‹ Essai médical sur les huîtresChapitre 6 sur 8 · Que le vinaigre, l'acide citrique et la · texte numérisé non relu

Que le vinaigre, l'acide citrique et la

(56 ) cide tartarique dissolvent très-promptement les huîtres.

5.° Que l'alcool, même affaibli, loin de dissoudre les huîtres, ne fait au contraire que les durcir.

Sept douzaines et demie d’huîtres, détachées avec soin de leurs coquilles, furent mises avec leur eau dans une capsule de platine : elles pesaient 985 grammes. On a placé la capsule dans une étuve chauffée à 50 degrés, et la dessiccation n’a été complète qu'après soixante heures. Le résidu ne pesait plus que 125 grammes; par conséquent il y a eu 860 grammes de matière volatilisée. Cette matière n'est que de l’eau.

Les 125 grammes d’huîtres sèches ont été mises dans un creuset de platine que l’on a placé sur un feu très-vif. La matière s’est décomposée en dégageant une odeur animale analogue à celle que donne la fibrine pure, soumise à la même opération. Cette odeur était extrémement ammoniacale ; en même temps il s'est dégagé des vapeurs blanches qui n'avaient rien d'huileux. Lorsque le creuset a été rouge, ces vapeurs se sont enflammées et ont produit une flamme brillante. Dans ce moment, on a découvert le creuset, et on a observé que la matière fondait et

(37) bouillonnait un peu, mais sans boursoufflement, et elle prenait du retrait au lieu d'augmenter de volume, comme le font la plupart des autres matières animales. Lorsqu'il ne s’est plus dégagé de vapeurs combustibles , le creuset, qui était très - rouge, a été retiré du feu ; pendant le refroidissement , il s'en dégageait une odeur ammoniacale.

La masse charbonneuse occupait exactement la moitié du volume de la matière avant sa calcination. Ce charbon était très-dur : on l’a pulvérisé et lavé avec soin ; la liqueur a été filtrée et évaporée à siccité. Le résidu, complètement desséché, pesait dix-huit grammes deux centigrammes : il était blanc, et contenait les mêmes sels que l’eau de l’huître. Il est probable que ces différens sels y sont dans les mêmes proportions que dans l’eau de la mer (1).

(1) Eau de la mer, 100 parlies contiennent :

Huilco: chitatE 1 de RAR ré 2493de magnésie.. 0,354, de magnésie.. 0,081.

sulfate... .,,,.4 de soude..... 0,103.

de chaux..... 0.097.

On a examiné ce charbon séparé des matières salines par la lixiviation, après l'avoir divisé en plusieurs parties égales.

1.0 Traité par un excès d'acide hydro-chlorique, ila produit une effervescence très-sensible : la liqueur filtrée était d’une couleur jaunâtre : en y versant de l'ammoniaque, on a obtenu un précipité floconneux très-abondant ; ce précipité , d'abord blanc, est devenu jaunâtre par la dessiccation : on y a reconnu du phosphate de chaux et du phosphate de fer. La liqueur filtrée, qui ne se troublait plus par l'ammoniaque , a été traitée par du carbonate de potasse, qui en a précipité une quantité trèsnotable de carbonate de chaux.

2. Une autre portion du charbon a été brülée dans une capsule de platine : pendant la combustion il s'est dégagé une odeur mixte d'acide hydro-cyanique, et d’'ammoniaque. Après l'incinération, le résidu, qui était d’un blanc jaunâtre, avait à peu près le même volume qu'auparavant. Ce résidu , traité par l'acide hydrochlorique, sy est dissous en totalité, et sans produire d’effervescence. La liqueur a donné par l’ammoniaque un précipité beaucoup plus abondant que dans le cas précédent, et également composé de phosphate de chaux et de

( 59 ) phosphate de fer. Le carbonate de potasse n'a donné dans la liqueur filtrée qu'une trace ner carbonate de chaux.

L'augmentation de la quantité de phosphates obtenus dans cette expérience, et la disparition presque totale de carbonate de chaux étant extrêmement remarquables, et ne pouvant être attribuée qu'à la formation d’une certaine quantité d'acide phosphorique, j'ai cherché à vérifier ce fait très-intéressant par les expériences suivantes.

On a réduit en poudre fine une certaine quantité de charbon ; on l'a divisée en deux parties égales ; l'une a été traitée à chaud par un excès d'acide hydro-chlorique , qui, comme dans le premier cas, a produit une effervescence assez vive; la liqueur a été filtrée, et le charbon resté sur le filtre a été lavé avec de l'eau distillée, jusqu'à ce que celle-ci ne trouvât plus rien à dissoudre. Les liqueurs réunies ont été successivement traitées par l'ammoniaque en excès, qui en a séparé tous les phosphates de chaux et de fer, et ensuite par l'acide oxalique, qui a produit beaucoup d'oxalate de chaux.

L'autre portion du charbon qui n'a pas été traitée par l'acide hydro-chlorique a été inçinérée ; la cendre a été mise en contact avec l'acide

hydro-chlorique, qui l'a entièrement dissoute sans effervescence ; la liqueur filtrée était jaunâtre : elle a été traitée par l'ammoniaque en excès, qui en a séparé une quantité considérable de phosphate de chaux et de fer. La liqueur filtrée, traitée par l'acide oxalique , n’a donné qu'une trace d'oxalate de chaux.

D'après ces deux expériences , il est certain que ce n'est qu'à la combustion du charbon qu'est due la formation de l'acide phosphorique, qui, en décomposant le carbonate de chaux que le charbon contient , fait disparaître ce dernier sel, et augmente ainsi la proportion de phosphate de chaux. En effet, le charbon qui a été traité par l'acide hydro-chiorique, et ensuite bien lavé, a été incinéré à une chaleur rougeobscur dans une capsule de platine ; le résidu traité par l'eau a sensiblement rougi la teinture de tournesol.

On ne peut expliquer la formation de l'acide phosphorique qu'en admettant que le phosphore est une des partiesconstituantes de l'huître, et qu'il s'y trouve dans un état de combinaison analogue à celle dans laquelle il existe dans la laite des poissons, comme l'ont prouvé Fourcroy et M. J’auquelin en 1807.

Trois douzaines et demie de belles huîtres ont

(4) été ouvertes et détachées avec soin ; on les a mises dans une capsule de verre après les avoir lavées à grande eau, jusqu'à ce que le nitrate d'argent ne produisit plus de précipité ; alors on les a pilées dans un mortier de porcelaine avec de l’eau distillée de manière à les réduire en une sorte de purée claire. Gette purée mise dans une capsule de platine, a été soumise à l'ébullition pendant dix minutes : il ne s'est pas élevé de matière graisseuse à la surface du liquide : on a versé le tout sur un filtre ; la matière animale, qui s'était retirée sur elle-même pendant la cuisson, y est restée : la liqueur a passé très-promptement ; elle était limpide, mais ayant une couleur légèrement jaunâtre :

elle avait une forte odeur de bouillon de viande, à travers laquelle on distinguait cependant encore celle de poisson de mer. Cette liqueur, . évaporée convenablement, a donné un extrait mou , d'une couleur jaune brun foncé, dont une grande partie s’est dissoute dans l'alcool en excès. La dissolution alcoolique d’un jaune foncé a été évaporée , ayant eu soin d'ajouter de l'eau de temps en temps, jusqu’à ce que tout l'alcool für volatisé. Alors la liqueur, qui répandait une odeur suave de jus de viande, ayant été évaporée de nouveau dans une étuve, a laissé un extrait

(42) qui pesait 15 gram. 5 centig. Cette matière, examinée , a présenté tous les caractères de l’osmazome ; et comme elle en a toutes les propriétés, on doit la considérer comme telle,

La portion de l'extrait que l'alcool n’a pas dissous, a été desséchée. Cet extrait est devenu alors d'un jaune brun, demi-transparent, ayant une cassure luisante , et pesant 2 grammes 3 centigrammes.

Cette matière a été traitée par l’eau chaude, et s'y est gonflée; puis il s'en est dissous une partie. Lorsque l'eau n’a plus exercé d'action sur cette matière, on a filtré. La liqueur a été précipitée par l'infusion de noix de galle : elle a indiqué tous les caractères qui appartiennent à la gélatine. La portion que l’eau n’a pas dissoute, mais qui s y est gonflée, a tous les caractères du mucus de poisson.

La matière animale, séparée par le filtre du bouillon des huîtres pilées , est de nature fibreuse.

Il résulte de toutes ces expériences que les huîtres contiennent beaucoup d’eau, peu de matière animale solide, et que cette matière animale contient elle-même :

1. Beaucoup de matières salines, et les mêmes que celles de l'eau de la mer.

( 45 ) 2. Beaucoup de phosphate de fer et de chaux.

3° Beaucoup d'osmazome.

Page 1