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conjuration? Comment s'est-il fait qu’on ait osé en parler. lorsqu'il n’en existait et n’en pouvait exister ni preuves, ni présomptions, excepté, peut-être, dans l’esprit de ces honnêtes gens, qui, depuis onse ans, semblent n’avoir d’occupations plus précieuses, que celle de diffamer la population louisianaise? Et, ce qui mérite d’être remarqué en cette occasion, c’est que, dans les gazettes des autres Etats, il a été imprimé tout récemment un libeile diffamatsire contre cette même population ; libelle dans lequel elle était représentée comme toute prête à se livrer à l’ennemi, dès qu’il approcherait. Toute réflexion. sur la réunion de ces circonstances honteuses, serait ici superflue: il n’est personne qui nc sente qu’elles sont l’ouvrage de ces génies malfaisans qui travaillent depuis si long-tems à établir dans notre pays des distinctions, si non odieuses, au moins très funestes. Revenons au colonel Declouet. Le même jour, 13 Janvier, le comité l’interrogeant sur la conversation qu’il avait eue le 27 vu 28 Décembre, avec le membre de la législature dont il parlait dans sa lettre, et sur le nom de ce membre, il répondit: « Je me “ réfère à la lettre que j'ai écrite le 7 du conrant à l’orateur de “ la chambre des représentans; le membre avec lequel j'ai eu “ une conversation, est Mr. Guichard, en qui j’ai autant de con- “ fiance qu’en moi-même, et je lui ai fait part de mes appré- “hensions.” Or, en reprenant cette lettre une autre fois, nous ue voyons rien de cette conversation; nous no voyons point que le colonel ait fait part de ses appréhensions à Mr. Guichard; nous voyons au contraire, que c’est ce dernier à qui, selon le langage du ptemier, “ le fléau de la guerre faisait appréhender “ les malheureuses suites qui ne se sont que trop réalisées.” De quelies malheureuses suites le colonel vout-il parler? C’est ce que le comité ignore; et le comité ne sache pas qu’on puisse, ni que Mr. Declouet ait voulu appeler ainsi la défaite mémorable des Anglais, De ce tissu de contradictions, de toutes ces réponses incohérentes, dont il était difficile de rien tirer de clair ou de certain: mais qui montralient évidemment l’emberras où se trouvait. le
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Janvier, ue le 27 ] parlait “ Je me ateur de | j'ai eu de conappréis, nous int que hichard; blon le éhender .” De ’est ce isse, ni aorable
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colonel, de justifier aux yeux de la raison, la démarche inconséquente qu’il avait osé faire, le comité conclut qu’il ne lui restait plus qu’à examiner le Sieur Abner L. Duncan.
Ce dernier fut en conséquence sommé, le même jour, 13 Janvier, d’avoir à comparaitre le lendemain 14, devant le comité,
Mr. Duncan se rendit à l’heure fixée, et témoigna le désir qu’on lui donnât par écrit les questions auxquelles on voulait qu’il répondit, et qu’on lui accordât quelque tems pour rédiger ses réponses. Le comité crut devoir souscrire à cette demande; les questions lui furent remises, et le 16 du même mois, il revint, et donna sa déclaration qu’il attesta, sous le serment, contenir la vérité.
En ayant recours aux questions posées à ce Monsieur et aux réponses qu’il a fournies, on verra que le colonel Declouet l’avait prié, le 28 Décembre, ‘ d'informer le général Jackson, qu’il *“ existait un plan parmi plusieurs membres de la législature, “ pour livrer le pays à l’ennemi: que le colonel lui avait nommé “ en confidence, et, à co qu’il croyait, au général Jackson, au “ général Morgan, et au major Robinson, plusieurs membres “ comme déterminés à faire la tentative; et avait ajouté qu'il “ avait entendu un ou plusieurs de ces membres dire, que le “ général Jackson faisait une guerre à la Russe; qu'il valait ‘“ mieux sauver les propriétés particulières en capitulant à tems, “ et qu'on l'avait invité, lui, lie colonel Declouet, à entrer dans “ ce complot.” :
On verra également que le colonel Declouet ‘ ne lui avait “ point dit être envoyé par le gouverneur Claiborne, pour faire “ aucune communication au général Jackson,” et que, lorsque Mr. Duncan fit part de ces circonstances au général, celui-ci lui donna l’ordre de dire “au gouverneur d'empêcher cela, (c'est. “ à-dire qu'on ne fit la capitulation en question) et de les faire “ sauter (les membres de la législature) s'ils en faisaient la ten- “ tative, Que peu après, il aperçut le colnnel Fortier, et le “ pris d'empêcher la législature de s’assembler, même par la “ violence, si cela était nécessaire, comme le meilleur moyen de * prévenir le mal.”
On verra en outre que Mr. Duncan, en réponse à la quatrième question qui lui avait été proposée, dit: ‘ si le comité des deux “ chambres insiste sur cela, je déclinerai les noms de toutes les ‘“ personnes nommées par le colonel Declouet, comme déters minées à faire une tentative pour la reddition du pays. Je “ rapporterai aussi des circonstances qui étaient venues à ma “ connaissance, qui ajoutaient un grand poids à la communica- “ tion du colonel Declouet, et portaient: à la faire croire exacte.”
Le comité, à la lecture de cette déclaration, conçut difficilement que Mr. Duncan put révoquer en doute, qu’on insistât sur cette quatrième question. Ce doute était-il sincère, ou n’était-ce qu’un artifice dont Mr. Duncan eût voulu faire usage pour éprouver la fermeté du comité? Pensait-il que l’espèce de menace qu’il renferme fut susceptible d’ébranler aucun de ses membres? Quoiqu'il en soit, le comité en témoigna sa surprise, et ce Monsieur, sentant peut-être qu’il était nécessaire de justifier ses expressions, ajouta, mais verbalement, qu’il n’avait pas sru devoir décliner les noms, et rapporter les circonstances dont il s’agissait dans sa réponse, à moins d’y être préalablement obligé d’une manière formelle par le comité; attendu que ces noms avaient été, dit-il, prononcés confidentiellement en présence du général Jackson, et qu'il croyait, par cette raison, devoir garder le secret à ce sujet.
Le comité adopta donc de suite, et en p: e de Mr. Duncan, la résolution qui se trouve au pied ds .: .vclaration de ce Monsieur, afin qu’il eût à répondre à telles autres questions qui pourraient lui être proposées, et particulièrement à celles qui pouvaient naitre de sa réponse à la question quatrième qui lui
avait été déja faite: et au mêmv instant il fut interrogé, relativement ‘“ aux noms des personnes nommées par le colonel De- “ clouet, comme déterminées à faire une tentative pour livrer le ‘ pays aux Anglais.”
line paraitra pas inutile, sans doute, de transcrire ici la réponse de Mr. Duncan à cette importante question; la voici: w Le colonel Declouet m’a dit que le plan lui avait été décou-
quatrième des deux toutes les me déterpays. Je nues à ma mmunicae exacte.” t difficilensistât sur n’était-ce age pour ce de mein de ses LÀ surprise, le justifier it pas cru es dont il ent obligé ces noms ésence du ir garder
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+ vert, d’abord, par l’orateur de la chambre des représentans, * Mr. Guichard: il le dit en présence du général Jackson et de * Mr. Davezac; que plusieurs autres membres qui ont de l’in- * fluence y étaient impliqués, et qu’ils avaient tenu plusieurs * assemblées nocturnes ou secrètes à ce sujet. On le pressa de ** nommer ces personnes ayant de l'influence, et il prononça le “ nom de Mr. Jean Blanque, celui de Mr. Marigay, à ce que je “ crois, et généralement ceux de toutes les personnes qui votent “comme Mr. Blanque, dans la chambre des représentans. Je “ n’entreprendrai pas de donner les noms d’aucun autre membre, “ soit du sénat, soit de la chambre des représentans; mais il dit «“ qu’il y avait beaucoup de membres des deux chambres. Il + dit aussi que, pour l’engager à coopérer à l’exécution du plan, “ Mr. Guichard lui avait dit, que le général Jackson détruirait “ tout ce qui se trouverait devant lui, plutôt que de remettre le + pays, et que les Anglais respecteraient les propriétés,”
Mr. Duncan, interrogé ‘ sur ces curconsiances qui élaient venues “ à sa connaissance, el qui ajoulaient un grand poids à la commu- “ nication du colonel Declouet,” répondit longuement, mais d’une manière peu directe, ainsi que tout lecteur judicieux peut s'en convaincre par la lecture de sa déclaration annexée, comme les autres pièces, à ce rapport; si ce n’est que des personnes, qui se rendaient à la ville, lui assuraient que nos lignes étaient fo:cées, et qu'il savait que plusieurs membres de la législature étaient à ces lignes: et enfin, que des membres des deux chambres l’avaient assuré auparavant, qu'il serait fait une tentative pour démembrer l'Etat de la Louisiane.
On verra, en lisant les autres interrogatoires et réponses de ce Monsieur, que ce prétendu démembrement de l'Etat, devait, à ce qu'il avait entendu, être une lentative pour priver cette partie de la Floride annexée à l'Etat de la Louisiane, de sa représentation dans la législature.
On verra enfin, que Mr. Duncan nie avoir transmis au général Jackson la communication de Mr, Declouet, comme un message du gouverneur Claiborne.
Les différences qui existent entre les déclarations de Mr. Declouet et celles de Mr. Duncan, sont trop frappantes pour qu’on ait besoin de les indiquer. Il ne s’agit point ici des appréhensions particulières du colonel: il s’agit de quelque chose de plus positif. Il ne s’agit point d’une conversation avec un membre de la législature à qui le fléau de la guerre faisait craindre de malheureux résultats: il s’agit d’un plan arrêté, d’assemblées nocturnes ou secrètes, pour livrer le pays à l’ennemi: il s’agit enfin, des noms de plusieurs membres de la législature, déterminés à éxécuter ce plan; et ces membres sont MM. Guichard, Blanque, Marigny, et tous ceux qui votent dans la chambr: des représentans avec Mr. Blanque, et plusieurs autres dans le s nat.
Quoiqu'il en soit, on ne voit encore qu’un individu en cppo- ; sition à un autre individu, savoir: Mr. Duncan, qui dit ten:r tous : ses renseignemens de Mr. Declouet; et Mr. Declouet, qui, dans une lettre, et dans deux déclarations assermentées, dit n’avoir parlé que de ses appréhensions particulières dent il est le maître, et “’avoir eu l'intention que de parler de ses appréhensions.
A la vérité, Mr. Duncan déclare que les révélations du plan, et des noms de ses auteurs ont été faites en présence de plusieurs | autres personnes, par Mr. Declouet: ce n’est donc qu’après avoir entendu ces autres personnes, qu’on pourra prononcer, soit sur l’exactitude de la déposition de Mr. Duncan, soit sur les nouvelles contradictions du colonel Declouet.
Dans cette situation, le comité a pensé qu’il était de son devoir de faire comparaitre devant lui, MM. Robinson et Davezac, nominés par Mr. Duncan, et Mr. Charles Tessier, en présence de qui il fut rapporté que Mr, Declouet avait parlé au premier.
Des sommations furent en conséquence envoyées à ces Messieurs, et le 20 Janvier MM. Robinson et Tessier donnèrent, sous le ent, leur déclaration, d'où il résulte que ‘ dans la À “soirée du 28 Décembre, le colonel Declouet leu à dit, qu’il “ avait couché dans la maison de son frère, où il avait découvert “ que quelques membres de la législature avaient le dessoin de
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‘ traiter avec l’ennemi; que MM. Guichard, Blanque et Marigny “ étaient du nombre de ces membres, et que l’on était déter- “ miné à prévenir la destruction et le sacrifice des propriétés à « l’orgueil militaire.”
Le 23 Janvier, Mr. Auguste Davezac de Castera comparut et écrivit aussitôt sa deposition, qu’il est d’autant plus à propos de transcrire ici, que cette partie de la déclaration de Mr. Duncan, où Mr. Davezac est nommé comme témoin des faits rapportés par Mr Declouet, en sa présence et celle du général Jackson, y est déjà rapportée en entier.
Déclaration de Mr. Davezac.
“ J'étais au quartier général, conversant avec le général Jack- “ son, lorsque le colonel Declouet entra dans la chambre avec “ Mr. Duncan, je crois. Ayant dit au général qu’il désirait lui “ parler en particulier, il fut invité à aller dans une chambre “ haute; il paraissait un peu embarrassé, et comme il observait “ qu'il désirait parler au général seul, j'allais me retirer, lorsque “le général Jackson dit qu'il désirait que je fusse présent, “ attendu qu’il ne parlait pas le Français, et que c'était la langue “ dont se servait le colonel Declouet. Je restai donc, et Mr. “ Declouet parla lentement, et je faisais attention à chacune de “ ses phrases, les interprétant à mesure qu'il parlait. Il dit ce “ qui suit, autant que ma mémoire me permet de m'en souvenir: “ que depuis l'invasion du pays, ayant été en ville, il avait eu ‘“ une conversation avec un de ses amis, membre de la légis “ lature, laquelle il regardait comme d’une très grande impor- “ tance. Il refusa d’abord de le nommer, mais il dit à la fin “ quo c'était Mr. Guichard, orateur de la chambre des représen- “tans; qu'après quelques observations vagues relativement à la “ guerre, Mr. Guichard s’adressant à lui, avec chaleur, dit que “ la guerre, comme la faisait le général Jackson, était horrible, “ que c'était une guerre russe, que Jackson détruirait tout; qu'il « faisait la guerre à la Russe. Que Jackson était pis que los « Anglais. Que lui ayant observé qu’il ne savait pas pourquoi
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“ la législature siégeait encore, dans un tems tel que celui-ci, Mr. “ Guichard lui avait observé qu’il était nécessaire qu'elle siégeût “ pour préserver le pays de sa ruine, et pour prendre des me- “ sures afin de sauver le pays. Qu'il ne fit aucune réponse à « cela; mais qu’il fit beaucoup de réflexions, et qu’il en donne “ connaissance à un de ses bons amis qui lui conseilla de faire “ connaitre ces faits au général Jackson. Qu'’étant encore in- “ décis et durant une attaque, il avait rencontré Mr. Duncan, à “ qui il avait parlé de cela, pour qu’il en instruisit le général. « Que ce qui l’avait porté à agir ainsi, c'était la crainte, dans le % cas où notre armée aurait éprouvé un échec, que la législature “ ne traitât avec l’ennemi. Son opinion particulière était que “ la majorité de la législature partageait celle de Guichard. 1!
“ voulait dire, les membres qui votent ordinairement ensemble,
w à l'exception de Roufiniaco qui, à ce qu’il croyait, ne savait “ rien de cela. Il excepta aussi Louaillier. Tel est ce dont je “ me souviens avec assez d’exactitude pour le rapporter sous “ serment; mais je répondrai à toute question qui pourra m'être 4 faite.” :
Question par le comité. —Mr. Declouet a-t-il désigné Mr. Blanque comme un des membres disposés à négocier avec l'ennemi ?
Réponse.— Lorsque Mr. Declouet dit qu’il croyait que la w majorité de la chambre partageait l’opinion de Mr. Guichard “ sur la guerre, et sur la manière dont la faisait le général Jack- # son, le général lui demanda de quelle majorité il voulait parler, “ il répondit, les membres qui votent ordinairement avec Mr, “ Blanque, le côté français de la chambre; exceptant, comme 4 j'ai déjà dit, Roufiniaco et Louaillier; le dernier ne votant pas # toujours, dit-il, avec les autres,”
Question par le comité. —A-t-il dit quelque chose relativement au sénat ?
Réponse.—" Je ne me rappelle pas qu’il ait rien dit du sénat, “ ou désigné ce corps particulièrement.”
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Question.—Savez vous quelque chose tendant à une trahison de la:part de la législature ?
Réponse.—" Je ne sais rien de tel.”
S’il existe entre les déclarations de MM. Declouet et Duncan des différences frappantes, il est évident qu’il en existe qui ne le sont pas moins, entre celles de MM. Duncan et Davezac.
En effet, on a vu que Mr. Duncan a déclaré que “Mr. De- “ clouet avait dit en sa présence et celle du général Jackson, et “ de Mr. Davezac, que le plan lui avait été découvert, d’abord, “ par l’orateur de la chambre des représentans, Mr. Guichard,” et l’on voit que Mr. Davezac qui servait d'interprête à Mr. Declouet auprès du général, déclare seulement, que Mr. Declouet a rapporté au général une conversation qu’il avait eue avec un de ses amis, Mr. Guichard, depuis l’invasion. Cette conversation peut bien avoir excité la surprise de gens naturellement soupçonneux, mais elle ne ressemble en rien à la découverte d’un plan de capitulation avec l’ennemi.
On a vu, selon Mr. Duncan, que MM. Guichard, Blanque, Marigny et tous ceux qui votent dans la chambre des représentans avec Mr. Blanque, avaient été nommés et désignés comme auteurs ou complices de ce plan; et l’on voit selon Mr. Davezac, que Mr. Declouet a parlé seulement de l’opinion dans laquelle il était que la majorité de la chambre partageait celle de Mr. Guichard, sur la guerre et sur la manière dont la faisait le général Jackson; et que par cette majorité, il entendait ceux qui votent ordinairement comme Mr. Blanque; sans les désig.… : autrement, et sans nommer aucun autre membre, si ce n’est Mr. Roufiniaco et Mr. Louaillier, qu’il n’a nommés que pour les excepter.
On a vu, selon Mr. Duncan, que Mr. Declouet a parlé d'assemblées nocturnes et secrètes, et l’on voit, selon Mr. Davezac, qu’il n’en a pas été question, si ce n’est que Mr. Declouet ayant témoigné sa surprise à Mr. Guichard, sur ce que l’assemblée générale siégeait dans ce tems critique, celui-ci avait répondu