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est difficile de leur conserver ce nom. Aussi est-il préférable de le réserver à la forme de paralysie ascendante aiguë décrite par cet auteur et exclusivement à cette forme. La maladie de Landry c’est donc une variété de paralysie ascendante aiguë de même, pour prendre un | exemple, que l’atrophie musculaire progressive type Duchenne-Aran est la forme d’atrophie musculaire décrite par ces auteurs. Il reste à discuter la valeur et l'importance de ce type, les modifications successives de ses principaux éléments dans les autres variétés de paralysie ascendante aiguë et voir enfin si cette affection constitue une entité clinique et anatomique réelle et mérite une place à part dans la neuropathologie.
Nous croyons qu'il ést utile de rappeler, au début de ce travail, l'observation de Landry qui constitue en quelque sorte le prototype de l’affection, afin de pouvoir lui comparer les observations similaires que nous aurons à rapporter. Comme elle est très longue, nous la résumons partiellement :
Paralysie ascendante aiguë généralisée; mort; autopsie. Aucune lésion appréciable du système nerveux.
G..., 43 ans, paveur, entre à l'hôpital le 1er juin. De petite taille, maigre, peu robuste, enfance maladive, fièvres intermittentes, rhumatismes articulaires vers l’âge de 15 ans.
Père mort paralysé.
L'année précédente il avait été atteint d’affections fébriles et douloureuses mal déterminées, à la suite desquelles il resta fatigué. En janvier, laryngite.
16 mars. Il est pris, au milieu de son travail, d’un frisson violent avec point de côté, toux, fièvre, expectoration abondante. Un médecin diagnostiqua « fluxion de poitrine ». Le malade ne put reprendre son travail que le 9 mai ; mais vers le 15 ill’abandonna, sentant sa faiblesse générale augmenter ones et entra à l' hôpital le 1er juin. Vers le 11 ou 12 mai il avait ressenti de légers fourmillements aux extrémités des doigts et des orteils.
13 juin. Le malade, qui ne s'était plaint jusque-là que d’une faiblesse générale extrême, s’aperçut qu'en marchant ses genoux fléchissaient souvent. Le lendemain ces flexions devenaient plus fréquentes, la marche plus difficile, les fourmillements avaient envahi la totalité des membres inférieurs et SODERCREE qui en outre étaient engourdis comme par le froid.
. Le 17. La marche devint impossible, ainsi que la station debout. Même soutenu par deux personnes, les jambes fléchissent, il ne peut marcher. Les mouvements des jambes sont lents et mous. Au lit, il ne peut les soulever au-dessus de l'horizontale ni les garder dans cette position, surtout pour le bras droit. Il se plaint d’une sensation de tuméfaction des doigts qui lui semblent entourés et comprimés par des liens, comme ficelés ; tous les mouvements passifs sont
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libres, pas de fièvre, aucune douleur dans les membres ni le long de l’axe vertébral, pas de céphalalgie, de contractures, ni de mouvements convulsifs ni réflexes quand on essaye d’en provoquer; sensibilité un peu obtuse à la plante des pieds; intelligence normale, pas d’appétit, mais état général excellent.
- Le 20. La paralysie est complète dans les membres inférieurs ; les supérieurs ne rendent plus aucun service au malade bien que leurs mouvements ne soient pas entièrement abolis. Les fourmillements ont remonté et se font sentir maintenant autour du thorax et à la base du cou. Gêne de la respiration, sensation de constriction pénible du thorax, barre à l’épigastre gênant l'inspiration. En examinant la poitrine on voit que les côtes sont soulevées en bloc et qu’en outre l’épigastre se creuse légèrement pendant l'inspiration et se soulève dans l'expiration, surtout quand le malade est couché sur le dos. Pendant l'effort l'épigastre fait saillie comme à l’état normal. Dyspnée légère, expectoration sans énergie, parole entrecoupée, sensation de langue lourde et épaisse, difficulté de la mastication, un peu de dysphagie. État général excellent.
Le 21. Mêmes symptômes plus prononcés. Aspect cachectique, sueurs, expectoration abondante, pouls 90, fonctions digestives régulières.
Les membres inférieurs ne peuvent plus exécuter qu’un très léger mouvement de totalité. G... ne peut les élever au-dessus du lit; lesseules contractions musculaires. appréciables sont celles du triceps. Les mouvements des orteils et des pieds sont entièrement abolis ; si on soulève la cuisse il peut étendre la jambe, mais sans force, tous les mouvements de la'cuisse surle bassin sont abolis. On sent cependant avec la main quelques contractions dans les muscles adducteurs, mais aucune dans les muscles fessiers.
Au membre supérieur les mouvements de totalité sont très bornés, l’abduction et l'élévation du bras sont impossibles; si on le place à angle droit sur l'épaule il retombe aussitôt. Cependant le deltoïde se contracte un peu. La rotation du bras en dedans ou en dehors se fait avec mollesse et incomplètement, l’écartement des doigts est à peine esquissé; l'abduction et l'opposition du pouce à peu près nulles, les doigts sont à demi fléchis et le malade ne peut augmenter que très légèrement la flexion, de sorte qu'il ne peut tenir ni serrer les objets qu’on place dans sa main. Les mouvements d'extension des doigts et des poignets, ceux de latéralité ou de rotation de la main sont très restreints. À gauche le malade fléchit et étend assez bien l’avant-bras sur le bras, mais faiblement ; à droite les mouvements sont plus faibles encore et plus limités.
La station assise est impossible. Les muscles abdominaux se contractent - faiblement. Les paroïs thoraciques se soulèvent en bloc pendant l'inspiration sous la seule action des muscles cervicaux et les dimensions des espacés intercostaux ne changent pas d’une manière sensible. Le trapèze et les pectoraux se contractent assez bien, le grand dentelé paraît immobile. Si on le fait asseoir, la tête tombe et il ne la relève qu'avec effort; le diaphragme paraît paralysé, car au moment de l'inspiration il s’excave fortement et se soulève dans l’expiration ; l'effort est difficile et court, et G... reste épuisé et essoufflé.
La respiration cst difficile, l’ampliation du thorax incomplète ; à chaque inspiration les sterno-mastoïdiens et les scalènes se contractent fortement ;
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oppression, dyspnée, voix entrecoupée, toux sans énergie, expectoration presque impossible. Dysphagie, difficulté de mastication, langue moins mobile, pas de tremblement des lèvres ni de la langue, pas de troubles des mouvements des yeux ni de la face; toutefois, fourmillements dans les joues.
Il urine et va à la sellé spontanément. è
Les mouvements qui lui restent sont lents, faibles, peu étendus, mais bien coordonnés, sans tremblement ni oscillations ; l'irritabilité musculaire paraît normale, pas d’atrophie musculaire ; les cordons nerveux accessibles à l’électricité restent tous excitables. Pas de rétractions tendineuses, de contractures ni de convulsions. On ne parvient pas à provoquer le moindre mouvement réflexe même en variant les excitations.
La sensibilité est bien moins atteinte. Les sensations de douleur et thermiques ne sont modifiées nulle part, celles d'activité musculaire sont abolies seulement dans les muscles moteurs du pied et des orteils, G... n'a pas conscience des mouvements imprimés à ces parties ni des contractions provoquées dans ces muscles par l'électricité ; il sent pourtant très bien la douleur de crampe et la douleur cutanée produites par le dernier mode d’excitation. Les simples contacts ne sont plus perçus à la plante et sur le dos du pied, les impressions commencent à être senties vaguement au niveau du tiers inférieur des jambes et deviennent de plus en plus distinctes à mesure qu'on remonte. Aux membres supérieurs l’anesthésie ne dépasse pas le tiers supérieur de l’avantbras et n’est complète qu’à la pulpe des doigts. Enfin la sensibilité au contact est obtuse sur la partie postérieure et latérale du tronc. Dans ces régions G... sent qu’on le touche mais ne différencie pas l’attouchement simple ét le frottement, le contact de la main et celui d’une étoffe, les impressions très légères ne sont pas perçues. Il accuse dans les membres et surtout aux extrémités un sentiment d’engourdissement qu'il compare à un froid intense. En effet, les parties quoïque bien couvertes, malgré la température élevée de la saison et la rapidité du pouls, sont froides ; les pieds en particulier ont une température cadavérique.
Les sens spéciaux sont tous normaux, l'intelligence intacte ; l'état général n’a rien d'alarmant et c’est à peine si au premier abord on remarque la dyspnée dont il se plaint ; il exprime cependant des appréhensions sur son état et par moments éprouve de sinistres pressentiments. ;
Dans la journée les accidents se sont aggravés; vers 4 heures, dyspnée extrême, parole entrecoupée et faible, la face et le cou légèrement cyanosés couverts de sueur froide ; il se plaignait d’une sensation de constriction au niveau du larynx. À 5 heures on le fait manger, mais il ne peut avaler. Il demande alors à être assis pour faciliter la respiration et la déglutition, mais après quelques instants il s’affaisse en demandant du secours, pâlit et meurt subitement 8 jours après le début de la paralysie.
AUTOPSIE. — Le crâne et la colonne vertébrale sont ouverts avec précaution. Les sinus sont gorgés de sang. Après l’incision de la dure-mère on trouve également les veines des méninges céphalo-rachidiennes remplies de sang ; mais il n'existe aucun épanchement ni dans la cavité de l’arachnoïde ni dans