ESSA HISTORIQUE
“déjà les hommes blancs,avec qui ils faisaient un
grand commerce. En effet, ils montrèrent aux Français des piastres, des fourchettes, des cuillers, dé la vaisselle et quantité d’autres articles de ce geure. Lasalle trouva même dans une des ca-
*banes la copie d’une bulle par laquelle le pape dis-
pensait les Mexicains de jeuner pendant tout l’été. Les Indiens tracèrent sur l’écorce d’un arbre la carte de leur pays et firent voir aux Français qu’ils étaient à peu de jours de marche des établissemens espagnols. .
Les femmes des Cénis étaient d’une beauté remarquable. Il était impossible de les voir sans sentir par tout le corps un frémissement de volupté. Ornant leurs têtes d’une couronne de fleurs blanches, elles laissaient tomber jusques à terre les longs anneaux de leurs beaux cheveux noirs. — Jamais l'imagination d’un Tibulle ne rêva des formes plus parfaites ; jamais l'œil d’aucun mor: tel ne s’arrêta avec extase sur des contours plus suaves. Jamais cette ligne courbe, dont parlent les statuaires, comme le beau idéal, ne s’est dessinée avec plus de grâce autour du corps humain. Leurs yeux chargés d’une molle langueur portaient le délire dans les sens. Lorsque leurs lèvres brulantess’entr’ouvraient pour laisser échapper un doux sourire, elles semblaient appeler non les baisers, * mais l’amo tout entière de l’amant heureux. Nées pour l'amour, ces Odaliques en chantaient les dé-
lices d’une voix ravissante, Si une apparition aussi séduisante se fut présentée aux Anachorètes de la T'hebaide, ils eussent oublié de mériter cette
félicité ineffable qui leur est promise, ou plutôt ils
l’auraient goutée dans ce monde, Lasalle se remit en route, après avoir passé six jours au village des Cénis, mais à peine avait-il
‘fait quelques lieues, qu’il s’aperçut que plusieurs de
ses compagnons avaient deserté, sans doute pour revoir les belles Cénites. Lorsqu’il parvint au village des Nassonites, lui et son neveu étant tombés malades, et les ammunitions de la troupe étant épuisées, il fut résolu d’une voix unanime de retourner au fort St. Louis. (Tel était le nom que Lasalle avait donné au fort construit sur la Baie de St. Bernard.) Les voyageurs arrivèrent au fort le 17 Octobre 1687, et trouvèrent la colonie dans une situation florissante, Des maisons commodes avaient été baties, la terre était cultivée avec soin, et les Indiens vivaient en bonne intelligence avec les colons.
Après un séjour de deux mois parmi ses protégés, Lasalle prit la résolution de retourner.au Canada, d’où il partirait pour France, afin de solliciter de nouveaux secours, Accompagné de son frère, de son neveu et de dix-sept soldats, il reprit la même route qu'il avait déjà Faite. Il y avait, parmi ses compagnons, deux frères qni s’appelaient Lancelot. Ils voyageaient depuis deux jours, lors-
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