‹ Essai Historique sur les Épidémies en BourgogneChapitre 14 sur 22 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Épidémies diverses des premières années du xvue siècle. — Peste de 1628 à 1638. — Advis sur la peste de Vincent Robin. — Remèdes contre la peste (manuscrit).

Le maréchal de Biron avait remplacé le duc de Mayenne au gouvernement dela Bourgogne ; une courte campagne, où il prit Bourg, se termina par le traité de Lyon (1601) qui donna la Bresse, le Bugey et le pays de Gex à la France, en échange du marquisat de Saluces. L’année suivante, le maréchal, qui avait conspiré avec l'Espagne et le duc de Savoie contre la France, était décapité ; le jeune Dauphin prenait le titre de gouverneur de la province et l'exercice de cette fonction était confié au duc de Bellegarde. Le duché, lentement, se relevait de ses ruines et travaillait à éteindre ses dettes. Mais si le fléau de la peste était apaisé, il n’était pas éteint, et soit lui, soit quelque autre maladie contagieuse, de temps à autre créait des alertes et faisait quelques victimes.

L'année même de l’exécution du duc de Biron, É villes de Chalon et de Mâcon interdisaient à leurs habitants de se rendre aux foires de Tournus et de Saint- Gengoux à cause de l'épidémie qui y régnait. Toutefois, en octobre, celle de Tournus semblait apaisée et les

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marchands de Mâcon demandaient l'autorisation de se rendre à la foire de la Saint-Luc, tout danger ayant disparu. Dijon avait dû de même fermer ses portes aux habitants de Chaignay et de Savigny près d'Epagny, dont les villages étaient contagionnés.

En 1604, l'épidémie était à Mâcon.

Un an plus tard, les gardes des portes de Dijon recevaient l’ordre de ne laisser entrer ni personnes, ni marchandises venant de Mirebeau, sous peine de privation de leurs charges.

Malgré ces précautions, le fléau, en 1606, était dans les murs de la ville; un médecin, nommé Pelletet, en était victime et la Chambre ordonnait que son corps serait porté en terre à minuit avec défense d'assister à ses obsèques. Il était enjoint à sa veuve et à ses domestiques de rester dans leur maison jusqu'à nouvel ordre, sans communiquer avec qui que ce soit. Quelque temps après, des livres qui avaient appartenu au médecin furent mis en vente par le libraire Desplanches; la mairie ordonna aussitôt une enquête pour savoir de quelle manière ils étaient venus en sa possession. Les pestiférés étaient, comme de coutume, internés dans la maison de l'Ile et devaient faire quarantaine au préau de Larrey avant de rentrer en ville lors de leur guérison. Les saccards chargés de les soigner donnaient lieu à des plaintes fort graves et le maire dut les menacer de les faire arquebuser s'ils ne réformaient leur conduite.

A cette date, les médecins consultés, en dépit de l’affirmation contraire des bouchers, déclarèrent nuisible à la santé l'usage de la chair des moutons « où se trouve

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