Aujourd’hui à Londres, National Gallery
de Saint-Vincent d'Anna Lena à Florence, une grande Viéree à l'enfant d’une composition simple et classique qu'il reprendra plusieurs fois et qui sera souvent copiée après lui. La Vierge est assise sur un trône, l'Enfant sur ses genoux tient une grenade ; de chaque côté du tableau le trône est prolongé par des arcades de marbre, en partie masquées de riches brocarts ; par devant, tournés vers le groupe divin, des saints en extase auxquels l'enfant sourit, dont Côme et Damien en longue tunique tombante comme chez le Bicci : l’un a les mains jointes, l'autre tient une plume et un écritoire ; : tous sont d’un modelé un peu flou, d’une exquise douceur.
Les dominicains étaient fort mal à l'aise dans leur refuge de Fiesole. En 1436 Côme et Laurent de Médicis obtinrent pour eux du pape Eugène IV l'église et le couvent de Saint-Marc à Florence où ils s’installèrent la même année. Ce couvent était en mauvais état ; Côme chargea Michelozzo de le transformer de la plus belle facon qu’il pourrait, et les moines l’embellirent de peintures sous la direction de l’Angelico qui se chargea luimème de plusieurs parties auxquelles on le voit travailler jusqu’en 1445. 1l commence par le maître-autel qu'il orne d'un merveilleux retable où saint Côme et saint Damien représentent leurs généreux protégés, agenouillés sur un somptueux tapis oriental aux pieds de la Vierge et de l'Enfant (Planche IV) environnés d’anges et- de saints; derrière le rideau, un céleste jardin de palmiers, de cyprès et d'orangers : la composition reproduit la précédente en l’amplifiant. Les deux frères