‹ Essai Historique sur la Signification Primitive de la Sainte-CèneChapitre 26 sur 40 · LE IV® ÉVANGILE · texte numérisé non relu

LE IV® ÉVANGILE

la connaissance du Christ ou de la Vérité et c’est cette connaissance qui sauve »{.

Ce n’est pas tout : de même que l’homme doit renaftre non seulement « d’esprit », mais encore « d’eau » (voir le chapitre IT), c’est-à-dire qu’il doit passer par le baptême, de même pour avoir la vie éternelle, il doit participer à la cène.

L’auteur prend les termes que lui fournissent les paroles de linstitution et les propos de ses adversaires (étaient-ce eux-mêmes qui disaient « chair » au lieu de « corps » ? c’est possible). Il faut manger la chair et boire le sang du Christ, c’est-à-dire manger le pain et boire le vin de la cène, non pas que ce pain et ce vin soient chair et sang du Christ, mais le fait d’absorber ces éléments opère l’union (verset 56 : ëv pot pméve x&y év adr®) avec le Christ ? ou plus exactement avec le Logos, le Logos qui vit dans le Christ, dont le Christ n’est que l'enveloppe terrestre, avec celui qui est remonté là où il était auparavant, près de Dieu (rod tov Oeov, [, 2).

La Cène a la vertu d’unir au Logos. Nous retrouvons ainsi la notion sacramentaire que nous avons déjà trouvée chez Paul. Mais pas plus ici que là, il n’est question de chair véritable et de sang véritable.

La contradiction existe, il faut le reconnaître, entre cette notion et les affirmations de l’évangéliste concernant l’appropriation du salut par la foi. Les sacrements, baptême et cène, sont des corps étrangers dans l’organisme de sa pensée*. Le fait qu’il les a maintenus et les a pré-

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2 Comment cela ? L’auteur ne le dit pas ; Paul non plus. Mais l’un et l’autre croient que la cène a la vertu d’unir au Logos (IVe Evangile), au Christ glorifié (Paul).

3 Et par là, cette pensée se distingue de celle de Paul. M. Gocuer. qui termine d’intéressantes considérations (voyez Euch., p. 195-

sentés non seulement comme des « symboles », mais comme des « sacrements » possédant en eux-mêmes une vertu spéciale, prouve clairement que cette conception était courante dans le milieu où vivait l’auteur du IVe Évangile, qu’elle lui était violemment imposée du dehors, qu’il ne pouvait pas en tant que chrétien, membre d’une communauté chrétienne, ne pas lui faire place dans son système.

213) par ces mots: « Elle [l’eucharistie dans la pensée johannique] est comme un résumé ou une allégorie de toute la vie religieuse. Elle n’est pas un élément de la doctrine johannique, elle est l’expression de cette doctrine », reconnaît tout au moins, lorsqu'il cherche à expliquer la genèse de la conception johannique ($ suivant, p. 213-215) que «la doctrine eucharistique ne peut être née du développement interne de la pensée johannique » ; qu’ «elle répond à un effort fait par l’évangéliste, pour interpréter d’après les principes de sa théologie, un rite qu’il trouvait établi dans l’église ».

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