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Pétrarque, Guillaume de Pastrcngo avait eu l'idée d'une semblable encyclopédie des Leniiis e! des lieux. Son manuscrit conservé à la bibliothèque Saint-Jean et Saint-Paul à Venise, a été publié à Venise en 15i7 par Biondo sous le titre de Onginibus rcrum.
Enfin, dans la chapelle du Saint-Sacrement (1) aujourd'hui sacristie des mariages, on voyait le tombeau d'une autre célébrité du grand siècle, Roberval. Gilles Personnel, sieur de Roberval, naiiuit à Roberval, au diocèse de Beauvais, le 8 août 1G02, et mourut à Paris le 27 octobre 1675.
Il fui nommé on 1632 professeur de mathématiques au collège de Maître Gervais. 11 devint ensuite et resta toute sa vie titulaire de la chaire de mathématiques instituée par Ramus au Collège de France et qui, conformément aux statuts du fondateur, était tous les trois ans remise au concours (2). Enfm, Jean Morin. son ami, professeur au Collège de France, le demanda en mouran\ pour successeur, ci Robervalle remplaça tout en conservant la chaire de Ramus (3). Physicien et géomètre, il a laissé son nom à un instrument, la balan'^e dePiObcrval ei à des courbes, les courbes RobcrvaUcuncs. Il semble avoir été deux l\)is le précurseur de Nev/ton, car dan* son livre sur Aristarque de Samos il « attribue à toutes le? particules de la matière une attraction réciproque » annonçant ainsi l'idée de la gravitation universelle (4) et on a vu dans sa méthode des tangentes (5) l'origine de la méthode des flexions, c'est-à-dire du calcul iullnitésimal.
(1) Sauvai, Histoire et recherches des aiitiquitcz de lu Ville de Parti, t. 1, p. /il7.
(2) Condorcet, Eloge de Itoberval. Eloges des académiciens morts depuis 1666 jusqu'en 1699, p. 26.
(3) Morérl, Grand Dtctlonunire liistorlque, art. Personne (Gilles), sieur lie Ilobcrval, t. VI U, l, p. 2-22.
(4) Condorcet, Elng" de Itohrrval. Elnt/rs des acailêmlcieus Diorts depuis 1666 jusqu'en 1699, p. 18.
(5) iil. id. p. 21.
Compagnon d'armes de Descartes au siège de la Rochelle. « siège qui par la hardiesse et la nouveauté des moyens employés pour réduire cette place offrait un spectacle digne de la curiosité des mathématiciens » (1), il fut dans les scieirces « son ennemi plutôt que son rival » (2) . Il put voir pourtant après la translation en 1667 à l'église Sainte-Geneviève, peu éloignée de Saint-Séverin, des cendres de Descartes (3) mort à Stockholm, dix-sept ans auparavant, qu'il était destiné à devenir dans la tombe le voisin de son émule. Il résolut le problème de la roulette posé par Marsenne; il eut même un débat avec Torricelli au sujet de la priorité de sa découverte, débat où Pascal prit véhémentement son parti (4) . Roberval fut membre de l'Académie des sciences dès sa fondation et pour que rien ne manquât à sa gloire, Boileau lui donna, dans sa satire sur les femmes une place à côté de Sauveur. Traçant, en effet, le portrait de la pédante, le poète s'écrie : « Ah ! c'est cette savante Qu'estime Roberval et que Sauveur fréquente... »
Deux autres petites plaques de cuivre, retrouvées en même temps que les inscriptions des Camus (5) se voient aujourd'hui dans l'église.
L'une, placée au premier pilier du chœur au Sud rappelle la mémoire de François de Lavetz, secrétaire du roi, mort le 4 mars 1656.
L'autre, fixée sur la colonne où est peinte l'inscription de Guillaume Fusée, c'est-à-dire sur la colonne qui partage en
(1) Condorcet, Eloge de Roberval, Eloges des académiciens morts depuis 1666 jusqu'en 1699, p. 17.
(2) la id p. 28.
(3) De Guilhermy, liiscriptiuns de la France du V au XVIII' siècle t. I, p. 3'i9.
(4) V. Pascal, Histoire de la Houlette, Œuvres complètes (éd. principaux 6crivain.s français), t. III, p. 337.
(5) De Guilhermy, Inscriptions de la France du V au XVIIP siCcle, t. I, p. 318.
deux travées la troisième chapelle du côté septentrional de Saint-Séverin, est consacrée à Philibert Guillemiyn, maître des Comptes, njort le 15 décembre 1G76 à 78 ans et un mois. Enfm, cl l'entrée de la chapelle des catéchismes on voit uae autre inscription gravée sur une plaque de marbre noir fixée sur un cartouche de pierre, sculpté d© draperie, de têtes de morts et d'ossements. La voici, telle que la reproduit M. de Guilhermy (1) :
Icy est
La sépulture
des Prêtres
de cette Paroisse »
La sépulture réservée aux prêtres de la paroisse avant la Révolution, à ce que nous apprend M. l'abbé de Madaune (2 était la partie méridionale du caveau qui existe au-dessous de l'ancienne chapelle de la Vierge.
Près de l'inscription de la sépulture des prêtres de la paroisse dans l'ancienne chapelle de la Viergei, aujourd'hui sacristie des mariages, sl trouve une table de marbre oi!i est gravée l'inscription obi tuai re de Jean-Baptiste Altin. Cette inscription rappelle la mémoiie de Jean-Baptiste Altin, mort le 14 juin 1640. L'inhumation d'Althi est la dernière inhumation
dans, le eharnier dont un ait conservé trace (3) Voici l'inscription telle quv3 M. de Guiiiiei'niy (0 la reproduit :
(1) Inscriptions de la l'rancc du V° au AT///* slùclc, t. I, p. 318.
(2) Guide du pHerin au sanctiiairc de Notrc-Danie de Saiiitc-£spéra7icf, p. 53.
(3) L'abbé Valentln Dufour. f.rs rltarnicrs des églises de Paris, Saint- Sévcriîi. p. M.
W) Infscrlptions de la France du V" au XVJII' siùcle, t. 1, p. 315.
Joan. Bapt.
Altini peccatoris ossa
Hic jacent.
Pie Jesu^ miserere eius.
Tu, viator, precare pro eo .
Vix. an. pi. m. LXI^
Obiit postndie id. junias
A. C. Diomjsiano MDCXL.
Senator fuit in castell. par.
Pœne quadragen.
Vale, viator^ et valere
Mânes jubé.
On peut la traduire ainsi:
« De Jeun-Baptiste Altin, pécheur, les os reposent ici. Doux Jésus, aie pitié de lui. Toi, voyageur, prie pour lui; il vécut plus ou moins environ 61 ans. Il mourut le lendemain des ides de juin (14 juin) l'an du Christ, d'après la computation de Denys, 1640. Il fut conseiller au Châtelet pendant près de quarante ans. Bonjour voyageur, souhaite le bonjour aux mânes. »
Cette inscription est accompagnée de symboles. Au-dessus on trouve, comme dans les monuments primitifs du christianisme naissant, comme dans la plus ancienne des inscriptions chrétiennes de Paris, l'épitaphe de Barbara (1) à la nécropole Saint-Marcel, le monogramme du Christ avec VAipha et l'Oméga accosté de deux colombes. Les deux colombes ici portent des rameaux d"olivier. Au-dessous de l'inscription se rencontre un autre emblème : un agneau sur un tertre
(1) De Guilhermy, Inscriptions de la France du V au XV 111° siècle, t. I, p. 1.
d'or d'où suiicnt les (iimlrc llciivos du Paradis terrestro. lo Phison, In Oélion, lo Tigro et l'Euphi'ato, fig-ures, soit des i|iiali-(' Evangiles, suivant les livres d'Eglise, soii des vertus rcartliiiiiles, i)rudenee, l'orec, ju.slico, tempérance', suivant saint Anibroiso.
A côté de l'agneau, on remarque neuf lelt'T-s ainsi disposées :
dont ni M. de Guilhermy (1) ni l'abbé Valenlin Dufour (2)
n'ont pu découvrir le sens.
Celte inscription débute par une invocation au Christ et une demande de prière : elle se termine par ces mots : u Valc, Viatoi" et Valerc nwnes jubc. » Cette salutation se rencontre sur un certain nombre de monuments funéraires de l'anti- (juité et couro'nne par une expression païenne un symbolisme chrétien. Au fond, cette épitaphe, « tout imprégnée d'archaïsme » suivant l'expression die M. de Guilhermy. et 011 se mélangent le symbolisme chrétien et les formules (Ui paganisme, nous laisse une impression de bizarrerie, de recherche et d'affectation donnant quelque peu la sensation d'une énigme.
Avec cette inscription nous terminons l'épigraphie de Saint- Séverin au xvii* siècle, mais il nous, reste à dire un mot de deux paroissiens, qui, pour n'avoir pas laissé à proprement parler d'insciiptiou funéraire, méritent, néanmoins, une mention.
Le> premier est Bertiaud Ogeron, sieur de la Bouèrc en
(i; Inscriptions de la France du V au XVIIl' siCcle, t. 1. p. 3l6. (2) Les charniers des églises de Paris, Saint'Sévcrin, p. 24.
Jalais, morl rue des Maçons-Sorbonne, le 31 janvier 1676. C'est à lui que se rapporte l'inscription toute moderne gravée sur une plaque de marbre blanc et placée au-dessus du bénitier voisin de la porte du porche.
Bertrand Ogeron qui, suivant l'inscription « de 1664 à 1675 jeta les fondements d'une société civile et religieuse au milieu des flibustiers et des boucaniers des îles de la Tortue et de Saint-Domingue » fut, en réalité le premier gouverneur Ce la colonie française de Saint-Domingue. Quant à sa biographie on voudra bien nous permettre de renvoyer à Topuscule, que nous lui avons consacré il y a quelques années, sous ce titre : « Un colonial f/'aî/irc/oi^, épisode de Vhistoire des clnhlissemcnts (rançnis aux Antilles. »
Le second est Antoine Vitié. Il fut non seulement paroissien, mais marguillier de SainL-Séverin. Rien ne rappelle, aujourd'hui, dtins l'église, la mémoire de ce célèbre imprimeur qui rendit à la typographie orientale, au xvn^ siècle, presque autant de services que le fondeur cîes caractères de la Bible polyglotte d"Anvers, Guillaume Lebé, lui en avait rendus au xvi®.
C'est lui qui exécuta de 1628 à 1645 la célèbre Bible polyglotte en sept langues i)ubliée par Lejay. Né vers 1600, Vitré mourut en 1674. Il était l'auteur du distique gravé sur le charnier et que raj)])orte Piganiol do la Force (1) :
« Tous ces mrirls ont vécu, toi qui vis, tu mourras; L'instant fatal est proclui et tu n'y ptmscs pas. »
Ce grave distique avait été, ce semble, traduit ou plutôt travesti en i)ointes fort déplacées dans un quatrain, qui était
(1) Dcsiriiilion historinur de la ViUc île Paris, t. \'l, u. 2i)i).
gravé sur la porte du passage conduisant de la rue de la Par-
cheminerie au charnier et que cite M. Raymond Tayac (1) :
Passant penses-tu passer par ce passage
Oiî passant j'ai pensé ?
Si lu n'y penses pas, passant, tu n'es pas sage
Car en n'y pensant pas tu te verras passé.
Avec le xvni' siècle sfe clôt l'histoire de l'église et de la paroisse sous l'ancien régime.
Aussi convient-il de préciser quelle était à cette époque la condition de l'église et le territoire de la paroisse.
Au xvni* siècle Saint-Séverin comptait au nombre des paroisses de Paris sises en l'Université. C'était une cure à la nomination de l'archevêque de Paris (2).
Le curé avait le titre d'archiprêtre. Toutes les paroisses intérieures de Paris dépendaient de deux archiprêtrés, Tarchiprêtré de Saint-Séverin et l'archiprôtré de la Madeleine en la Cité. « L'archiprêtré de SaintrSéverin, dit l'abbé Delarc(3), comprenait les paroisses de Paris situées sur la rive gauche de la Seine et celles dfe la petite banlieue également situées sur la rive gauche de la Seine, c'est-à-dire en dehors des fortifications actuelles, la paroisse du Grand-Montrouge, au total 19 paroisses. »
L'archiprêtré de Saint-Séverin, d'après le pouillé du diodiocèse de Paris dressé par Denis en 1767, comprenait 22^.0*00 « comnumianls » c'est-à-dire habitants en âge de recevoir les sacrements (4).
(1) Monographie des monuments de Paris, Moniteur du dessin, 15 aTrll 1900, p. 10.
(2) Almanach Itoyal pour 1789, p. lui.
(3) L'Eglise de Paris pendant la liévolutioji française, t. I, p. 7. (4) L'abbé Delarx, I.' Eglise de Paris pendant la liévolution française, t. I. p. 9.
« La dignité d'archiprêtre, ajoute l'abbé Delarc (1), assurait le premier rang parmi les curés de Paris et de la petite banlieue aux curés de la Madeleine en la Cité et de Saint-Séverin, mais sans leur conférer de pouvoirs particuliers, les deux arclîiprètrés étant gouvernés directement par l'archevêque et ses vicaires généraux sans l'interm\édiaire d'un archidiacre. » Le reste du diocèse était au contraire réparti entre les trois archidiaconés de Paris, Josas dont dépendait le doyenné de Chàteaufort où figurait Versailles comme simple paroisse et Brie. Si les deux archiprêtrés de Paris échappaient ainsi à la division du diocèse en archidiaconés, c'était, à ce qu'a conjecturé M. Longnon, la conséquence d'un acte de 567 qui laissait individis le territoire de Paris (2).
Le titre d'archiprêtre avait bien perdu de son importance depuis le xni*' siècle; cependant il conférait encore quelques prérogatives: « Aujourd'hui, disait Piganiol de la Force (3). ce n'est qu'un titre d'honneur sans fonctions qui ne donne d'autre privilège que de présider les autr^es curés au synode et d'assister l'archevêque lorsque le jeudi saint il bénit les saintes huiles. »
C'était aux archiprêtrés intermédiaires emre l'archevêque et les simples curés qu'étaient adressés les mandements pastoraux (4),
Quant à la paroisse, elle avait une configuration assez bizarre.
Si nous considérons le plan des quarante-deux paroisses
(4j L'Eglise de Paris vendant la Révolution française, t. I, p. 7.
(2) Fernand Bournon, liectlficatlons et Additions à l'histoire de la Ville et de tout le diocèse de Paris, de Lebeuf, Ville de Paris et ancienne banlieue, p. 1\.
(3) Description historique de la Ville de Paris, t. VI, p. 250.
(4) L'abbé Delarc, l'Eglise de Paris pendant la Révolution française, t. I, p. 7. n. 2.
de Paris, diessé entre 1720 cï 1729 par A.-D. Ménard ot que M. Fcrnand Bournon a reprodiiil du us sou Gomplémeut de l'ouvrage do l'abbé Lebeuf (1), nous voyons que la circonscription de Saint-Séverin sn |)icso.nl(' sous la roi'ni(> d'une poire (loiU la base s'appuierait à la l'ivière et dont la queue prolongée et évasée rejoignait les limites de la ville. Saiut- Sév(U'in est entre les paroisses Saint-André-des-Arts et plus 'laiit Saint-CO'Sme et Saint-Sulpice, à l'Ouest, Saint-Etienne et plus haut Saint-Benoît et Saint-Jacques, à l'Est. L'ég'lise très centrale occupe renqilacenient des pépin>. A l'Ouest le territoire paroissial confine à réglise Saint-André-des-Arts, à l'Est il renfeniK^ jirès de sa limite Saint-Julien-le-Pauvre. La légende du plan nous que apprend Sainf-Séve-rin a sur son territoire les quatre collèges du Trésorier, de Bayeux, de Narbonne et de Séez.
Sur ce plan, les rues ne sont pas marquées. Mais en 1754, l'abbé Lebeul' (2) a donné une uiinulieuse énumération des rues qui se trouvaient en tout ou en partie comprises dans la paroisse.
« L'étendue de la paroisse Saint-Séverin, dit-il, forme un corps de forme oblongue accompagné de quelques branches. Le corps est composé des rues qui sont de cette paroisse comprises en leur entier, c'est-à-dire des deux côtés. Après le petit Châtelel et le cul-de-sac Gloriette qui y touche, il y a sur cette paroisse les rues du Petit-Pont, de Saint-Julien-ler Pauvre, du Plât.'^'e, de la Parclieminerie, des Prêtres, d'Eiembourg-de-Brie altéré en Boutebi-ic, du Four, des Maçons, la place Sûi'bonne en plus grande partie, puis la rue de Richeci) nectipcutlons et atUUtions d l'histoire de la ViUc et de tout le dioet^se de Paris, de Lcbeuf, Ville de Paris et ancienne banlieue, p. 4-0.
('2) Histoire de la Ville et de tout le dioei-se de Paris, t. 1, p 112.
lieu, la rue Serpente, les rue.s Percée, Poupée, Maçon, de la Boucherie, de la Huchette, la rue Saalie, dite Zacharie, la rue Saint-Séverin et le cul-de-sac Saillenbion ou Salenbrière.
« Les branches consistent dans les rues qui ne sont de la paroisse qu'en partie et qui en forment les limites; sçavoir, on partant du petit Ghàtelet, la rue de la Bucherie, de laquelle en y entrant par la rue du Petit-Pont le côté gaucho en est jusqu'à une grille basse qui descend à la rivière et le côté droit jusqu'à une maison neuve près et en deçà de la rue du Fo'uare. De la rue Garlande, en y entrant par le carrefour de la Fontaine-Saint-Séverin,le côté gauche en est jusqueset comprise la onzième maison, comptant pour une maison l'emplacement de Saint-Biaise et le côté droit jusqu'au coin de rue d.eià Anglois de laquelle en est aussi lout le côté droit en allant à la rue dés Noyers. De cette rue des Noyers, la paroisse a depuis le coin de la rue des Anglois jusqu'au chevet de l'église de Saint-Yves. De la rue Saint-Jacques depuis le carrefour de la Fontaine-Saint-Séverin du côté gauclie jusqu'à la grande maison neuve de l'Université inclu'^.ivemcnt et le côté droit jusqu'à la rue des Matluirins. De cette dernière rue en y entrant par Téglise à main droite, le Couvent des Maturins en est, après quoi il n'y a que les trois maisons qui sont vis à vis la rue des Maçons et dans le côté gauche, seulement depuis les doux portes voitures \is à vis la rue des Maçons jusqu'à la lue de la Harpe. Dans la rue do Sorljonno il n'y a que doux .naisons lesquelles (on y entrant par la rue des Malurins) sont à droite et bâties vis à vis le petit passage de Saint- BiMKiit. Di' la rue de la Harpe, en y entrant par le carrefour do la vieill(;-J)Ouclorio, Sainl-Séverin a le côté gauclie jusqu'à la petite rue neuve de Richelieu et le côté droit jusqu'à la rue
Serpente. De la rue d'Enfer, en y entrant par la place Saint- Michel, depuis la troisième maison après le séminaire Saint- Louis jusqu'aux Chartreux seulement de ce coté^là. Autrefois, la maison de l'Institution (maison des Prêtres do ruratoire fondée en 1050), (Mail de Saint-SéNciin. De la rue llaulefeuille, tout le cOlé de la rue (pii commence vis à vis et derrière le chevet de Saint-André excepté' deux maisons près de la rue des Gordeliers; de la rue Pierre Sarrazin en y entrant par la rue llaulercuilli', la seule i)reiuièrc niaisca à gauche; de la rue SaintrAndré-dcs-Arcs depuis la rue Hautefeuille seulement jusqu'à la rue de la vieille Bouderie. »
Il est assez difficile le quartier ayant été remanié de fond en comble, de se faire une idôe des limites de la paroisse en ayant recours aux voies modernes. Il y avait tant de rentrants et de saillants que la forme de la circonscription se prête peu à une reconstitution. En gros le périmètre en serait représenté par une ligne qui partirait die la place Saint- Andr«l^d6S-Arts, suivrait la inie Saint-Séverin. la rue de la Boucherie, la rue Saint-Jacques, la rue des Ecoles, le boulevard Saint-Michel en le remontant en flèche jusqu'au boulevard de Port Royal reprendrait la rue de l'Ecole-de-Médecine, la rue Hautefeuille et rejoindrait par cette rue la place Saint- André-des-Arts. Mais ce n'est qu'un tracé fort sommaire et fort vague.
L'enchevêtrement inextricable des limites de Saint-Séverin n'échappait pas aux contemporains. « N'est-il pas bien étrange, disait un ecclésiastique, en relevant la bizarrerie de configuration des paroisses de Paris dans une plaquette publiée en 1789 sous ce titre Objets de réclamation à mettre sœis les yeux de L'asscniblcc ou doit être rédigé le cahier des doléances du
clcrçjc dr Paris par un ciloycn nnitilc cl qui se lasse de l'être (1), n'est-il pas bien étrange que la maison des Chartreux et les deux autr--?: arljaronlcs soient de la paroisse Saint-Séverin. »
D'ailleurs renchevôtreniont se reproduisait jusque dans rédifice. Le curé de la Madeleine en la Cité jouissait d'une chapelle érigée en l'église Saint-Séverin. Il ne touchait, d'ailleurs aucun revenu pour cette chapelle (2).
Tel qu'il était, le territoire de Saint-Séverin comprenait 15.000 communiants ou habitants en état de recevoir les sacrements. Tel est du moins le chiffre donné par Denis en 1/67 dans le pouillé du diocèse de Paris (3).
Les ressources et les charges de la paroisse nous sont connues par les déclarations auxquelles donnèrent lieu à la fin du siècle, les mesures prises par l'Assemblée constituante relativement aux biens ecclésiastiques.
Voici le tableau des recettes et des dépenses de la cure tel qu'il fut dressé par le dernier curé die l'ancien régime : Biens et revenus.
i" Rente foncière sur le parc de Saint-Cloud, 87 livres;
2" Fondations, 600 livres;
3° Casuel, 4.500 livres.
Charges.
i° Décimes, 679 livres;
2° Ecole des garçons, 230 livres;
3° Réparations et portier de la Communauté, iiO livres;
(1) Citée rabbé Delarc, lEgllse de Paris vendant la Révolution française, t. I, p. 16, 108.
(2) Déclaration des biens et revenus et charges de la cure de la Madeleine en la Cité fournie par M- Daniel-Pierre Deaoux, premier archiprêtre, curé de cette paroisse (24 février 1790). Arcli. Nat. S. 3426, n" 1414 reproduit l'abbé Delarc, l'Eglise de Paris pendant la Révolution française, t.I, p. 324, n. 1.
(3) L'abbé Delarc, l Eglise de Paris pendant la Révolution française, t. I, p. 18.
i" Prédicateur dos Doiiiinicales, 150 livres;
5" Galéchismes, 350 livres;
6° Go^nférences des cit-rcb. 300 livics (1).
L'aclif brul, un le xoil, ne sï'l.vail guère à plus de ciw[ mille francs. JNIais d'aulres paroisses éLaient bien moins fortunées encore; ainsi l'autre arclni)rèlré, la cure de la Madeleine- en la Cité avait un l'evenu qui ne dépassait guère 1.200 livres (2) Aussi le curé de Saint-Sév(>rin était-il considéré comme un des plus opulents ecclésiastiques et l'abbé Jiiugières, janséniste passionné qui devint plus tard curé constitutionnel ae Saint- Paul, dans les Doléances des cglisiers soukinicfs de Paris ou préircs des paroisses de Paris (3). où il critique le cahier des doléances et rcmonlrancer- du clergé do Paris, range-t-il le curé de Saint-Séverin avec (( les Saint-Nicolas, les Saint-Paul, les Saint-Eustaclie » parmi u MM. Ue la haute volée, c'est-àdire ceux dont la inorgue égale le revenu ».
Saint-Séverin à cette époque comptait plusieurs confréries, celles de la Conccptiou. du Saint-Sacrement, de la Trinité et du Saint-Esprit, de Saim-Ruelî et de Saint-Sébastien. La confrérie de Saint-Mamers a\ail disparu en 107(), une confrérie de Sainte-Geneviève et de Saint-Jo>ei.n avait été érig'ée en 1(567 (i). Mais à ce que rapporte ral)iH'' L'beuf (5), elle n'avait pas tardé à disparaître aussi.
(1) Déclaration des biens et revenus de la cure do Saint Séveriu par M. Philippe Caniuel de Blen.ur, urcliiprètre de l'arls, curé de cette pan)iss^. (13 lévrier 1790), Arch. Nat S 3501, n" 1S7, reproduit l'abbé Delarc, l'Eglise de Paris pendant la Ucvolution irançaise, t. 1, p. 361, n. 2.
(2) Déclaration des biens et revenus et chariies de la cure de la Madeleine en la cité fournie par M Daniel Pierre Deuoux, premier arclnprètre, curé de celte paroù-^e (24 lévrier 1790) Arcli Aat. S. 3i:\i. n° l-'ii4. reproduit l'abbé Delarc, L Eglise de Paris pendant la Bévolution française, t. I, p. 324. n. 1.
(3) Cité l'abbé Delarc, , 'Eglise de Paris pendant la Itcvulution Iraiiçaise, t. I, p. 116.
(4) L'abbé de Madaune, Guide du pèlerin d I^otre-Dainc de Salnte-Espêrance, p. 91.
(5) Jlistoire de la Ville et de tout le dioeèse de Paris, t. I. p. lûti.
Chaque confj-érie avait ses administrateurs, son chapelain, et possédait, d'après Sauvai (1), d'assez larges ressources. Ainsi, le chapelain de la Conception touchait 700 livres, celui du Saint-Sacrement 594, celui de la Trinité et du Saint- Esprit 110 livres. On ne comptait pas moins de dix chapelains.
Il y avait encore des coutumes spéciales, des O'fTices particuliers : ainsi le mardi de Pâques le clergé allait célébrer à Sainte-Geneviève — ■ l'ancienne église de l'abbaye, à la place de laquelle Soufïlot commença en 1757 l'édifice qui est devenu le Panthéon — une messe solennelle et l'on y distribuait la communion pascale. Ainsi encore le l'^'' mai, le clergé allait célébrer la messe au grand autel de Saint-Germain-des-Prés et l'on y faisait les publications de mariage (2),
Un recueil de la liturgie spéciale de Saint-Séverin fut d'ailleurs publié en 1738 par les soins du curé Jean Pinel qui devait mourir à l'âge de 81 ans, le 14 no^vembre 1751, après avoir dirigé l'église pendant quarante-six ans (3). Ce recueil forme un volume in-12 et est intitulé Offices propres à Véglise paroissiale et archïpvcshyiérale de Saint-Séverin. dressés selon le nouveau Bréviaire et le nouveau Missel de Paris.
Le xvnf siècle — et nous entendons par cette désignation la période qui commence à 1701 pour finir à 1789 — ne fut marquée pour Saint-Séverin ni par des événements remarquables dans la vie de la paroisse, ni par de notables modificatiO'US dans l'Eglise.
La paroisae était un foyer de jansénisme. M. Huysmans (4) dit que le diacre Paris habita longtemps rue de la Harpe.
(1) Histoire et recherches des anUquitez de la Ville de Paris, t. I, p. i'U. (2) L'abbé Lebeuf, Histoire de ■ la Ville et de tout le diocèse de Paris, t. 1, p. 107.
(3) Piganlol do la Force, Descrii)tion iiistorique de la Ville de Paris, t. VI, p. 434.
(4) La Bièvre et Saint-Séverin, p. 198.