‹ Essai historique sur la Louisiane [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 34 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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ture du riz, de l’indigo, du tabac et du coton. — Mais les laboureurs européens avaient presque tous succombé à ia malignité du climat, de sorte que la Compagnie fut contrainte d'emprunter des bras à l'Afrique, pour cultiver la terre sous un 80leil brulant que l’homme blanc ne pouvait pas supporter. Eile avait, à plusieurs reprises, envoyé chercher des nègres à la Guinée et elle avait introduit dans la colonie un millier d’esclaves qui, par leur travail, avaient répondu à ses espérances. Cependant l’agriculture seule n’occupait pas l’attention des directeurs. T1 y en avait, que vingt ans d'expérience n'ävaient pas détrompés au sujet des mines qu’ils supposaient exister dans la Louisiane. Ce feu follet de l’erreur s’amusait encore à tourmenter l’imagination de quelques têtes exaltées. De nouvelles dépenses et de nouveaux efforts furent faits pour découvrir fes métaux précieux dont on révait l'existence. Mais les efforts furent infructueux et les dépenses inutiles.

Les années 1720 et 1721 ne furent remarquables en rien, si ce n’est par l’arrivée d'environ mille colons, de cinq cents esclaves, et par un raport que fit l’ingénieur Pauger qui avait été chargé par le gouvernement, de sonder l'entrée du fleuve et de faire connaître un moyen sur et peu couteux de la rendre plus profonde, L’ingénieur exposa dans

son rapport que la barre qui se trouvait à l’embouchure du Mississippi était causée sans doute par

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le limon que déposait le fleuve, dont le courant était refoulé par la mer ; que le moyen d’y remédier, était d’en resserrer le lit, qui gagnerait en profondeur ce qu’il perdrait en largeur ; que le fleuve churiait une immense quantité de bois que l’on pourrait fixer le long de ses rives, de manière à provoquer ur dépôt qui les exhausserait et empêcherait les eaux de déborder, Ce plan était sage, mais la colonie était loin d’être en état de faire une opération semblable.

Le 24 Juin 1722, deux cent cinquante passagers

qui étaient presque tous Allemands, arrivèrent dans un batiment de la Compagnie, avec la nouvelle que Law était parti de France, chargé de l’exécration publique. : Cet habile charlatan avait fait croire au régent, qu’en frappant du pied la terre de France, il en ferait sortir des milliards. Aussi, avait-il plongé les Français dans une telle ivresse qu’il ne paraissait à la cour qu’avec le cortège d’un Salomon et qu’il trainait à sa suite une foule de ducs, pairs et maréchaux de France qui attendaient la pluie d’or dont avait besoin la pénurie générale. Séduit lui-mème par son système, dit Voltaire, Law avait fabriqué tant de billets, que la valeur chimérique des actions de la Banque Royale valait en 1719, quatre-vingts fois tout l'argent qui circulait dans le royaume, Mais enfin en 1720, l'édifice fragile dont un vernis brillant cachait la faiblesse, croula tout à coup et couvrit la France

de ses débris. Toutes les fortunes furent bouleversées et un choc terrible fit fuir les songes dorés dunt on s'était bercé. |

La colonie fut accablée de cette nouvelle ; elle craignit d’être entièrement abandonnée à ses propres ressources et que l'on n’aperçut pas ses be- : soins dans la détresse où était la France. Cependant l’evènement ne confirma pas les craintes que l’on avait conçues. Quelques faibles secours continuèrent d’arriver à la Louisiane. Le 15 de Juillet, Duvergier, qui avait.été nommé directeur, ordonnateur, commandant de la marine et président du conseil, débarqua à Pensacula. Il sortait l’ordre exprès d'occuper la Baie St. Bernard et d’y faire un établissement. Aiusi la Compagnie avait la folle ambition de vouloir.étendre ses possessions, au lieu de concentrer ses forces sur celles qu'elle avait déjà. |

Si la non réussite de law causa une plaie profonde à la France, elle ne fut guère nuisible à la colonie. Car, un :1d nombre de personnes qui avaient été ruinévs, pour avoir mis au jeu singulicr que Law avait établi en France, vinrent à la Louisiane dans l’espoir d’y réparer leurs pertes. — J’appeile jeu, la fameuse batique dont l’Ecossais obtint la création, parce que la valeur des actions reposait entièrement sur des privilèges et des gains de commerce qui pouvaient n'être qu’imaginaires, Par exemple, tout actionnaire de la Banque

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L'histoire de la colonie, à rien de plus intéressant qu le us A pri ee sur les moyens de creuser l’embouchure à . dia Ce rapport serait précieux pour la nee qu'il est relatif à l’une des amé- rs gr pere qui puissent se fuire + La Nouve lé

par sa situation à devenir EL merciale du nouveau monde, Elle sera le ss de réunion où les marchands de toutes les Lars du globe viendront échanger l’or et l’ar . = les denrées de ces régions immenses 2 ana Mississippi. Mais il faut que nos travaux ue

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complissement de ces hautes destinées. Car, quelque facile que soit le cours des prosperités humaines, elles ne sont jamais assez dégagées de tout obstacle, pour ne pas exiger une constante sullicitude et une active surveillance. Ainsi, quels que soient les avantages commerciaux que la nature nous ait départis, nos marchands éprouvent des pertes considérables, et encourent des dépenses très fortes, occasionnées par la difficulté qu'ont les navires à franchir la barre qui se trouve à l’entrée du fleuve. Non seulement les navires échouent et sont exposés à des accidens funestes, mais la plupart sont obligés de se faire décharger par des bateaux à vapeur. Cet objet d’amélioration est pour nous d’une importance vitale et attirera sans doute, un jour, toute l’attention de nos citoyens. Si l’entrée du Mississippi était rendue assez profonde pour admettre les gros vaisseaux de guerre, alors nous aurions, ainsi que New-York, la glorieuse satisfaction de recevoir dans notre port les citadelles flottantes qui portent sur les mers la bannière étoilée. Alors, les rives du roi des fleuves verraient peut-être se former un chantier qui rivaliserait avec ceux de Philadelphie, de New-York et de Boston. La Louisiane abonde en bois de construction de la meilleure qualité. Esperons que, réunissant tant d’avantages, nous aussi nous donneruns naissance aux futurs dominateurs de l’ocean.

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Létresse de la golonie, Les ‘afres de l Compagnie sont confiées à trois commissaires, nommés Ferrand, Faget et Machinet. Prix des nègres en 17%. Origine de la Côte des Allemands. La colénie dévastée par un ouragan, Ex-

pulsion des Juifs. (Codé Noir. Peine de mort prononcée!

contre quiconque tuersit un bœuf ou un cheval. Ar des Jésuites et des Ursulines, Construction d’un 0

par les Ursulines. État de la Nouvelle-Orléans en 1797. °

Edit royal sur les’ eoncessions de terres, Vaste des Indiens contre les Français. : Perrier est noire] es . neur de la Louisiane. Affreux massacre den Français par les Natchez. Bataille des Natchez ot des Chactas commandés par Le Sueur, Siège des Natchez par Loubois. Capitulation des Natchez, Trois négres rébelles sont livrés 48 Chactas qui les brulent. Les Chikasas conspirent contre les Frangaia et gagnent les Chouschen Les Français font massacrer les Chouachas par les négres, :La, Compagnie remet au Roi la charte qu'il lui avait accordée. Le Roi achète les propriétés de la Compagnie. Population de la Louisiane à cette époque. Salmon, commissrire ordonnateur.

La colonie se trouva en, 1724 dans une disette horrible. Les souffrances des colons furent si grandes que plusieurs soldats se révaltèrent et voulurent aller chercher dans les Carolines quelque soulagement à leur triste sort. Mais Ville.

rmouh lea officier, ste: adjoint les Indieus pour

s’opposer à l’exécution de ce projet, il s’ensuivit un combat meurtricr: dans lequel la plupart des désérteurs furent tués par leurs farouches adversaires. Enfin, vers la fin de Septembre, la colonie fut soulagée par l’arfivée d’un batiment chargé de provisions et d’ammunitions. Ce navire apporta la nouvelle que le régent avait confié les affaires de la Compagnie à la direction de trois commissaires qui étaient, Ferrand, Faget, et Machinet. | Les commissaires renoncèrent au projet que l’on avait eu d’établir la Baie de St. Bernard, et décrétèrent que la Nouvelle-Orléans serait le siège principal du gouvernement de la colonie. À cette époque, cette ville aujourd'hui si florissante, n’avait que cent cabanes, et sa population n’était pas audessus de deux cents ames. Les seuls établiasemens qui existaient alors audessous des Natchez, étaient : celui de St. Reine et celui de Mde. de Mezières, un peu audessous de la Pointe Coupée; celui de Diron d’Artaguette, à Bâton Rouge ; celui de Paris Du- “vernay, auprès du Bayou Manshac ; celui du Mar:quis d'Anconis, audessous de Lafourche ; celui du Marquis d’Artagnac, aux Cannes Brulées ; celui de Meuse, un peu plus bas, et l'habitation des trois frères Chauvin, aux Tchoupitoulas.

Les commissaires débutèrent dans leur administration en décrétant qu’un nègre se vendrait cent soixante-seize piastres, payables en riz et tabac.

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Le riz devait être reçu à trois piastres le baril et

” le tabac”à six piastres et demie.

Depuis la banqueroute de Law et sa fuite de France, les terres qui lui avaient été concédées aux Arkansas, avaient été entièrement négligées. La plus grande partie des colons qu’il y avait fait transporter de l’Allemagne se voyant abandonnes par leur patron, descendirent à la Nouvelle- Orléans, dans l’espoir d’y trouver passage pour

France, d’où ils aurâient pu regagner le pays:na-

tal. Le gouvernement colonial ne voulant pas, ou ne pouvant pas leur fournir des muyens de transport, on leur fit des concessions de terre sur les

deux rives du fleuve, à environ vingt milles de la ‘

Nouvelle-Orléans. Le Chevalier d’Arensbourg, officier suédois, qui était arrivé dernièrement, fut nommé commandant du nouveau poste.. Telle fut l’origine de l’établissement de cette partie du fleuve qui est connue aujourd’hui sous le nom de Côte des Allemands, et qui est divisée en deux paroisses : la Paroisse St, Charles et la Paroisse St. Jean Baptiste. Ces hommes labor isux se livrèrent à la culture de toute espèce de légumes dont ils fournissaient le marché de la Nouvelle-Orléans. Tous les Samedis, leur petite flotte descendait le fleuve, et le Dimanche matin, elle étalait aux yeux des habitans de la ville sa cargaison de légumes, de gibier et de laitage. Ces humbles cultivateurs de la terre ont disparu depuis lungtems et ont fait

place à l’opulent sucrier qui commande souvent à presqu’autant de vassaux que le Roi de France comptait alors de sujets dans la Louisiang.

En 1725, on apprit que la guerre avait cessé entre la Franceet l’Espagne, et que, par le traité de paix, Pensacola devait être rendue aux Espagnois.

Cetto même année, un ouragan-terrible eut lieu au mois de Septembre et causa les plus affreax ravages dans la colonie. L’église, l’hôpital et trente maisons de la Nouvelle-Orléaus furent abattus. Trois batimens qui se trouvaient dans le port furent brisés contre le rivage. Les récoltes furent non seulement-entièrement détruites, mais plusieurs hangars et autres édifices furent enlevés. Une disette si grande suivit ce fléau dévastateur que la plupart des habitans résolurent d'abandonner Ia colonie, et même une compagnie d’infanterie se rendità bord-d’une goëlette dont elle s’empara de force et débarqua avec armes et bagages à Charleston.

La Compagnie, qui avait si mal pourvu aux besoins physiques des pauvres colons de la Louisiane, s’ocçcupa, en 1724, du soin de leur administrer en abondance tous les secours spirituels qu’ils pourraient désirer. Sans duute, elle pensa que c'était l’impiété louisianaise qui avait excité la colère céleste et qui empéchait la colonie de prospérer, car elle entra en arrangement avec les Jésuites pour que cette société y envoyàt des mis-

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sionnaires. Il fut aussi décrété que la religion catholique seule serait tolérée à la Louisiane et que les. Juifs seraient immédiatement expulsés, parce qu’ils étaient ennemis du nom*Chrétien. Entr’autres dispositions législatives, un Cvde Noir fut donné à la colonie. Maïs ce que les habitans actuels de la Louisiane auront peine à croire, c’est que, par un édit du 22 Mai 1725, toute personne qui blessérait un cheval, un bœuf, une vache, ou quelqu’autre animal domestique de ce genre,

était punie de mort, et que toute personne qui, ma- .

licicusement, aurait tué une vache, ou une brebis, &c., était passive d’une amende de trois cents livres, lors même que l’animal eut été sa propriété. De sorte que la vie d’un bœuf était aussi précieuse que celle du premier citoyen de la colonie, puisque le meurtre de Bienville lui-même n’eut pas été plus sévèrement puni que celui de l'animal que je viens de nommer, Lorsqu’on lit cette singulière partie de la législation louisianaise, on se croit reporté au tems des anciens Egyptiens qui adoraïent les animaux les plus immondes, et jusqu’aux légumes de leurs jardins ; et l’on est tenté de croire que les colons avaient voué un culte religieux à cette portion de la création qu’ils protégeaient par des lois aussi sévères. L'on dira peut-être que lon se trouvait dans la nécessité de préserver soigneusement des animaux utiles qui étaient extré-

mement rares. Mais encore est-il évident que les

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hommes étaient en aussi petit nombre et qu’ils étaient encore plus nécessaires à la prospérité de la colonie. Il fallait donc, établir quelque graduation entre’les peines que pouvait encourir celui quiprivait la patrie d’un citoyen bipède ou d’un citoyen quadrupède. Car, quoique tous deux fussent d’une grande valeur, cependant le premier devait l'emporter dans la balance législative. Mais enfin, nos ancêtres étaient peu avancés en fait de civilisation et notre piété filiale doit jeter un voile sur la triste nudité de l’état de barbarie dans lequel [y ils étaient plongés.

Nous avons vu plus haut que la Compagnie était entrée en arrangement avec les Jésuites; pour qu’ils vinssent porter à la Louisiane la parole de Dieu et les vrais principes de la morale évangilique. (Singulier aveuglement des malheureux mortels!) En 1727, la Compagnie fit avec les Ursulines de Rouen un autre traité, par lequel ces Dames s’engageaient à fonder une maison d’éducation {| dans la colonie. (Ce dernier pacte promettait

des effets plus salutaires que le premier. Car les Ursulines ne pouvaient qu’exercer une heureuse

4. ! influence sur l’éducation des jeunes personnes qui A#, leurseraient confiées fl'andisque la milice de Loyola, ÿ FR us funeste les sauterelles de l'Egypte, ne

pouvait que flétrir par la propagation de ses doctrines dangereuses le germe de toutes les vertus et tarir au fond du cœur humain, cette source de

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Les Jésuites et les Ursulines, en conséquence des arrangemens qu’ils avaient pris, arrivèrent à la Louisiane, en 1727, dans nn navire de la Compagnie. Les révérends disciples d’Escobar furent établis audessus de la ville, sur cette partie de la rive du fleuve où est maintenant le faubourg Ste. Marie ; une maison et une chapelle y furent bâties pour leur usage. Les nonnes firent construire un édifice qui existe encore.et qui est connu sous le nom de Couvent des Ursulines, Ces Dames occupèrent ce couvent jusqu’en 4824, époque à la quelle elles sortirent de la ville pour aller occuper un autre couvent plus spacieux qu’elles avaient fait construire à quelques milles de la Nouvelle- Orléans. Là, ces Dames qui ont acquis de grandes richesses, les emploient à donner une éducation libérale aux jeunes personnes de leur sexe. Mais heureusement, les Jésuites ne prirent pas racine sur un sol qui devait être celui de la liberté. Cependant, l’endroit où ils ont secoué la poussière de leurs sandales a été une source de procès intarissables. La batture sera longtems un mot fameux dans nos archives judiciaires. H est une chose remarquable, c’est que partout où cette caste intrigante a rassé, elle a laissé derrière elle, même involontairement, des semences de divisions et de troubles.

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