‹ Essai historique sur la Louisiane [microforme]Chapitre 20 sur 39 · ESSAI HISTOR'QUE · texte numérisé non relu

ESSAI HISTOR'QUE

occidentale de la Sabine. Le gouvernement américain pensa qu’il était prud nt de mettre le territoire d’Orléans sur un pied ‘’espectable de défense. L'ordre fut donné par le secrétaire de la guerre de construire des fortificatiors à la Nouv:lle-Orléans et dans ses environs. N'uf chaloupes canonnières furent lancées sur le Mississippi et des troupes furent mises en marche sur les bords de l’Ohio.

Wilkinson arriva sux Natchez le 6 Septembre 1806 et prit avec le gouverneur du Mississippi les arrangemens nécesssires pour que la milice du territoire fut prête à marcher au premier signal.

Claiborne avait médité d’aller attaquer Herrera dans son camp, raais dans une entrevue qu’il eut avec Wilkinson à Alexandrie, il apprit que celui-ci avait recu des instructions du président qui lui recommandait de ne faire aucune agression et de se tenir sur la défensive. Abandonnant son premier dessein, Claiborne retourna à la Nouvelle- Orléans pour inspecter la milice et la placer sur un pied d’activité Wilkinson partit pour les Natchitochrs.

La Louisiane se trouvait ainsi dans un état d’inquiétude, lorsqu'une nouvelle cause d’alarme éclata subitement. Un homme, distingué par des talens d’un ordre supérieur, dont il n’avait fait jusqu'alors qu’un usage honorable, avait sollicité de ses concitoyens le droit auguste et saint de présider à leurs

destinées. Un rival plus heureux l’emporta sur-

améterrifense.

rre de rléans nières roupes tembre ppi les du teral.

errera ail eut celui-ci qui lui n et de son preouvelleacer sur our les

at d’ine éclata s talens u’alors ss conCià leurs

rta sut:

lui. Aussitôt sa tête £ermentc et il enfante un projet aussi vaste et criminel que l’ambition qui le dévore, ::: plutôt il conçoit plusieurs projets qu’il roule tour-à-tour dans son esprit avec une partialité égale et parmi lesquels il se propose de faire un choix suivant les circonstances qui se presseront autour de lui. La nature s'était plu à renfermer cette ame ardente dans un corps de fer et d’une activité incroyable. Fallait-il que dans le sénat, la sagesse fit entendre ses oracles? Elle parlait par sa bouche. Fallait-il discuter les intérêts des peuples, saisir d’un co1p-d’œil leurs diverses relations, découvrir cet exploiter les ressources des Etats? La profondeur de ses vues excitait l’admiration. Faillait-il conduire une négociation diplomatique? Souple et délié, il s’insinuait doucement et arrivait à son but avant qu’on eut soupçonné sa marche. Fallait-il remuer les passions et aller les chercher jusqu’au fond du cœur humain? Il savait parcourir avec art tous les modes de cet instrument mystérieux et en faire rsrtir cette fatale, mais douce et séduisante musiq::e qui enivre l'esprit et endort la raison. Ce génie malfaisant précipite sa course d’un bout des Etats-Unis à l’autre. Dans tous les lieux, dans tous les âges, dans tous les sexes, il cherche des prosélytes. Il prend toutes les formes et toutes izs couleurs. Aux uns, il dit qu’il est secrêtement autorisé par le gouvernement américain à envahir les possessions H*

| NU 90 ESSAI HISTORIQUE l]

{ vspagnoles, à la tête d’une armée de volontaires, à Lil pousser ses conquètes jusqu’à lexico et à révolu-

tionner toute l'Amérique du Sud. Aux autres, { ]

qu’il est tems de détacher du Nord, l’Ouest et le 5 I

|| Sud, et d’en former un empire distinct auquel Û t | seront annexées les provinces espagnoles dont il v compte s’emparer. À quelques uns il parle du | a

pillage des banques de la Nouvelle-Orléans. A 1 d

tous, il donne rendez-vous aux chutes de l'Ohio il

d’où il descendra rapidement à la Nouvelle-Or- À co

À. léans. Ce complot ténébreux et dont les ramifi-

À || cations s’étendaient dans toutes les parties de

| l’Union était conduit avec une rare habilité et il était difficile aux autorités d’en saisir le fill On parlait de guerre, de trahison, de dissolution du gouvernement; tous les esprits étaient agités. Chacun sounçonns.‘?. et chacun à son tour était l’objet du soup::x1. Partout était l’inquiétude, partout les ténèbres, et la lumière de la vérité nulle part. Cet homme qui par la perversité de son génie et de son cœur, mérite parmi ses semblables la même prééminence dont fut revêtu le grand ennemi du genre-humain parmi les esprits infernaux, était Aaron Burr, ex vice président des Etats-Unis.

Le président des Etats-Unis avait découvert l’existence de la conspiration de Burr, mais les 1 renseignemens qu’‘] avait obtenus ne suffisaient pas f.i pour dissiper l’.oscurité dont le crime avait su 1e s’envelopper. Résolu de faire cesser cet état d’in-

ms

“ ts pes ju as A PR PRET 2 ES: "PO RDS de à æ nés es RO Æ FER “4 * — F

des shoes e £

= ca 5 3 - LP

ES . sm É

A nt a 55

… ” ue ru DRE PE S :

ms æ do

pe

TT TE Se

2 ns son ue sé SES

he era À arcs

PA

h à ures

t le quel nt il

e du

. À Ohio e-Oramifies de é et il L, On ion du , Chal'objet partout e part:

rénie et ! même emi du , était is.

couvert 11 ais les ient pas vait su tat d’in-

ie À \

De a NÉ ht a

PR a see

TS

certitude, Jefferson chargea Graham, le secrétaire du territoire d'Orléans, dont l'intégrité et l’habileté lui inspiraïient la plus grande confiance, de se transporter partout où il croirait pouvoir saisir quelques traces de la conspiration, et il le revêtit des pouvoirs nécessaires pour entrer en relation avec les autorités militaires et civi de l’Ouest, et pour en obt il aurait besoin pour s trames des conspirateurs et pour les fai ter et punir.

Ayant été informé qu’un grand nombre d’hommes suspects avaient été vu naviguant dans les eaux de l’Ohio et des autres rivières qui en sont tributaires, et qu’ils avaient fait des approvisionnemens de toute espèce, comme s’ils avaient médité une expédition lointaine, le président des Etats-Unis écrivit aux gouverneurs des territoires du Mississippi et d'Orléans pour les mettre sur leur garde et il recommanda au général Wilkinson de se hâter d’en venir à un arrangement avec les généraux espagnols campés dans le voisinage de la Sabine, afin de pouvoir se replier avec ses forces sur le Mississippi Wilkinson auquel les projets de Burr avaient été révélés, avait déjà anticipé cette mesure; car quelques jours avant la réception des instructions du président, il était convenu avec Herrera et Cordero que les troupes espagnoles s’eloigueraient de la Sabine et se retireraient aux Nacogdoches; que les siennes reculeraient jusques

ats et territoires ‘assistance dont

y ee VX VA | à NY V

PFÉE 3 443

ÉÉÉFÉÉL

IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT-3) I IL He

33? à SAS LA PE

? 3 N 2 d R £e ” "3? es

aux Natchitoches, et que, dans cette position, on attendrait l’effet des négociations qui existaient entre les deux gouvernemens. Le 5 Novembre, Wilkinson ayant appris qu’en vertu de cette convention, les Espagnols commençaient leur retraite, se dirigea vers les Natchitoches et détacha un de ses officiers, uommé Porter, pour aller mettre la Nouvelle-Oriéans en état de défense.

Le 27 Novembre, le président des Etats-Unis lança une proclamation par laquelle il annonçait l'existence de la conspiration et engageait ceux qui, par erreur et sans en connaitre le but, y étaient entrés, à se séparer des vrais coupables. Il invitait aussi tous les bons citoyens à réunir leurs efforts pour étouffer à leur naissance les odieuses machinations qui troublaicnt la naix publique. Ilenvoya à toutes les autorités sur les bords de 1’Ohio et du Mississippi, l’ordre de s’emparer de tous les bateaux et des approvisionnemens qui avaient été préparés pour l’entreprise et d’arrêter toutes les personnes qui y avaient pris part. Avant la réception de cet ordre, Tiflin, le gouverneur de l'Ohio, avait, à la requête de Graham, l’agent secret du président, fait saisir tous les bateaux et les approvisionnemens qui appartenaient à l’entreprise et qui se trouvaient dans les limites de l’Etat. Cette mesure énergique porla un coup mortel à la conspiration.

Wilkinson arriva à la Nouvelle-Orléans après avoir fait une vaine tentative aux Natchez pour

D. norme

, ON ent abre, conaite, un de tre la

Unis onçait 1X qui, staient [l inviefforts machienvoya io et du les bapnt été utes les à récep” l'Ohio, ecret du s approprise et Cette la cons-

ns après ez pour

obtenir du gouverneur du Mississippi uà détachement de cinq cents hommes de milice avec lesquels il voulait descendre à la Nouvelle-Orléans. Les Louisianais en furent informés et cette circonstance leur causa la plus vive surprise. Elle fut redoublée, lorsqu’ils virent réparer et augmenter les fortifications de la Nouvelle-Orléans. Chacun se demandait avec étonnement ce que signifiaient ces préparatifs de guerre, lorsque le gouvernement américain et le gouvernement espagnol venaient de terminer leurs différends par un arrangement amical.

Le 9 Décembre, les doutes furent résolus dans une assemblée des principaux habitans que Claiborne et Wilkinson avaient convoqués pour leur faire part du danger qui les menaçait. ls ieur dirent que le but des travaux et de l’appareil militaire qui frappaient leurs regards, était de défendre la Nouvelle-Orléans contre une troupe nombreuse de conspirateurs commandés par un homme qui avait joué un grand role dans les Etats-Unis; que leur nombre se montait à sept mille hommes, et que leur intention était de piller les banques, de s’emparer des navires et de se rendre enfin maîtres de tout ce qui pourrait leur être de quelque service dans une expédition qu’ils projetaient contre Mexico. Il fut alors proposé et convenu de retenir tous les navires qui se trouvaient dans le port et d’en employer les équipages à bord des bâtimens

des Etats-Unis. Une souscription de fonds pour les payer et les vétir fut ouverte et remplie immédiatement, Chacun s’empressa de faire preuve de patriotisme.

Peu de tems après son arrivée à la Nouvelle- Orléans, Wilkinson avait écrit au président des Etats-Unis qu’il avait eu le chagrin de découvrir que plusieurs citoyens qui jusqu’alors, ne s'étaient fait remarquer que par leur patriotisme et leurs talens et qui avaient obtenu la confiance du gouvernement, approuvaient au moins les desseins de Burr, s'ils n’avaient pas résolu d’en aider Pexécution. Le docteur Erick Bollman fut le premier sur lequel s’appesantit la main du général. Le 44 Décembre, il fut arrêté par l’ordre de Wilkinson et mis en lieu de sureté. - Le 16, un writ d’habeas corpus fut obtenu de Ja cour supérieure, mais ne put pas être exécuté, parceque Bollman avait été mis à bord d’un navire qui l’avait transporté hors du territoire. Le même : Workman, juge du comté d'Orléans, accorda ur: writ d’habens corpus en faveur de deux autres citoyens nommés Ogden et Swartwout que Wilkinson avait fait arrêter peu de jours auparavant au fort Adams et fait transporter à bord d’une chaloupe canonnière des Etats-Unis, mouillée en face de la ville Workman ayant fait demander à Claiborne s’il avait donné son assentiment aux arrestations laites par Wilkinson, celui-ci répondit qu’il n’avait consenti

Jour mére de

relleit des uvrir taient leurs u gouins de , P'exéremier 1 Le 1kinson ’habeas

et fait

qu’à celle de Bollman et qu’il n’avait aucune opinion fixe sur la convenance de l’incarcération de Ogden et de Swartwout. Non satisfait de cette réponse, Workman observa à Claïborne que Ia conduite de Wilkinson était illégale et tyrannique, qu’en sa qualité de gouverneur du territoire, il devait couvrir de sa protection tous les citoyens et ne permettre qu’ils fussent frappés soit dans leurs biens, soit dans leur honneur, soit dans leur personne, qe par la volouté de la loi. Claiborne repliqua que c'était au pouvoir judiciaire et non au pouvoir exécutif à intervenir en faveur des prisonniers.

Alors, Workman résulut d’exercer les pouvoirs dont la loi l'avait revêtu.et ordonna que le writ d’habeas corpus fut porté à bord du navire où les prisonniers étaient détenus. L’ordre du juge fut en effet communiqué au lieutenant Jones qui commandait la chaloupe canonnière des Etats-Unis. En vertu de cet ordre, Ogden fut produit à la cour et rendu à la liberté. Mais l'officier répondit que Swartwout n’était plus en sa possession.

Le 18 Décembre, Wilkinson auquel le writ d’habeas corpus lancé par la cour supérieure, avait été remis, répondit que, comme général en chef des troupes des Etats-Unis, il avait jugé convenable d'arrêter Bollman qui était accusé du crime de trahison envers les Etats-Unis, afin de le livrer au gouvernement général; qu’il ne craignait pas d’en-

courir toute la responsabilité que sa conduite ferait peser sur sa tête; qu’il s’agissait d’étouffer la conspiration d’une bande de traitres qui avaient Aaron Burr pour chef; qu’il avait eu recours à la force dans un moment où le péril était extrémo et que, sans égard pour lo rang et la qualité, il se rendrait maître de quiconque aurait pris part aux machinations criminelles qu’il était chargé de réprimer. Il ajouta que Bollman n’était plus entre res mains. ‘ Le jour suivant, Ogden fut arrêté d: nouveau ainsi qu’un avocat distingué de la Nouvelle-Orléans, nommé Alexander. Edouard Livingston qui brillait au premier rang du barreau, sollicita pour son confrère et Ogden, son compagnon d’infortune, un writ d’habeas corpus que le juge Workman.accorda. Wilkinson repliqua qu’il n’avait rien de plus à dire que ce qu’il avait déjà déclaré à la cour supérieure, et qu’il avait sévi contre Ogden et Alexander pour les mêmes raisons qui l’avaient induit à s’emparer de Bollman. Livingston demanda que Wilkinson fut sommé de répondre d’une manière plus précise, ou de déduire les raisons pour lesquelles il ne serait pas arrêté lui-mème par le shérif, jusqu’à ce qu’il eut obéi à Pordre de la cour.

Dans cette conjoncture si critique, Workman s’adressa à Claiborne et lui expose qu’il était tems d’opposer la forco à la violence. Que le général Wilkinson n’avait nul droit de se rendre maître

rait nsron prce que, \rait \inamer.

ains.

veau e-Orgston licita , d’in- Work- ’avait éclaré contre ns qui ivinge réduire arrêté obéi à

kman tems

néral maître

de la personne des citoyens accusés d’une violation des lois et de les transporter, sans aucune forme de procès, hors de la juridiction des autorités du territoire. Hall et Mathews juges de la cour supérieure, joignirent leurs représentations à celles de Workman. Mais elles ne produisirent aucun effet sur. Claiborne qui parut approuver la conduite de Wilkinson..

Le 26 Décembre, Wilkinson informa la cour qui avait lancé l’ordre d’habeas corpus que les prisonniers n'étaient plus en sa possession. Alors Livingston demanda que Wilkinson fut arrèté ot puni pour:mépris de cour.

Avant de prononcer sur cette demande, Workman écrivit au gouverneur et lui posa directement la question s’il devait compter sur le soutien du pouvoir exécutif pour infliger une punition à celui qui n’avait pas respecté l’autorité de la cour, Il ajoutait que, dans le cas contraire, la cour ct ses officiers ne resteraient pas plus longtems exposés aux mépris et aux insultes d’un }omme qui s’était mis au dessus des lois.

Sur ces entrefaites, la législature se réunit le 12 Janvier 1807. Deux jours après, le général Adair arriva du T'ennessee et apporta la nouvelle qu’il avait laissé Burr à Nashville, le 22 Décembre,avec deux bateaux plats destinés pour la Nouvelle- Orléans, Le même jour, un détachement de cent vingt hommes commandés par le lieutenant-colonel Yo, IL I

Page 1