RUE
tour de rôle, nous voyons la peste dans les villages de Ruffey, Bellefond, Echirey ; puis à Auxonne, Verdun et autres lieux. Les chirurgiens et médecins sont autorisés à se faire remplacer, à la garde des portes, par des hommes soldés par eux, tant que les maladies épidémiques régneront à Dijon.
Une amusante séance du bailliage royal de Mâcon montre la difficulté qu’on a eue, de tout temps, à connaitre la vérité par le témoignage des gens. C’est en 1573, les audiences sont tenues en l'auditoire épiscopal « à cause de la ruine de l'auditoire royal », par Philibert Barjot, seigneur de la Salle, lieutenant général et par Gratien Chandon, lieutenant particulier. Des témoins attestent « être chose toute notoire que tant en la ville de Mâcon, ville de Cluny que plat pays de Mâconnais, il y a eu et a encore grande mortalité principalement de vieilles gens ; a été et est tel jour que, en ladite ville de Cluny, se meurent dix et douze personnes, voire plus, comme aussi en ladite ville de Mâcon ; et meurent lesdites personnes sans être malades longtemps, tellement que l’on estime que ladite maladie et mortalité est une fièvre pestilentielle procédant, comme l’on dit vulgairement, de la famine notoire esdits lieux et de quelque infection d’air ».
D’autres témoins assurent que, « dès l’an 1565, ils n’ont su, vu, ni entendu qu’en la ville de Mâcon, ni en tout le bailliage, il y ait eu aucune peste, contagion ni mortalité, fors de quelques fièvres et maladies ordinaires, dont quelques-uns sont morts et meurent toujours selon la loi de nature par laquelle est statué aux hommes de mourir une fois. »