‹ Essai Les Paralysies Ascendantes AiguësChapitre 13 sur 25 · ARE TAN · texte numérisé non relu

ARE TAN

souffrait nulle part, n'avait aucun mouvement de fièvre, se plaignait seulement d'une extrème difficulté d'avaler et d'une gêne progressive à remuer les membres supérieurs, sans qu'il y eût d’abord le moindre changement appréciable dans ces organes ; l’'émétique ne produisit que quelques garde-robes. Dupu ytren introduisit dans l’estomac, au moyen d'une sonde, 24 puis 48 grains d’ipéca

* sans qu'il y eût aucun vomissement ; la gêne des bras et des mains allait tou-

jours croissant, on employa inutilement les sangsues, et l’état du malade empirant on eut recours à l'application de quelques vésicatoires.

Le dimanche Cuvier était arrivé au dernier degré d’une paralysie générale. Ses extrémités inférieures s'étaient progressivement affaiblies jusqu’à l'immobilité la plus absolue, l'estomac et les intestins paraissent avoir cessé leurs fonctions. Cependant le malade avait conservé jusque-là son intelligence entière, il avait même caleulé toute la gravité de sa position, car ses paroles n’exprimaient que le regret de laisser tant d'ouvrages incomplets.

Le dimanche 13 il ne parlait que pour exprimer le malaise général qu'il éprouvait. Ses facultés intellectuelles s’affaiblirent quelques moments avant sa mort qui eut lieu vers 10 heures et demi du: soir, moins d’une semainé après le début du premier symptôme.

Cette observation de Cu vier est un cas typique de paralysie descendante aiguë. Westphal en 1876 (Arch. f. Psych.) a rapproché de cette observation un fait qu'il rapporte et dans lequel presque tous les symptômes se bornèrent au bulbe. Il s'agissait d’un homme de 64 ans, entré à l'hôpital pour une vaste ulcération de la jambe gauche. Il était en voie de guérison lorsqu'il fut atteint tout à coup d’une attaque après laquelle il perdit la parole, et présenta une paralysie faciale. Quand Westphal le vit, quelques jours après, il présentait un trouble considérable de la déglutition, une grande difficulté de mouvoir la langue sans véritable aphasie, de la dyspnée avec phénomènes de Cheyne-Stokes, un pouls rapide (132) et irrégulier : à ces phénomènes bulbaires se joignait une certaine faiblesse de la main et du bras gauche ainsi que des jambes ; le malade pouvait bien marcher mais était bientôt arrêté par une grande faiblesse et une forte dyspnée; sensibilité intacte, pas de troubles trophiques, pas de perte dela contractilité faradique; la mort, qui survint rapidement, fut amenée par l'asphyxie et les troubles cardiaques; à l’autopsie, on ne trouva aucune lésion.

Eisenlohr (1) a récemment publié trois observations du genre de

(1) EiseNLo#r. Ueber einen eigenthüm lichen Symptomen complex bei abdo-. minal typhus. Deutsche Medicinische Wochensch., 1893, n° 6.

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