‹ Essai monographique sur le préténdu cancroïde labialChapitre 8 sur 16 · RÉCIDIVE · texte numérisé non relu

RÉCIDIVE

La question de la récidive est , pour le cancroïde labial , le véritable critérium de sa malignité; la généralisation n’est rien, pour ainsi dire, au point de vue du pronostic. Peu importe, en effet, que le malade meurt avec des tumeurs secondaires dans différents organes, si la cause principale de cette funeste terminaison est la reproduction du mal dans un endroit peu éloigné du siège primitif ou même dans la cicatrice de l’opération.

Presque tous les auteurs anciens et beaucoup de pathologistes et de chirurgiens de nos jours regardent la récidive comme faisant exception à la règle ; nous voudrions partager cette opinion, que malheureusement trop de faits tendent à renverser pour être admissible (1).

Pendant les quatre années que nous avons passées dans les hôpitaux de Lyon, nous avons toujours vu en moyenne autant de malades revenir pour des récidives de cancroïdes des lèvres, que de femmes qui revenaient pour des récidives de cancer du sein. Et qui aujourd’hui oserait soutenir que le plus souvent cette dernière maladie ne récidive point ? Si l’on admet, comme étant la règle , la reproduction pour le cancer ordinaire, il me semble qu’on doit nécessairement l’admettre pour le cancroïde des lèvres. Je ne donne point de chiffres pris dans les hôpitaux , tout le monde comprenant que cette

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(1; Nous voici donc arrivés à cette conclusion, que les tumeurs épidermiques, vulgairement appelées boutons de mauvaise nature ( ’noli me tangere ), ulcères cancéreux ou cancroïdes, cancers de la peau, sont bien de vrais cancers, ou, pour parler plus exactement, à notre sens, que l’affection cancéreuse peut être la suite du développement d’une tumeur épidermique, ff

question n’y peut être résolue, car beaucoup de malades vont mourir chez eux ou viennent se faire traiter dans d’autres services. • Mais je dois citer ici l’opinion d’un chirurgien éminent qui, placé à la tête d’un hôpital d’une petite ville, a pu suivre un grand nombre de malades depuis le début de l’affection jusqu’à la récidive et la mort; je veux parler de V. de Bruns, professeur de clinique chirurgicale à l’Université de Tiibingen. « Généralement, dit-il, pour le cancroïde labial la récidive se montre à la fin de l’année durant laquelle le malade a été opéré , et la mort a lieu le plus souvent de deux à quatre ans après la récidive. »

Pour appuyer l’opinion du célèbre pathologiste allemand, dont les travaux sont venus si bien nous confirmer dans l’idée que nous nous étions faite de la nature du cancroïde labial, nous ne pouvons mieux faire que de donner ici la traduction des tableaux qu’il a placés dans sa consciencieuse et savante monographie des maladies de l’appareil du goût et de la mastication.

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