‹ Essai Les Paralysies Ascendantes AiguësChapitre 22 sur 25 · AY · texte numérisé non relu

AY

‘ ser us

Cette observation, ainsi qu'une deuxième rapportée également par M. Dejerine, montre que les lésions de polynévrite très nettes peuvent prédominer en un point quelconque du système nerveux périphérique.

Mais l’exemple le plus net de paralysie ascendante aiguë d’origine polynévritique se trouve dans une observation due à Pitres et

Vaillard.

OBSERVATION PITRES ET VAILLARD. — Archives de physiologie, 1887, I, p. 149.

D..., 22 ans, soldat, très robuste, entre au Val-de-Gräce pour une dothiénenterie confirmée dont le début paraît remonter à dix jours environ. Après une poussée broncho-pneumonique assez forte, la défervescence s'était produite, l'appétit naissait, la diarrhée avait cessé, l’état général était meilleur sans toutefois d'amélioration du côté de l'appareil pulmonaire.

Après trois jours d'apyrexie complète, ia température remonte, atteint rapidement 40°, en même temps qu'il se faisait une poussée d’hépatisation bronchopreumonique, les jours suivants la température reste élevée, et les troubles pulmonaires stationnaires.

Un matin, après une assez bonne nuit, lemalade s'aperçoit que ses membres inférieurs sont inertes, comme morts, il ne peut les déplacer; en même temps il ne sentait plus les piqûres ni le pincement, et il y avait de la gêne de la respiration.

Au moment de la visite, Dshaplégie flasque complète totale. Sur les jambes, la sensibilité est abolie sous tous ses modes, les réflexes cutanés et tendi-

neux ont disparu, les muscles abdominaux sont paralysés, et il en résulte un

météorisme très accentué, les muscles intercostaux sont atteints au même degré des deux côtés, la respiration est entretenue par le diaphragme et les muscles cervicaux, l'expiration est lente, faible, la toux presque impossible, la voix étouffée, presque éteinte.

‘Les téguments de l'abdomen et du thorax jusqu’au niveau des mamelons sont absolument insensibles à toutes excitations.

Du côté des membres supérieurs, parésie notable, surtout à droite, apparue dépuis quelques heures seulement, car au réveil il avait encore toute la liberté de ses mouvements. Sensibilité abolie au niveau de la main et de lavant-bras droit, conservée au-dessus du coude. Surle membre inférieur BAuCte la sensibilité est simplement émoussée.

La face est indemne. Pas de troubles sensoriels. Vessie distendue, miction lente et difficile.

Les muscles des régions paralysées réagissent faiblement et lentement à l'exeitation galvanique. Sensibilité électrique abolie dans toutes les régions anesthé-

siées,.

Page 1