leur côté les curés s'engageaient à mettre au-dessus de la porte l'inscription : Ecole de chanté pour les pauvres de la paroisse, à n'y admettre que les enfants indigents, et à laisser les députés des chantres y faire une fois par an une inspection. Les maîtres et les maîtresses étaient engagés à envoyer des députés au synode que tenaient les chantres.

Les filles de Sainte-Marthe: eurent dans la rue des Prêtres- Saint-Séverin uwr maison destinée à l'instruction des pauvres filles (1). Cette maison se trouvait située à peu près en face de l'église. Telle est du moins la position que lui donne le plan qui accompagne l'ouvrage de Piganiol de la Force (5).

(I) L'abhé Valenfin Dufouv, Les charniers des églises de Paris, Saint- Séverln, p. 12

(2) ici iii. p. )6.

(3) Fellhien, Histoire de lu VlUe de Paris, preuves, t. I, p, '.65. l'iJ.Talilot. neelicrches critiques, Itlsloriques et topoijrapttUiues sur Parts, t V, p. 13/1.

(ô) Description historique de la Ville de Paris, i. VI, p. -l'ii

M, de Guilhermy (1) relate d'ailleurs un souvenir qui indique l'emplacement de cette école : « Nous avons vu longtemps, dit-il, près de la porte d'une vieille maison, en face de l'église, une plaque de marbre gris présentant cette inscription dont la naïveté nous semble avoir quelque chose de touchant :

TRONC pour les livres des écoles des pauvres filles Si quelqu'un donne pour mes petites Disciples il ne perdra pas sa récompense J.-C. en St. Matth. ch. 10, v. 42.

Le marbre d'abord fendu, a fini par tomber en morceaux. » Mais ce furent, surtout, les monuments funéraires que le xvn"^ siècle multiplia à Saint-Séverin, soit dans l'église même, soit dans le charnier.

La chapelle Sainte-Barbe, la plus voisine du cimetière, contenait le monument d'Etienne Pasquier. Cétait un buste de marbre blanc posé sur une niche. Au-dessus était une table de marbre noir où se lisait l'inscription suivante que reproduit Sauvai (2) :

Stephani Paschasii

Epitaphium quod sibi ipse scripsit.

Quœ fuerit vitœ ratio, si forte requiris,

Siste çjradum et paucis isla, viator, habe. Parisiis oUm causis patronus agendis,

Haud inter socios idtimus arte togœ.

Id solemne mihi statut despectus ut esset

(1) Inscriptions de la France du Ve au XVIII^ siècle, t. I, p. 319. (2) Histoire et recherches des anliquitezde la Ville de Paris, t. I, p.416.

Et prociil a nobis cl prociil invidia, Inter utnimquc /î/t, miserique clientis

Susaepi in ditcm forte Patrociniwn Tum ratiociniis allcctus Regius acloi\

Principe ab Henrico est hœc rnihi parla quie:s. Viri, non aiiri ciipidns. sed honoris avarus.

Hei mi}ii,quain vanns )mnc ego prœco mci! Ingenium expressi varie prosaque mctroque

Fama ut pos! cineres splendidiore fruar. /Equœvam thalamo jurixit trigesimus anrnis,

Mascula quœ peperit pignora qumqxie thoro : Quatuor c quinis orbati matre fuerunt :

Pro Patria quintus lortiter occiderat.

Privatos tandem juvat o coluisse pénates,

Contentum et modica vivere sorte inihi.

Jamque ego septem annos, sexdenaque lustra peregi,

Robore corporeo [irnius et ingénia.

Ai nihil hœc, animam nisi tu, Deus aime, reposcas

In Cœlumque liia pro bomtate loces.

On peut essayer de la traduire ainsi : Epitaphe d'Etienne Pasquier Qu'il se composa lui-jnême.

Ma vie en peu de mois désires-tu sav ir ? Arrête-toi, passant, et tu la pourras voir. Avocat à Paris, je plaidai des affaires Et ne fus pas jugé dernier de mes confrères. Je m'étais fait d'ailleurs le solennel serifient D'éviter le mépris, l'envie également:

Jie sus fuir les dtuix : pour clients misérables J'ai lutté contre genjs des plus considérables.

Enfin le prince Henri voulut bien me choisir Pour procureur fiscal et me fit ce loisir. Je vécus non pas d'or, mais de renom avide. La gloire que je vante, oh ! que j'en sens le vide ! J'ai travaillé d'esprit en prose comme en vers Pour que mort, de mon nom, retentît l'univers. A trente ans je choisis compagne de mon âge Qui me donna cinq fils, de l'hymen le doux gage; Si quatre de leur mère ont pu suivre le deuil, Frappé pour son pays, l'autre était au cercueil. Heureux d'avoir aimé mes lares domestiques. De m'être contenté de mes destins modiques ! Seize lustres je compte augmentés de sept ans Vigoureux est le coTps, sain est l'esprit pourtant. Mais qu'importe ? Dieu bon, si tu ne me réclames, Me joignant dans ta grâce aux bienheureuses âmes 1

Dans la même chapelle au-dessous de la précédente on pouvait lire une autre épitaphe d'Etienne Pasquier, plus précise en sa concision que reproduit aussi Sauvai :

a Et Memoriœ /Eternœ Stephani Paschasii, V. C. Régis Consiliarii et summarum ratiomwi Advocati generalis^junsconsulti, oratoris^ historiorjraphi^poetœlatiniet galîici,celeberrimi^ pluribus ingenii, corporis et (ortunœ dotibus cumulatif vita latoqrie feUcissimi. Thcodorus, Nicolaus et Widus /. /. d. c. Obiit 3 Calciidas Scptem'bris 1615 vixil annos;s 87. rn,enses2. die 12.

Nous traduisons :

« Au Dieu très bon, très grand Et à l'éternelle mémoire d'Etienne Pasquier, personnage

consulaire, conseiller d'Etat et avocat général à la Chambre des Comptes, illustre comme jurisconsulte, orateur, histoden, poète latin et français. Ses fils Théodore, Nicolas et Gui dédièrent ce monument. « Il mourut le 3 des calendes de septembre (29 août) 1615.11 vécut 87 ans 2 mois et 12 jours. »

Si la cliapelle de Sainte-Barbe aurait pu s'appeler la chapelle des Pasquier, celle d© Saint-Pierre eût pu prendre le nom de chapelle des Brinon. Celle chapelle était située au côté septentrional de l'église; on l'appelait aussi chapelle des Trois Nativités (saint Jean-Baptiste, sainte Vierge, Jésus- Christ). C'est aujourd'hui la chapelle SaintrFrançois-de-Sales.

Elle était même plus aux Brinon que la chapelle Sainte- Barbe n'était aux Pasquier. Car, non seulement les Brinon étaient enterrés dans la chapelle Saint-Pierre comme les Pasquier dans la chapelle Sainte-Barbe, mais ils y avaient fondé des messes et même, à ce que nous apprend Piganiol de la Force (1) cette chapelle constituait un bénéfice distinct ayant son revenu spécial et dont le titulaire était chargé d'acquitter les fondations pies.

D'ailleurs, bien que moins illustre que la famille Pasquier, la famille Brinon s'en rapprochait par divers traits. C'étaient, l'une et l'autre, des familles de robe : dans l'une comme dans l'autre le culte des vertus domestiques était en honneur. La chapelle de Saint-Pierre avait été fondée le 21 mars 1471. suivant Sauvai (2) dans un testanioiil, en date du 2 mai l'uG suivant M. de Guilhermy (3), par Guillaume de Brinon, pro-

(1) Description historique de In Ville de Paris, t VI, p. 2r>f.

(2) Histoire et rectirrctics des antlquitez de la Ville de Paris, t. I, p, 414

(3) Inscriptions de la France ilu V^ au XVIII» siècle, t. I, p. 3-21.

cureur au Parlement et examinateur au Ghâlelet de Paris, et Guillaume Briçonnet, mari de sa fille Jeanne de Brinon et conseiller au Parlement de Paris, mort le 29 juin 1477 (1).

Aussi les armoiries des Brinon et des familles qui leur étaient alliées se rencontraientrelles partout dans cette chapelle, dans les vitraux, aux clefs de voûte, comme sur les monuments funéraires.

Indépendamment de sa lille, morte le 10 mars, soit 1535, suivant Moréri (2), soit suivant une correction manuscrite que porte l'exemiplaire de la salle de travai 1 de la Bibliothèque nationale , 1525, Guillaume de Brinon laissa trois fils : le second Yves eut un fils René dont les enfants, Pierre et Nicolas furent conseillers au Parlement de Normandie. Ils eurent chacun un fils. Les deux cousins qui portaient tous deux le prénom de Louis furent tous deux conseillers au Parlement de Normandie. Le fils de Nicolas mourut doyen (3). Il eut une fille, Marie de Brinon. Marie de B'rino<n fut la première supérieure de la maison de Saint-Gyr à la tête de laquelle elle fut placée le 26 juin 1686. Ce furent les « détestahles » pièces de sa composition — l'appréciation est de Mme de Caylus — qu'elle faisait jouer par les élèves qui décidèrent à faire représenter Andromaque, puis à demander à Racine Esther et Athalie. Eloignée deux ans plus tard (10 décembre 1688) de la maison dont elle avait rédigé les statuts, elle devait devenir dsms son exil l'intermédiaire de Bossuet et 'de Leibnitz dans leur projet de réunion des catholiques et des protestants 4).

(4) Moréri, Grand Dictionnaire historique, V. Briçonnet (Guillaume), t. II. II, p. -283.

(2) Grand Dictionnaire historique, V. Briçonnet (Guillaume), t. II, ii, p. 283.

(3) De la Ohetia^'e - Ltesbois et badier, Dictionnaire de la Noblesse 'M éd. V. linnon t . IV p. 108.

(4) Art. BRINON (Marie de), dans la Grande Encyclopédie, t. VI 11 p. 37.

Le fils do Pierre eut aussi une fille, Catherine; de Brinon. Catherine de Brinon épousa Nicolas Langlois, seigneur de Golmolins et Canteleu en Normandie.

Elle mourut d'une maladie contractée en soignant son fils, le 2i juillet 1699. Elle laissait une fille, déjà veuve de Messire de Turgis. conseiller au Parlement d'e Paris. Madame de Turgis éprouva une telle douleur de la perte de sa mère, qu'elle mourut d'e chagrin le 20 novembre de la même année. Toutes deux tiiient enterrées à Saint-Séverin dans leur chapelle familiale et une même épitaphe rappela le souvenir de la mère et de la fille. La voici :

« Expetantes (sic) beatam speni, Tit. 2^ « Icy reposent les corps de Dame Catherine de Brinon, épouse de Messire Nicolas Langloys, chevalier seigneur de Canteleu, et de Dame Catherine Cécile Langloys de Canteleu, leurfille unique, veuve de Messire Louis PierredeTurgis,coriSeil- 1er au Parlement. La mère joignit à toutes les grâces de son sexe toutes les vertus de la femme forte, sa vie et sa mort furtent consacrées à ses devoirs et à sa famille, son fils attaqué d'une maladie contagieuse expira entre ses bras et la funeste maladie ayant passé jusqu'à elle, les associa dans l'Eternité. Elle mourut le 21 de juillet 1699, âgée de 47 ans. « La fille ne surviequit (sic) à sa mère que pour la faire

revivre dans elle en mettant toute sa gloire à luy resstembler; mais l'excès de sa douleur ne luy permit pas de pleurer longtemps sa perte. c( Elle mourut le 20 de novembre 1699 âgée de 29 ans. »

« Generatio rectonun Benedicetur

PS. III (sic) »

Bien diverses sont les deux épitaphtes d'Etienne Pasquier et

l'épitaphe des deux dames de Brinon. Les une;5 semblent détachées d'un in-folio érudit du xvi^ siècle, l'autre tirée, d'un Livre de Raison de nos aïeux et l'émotion qui y règne attendrit jusqu'à la sécheresse coutumière du style lapidaire.

Biien différente fut la destinée de ces inscriptions. Les marbres de la chapelle Sainte-Barbe ont disparu et c'est à Sauvai que nous avons dû emprunter la copie des inscriptions relatives à Etienne Pasquier.

L'épitaphe de Madame de Brinon et de sa fille était gravée sur un cœur de marbre noir. Le cœur était ajusté sur une draperie de marbre blanc accompagné de deux enfants éplorés. Transportée au Musée des monuments français, qui fut, pendant la Révolution, comme l'hôpital de nos antiquités nationales, elle fut, après la dispersion, en i816, de la collection d'Alexandre Lenoir portée, à Saint-Denis. On détacha l'encadrement dont on voulait se servir pour le cénoiaphe de Marie-Thérèse. Le reste fut laissé dans les magasins et y était encore en 1873. C'est là que M. de' Guilhermy trouva l'inscription. II en a publié le texte que nous avons reproduit (1). Il précise ou rectifie les indications données relativement aux citations bibliques qui commencent et terminent l'inscription. La première est tirée de saint Paul Epître à Tit©, chapitre II, verset 13 et non verset 2. La seconde n'est pas tirée du Psaume III mais du Psaume CXI, verset 2.

Une autre famille était aussi enterrée dans une chapelle: c'était la famille de Sainte-Marthe. Gomme pour les Brinon différentes générations s'y trouvaient représentées. Il y avait deux plaques de marbre noir. La première était consacrée

(1) Inscriptions de la France du Ve au XVIIIe siècle, t. I, p. 320.

à Louis (le Sainte-Marthe. La voici telle que Sauvai (i) la reproduit :

Ludovico Sam Marthano J.-C.

Vivo nobili apucl Juiiod. Procuratori

Rcffio, doctrinœ, probitatis,

Eloquentiœ laudibus insigni.

Qui. dum Régis

El patriuc negotia scedulo procurât,

Sua ipsius negligit,

Non Régi soîum et patriœ

Sed suis etiam et sibi prœmature montur,

' Seœvola, Quœstor Francise,

Ludovicus,

Apud Pictones, Regius Advocatus,

Renatus,sub sign. Princ. Domb. Eques,

Parent i opti)uo

F. F. Mœstissimi P. P.

Obiit Lutetia Kal. sept. an. 1566.

En voici la traduction :

« A Dieu très bon, très grand, Sauveur « A Louis de Sainte-Marthe en Jésus-Christ homme noble, procureur du roi à Loudun. D'une science, d'une probité, d'une éloquence remarquables, en veillant avec soin aux affaires de son roi eidesonpayslinégligeales siennes propres, et lamort Tenleva prématurément nonseulementau roi et àla patrie, mais encore aux siens. Scevole, trésorier de France, Louis, avocat du roi à Poitiers, René, chevalier au service de la principauté de Dombes, dans leur affliction ont élevé ce

(1) Histoire et recherches des anltiniitcz de la Ville de Paris, i. i, p H6

monument 5, un père excellent. Il mourut à Pari^. aux calendes de septembre (i" septembre) 1566. »

La seconde était consacrée à Scevole et Louis de Sainte- Marthe, fils de Scevole, Tun des trois frères qui a-"aient dédié à leur père la précédente inscription, et aussi aux deux fils du -second Scevole, Nicolas et Pierre Scevole. La voici telle que la donne Sauvai (1) :

V Scaevolœ et Ludovico Sam Marthanis

Viris nobilihus et illustribus,

Scaevolœ in Pictonibus Franciœ

Quœstorum prœsidis scriptis incliti liliis,

Ludovici Domini de Neidlly

Cognitoris Regii nepoiibus

Et historiographis

Ut eodem utero editis, sic lineatnentis oris

Omniumque membrorum statura.

Sincera pietate, virtute singnlarl,

Temperantia ac tranquillitate animi

Geminis plane atque germanis,

Mo-;um similitudine^ societatc studiorii.m,

Fraterna concordia

Et 1ère perpétua vitœ ac victus

Communitate conjunctissimis;

Qui, cum eisdem prœceptoribus usi,

Aurato, Bulingero

Pascratio, celeberrimis prolessoribus,

Et eisdem disciplinis institud luissent^

Pari animo et labore unum ambo

(1) Histoire et recherches des antiquitez de la Ville de Paris, t. I. p. 418

Multnrum tinnorum opus aggressi^

llegium Francorum gcnuj

Et propaginem

licsquc gcstas doclis voluinimbys

Exposuerc;

Et nd c.vtremnni IcViconquc srnerlutnn

Non a cunclis modo studiosis ciilti^

Sed etiam princlpibus ac Re(jil)ii.^ nostris

Externisqiœ noti, cJinri

Acceptiquc pervenere;

'^uri [ratriim incomparalnli

Petrus Scœvola Sam Marthamis.

Scaevolœ liliws

Scaevolœ ncpos,

Patri

Patruoque optimis et indulgentissimis

Poncndum curavil,

/ixit Scan-oJn <(nnos 78 mcnses S, die s S,

Obiit 7 Idùs sept, anno 1650,

Ludoviciis decessit an. œtatis S4

Mense 1 dieb. 9 Chris ti 1656

Aprilis 29.

In gcminis un uni et geminos agnoril in nno A\')bos qni potuit doetos adiré sene^

h. eodemloeo lacent V. G. fratres

Scaevolœ lilii

Scaevolœ nepoles

Nicolaus S(tn\ Marthanns,

Sacri Consistorii Assessor

Et Elcemosinarius Rcgius,

Prior sancti Gcrmani in Piclonibus,

Pictatc, scientia

Et operibus clanis.

Qui. ohiit 6 Iclns ieb. 1662

,Etatis anno 39.

El Petrus Scacvola Sam Marthanus.

Dominus de Meré super Anciriam,

Cornes Consistorianns,

Satrique palatii Magister OEconomus,

Historioaraphus Regins.,

Qui obiit annO' Christi i690 0 Aug. œtat. 70 »

Celle longue inscription peiil se Iradiiire ainsi :

(( A Dieu très ]3on, très grand. »

« A Scevole et Louis de Sainte-Marthe, Iiommes nobles et illustres, fils de Scevole, trésorier de la généralité de Poitiers, célèbre par ses écrits, neveux de Louis, seigneur de Neuilly, trésorier royal, historiographes. Ils étaient sortis du nnêine sein, non seulement frères, mais jumeaux par les traits du visage, la configuration de tous les membres, la sincère piété, la vertu singulière et la modération et la tranquillité d'àme.lls furent unis étroitement par la similitude de l'existence, par fassociation des études, par la concorde fraf^rnelle, par une communauté presque continuelle de vie et de table. Ayant eu les mêmes maîti*s, les illustres professeurs Dorât, Boulanger et Passerai, élevés aux mêmes études avec un égal cœur et un égal travail, ils entreprirent une œuvre de longues années, donnèrent dans de doctes volumes le tableau de la Maison Royale de France, de sa descendance, de ses exploits. Ils parvinrent à une extrême et heureuse

vieillesse, non soulemont honorés de tous les savants, mais connus, aimés et appréciés par les princes et les rois, tant les nôtres que ceux du dfeliors.

« A ce couple inconiparablo de frères, au père et à l'oncle, les meilleurs et les plus indulgents. Pierre Scevole de Sainte- Marthe, 111s de Scevole. pclil-lils do Scevole fit élever ce monument.

« Scevole vécut 78 ans, 8 mois, 18 jours. Il mourut le 7 des Ides de septembre (7 septembre) i650. Louis mourut à l'âge de 84 ans, i mois et 9 jours, l'an du Christ 1656, le 29 avril.

(( Ils montraient, ces vieillards, à qui s'approchait d'eux « Deux êtres en un seul, comme un seul être en deux.

« Dans le même lieu reposent, personnages consulaires, les frères, fils de Scevole. pelits-rils de Scevole.

« Nicolas de Sainte-Marthe, Conseiller d'Etat et aumônier du roi. prieur de Saint-Germain en Poitou, illustre par sa piété, sa science et ses œuvres qui mourut le 6 des Idles de février (8 février) dans la trente-neuvième année de son âge;

« Et Pierre Scevole de Sainte-Marthe, seigneur de Meré-sur- Indre, Conseiller d'Etat, maître des requêtes de l'hôtel, économe du palais, historiographe du roi, ipii mourut l'an du Christ 1690, le 9 août, dans la soixante-douzième année de son âge. «

On le voit, ainsi qu'un Columburium antique, une chapelle de Saint-Séverin avail reçu les différentes générations de Sainte-Marthe. Cette famille qui remontait à Nicolas de Sainte-Marthe, fait chevalier au siège de Bayonne m 1451 par le comte de Foix(l) et où Ton trouve u plus de vingt-quatre

(2) Morérl, Grand Dictionnaire lusloritiuc. V. Sainïe-M.\kthe, t. IX, ii, p. 76.

hommes illustres » (1), est surtout célèbre par les deux ouvrages issus de la collaboration des deux frères Scevole et Louis, VHistoire généalogique de la Maison de France qu'ils purent achever et à laquelle fait allusion l'inscription, la Gallia Christiana qu'ils entreprirent et que continuèrent les fils de Scevole.

Si l'inscriplion commune des Sainte-Marthe a disparu, on voit encore dans l'église deux inscriptions se référant à deux homonymes qui semblent bien appartenir à une même famille, peut-être à deux frères. Ce sont deux épitaphes som.maires sur de petites plaques de cuivre retrouvées en 1852 lors des fouilles pour l'établissement d'un calorifère (2) . L'une qui est placée au troisième pilier libre du collatéral du chœur, au Nord, rappelle le nom do Charles Camus du Clos, conseiller du roi en ses conseils et contrôleur général de l'artillerie de France, mort à 50 ans, le 19 avril 1681; l'autre celui de Louis Camus, prieur de Notre-Dame d'Anvers-le-Hamon, conseiller du roi en sa cour de Parlement, mort à 53 ans, le 7 août 1687.

Non loin de l'auteur des Recherches de la France et des auteurs de la Gallia Christiana, un autre érudit reposait dans l'une des chapelles de Saint-Séverin : c'était Moréri, né le 25 mars 1643. mort le 10 juillet 1680, l'auteur du Grand Dictionnaire historique et géographiciue publié en 1673, l'un; «des premiers répertoires de cei genre; ce fut cet ouvrage de l'aumônier de l'archevêque d'Apt qui donna à Bayle, le célèbre sceptique, l'idée d'en publier un autre dans la môme forme. Moréri avait eu lui-même un précurseur dès le Moyen âge. Un magistrat véronais du xiv'' siècle, ami de

(1) Léon Feugère, Etude sur Scevole de Sainte-Marthe, p. 90, n. 1.

(2) De GuUhermy. Inscriptions de la France du V au XVIJI' siècle, t. I, p. 318.

Page 1