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192 ESSAI HISTORIQUE - quantité de fusine. Les bateaux des Illinois arri-
vaient vers la fin de Décembre et EEE en Février. .
En 1748, la colonie. eut à déplorer la pelle de ses orangers. L'hiver fut si rigvureux que ces arbres charmans qui ont le mérite d’unir l’agréabte à l’utile, furent tous détryits C’était la première fois q’un pareil évènement était venu affiger les
“habitans de la Louisiane.
Le 17 Avril 17514, deux cents hommes de dupe arrivèrent de France. Les navires qui les portaient ayant tuuché à Hispaniola, les. Jésuites de cette ile demandèrent et obtinrent«la permission d'envoyer aux Jésuites de la Louisiane des cannes à sucre et des nègres accuutumés à: les. cultiver. Les cannes furent plantées ‘sur, l’habitatiqn. des Révérends Pères, à lendruitoù est maintenant le faubourg Ste. Mari. Mais il parait que l’on ne
sut pas en tirer partie, car ce ne fut que longtems
après que l’on.s’en servit pour faire du sucre.— Ainsi..c’est à l’active industrie des Jésuites que la Louisiane doit la naturalisation de ces roseaux qui ont été pour elle une sourçe de richesses immenses.
En 17652, les Chikasas ayant renouvelé leurs déprédations, le Marquis de Vaudreuil fit unegexcursion aur leur territoire qui ne fut pas plus heuceuse que les précédentes. Il y trouva un grand nombre de forts que les Anglais leur avaient aidé
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SUR LA LOUISIANE. 128 à batin N'ayant aucune artillerie de siège, le
. Marquis se contenta de dévastér le pays, et, après
avoir luissé une forte garnison dans Île fort de T'ombecbee qu’il agrandit, il revint à la Noïvelle- Orléans, ” “En 1753, un Chactas etun C:'apissas, s’étant querellés, le premier dit au second, que les Colapissas n’étaient que leshumbles chiens des Français qui s’en faisaient obéir au moindre signe. Irrité de cet affront;tle Colapissas tua le Chäctas d’un coup de”caräbine et s'enfuit à la Nouvelle-Orléans.— Les parens du mort s’adressèrent au Marquis de Vaudreuil pour qu’on leur livrât le coupable. Le Marquis, ayänt fait de vaius efforts pour leur inspirer d’autres sentimens que ceux de la vengeance, finit pan donner l’ordre d’arrêter l'assassin. Mais il échappa à toutes les recherches. Dans cet intervalle, le père de celuiidont on demandait le sang, se rendit chez les Chactas et leur offrit de mourir pour son fils: Sa proposition ayant été acceptée, le vieillard s’étendit sur le tronc-d’un arbre qu’un orage avait déraciné et présenta sa tête au sacrificateur qui là trancha d’un seul coup: Ce trait dont le cœur seul d’un père était capable, devint nn d’une tragédie, composée par un ofticier ais de la colonie, nommé Le Blanc de Villeneuve. Cette œuvre dramatique et l’histoire de la Louisiane par le Juge Martin sont les’ deux seuls ouvrages que compte jusqu'à présent la littérature
! di HO jé AT 1 £ CN | L " 5e “ p AAA.
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| louisianaise, Espérons que des niècles futurs la trouveront plus étendue. : Car le climat ærulant de la Louisiane et son ciel italien. pre des
Ÿ Bee ardentes.et fécondes. :
| | vu re Louis XIV céda l’Acadie à VAngle- |» NX À , terre/ikavait atipulé que les sujets qu’il abandon-
Âs 4 : nait conscrveraient leurs proprietés; si toutefois, ANS ils prétaient foi et hommage à la Reine Anne.— (PE ARE 1: Mais.les Acadiens ne voulurent' pas 4e sou- | Mr À M) 1! mettre à l’obligation qui leur avait étéimposée:et | \ * |! déclarèrent que jamais ils ne prométtraient à l’An-
: gleterre de porter les armes, contre da France.— Les autorités anglaises se plaignirent de ce refus, mais le gouvernement jugea convenalie d’ajourner les mesures de rigueur. Malheureusement, cette indulgence devait être aussi perfide que: le calme qui précède la tempête. Car en 1754, la politique anglaise étonna lg monde par un forfait nouveau. L’Acadieest un pays stérile quioffresi peu d’attraits aux émigrans, qu’il était probable que de longues anriées s'écouleraient, avant qu’il put s’y: former une population anglaise assez forte pour mettre
apus le joug la population françaises D’un autre cêté,
les Acadiens avaient fait parler hautement Jeur
inimitié,. de sorte qu’il fallait les contenir en-éta-
blissant parmi:eux des forts et des garnisons qui
auraient couté annuellement de fortes. somme au gouvernemènt. Alors, le cabinet britannique qui, dans les circonstances difficiles, a toujours recours
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à des moyens qu’ignorent les autres nations, ouvrit et inspecta sbn large ‘catalogue de.crimes politiques. Mais il n’y trouvait que’ des crimes déjà connus et usés, lorsqu'une suggestion de l'enfer vint à son Secours. Ausaitôt, l’ordre est donné de s’empater des Acadiens et de les jeter de distance en distance sur:les plages des colonies-añglo-amé, ricaines. La, ils devaient mourir, defifaim, ou se
fondre dans la populatiqn hospitalière qui consen- : tirait à rétevair et à nourrir ces malheureux étran- .
gers, Le décrèêt des dieux infernaux fut exécuté avec la plus grande rigueur, et toute la population acadienne fut poussée à bord des vaisseaux anglais. En quittant:les foyers de la terre natale, il ne leur fut permis de rieñ emporter, si ce n’est le sentiment de leurs maux et la haine éternelle que mé: ritaient leürs cruels oppresseurs. Poussés comme de vils troupeaux, les Acadiens, au nombre de sept mille, furent ontassés sur’ les navires de leurs persécuteurs, et, loréqu’ils tournèrent leurs regards vers la patrie, pour lui dire un dernier adieu, ils
n’aperçurent que des flammes et les bayopnettes
anglaises qui bomlaient le rivage. Telle l'antique Messénié vit fuir ses enfans devant le décrèêt d’exil porté par les féroces Lacédémoniens. Ainsi, se sont renouvelées dans le nouveau monde ces scènes d'horreur et d’attendrissement dont la Grèce a été témoin et que le pinceau d’Anacharsis a représen-
tées avec des couleurs si terribles. Je ferai usage K?2
des propres expressions de Barthélemy:.pour plainüre le sort des, Messéniens modernes :** Une na- 46 tion.entière chassée de. ses foyers, errante au ha- ‘6 sard chez des. peuples epouvantes de, ses, mal- ‘éheurs; des jeunes gens.affaiblis par Ja. douleur, ‘6 portant sur.leurs épaules les auteurs. de leurs ‘6 jours ;. Mes.femmes assises.par terre, expirant de ‘4 faiblessessavec les enfans qu’elles serrent entre “e leurs ù 4 s ici, des. larmes, des gémissemens, . ‘les plus fortes expressions du désespoir ; 1à, une ‘ douleur muette, un silence effrayant. Si l’on , <donnaitces tableaux à peindre.au plus:cruel des ‘6 Spartiates, un reste de pitié ferait tomber, le ‘s pinceau de ses mains, ??
Les colunies anglaises reçurent pit humanité les infortunés qui furent jetés parmi.eux.avec autant d’indifférence que s'ils avaient été lerebut de l'espèce humaine. Elles rougirent: du crime que commettait l’Angleterre-et résolurent de le réparer.aatant qu’elles le pourraient. La législature de la Pennsylvanie ulloua .une somme d’argent à ces enfans de l'exil et du. malheur, et toutes les autres-provinces initèrent ce noble. exemple. Mais les Acadiens refusèrent le pain de la-pitié.. ‘ Non, ét répondirent-ils ;, vous êtes les frères de nos op- ‘ presseurs et vous parlez la même langue. Nous 66 ne voulons rien de vous. Vous nous offrez des és terres, et nous ne voudrions seulement pas ac- “gepter de vous un tombeau !” Tel est le lan-
pour plain- + Une nante au hases, mala douleur, s.de leurs xpirant de rent entre nissemens, e.; Jà, une . Si l’on s-cruel des tomber, le
; humanité X.AVEC auerebut de crime que de le.répaégislature l'argent à toutes les ple. Mais st Nou, e nos ope.. Nous ffrez des
t pas acst le lan-
gage des cœurs ulcerés. - Il est des momens oùle sentiment de l’outrage s'empare de toutes les facultes de J’ame et n’en ‘laisse sa une geule libre pour. apprécier le bienfait, APE
… Les Acadiens avaient oui dire que vers l'Ouest, floitait la bannière sans tache. . Aussitôt, l'eshoir de la reyoir;a ranimé leur courage, et ils:se dirigent vers la terre promise, où ils n’eritendéont plus les sons détestés de la langue de ieurs oppresseurs. Ils traversèrent les ‘montagnes et séjournèrent un hiver entier: parmi les Indiens qui, respectant d'aussi grandes infortunes, leur laissèrent un pas-
‘sage libre. .Malgré. leur férocité naturelle, les
Sauvages.ne,.purent lever le tomabauk contre cette troupe désolée .qui cheminait lentement dans. les fotèts profondes, en les arrosant de ses larmes. L’Indien-baissait la,pointe de sa flêche, en disant : ‘6 Paix aux voyageuts dans la vallée des larmes. 4 T'uer son ennemi, c’est bien ; mais le priver des ‘-ossemens de ses pêres ! le Grand Esxrit le 6 défend.”
Enûn, la levée .et la place publique qui est vis-
à-vis de la cathédrale, se couvrirent un jour de cette foule éplorée qui fut accueillie ar les habi-
. tans de la Nouvelle-Orléans avec une. tendresse
fraternelle. Jamais l’humanité ne se montra plus affectueuse ; jamais la eharité ne fut plus abondante dans ses largesses. * Kerlerec, qui avait succédé comme gouverneur au Marquis de Vaudreuil,
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