‹ Essai monographique sur les cysticerquesChapitre 7 sur 18 · COUP D OEIL SUR LES AUTRES CYSTICERQUES · texte numérisé non relu

COUP D OEIL SUR LES AUTRES CYSTICERQUES

11 nous a paru utile de résumer l’état de nos connaissances sur les autres cysticerques que nous n’avons pu observer, et de soumettre à la critique plusieurs points de leur histoire.

Le nombre des cysticerques connus jusqu’ici , forme déjà u:i chiffre élevé, bien qu’il soit fort inférieur au nombre des Cestodes connus. Il est certainement peu d’êtres aussi mal connus dans leur ensemble. Comme ils ont été généralement étudiés par des méthodes insuffisantes , on ne possède sur eux que des renseignements vagues , se bornant même souvent au nom de l’hôte et à l’aspect extérieur du parasite, aussi est-il possible que l’on ait observé beaucoup plus d’espèces qu’on ne pense. Dans ces dernières années toutefois , différentes formes ont été très bien observées par d’habiles observateurs; on possède des données suffisantes sur VArchigetes , les Staphylocystis , etc. , mais il faut reconnaître que c’est là le petit nombre Nous avons déjà fait voir que la forme vésiculaire des larves de Cestodes n’appartenait pas en propre à des groupes déterminés , mais se rencontrait par toute la famille; nous savons aussi que ces larves présentent souvent la forme rubanaire [ligulœ formes de Rud.)et que, chez certains groupes, elles peuvent n’ètre pas enkystées. On en a même trouvé de libres. Nous limitant aux formes vésiculaires que nous avons seules étudiées dans ce mémoire , nous laisserons de côté de nombreuses formes sur lesquelles on ne sait presque rien, en nous réservant d’y revenir dans un travail ultérieur.

Cjstieercus fisttiGai'is. — Rudolphi donna ce nom à un cysticerque remarquable que Chabert avait trouvé dans le péritoine d’un Cheval et dont plusieurs individus étaient conservés au Musée de l’Ecole vétérinaire d’Alfort.

D'après la description de Rudolphi , dans son E ntozoorum historia naturalisa cette espèce atteint cinq ponces de long; à la partie postérieure elle a de trois à quatre lignes d’épaisseur. La tête est très petite, les ventouses sont peu développées; le corps est rugueux, long à peine d’un demi-pouce , suivi de la vésicule qui est un peu plus grosse à la partie postérieure. Quelques années plus tard , dans le Synopsis entozoorum , Rudolphi nous apprend que le Cysticercus fistularis a été trouvé aussi à l’Ecole vétérinaire de Berlin par Reckleben et qu’il a pu constater chez cette espèce une double couronne de crochets.

Cet animal très rare , ne semble pas avoir été revu depuis Ghabert et Reckleben; il n’existe plus dans les collections de l’Ecole vétérinaire d’Alfort, d’après ce qu’a bien voulu me dire M. Nicollet , le conservateur actuel. (Il en est de même du Cysticercus canis , trouvé aussi par Chabert et que Rudolphi ne fait qu’indiquer).

Yan Beneden s’exprime ainsi en parlant de cet animal : « lin homme fort > distingué, en parlant de ces Vers, nous disait que de jeunes Taenia plicata , » qui proviennent des intestins du Cheval peuvent devenir des Cysticercus » fistularis dans l’abdomen du même animal (1). » Cette indication très vague a été souvent répétée depuis Van Beneden ; nous nous contenterons de faire remarquer, d’après les documents que nous a laissé Rudolphi , que si la tète du Taenia plicata est très grosse et inerme , celle du Cysticercus fistularis est très petite et armée (. solito more armatum Rud.). Il suffisait de faire ce rapprochement pour trancher la question.

Leuckart avait déjà formulé des doutes formels sur la parenté du Cysticercus fistularis et du Taenia plicata , parenté que Siebold , avant Beneden , avait déjà supposée : c’est une chose fort invraisemblable, dit-il, car le Tœnia plicata n’a aucun des caractères des Tænias à vers vésiculaires; nous croyons plutôt que le Tænia du Cysticercus fistularis , comme les autres vers vésiculaires de nos animaux domestiques, vit dans l’intestin du Chien (2).

Cobbold (3) a émis récemment l’opinion que le Cysticercus fistularis serait une simple variété du Cysticercus tenuicollis ; cette hypothèse est aussi infirmée par la description de Rudolphi.

(1) Gervais et van Beneden, Zoologie médicale , t. 2, p. 244.

(2) Leuckart, DieBlasenbanwürmer , etc., p. 38.

(3) Cobbold Parasites, p 369.

Cysticercus acan&laotrâas. — Le Dr TVeinland, de Francfort a décrit sous ce nom, en 1861, des cysticerques trouvés à Richemont, en Virginie, chez une femme de race blanche morte phthisique, et qui sont conservés au musée de Boston et au musée de Cambridge. Douze à quinze de ces parasites se trouvaient dans le tissu cellulaire des muscles et sous la peau, un autre individu était libre au voisinage de l’apophyse crista-galli. La caractéristique de ce cyslicerque réside dans ses crochets qui, d’après Weinland, sont distribués en trois séries de 14 chacune. Les deux premières séries n’offrent rien de particulier, les crochets de la troisième série peuvent se définir ainsi , après l’examen des dessins de Weinland: ils ont la forme générale des crochets des Tænias du groupe auquel appartient le Cysticercus cellulosœ, à cela près qu’ils n’ont pas de manche. Tous les individus observés présentaient les mêmes particularités. Les autres caractères étaient ceux du Cysticercus cellulosœ. (1)

Leuckart, qui put examiner un cysticerque de cette espèce, rapporté par Weinland, confirme la description que nous venons d’analyser; il a cependant trouvé 48 cro chets au lieu de 42 ; le manche des crochets des deux grandes séries lui parut proportionnellement plus long que chez le Tœnia solium ; il vit que la trompe était pigmentée de noir (2).

Pour Davaine, il parait très probable que ce cysticerque n’est qu’une monstruosité du Cysticercus cellulosœ (3).

Pour Leuckart, ce cysticerque est une espèce indépendante car, outre leur nombre et leur disposition, les crochets sont différents de ceux du Cysticercus cellulosœ par la grosseur et la forme. Ce qui paraît le plus concluant à Leuckart, c’est la constance de ces caractères chez tous les individus observés. Le Tænia de cette espèce doit être très voisin du Tœnia solium.

Nous nous contenterons de faire remarquer que la forme des crochets de la troisième série, pour ainsi dire dépourvus de manche, rappelle un état tran-

(1) Weinland, Beschreibung zweier neuer Tænioiden ans dem Menschen, Nov. act. Nat. cur, 1861, t. 28, p. 5

(2) R. Leuckart, Die menschliehen Parasiten , t. I. p. 310.

(3) « 11 est intéressant, dit cet auteur, de rapprocher ce cysticerque aux trois couronnes de crochets, des embryons *> à douze crochets que j’ai observés et des 6trobiles prismatiques trouvés par plusieurs observateurs. On reconsti. .> tuerait ainsi les phases diverses du développement d’un Tænia atteint de duplicité. » DAVAINE, Entozoaires, p. XLII. Nous croyons que le rapprochement fait par Davain n’est pas juste : pour nous, le Cysticercus acanthothrias, avec ses trois couronnes de crochets, ne rappelle absolument en rien les monstres doubles qui ont été observés chez les Tænias. On sait, en effet, que les crochets de la tête des Tænias apparaissent d’abord plus nombreux qu’ils ne seront plus tard, et ils sont primitivement disposés sur quatre ou cinq rangées. Il y a tout simplement ici persistance d’un phénomène embryogenique normalement transitoire; cette persistance peut caractériser une espèce ou frapper accidentellement une série d’individus.

sitoire de ces organes. 11 faut noter aussi leur disposition : la troisième série est la plus externe, et, comme elle n’alterne pas avec les autres, ce qui est un phénomène irrégulier, je suis porté à croire qu’il s’agit là d’une monstruosité. Leuckart ne paraît pas avoir attaché d’importance à cette dernière particularité (1).

Cysticerque du Tæiaia cuenmerina. — On sait que le Tænia cucumerina est l’hôte très fréquent des jeunes Chiens, dans l’intestin desquels il se trouve parfois en très grand nombre. Leuckart, partant de considérations diverses, supposa que ce Tænia vivait à l’état de cysticerque chez un insecte, et institua des expériences en donnant des oeufs de ce Tænia à des larves de Mouches, mais l’éclosion ne se fit pas dans ce milieu (2). Melnikow, conduit par l’idée de Leuckart, avait expérimenté sur des Blattes et Cobbold avait aussi tenté d’infester ces derniers animaux , mais sans plus de succès. C’est au laboratoire de Leuckart que Melnikow, en étudiant des Mallophages, fit par hasard la très intéressante découverte du cysticerque du Tænia cucumerina dans la cavité du corps du Trichodectes canis (3).

Cette larve se montre à l’oeil nu, sous forme d’un petit point noirâtre dans lequel le microscope fait voir tous les caractères d’un cysticerque. Le rostelium avec les ventouses sont rétractés à L’intérieur du corps, au fond d’une invagination. Bien qu’il semble à première vue que l’on ait affaire à la tète d’un Tænia rétracté dans une vésicule caudale, il s’agit simplement d’une tète de Tænia invaginée dans la partie postérieure du corps d’un scolex, et il n’y a pas de vésicule caudale. Le parasite du Trichodecte est tout à fait comparable à un scolex d’échinocoque dont la tète est rétractée. Pour Melnikow, cette espèce est rattachée aux vrais cysticerques, munis d’une vésicule

(1) Dans un mémoire intéressant à d’autres égards encore et sur lequel nous allons revenir, Redon rapporté qu’ayant examiné avec soin près de cent cysticerques trouvés chez l’Homme, il en vit un qui présentait 41 crochets disposés assez régulièrement sur trois rangées. - Ce fait isolé, dit-il, permet de considérer comme une anomalie ces « scolex à trois couronnes de crochets que MeiNLAND a mentionnés le premier et que Leuckart décrit volontiers » comme une espèce spéciale, à laquelle il impose le nom de Acanthotrias » Nous ferons remarquer à Redon que le médecin, auteur de la découverte du cysticerque en question, était WEINLAND et que le nom d 'Acanthotrias ne fut pas donné par I.EUCKART. Ceci n’enlève pas l’intérêt de l’observation de Redon , il est seulement à regretter que l’examen des crochets de ce cysticerque anormal ait été négligé. (Çf Redon, Expérience sur le développement rubanaire des cysticerques de l'homme , Ann. des Sc. nat., 6me série, 18T7, t. VI, art. 4.)

(2) R. Leuckart, Bericht Uher die Leistuagen in der Naturg. der nied. Thiero w5hr. 1859 — Archiv f. Nalurg 1860, t. II, p. 139.

(3) Nicolaus Melnikow, Ueber die Jugendzustànde der Tænia cucumerina , Arch. f., Nalurg., t. XXXV, 1869,

caudale bien développée, par les cysticerques à vésicule caudale réduite (les cysticercoïdes de Leuckart), comme par exemple le cysticerque de YArion.

Le cysticerque du Trichodecte, est revêtu d’une cuticule épaisse, il possède de nombreux corpuscules calcaires. A la partie postérieure du corps , un « porus excretorius » prouve l’existence de vaisseaux.

Par suite de ses expériences, Melnikow put observer un stade de développement de ce nouveau parasite. La jeune larve, tout en étant deux fois plus grosse que l’embryon bexacantbe , en était assez peu différente : elle portait encore à une extrémité, six crochets disposés deux par deux, tandis que l’autre extrémité était très sensiblement renflée (1). Cette forme est due, d’après Melnikow, à un développement unilatéral de l’embryon bexacantbe qui persiste en formantla partie amincie de la larve : la partie renflée, d’après lui, peut être considérée comme un bourgeon, qui a la valeur d’un scolex. L’embryon bexacantbe se détache et le scolex reste seul pour former le cysticerque.

eonlatns. — Cette espèce vit dans le Mustela putorius ; elle a été trouvée dans le foie et dans l’épiploon. Ses caractères extérieurs la distinguent assez peu du Cysticercus pisiformis.

Goeze avait recontré cette espèce, mais il n’en donne aucune description. C’est Tschudi qui l’a figurée et décrite d’après des individus trouvés par Friedrich Leuckart (2). Sa description est tout-à-fait insuffisante et les crochets n’ont pas été dessinés. Je ne sache pas qu’on ait retrouvé cette espèce depuis Tschudi.

Cysticeretas pSIeatus. Boj . — Bojanus a trouvé à Yilna un seul individu de cette espèce, sous la peau d’un Simia inuus ; il était fixé sur le biceps crural. Est-ce une espèce distincte? Tschudi reproduit la figure et la description données par Bojanus, mais on ne saurait rien conclure de ces documents : le chapeau , dont parle le naturaliste allemand, et qui recouvrirait la tète, n’a lien d’analogue chez les autres cysticerques; on n’a vu sur la tète ni crochets üi ventouses.

C.yiticei’cus elongatn§. — Friedrich Leuckart (3) a décrit et figuré sous ce nom un cysticerque enkysté contre l’utérus d’un Lapin domestique et dont le caractère distinctif serait le grand allongement de la vésicule.

(1) Un stade exactement semblable a été figuré par R.ytzel dans son mémoire sur le Caryophylleus appendiculatus. (2j Tsciildi, Die Bîasenwürmer, 1838, p. 68.

(3) Friedrich Sigismund Lei CKART, Zoologische Bruchstucke, III, p. 1.

Nous avons unefois trouvé dans lemêmepoint des cysticerques correspondant parfaitement à la description de Leuckart, et nous nous sommes assuré qu’ils appartenaient au Cysticercus pisiformis . Rudolph Leuckart dit que le Cysticercus elongatus paraît être réellement différent du Cysticercus pisiformis par le nombre de ses crochets (1) ; mais nous ne croyons pas qu’on puisse tirer argument de ce caractère. En effet, si le Cysticercus 'pisiformis a ordinairement plus de 40 crochets, il arrive fréquemment quïl en possède moins , 34 ou 36 par exemple, et c’est là précisément le nombre que Frédéric Leuckart assigne à cette espèce qu’il croyait nouvelle Deux individus de ces cysticerques du bassin, que nous avons trouvés , avaient 36 crochets ; nous n’avons pas compté le nombre de ces organes sur les autres individus.

Cœnuredu Tæuiaserialis (Cœnurus serialis Gerv.). — Je n’ai pas encore rencontré cette espèce , bien que je sache, par le témoignage des chasseurs , qu’on la trouve parfois dans les Lapins des garennes de Wimereux.

Le Cœnurus serialis fut indiqué pour la première fois par Galeb Burel Rose (2) qui le rencontra dans les muscles lombaires d’un lapin. Cet auteur rapporte que les garenniers anglais connaissent parfaitement la maladie que ce parasite occasionne. Rose ne vit pas de différence entre ce Cœnure et le Cœnure cérébral. Emmanuel Rousseau le trouva, peu de temps après, dans le canal rachidien d’un animal de la même espèce et il le communiqua à Leblond, aussi peu helminthologiste que possible. Celui-ci le rapporta au Cœnurus cerebralis (3).

Le Cœnurus serialis fut observé par Geryais (4) qui lui donna son nom. Prince et Baillet le rencontrèrent à plusieurs reprises dans le tissu cellulaire de diverses régions du corps du Lapin. Davaine ainsi que plusieurs autres naturalistes l’ont également observé (5).

D’après Baillet, à qui l’on doit les renseignements les plus complets sur cette espèce (6), le Cœnure sérial est très semblable au Cœnure cérébral ; sa vésicule peut acquérir la taille d’un œuf de poule, mais elle porte déjà de

(1) Rudolph Leuckart, Die Blasenbandwürmer, etc., p. 38.

(2) C. B. Rose, On the vesicular Entozoa and parlicularly hydatids, London med. Gaz. vol. XIII, 1833-1834, p. 204 , aussi en 1844, ibid. vol. XXXIV, p. 526.

(3) In Bremser , Traité des Vers intestinaux de l'homme , trad. franc. 1831. Texte explicatif du nouva iatias par Leblond, p. 15.

(4) Cœnurus serialis, P. Gervak?. Mém. de l’Acad. des Sc. de Montpellier, 1841, t I, p. 98.

(5) Davaine, Traité des Enlozoaires, p. XXXVII

(6) Baillet, ffist. nat. des Helminthes , 1866, p. 149.

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nombreux scolex lorsqu’elle est simplement de la grosseur d’une noix. Les scolex de cette espèce sont trois ou quatre fois plus gros que ceux

duCœnure cérébral et « leur extrémité libre est souvent contournée en volute. »

La vésicule offre une particularité que ne présente jamais celle du Cœnurus cerébralis , c’est celle de produire quelquefois, mais non pas toujours, par voie de bourgeonnement, soit sur sa face externe, soit à sa face interne, d’autres vésicules organisées comme elle, et qui peuvent produire des scolex. Les vésicules externes restent souvent fixées à la vésicule-mère -par une sorte de pédicelle, les vésicules internes, au contraire, se détachent au bout d’un certain temps. La disposition des scolex, qui sont d’ordinaire distribués en séries linéaires, non parallèles entre-elles, a déterminé le nom de cette espèce.

Ces Cœnures, administrés à des chiens par Baillet ont produit un Tænia Tænia serialis , (Baillet) dont les différences avec le Tænia cœnurus sont si peu tranchées que, selon l’expression de Baillet lui-mème « n’était la réserve qui est toujours commandée dans des questions de cette nature, on serait porté à les considérer comme appartenant l’un et l’autre à la même espèce. » (1)

Les œufs du Tænia serialis donnés par Baillet à des Lapins ont reproduit le Coenure. Donnés à des Moutons, les résultats ne furent pas concluants. Il est à remarquer, dit Baillet, que presque tous les Cœnures de cette espèce ont été recueillis chez des Lapins de garenne. Cela semblerait indiquer que le Tænia qui les produit doit habiter l’intestin de quelque carnassier vivant ordinairement dans les mêmes lieux que les Lapins sauvages. Le développement de ce Tænia chez le Chien serait alors purement accidentel (2).

Perroncito rencontra le Cœnurus serialis dans un Lapin domestique et chez unLièvre. Administrées à des Chiens, ces larves donnèrent desTænias comme dans l’expérience de Baillet. Les embryons de ces Tænias furent administrés à des Lapins et à un Mouton. Les premiers périrent accidentellement au bout de peu de jours et l’autopsie ne fut pas faite; fine se développa point de Cœnure chez le Mouton (3). — Cette expérience, jointe au résultat de celle de

(1) Baillet, Comptes-rendus d’expériences faites à l’Ec. vét. de Toulouse, etc. Journal vétérinaire du Midi. Un extrait de cet excellent travail est donné aux Ann. des Sc. nat., 5e série, 1859, t. X, p. 190.

(2) Nous ferons remarquer qu à Wimereux, aucun autre grand carnassier que le Chien , ne peut se rencontrer dans les dunes, mais les Lapins y sont fréquemment détruits par l’Hermine.

(3) Perroncito, Sopra un cas o di Cœnurus riscontrato nelia cavito addominale di un coniglio , Annali délia

R . Accademia d’Agricoltora di Torino, vol. 17, 1874, et aussi Cœnuri nel conneltivo sotto-cutaneo deiconigli

e delta lepri , id. id. , t. XX, 1878, p. 141.

Baillet, semble montrer que ce cœnure est bien propre au Lapin. Toutefois pour permettre une conclusion définitive, il faudra répéter les expériences sur le Mouton, puisque le résultat doit en être négatif.

Les différents auteurs qui se sont occupés du Cœnure sérial, Gervais et van Beneden , Leblond , Pagenstecher n'ont pas manqué de rappeler une observation rapportée par Laenneg(I), dans son mémoire sur les vers hydatides. Le célèbre médecin nous dit que, d’après quelques chasseurs, les Lapins sont sujets à une maladie semblable au tournis des agneaux, « mais, ajoute-t-il, je ne sache pas qu’on ait encore trouvé de vers vésiculaires dans le cerveau de ces animaux. » Il semble assez naturel, en effet, d’attribuer le tournis du Lapin à son cœnure, et la chose bien que non-constatée est possible. Mais le tournis du Lapin n’est pas dù toujours au cœnure, du moins en avonsnous observé un cas intéressant que nous noils réservons de publier , et dans lequel cette cause n’entrait pas en jeu. Nous renvoyons sur ce point au très intéressant mémoire où Brown-Séquard a étudié la maladie pigmentaire du Lapin (2).

Boettcher décrivit chez le Lièvre un cœnure qu’il considéra comme formant une espèce nouvelle (3). D’après Leuckart, ce n’est point une nouvelle espèce.

Lindemann trouva aussi dans les muscles du Lièvre un Cœnure , dont les s colex étaient disposés en séries très régulières; il lui donna le nom de Cænurus Lorotzowi , le considérant comme une espèce nouvelle caractérisée par une seule forme de crochets. Il y a probablement là une erreur d’observation ou un fait tératologique. Pagenstecher a trouvé sur un scolex du Cœnure sérial une disposition qui rappelle celle des crochets du Cænurus Lorotzowi. Lindemann croit, après expérience (!), que ce cœnure produit le Tænia cucumerina.

Mais le Cænurus serialis n’a pas été trouvé seulement chez le Lapin et le Lièvre. Cobbold (4i, qui eut entre les mains les échantillons recueillis par Rose, leur trouva une grande ressemblance avec d’autres cœnures qu’il avait trouvés chez un Ecureuil d’Amérique (Sciurus sp.?). — Il jugea

(l i Mém. de la Soc. méd de Paris, 1812; p 85.

(2) Br 3WN-SÉQUARD, Recherches expérimentales sur la physiologie et la pathologie des capsules surrénales. Archives general s de médecine oct. et nov. 1856.

(3) B jttcher, Arch. fur Naturkunde Liv. — Est. — und Curlands, III. p. 363.

(4) CobuoLD , Entosa , London, 1864, p. 162.

qu’ils étaient différents d’autres cœnures encore qu’il avait découverts chez le Lemur macaco et dont nous parlerons plus loin.

Pagenstecher rencontra aussi le Cœnurus serialis , chez un Myopotamus coypus, mort au jardin zoologique de Berlin (1). Le parasite formait au cou , dans la région du larynx , une tumeur composée de huit vésicules indépendantes les unes des autres, et dont la plus grosse n’atteignait pas le volume d’un œuf de pigeon. Les nombreux scolex de ces vésicules étaient disposés sur des lignes ondulées et avaient, la tête rétractée, de 1 millimètre 1/2 à 2 millimètres de longueur (2) ; les crochets des scolex étaient distribués en deux séries de 14 à 17 paires , un peu plus courts que chez le Ccenure cérébral, la différence de dimension portait sur la longueur du manche pour les grands crochets et sur la lame pour les petits; — la dent était aussi différente, beaucoup plus grosse et plus arrondie. Pagenstecher émet l’idée , vraisemblable d’ailleurs , que la réunion en une tumeur unique des huit vésicules , est due à la prolifération d'une vésicule primitivement unique. Pour Pagenstecher, le cœnure duMyopotame est différent du Cœnure cérébral et identique aux cœnures trouvés chez le Lièvre , le Lapin , l’Écureuil et le Lemur. Il base son opinion sur la disposition des scolex en séries , la multiplication des vésicules et leur situation qui sont sensiblement les mêmes pour les cœnures de ces différents animaux.

L’observation des crochets chez les scolex du Cœnure sérial du Lapin peut seule trancher la question , car il est probable que les coupes donneront peu de renseignements (3).

Le Cœnure du Lemur macaco , découvert par Cobbold (4), se rattache probablement au précédent. Le savant helminthologiste de Londres l’a trouvé en grand nombre dans le foie, les poumons et quelques individus détachés se sont rencontrés dans la plèvre. D’après la description que nous donne Cobbold , ces cœnures variaient comme dimensions entre la grosseur d’une aveline et celle d’une forte noix ; les vésicules étaient souvent réunies

(1) Pagenstecher, Zut Naturgeschichle der Cestoden, Zeits f. wiss. Zool.. 18T7, p. 1T1.

•yli Ce sont à peu près ies dimensions moyennes des scolex du Cœnure cérébral.

(3) A la page 403 de son nouveau livre Parasites, Cobbold dit : » Under the name of Cœnurus serialis a larval cestode has been described by Gervais, the same parasite beiug called ATynchotœnia critica by Pagenstecher. » — Cette erreur assez bizarre de Cobboi.d vient de ce que dans le mémoire où il étudie le Ccenure serial, Pagenstecher décrit , sous ce nom de Arynchotœnia , un nouveau Cestode qu'il a découvert chez VHyrax capensis.

(4) Cobbold, Entozoa. p. 119.

eu certain nombre par une sorte de pédicule, comme si elles partaient d’un centre commun. Les vésicules prises isolément sont comme lobées, chaque lobe portant une ou plusieurs papilles de dimensions égales, au sommet desquelles on voyait une dépression conduisant sur la tète d’un scolex invaginé. La tête de ce scolex portait deux rangées de crochets.

Le Cœnure du Lemur macaco a besoin d’être étudié de nouveau.

Cœniirus igmlaci§. — Diesing a décrit (Revis, der Cepkalocoty . Abh. Cyclocotyleen , p. 69), un cœnure provenant d’un Spalax capensis rapporté de .Port Natal. Son caractère saillant serait une couronne simple de crochets.

(’œuurni polytubercnlosits, Mégnin. — ■ Mégnin a fait récemment connaître (1), une forme curieuse de cysticerque qu’il a trouvéedans un kyste « sur la face externe de la cuisse d’une Gerboise. » (Sp. ?)

Nous en résumerons les principaux caractères, autant que nous le permettent le mémoire du savant vétérinaire et les dessins qui l'accompagnent.

Le Qænurus polytuberculosus se présente sous la forme d’une vésicule de 5 à 10 millimètres de diamètre sur environ 3 centimètres de long. Cette vésicule est irrégulièrement ramifiée et hérissée de tubercules qui sont des diverticulumsdela cavité centrale. A l’intérieur, principalement dans les petits culsde-sacs, on observe des papilles cylindriques, à extrémité arrondie, dont le centre est percé d’une petite cavité en entonnoir ; les plus volumineuses de ces papilles ne mesurent pas 1 millimètre. Elles contiennent un scolex de Tænia « invaginé une seule fois » c’est-à-dire que le fond de ces papilles est occupé par un « tubercule portant les crochets et accompagné latéralement par quatre ventouses. » Les crochets forment une double couronne (nombre ?) ; les plus longs mesurent Omm. 07 et les plus courts 0mm05; ils sont peu crochus, aplatis et portés par un manche dont la garde simple et arrondie a peu de saillie. Les scolex n’ont, pas de corpuscules calcaires.

Cysticerque de VAlpaca. — D’après les observations de Sappey, l’Alpaca semble très souvent loger des cysticerques dans ses muscles. Sur 6 individus morts à Paris, peu de temps après leur arrivée du Pérou, quatre étaient ladres

1 1) P. Mégnin, Sur une nouvelle forme de ver vésiculaire , trouvée chez une Gerboise , G. R. Acad, des Sc , 15 décembre 1879. — Sur une nouvelle forme de ver vésiculaire , Journal de l'Anatomie et de la Physiologie

et contenaient une quantité extraordinaire de cysticerques. Malheureusement Sappey ne décrivit pas ces cysticerques et 11e songea même pas à voir s’ils étaient armés ou non. Il est donc impossible de se prononcer sur cette espèce qui peut être fort différente des cysticerques des deux Tænias de l’Homme. Nous avons vu que si l’on se contentait des caractères extérieurs, on prendrait facilement le cysticerque du Tœnia Krabbei pour celui du Tœnia saginata.

Cysticercws «vis. — Cobbold découvrit chez le Mouton , en 1865 , un cysticerque qui lui parut différent du Cysticercus cellulosœ et auquel il a donné le nom de Cysticercus ovis. Cet animal serait plus petit que le cysticerque du Cochon ; les 26 crochets de l'unique individu examiné par l’helminthologiste de Londres, étaient disposés en une double couronne. Le Dr Maddox a retrouvé ce cysticerque à Londres, depuis Cobbold. Nous manquons encore , au sujet de cet ammal , des notions exactes qui pourraient permettre de décider s’il appartient bien à une espèce particulière.

Cobbold pense que le Cysticercus ovis se développe chez l’Homme et qu’il y forme ce que l’on prenait pour des variétés de petite taille du Tœnia solium. Il a donné à cette espèce , dont l’existence n’est pas encore constatée, le nom de Tœnia tenella.

Nous serions d’autant plus porté à admettre l’idée de Cobbold que les différents expérimentateurs n’ont pas réussi dans leurs tentatives d’infester le Mouton avec le Cysticercus cellulosœ (1). Cobbold rapporte avec doute au Tœnia tenella quelques Tænias humains qu’il a récoltés; ce sont, dit-il, de « very délicate human tape-worms.... The utérines branches are more » widely apart than they are in the pork tape-worm , and the proglottides are smaller and narrower. » (2)

Ifiiliua grisea — P. J. van Beneden a trouvé dans l’intestin grêle de Vesjyertilio murinus et serotinus provenant des grottes de Maëstricht, des centaines de très petits scolex, tous au même degré de développement. On ignore à quelle espèce ils appartienent.

Au milieu des quatre ventouses, de ces scolex on voit un bulbe non armé. Les canaux vasculaires aboutissent à une vésicule contractile (1). Van

(1) Cobbold, Entozoa, supplément — et, Parasites.

(2) Cobbold, Revised List of Entozoa', part. IV, in Veterinarian, December, 1874

(3; P. J. Van Ben.-.den, Les Parasites des Chauve-souris de Belgique, Metn. de l’Acad. royale de Belgique, t. XL, 1873, p. 31.

Beneden se demande si ce scolex termine ailleurs son évolution. Nous sommes portés à le croire.

Les Càs®yg»oa‘liyiietis dont une espèce fut découverte par Nordmann(I) et l’autre par Aubert (2) sont deux formes intéressantes dont les rapports avec les Tænias furent établis par Krabbe. L’une de ces espèces habite l’intestin de la Tanche (Taenia macropcos du Bihoreau), et l’autre, la vésicule du fiel du même animal [T. unilateralis du Héron cendré). Ces animaux auraient besoin d’ètre étudiés à nouveau .

Cysticerque de la Poule (. Baillet ). — « Nous l’avons trouvé une seule fois « dans le péritoine d’un de ces oiseaux ; il en existait trois. Ils étaient de la « grosseur d’un grain de millet. Les ampoules étaient ovoides, transparentes, « remplies de liquide et parsemées de granulations irrégulières. Les scolex « étaient pourvus d’une tète à quatre ventouses et manquaient de trompe et de « crochets. Chacun de ces cy s tiques était isolé dans un kyste » (3).

Cysticerque de VAscalabotes. — Marchi a trouvé , sous le revêtement péritonéal de l’intestin de VAscalabotes mauritanicus , un certain nombre de petits cysticercoides atteignant à peine 1 mill. Il existe un rostellum arrondi avec environ 70 crochets disposés en quatre séries superposées (4). Marchi s’est assuré , par expérience , que ce Cysticerque devient le Tænia de la Chouette des clochers (Strix flamme a).

Cysticerque du Tænia gracilis — Yon Linstow a fait connaître, en 1872, un cysticerque trouvé dans l’intestin d’une jeune Perche, en compagnie de petits Crustacés. Ce cysticerque, si petit qu’on le voit à peine à l’œil nu, mesure 0,14 m/m sur 0,09 ; il est de forme ovale, invaginé dans sa vésicule, et la tète porte huit longs crochets semblables , en tout, aux crochets du Tænia gracilis figurés par Krabbe (5).

Leuckart, à propos de cette espèce, dit que la présence d’un cysticerque dans l’intestin, donne à penser qu’il vient d’y être transporté (6). Jusqu'à ce que l’on ait trouvé ce cysticerque dans un autre hôte, ne peut-on penser qu’il est là dans son milieu naturel , comme le sont les nombreux scolex, aujourd’hui connus dans les mêmes conditions. Cette larve était peut-être

(1) Nordmann, Mikrographische lieitràge zur Nalurg. dor wirbellos. Thisre, Berlin, 1832, t. I.

(2) A bert, Ueb. Gryporhynchus pusillus eine freie Ceslodenamme, Zeits. f. wiss. ZooL. t. 8, 1857, p. 274.

1 3) Baillet. H/st. nat. des Ilelm. des Anim. domest. 1866, p. 163.

(4) Marche — Atti Soc. ital. sc nat., 1872, vol. XV, fasc. 4.

(5) V. Linstow, Ueber den Cyslicercus Tœniœ gracilis, etc., Archiv fur mikroscop. Anat. 1872, p. 535.

(6) Leuckart Bericht Ub. d. wiss. Leist. in d. Naturg. d. nied. Thiere , wàhr d. .Jahre, 1872-75, Arch. fur Nat. 1874, t. il, p. 437.

simplement rétractée dans la partie postérieure de son corps , d’où son aspect de cysticerque.

L’examen des dessins de von Linstow montre que cette espèce possède un bulbe très développé , semblable au bulbe du cysticerque de VArion; une ombilication semble exister à la partie postérieure; ce serait la trace de la vraie vésicule qui aurait été rejetée.

Le Tœnia gracilis a été trouvé, par Krabbe, dans le Canard ; Linstow l’a vu chez Mergus merganser ; P. Olsson, d’après ce qu’il a bien voulu m’écrire, a trouvé, en Jemtland, dans les intestins de la Perche, un cysticerque inerme, sans cou, mais pourvu de canaux latéraux et de corpuscules calcaires. Ce serait une nouvelle espèce.

Si l’observation de von Linstow se vérifie, ce sera, je crois , le premier cas d’un scolex de Taenia vivant, libre dans l’intestin, à la manière des scolex de certains Tétraphylles.

Cysticerque, du Cyclops brevicaudatus A. Gruber a fait connaître récemment l’existence d’un cysticerque dans la cavité du corps du Cyclops brevicaudatus, du lac de Constance (1).

Cette larve était commune et pouvait s’observer à tous les degrés de développement. Les seuls renseignements donnés par Gruber sont : qu’elle peut atteindre 1 m/m, qu’elle contient de nombreux corpuscules calcaires, possède, quatre ventouses et est dépourvue de crochets. Tous les cysticerques observés se trouvaient sur des femelles.

Gruber dit que , très vraisemblablement , le cysticerque du Cyclops brevicaudatus appartient au Taenia torulosa des Cyprinoïdes. La chose est possible. Encore faudrait-il s’entendre, au préalable, sur ce Tœnia torulosa. La forme, décrite par van Beneden, n’est autre chose qu'un scolex, comme il s’en trouve peut-être plusieurs dans les Cyprinoïdes, si l’on en juge par les descriptions incomplètes de Tœnia torulosa , données par les différents auteurs. Le seul qui doive porter ce nom est la. forme sexuée indiquée par Bloch.

Cydicercsas Cobntidis. — Un autre cysticerque inerme a été trouvé par Bellingham, attaché à l’intestin et au foie, chez le Cobitis barbatula. Le volume du kyste était cekii de la tête d’une petite épingle ; la tête du

(4) A. Gkubeh , Ein neuer C’.estoden wirth, Zool. Anzeiger, t. I, 1878, p. 74.

cysticerque dévaginé avec sa trompe , avait la moitié de la longueur de la vésicule caudale. « La trompe est subcylindrique, apparemment inerme : la tète est sphérique » (1).

Citons aussi, avec ces derniers cysticerques , le scolex de Tænia que nous avons fréquemment trouvé à Lille même, dans l’intestin des Gasterosteus aculeatus et pungitius.

Cette larve, qui peut atteindre 3 m/m de long, présente à la partie postérieure une « vésicule pulsatile » dont nous connaissons la signification et qui nous explique pourquoi nous n’avons jamais pu trouver sur elle les crochets de l’embryon hexacanthe. Les quatre vaisseaux qui courent tout le long du corps viennent s’ouvrir dans cette vésicule. Il n’y a pas de points pigmentaires comme chez beaucoup de scolex ; les ventouses sont au nombre de quatre ; la tète n’a pas de bulbe ni de crochets ; les corpuscules calcaires sont peu nombreux.

A la partie postérieure, on voit souvent un espace plus clair, dont les tissus paraissent lâches, et qui semble indiquer une cavité dans laquelle se rétractait d’abord le corps.

Les Epinoches, provenant des environs de Lille ou pris à Wimereux que j’ai pu observer, ne m’ont jamais présenté cette larve à laquelle il est inutile de donner un nom, en attendant que l’on sache à quel Tænia elle appartient.

Cysticerque du Dauphin — Van Beneden a trouvé à Concarneau chez le Delphinus delphis un cysticerque dont la vésicule avait de 2 à 5 c. de diamètre, et dont le scolex possédait une tète de PhyMobo thrium caractérisée. Ce cysticerque était abondant sous la peau, dans- les couches de graisse (2).

C’est probablement le cysticerque du Dauphin déjà anciennement connu, mentionné par Rudolphi et qui a été trouvé par Bosg « dans le lard et les viscères d’un Dauphin dans la traversée d’Amérique en France » (3). Chamisso l’a aussi trouvé dans ses voyages. L’espèce trouvée par Fr. Debel Bennett dans le lard du Dalœna mysticeti est-là elle même ? (4). Kroyer a aussi indiqué un cysticerque dans le lard du Cachalot (5).

(1) Dr O Bryen Belungiia.u. Irish Entozoa , Ann. oi nal. hist. t. XIV p 396.

(2) E. Van Bkneden , Comptes-rendus de l’Académie des Sciences , t. LXVII, 1868, p. 1051.

(3) Bosc, art. Hydatide, au nouv: Dict. d’Hist. nat. par une Soc. de nat. et d’agric., Paris, 18n.

(4) Isis , 1841, p. 918. Je n’ai pas vu ce mémoire.

(5) Isis, 1845, p 916 om Naturhist. Tidsjkrift, 1842 , p. 485 , id.

Cysticerque de la Truite. — Les anciens helminthologistes avaient indiqué chez la Truite, entre les appendices pyloriques. un Cestode auquel ils avaient donné le nom de Ligula nodosa. Cet animal, d’après leur description, est long de 7 c. et sa largeur dépasse un peu 1 m/,n, il a la partie postérieure terminée par un renflement (ajp'pendix caudalis ajpice nudoso) ; tout le long du corps règne une ligne de points enfoncés qui semblent marquer des ovaires. — Les auteurs ne placent point cet animal parmi les vers vés’culaires, ce qui semble prouver que sa vésicule, si vésicule il y a, est très peu développée (1). Pour Diesing, ce ne serait qu’un fragment deTriœnophore. Le Dr Bertolus ayant rencontré plusieurs fois entre, les appendices pyloriques das truites du lac Léman, des kystes de Cestodes, conclut qu’il avait à faire à la Ligula nodosa des anciens helminthologistes

Ce savant ayant étudié ces kystes de la Truite fut convaincu qu’ils n’étaient rien autre <r que des scolex d’un cestoïde du genre Dibothrium ».

« En les faisant dévaginer, il vit que leur longueur avait plus que doublé ; » lies paraissaient alors c mposées de deux parties très distinctes, l’une )> ressemblant parfaitement à l’ancien animal avec ses rides et ses corpuscules » calcaires, mais se terminant par une extrémité cylindro-conique divisée par » deux profondes fossettes très semblables aux ventouses de notre Bothrio- » i éphale : à l’aulre extrémité du corps se voit un tube bien plus étroit que le » corps du ver et entièrement dépourvu de corps calcaires (2) ».

Il s’, git là évidemment d’un cysticerque; il est très fâcheux que Bertolus ne l’ait pas étudié: en effet, il ne nous indique pas sa taille et ne cherche même pas à expliquer la nature de ces « points enfoncés » que l’on soupçonne être des ouvertures génitales. Il semble que Bertolus n’avait lu aucun des anciens auteurs ; il était d'ailleurs assez peu au courant des travaux plus récents puisqu’il n’a fait « qu’entrevoir , chez son ami Claparède, certains dessins des M enschlichen Parasiten de Leuckart » (!!!). Rien ne prouve donc jusq dici que le cysticerque vu par Bertolus soit le même que Ligula nodosa et il est probable, au contraire, qu’il s’agit d’autre chose.

Il faut peut-être rapprocher de l’observation de Bertolus, une indication de Friedrich Leuckart qui a passé jusqu’ici inaperçue. Dans une note qu’il a

(1) Rubuphi, Entoz, t. III, p . n. — Synopsis, p. 464.

(2) Bkrtou'S , Développement du Bothriocéphale de l'Homme, Appendice à Duehamp, Recherches anatomiques et physiologiques sur les Ligules, p. 58.

ajoutée au livre de Tsghudi (1) il fait connaitre q .'il a trouvé une fois dans la cavité abdominale de la Truite plusieurs vésicules du volume d’un gros pois remplies d’un liquide clair. « Ich habe sie fur Acephalocysten gehalten , dit-il, muss aber leider bekennen , dass ich sie damais nicht genauer untcrsuchen konnte. Oder maren esvieüleicht Blasen , ursprünglich bestimmt fur Triœno'phorus nodulosus ».

Bertolus, parlant de l’observation de Retzius que le Bothriocéphale de l’Homme a une extension géographique concordant entièrement avec les limites des migrations des Salmones, et se basant sur la ressemblance qu’il a cru voir entre la tète de ce Bothriocéphale et celle du cysticerque qu’il a observé dans la Truite, avait l’intention de chercher à se donner le Bothriocéphale par l’ingestion du parasite de la Truite. L’expérience n’a pas été faite. Je n’ai pas encore trouvé le cysticerque de Bertolus bien que j’aie examiné un certain nombre de Truites et le prof. Karl Vogt, dont tout le monde connaît la compétence en helminthologie, m’a dit qu’il n’avait jamais rencontré ce parasite à Genève; il doit donc être très rare (2).

Cysticerque de pEeEiiiiobotlii'iiiisa. — Ch. Lespès a trouvé le premier, en 1857,1a larve d’une forme bien intéressante, de Y Echinobothrium, enkysté dans le foie du Nassa reliculata. D’après Lespès, cette larve se présente sous la forme de deux renflements inégaux reliés par une sorte de cou ; le plus petit renflement est terminé par une grosse ventouse (3) ; ce dernier est très mobile , dirigé en avant et paraît entraîner l’autre renflement dont les mouvements sont beaucoup moins distincts, La tète du scolex est invaginée à l’intérieur de ce rendement postérieur (4). »

Ce jeune Cestode fut considéré comme une espèce nouvelle par Lespes qui lui donna le nom de Echinobothrium levicolle , pour marquer le caractère de son cou dépourvu d’aiguillons. Le principal intérêt qu’il nous offre, est le sens du mouvement de la larve, qui semble avoir conservé son orientation première. Leuckart et Pagenstecher trouvèrent, un an après, des Echinobothrium dans des Pagures et des Crangons , et ils purent les rap porter à Y Echinobothrium typus en voyant le cou d’abord nu, acquérir

(1) Tschldi, Die Blasenwürmer , Friburg, 1831, p. 26.

(2) Dans son grand nivellement des Ligules, DONNAniEU a rangé aussi cette espèce sous le nom de Dibolhrium ligula.

(3) Probablement l’ombilic du à la chute de la vésicule

(4) Ch. Lespès , Note sur une nouvelle espèce du genre Echinobothrium, Ann. sc. nat. 3S série, t. VII , p 118.

ses crochets après la chute delà vésicule dans l’hôte définitif (1). Le mémoire de Leuckart et de Pagenstecher est de beaucoup au-dessus de celui de Lespès, S’agit-il dans les deux cas de la même espèce ? Van Beneden nous apprend qu’il a trouvé les larves de V E chinobothrium typus chez le Gammarus locusta (2) '.

Cysticercus ItamViriculi ( Ratzel ). — On doit à Ratzel la connaissance de cette espèce qu’il a découverte à Carlsruhe dans le Lumbriculus varie gatus. Ce parasite a été trouvé pendant toute l’année; il se tient dans la cavité du corps; il estarrondi, son diamètre moyen atteint 0.42m/m ; il est invaginé dans sa vésicule. Les tissus de cette espèce n’offrent rien de bien particulier, les corpuscules calcaires paraissent cependant y être nombreux. La tète a une couronne de dix crochets sur la trompe : la forme décos productions est assez particulière. D’après le dessin de Ratzel, le manche en est très court, la lame forte et courbée, peu pointue, la dent est très développée, arrondie à l’extrémité, presque parallèle au manche, au lieu de lui être perpendiculaire. Ratzel suppose que le CysticercusJumbriculi achève son développement chez un Echassier. D’après la forme de ses crochets, von Linstow l’a rapporté au Tmnia crassirostris des Scolopax et des Toto,nus (3).

Cysticerque du Nais proboscidea. — D’Udekem (4) a décrit un cysticerque trouvé en juin dans la cavité du corps d’un Nais. A première vue , on pourrait le prendre pour une forme jeune de VArchigetes , mais l’appendice caudal a un aspect différent ; il est large , en forme de sac, suspendu par un mince pédicule qui pénètre à l’intérieur du corps ; sa grande mobilité a frappé d’UüEKEM. Le nombre des vaisseaux est seulement de quatre.

Leuckart a émis l’idée que cette larve appartient à un Bothriocéphale et qu’un mode de développemeut analogue doit être assez répandu chez ce groupe d’animaux.

Cysticerque du Geotrupes. — Leuckart a aussi trouvé un cysticerque

(1) R. Leuckart et Pagenstecher , Untersuchungen über nieclere Seethiere, Archiv fur Anat. u. Phys. 1858, p. G00.

(2; P. J. Van BENEDEN, Mémoire sur les Vers intestinaux, Paris, 1858, p. 321; — Poissons des côtes de Belgique, p. 19.

(3) Fritz Ratzel, Zur Enlwickelungsgesciuchte der Cestoden. Archiv. für Naturgeschichte , t XXXIV, 1868, p. 147.

(4i J. D’Udekem, Notice sur deux nouvelles espèces de scolex , Bull, de l’Acad. roy. de Belgique, 1855, t. XXII, 2e partie, p. 528.

(5) V. Linstow, Beobachlungen an neuen und bekannten Helminthen. Archiv f. Naturg., 1875 , p. 189.

arme dans le Geotrupes slercorarius; il n’en a pas encore publié la description. {Cf. Lt. Bericht üb. die Leni. in dey' Naturg. etc 1870 et 1871.)

Gysticerque du T iedeniannia. — Gegenbaur a trouvé dans l’épaisseur de la peau des Tiedemannia des kystes renfermant des scolex auxquels il a reconnu quatre ventouses et une couronne de crochets (1).

Irchigeies fëieliolcflii Lt. — Ratzel a fait connaître en 1863 (2), sous le nom de Caryophylleus appendiculatus , un parasite fort intéressant de la cavité du corps du Ttdnfex rimdorum, qu’il trouvait assez fréquemment à et à Heidelberg. Ses observations , méritent d’ètre résumées.

Au stade le moins différencié sous lequel il a été vu, le parasite du Tubifex se présente comme une petite masse de tissus indifférenciés entourés d’un cuticule et dont les dimensions sont 0,9 mrn. de long sur 0,3 m large. La partie postérieure du corps est sensiblement plus étroite , elle porte à l’extrémité trois paires de crochets avec lesquels l’animal se lixe sur les tissus qui l'abritent. Ces crochets correspondent aux six crochets de l’embryon hexacanthe.

A un stade ultérieur de développement , la jeune larve, par une constriction, sépare le tiers postérieur de son corps déjà plus étroit et qui, maintenant, va subir un arrêt de développement. Cette partie va former un appendice que Ratzei, appelle la vésicule caudale et qui continue à porter les crochets. En même temps, l’autre extrémité du corps modifie sa forme , ses éléments se différencient et l’on voit apparaître les vaisseaux au nombre de huit troncs principaux dont les rameaux s’anastomosent pour former un réseau.

Bientôt après , dit Ratzel , apparaissent à l’intérieur du corps les rudiments des testicules . les vitellogènes et les organes génitaux ; l’animal prend les caractères d’un être parfait. A ce moment , il atteint une taille de 2 rnill. 1 2, etsa queue forme à peu près le tiers de la longueur . — C’est comme dit Ratzel, le premier exemple , d’un Cestode acquérant des organes sexuels chez un Invertébré.

L’interprétation donnée par Ratzel aux faitsobservés chez son Garyophylleus appendiculatus ne changeait rien aux idées reçues. Ratzel admet-

,1) GrEGF. bvi h, l'ntersuchungen iiber Pteropodcnund Ilcteropoden 1855 p 59.

<21 Fritz R VT kl, Zur Entwickelungs gëpchichte der Ceslodên, Archiv fUr Na'nrgeschichte, t. XXXIV, p. 138.

tait que l’extrémité antérieure du corps embryonnaire, (il appelle ainsi l’extrémité de l’embryon opposée aux crochets), se transformait en l’animal sexué , tandis que la partie postérieure (la partie portant les crochets) était rejetée. Au reste les idées de RATZELsurla question ne paraissent pas des plus claires et il est inutile de discuter les différentes suppositions qu’il fait au sujet de cet animal.

Après Ratzel, Leuckart étudia le Caryopkylleus ay'pendiculatus qu’il rencontra à Leipzig. lien fit le sujet d’un mémoire important (1) et en donna plus tard un dessin (2). Il put confirmer la plupart des données de Ratzel et ajouta des faits importants à l’histoire du nouveau parasite. Il reconnut que la disposition des organes génitaux concordait avec celle que Max Schultze avait décrite chez le QaryojphyUeus mutabüis , vit les rudiments des testicules former de vrais spermatozoïdes et découvrit les œufs, qui avaient échappés à l’attention de Ratzel. Ces œufs ne développent pas d’embryons à l’intérieur de leur mère, mais ils ont les caractères des œufs des Bothriocéphales .

Leuckart, avant d’avoir rencontré lui-mème le parasite qui nous occupe . et s’appuyant seulement sur le mémoire de Ratzel, avait pensé que le Caryo- 'phylleus ajppendiculatus représentait l’état larvaire du Caryophylleus mutabilis (3). Cette idée était d’autant plus fondée que d’ÜDEKEM, avant Ratzel . avait décrit unCestode parasite du même Tubifex, dont les caractères étaient ceux du Caryojphylleus mutabüis ; la taille de cet animal atteignit 7 millim . et il différait du Caryo'phy Ueus ajppendiculatus , par l’absence de la vésicule caudale (4) Leuckart avait cru que le parasite découvert par Ratzel perdait sa vésicule caudale, continuait à se développer dans le corps de son hôte et pouvait même acquérir des organes génitaux avant que de passer chez son hôte définitif.

Mais Leuckart changea de sentiment lorsqu’il put étudier lui-mème ce parasite : se basant sur la sexualité . constante chez tous les individus observés ,

(1) R Leuckart , ArcMgetes Sieboldii, eine geschtec/itsreife Cestodenamme . Zeitsch. f wiss. Zool. t. XXX bis, 1878 , p. 593

(2) R. Leuckart , Die Parasitendes Menschen (2e édit. ) , 1879 , t. I , p. 150.

(3) R. Leuckart , Bericht iiber die wissenschaft . Uistungen in der Naturg. der niederen Thiere für 1868 et 1869 , p. 105.

(4) D’Udekem , Notice sur deux nouvelles espèces de Scolex , Bulletin de l’Acad. roy. de Belgique, t. XXII. 2e partie , p. 533.

sur des expériences de transmission directe (1) et, d’autre part, sur ce que l’on ne connaissait, chez les Vertébrés et particulièrement chez les Poissons , aucune forme qui put lui être rapportée , il tira la conclusion que l’helminthe découvert par Ratzel passait sous cette forme son existence entière et qu’il était un animal normalement sexué, bien que, au point de vue morphologique, il eût conservé la forme larvaire.

Pour Leuckart, ce parasite, quoiqu’appartenant à la famille du Caryophyl~ leus , doit être considéré comme le représentant d’un genre distinct pour lequel il crée le nom de Archigetes , dédiant à Siebold l’unique espèce qui le forme jusqu’à présent.

Nous reviendrons, dans la partie générale de ce travail , sur les très intéressantes considérations que V Archigetes suggère à l’illustre helminthologiste; nous nous permettrons seulement de demander s’il ne serait pas possible que l’ Archigetes, dont la sexualité a commencé à se montrerchez l’Annélide, continue à se développer chez les Poissons où il formerait le Caryophyllé ; le cas en serait tout aussi intéressant. Les différences qui existent aupointde vue delà conformation de la tète ne nous paraissent pas essentielles et peuvent peut-être disparaître, si tant est qu’elles existent. Nous avons constammentobservé, après Donnadieu, chez les larves de Ligules , une différenciation des organes mâles dont les produits arrivent au stade « en rosette » dont j’ai parle ailleurs; il n’y aurait ici qu’une différence du plus au moins.

StapIiySocvstîs. — Villot, dans un mémoire fort intéressant (2), nous a fait connaître des cysticerques qu’il a découverts aux environs de Grenoble, chez le Glomeris limbatus. Ces parasites, auxquels il a donné le nom de Staphylocystis , se tiennent dans le tissu adipeux qui entoure les tubes de Malpighi de leur hôte. Leur particularité biologique la plus remarquable est la reproduction par bourgeonnement. Villot a très bien suivi la marche de ce phénomène, et ce sont ses observations que nous allons résumer.

(1) Des Tubifex infestés , conserves seuls daus un aquarium, continuèrent à prendre des embryons qui ne pouvaient évidemment venir que des œufs produits parles parasites plus anciens.

(2) LEUCKART pense que le ver indiqué chez le Tubifex par d’ÜDEKEM est tout à fait différent de son Archigetes et qu’il constitue 1 état jeune du Caryophylleus mutabilis . — Il est difficile, je pense, de donner une autre interprétation aux dessins de d'ÜDEJ» km et I on ne comprend pas que le naturaliste belge ait songé à rapprocher ce parasite des Phyllobothrium.

[ÿ) A. Villot , Migrations et métamorphoses des Tœnias des Musaraignes . Ann. des 8c. nat., 6e série, t. VIII 1878. — (Résumé aux C. R. de l’Acad. ; 14 mai , 6 août , 19 nov. 1877)

L’ensemble de la colonie, dit-il, procède par bourgeonnement et métamorphose d’une simple vésicule, vésicule blastùgène , dont les éléments, en proliférant sur un point . soulèvent la membrane d’enveloppe de la vésicule et forment bientôt une vésicule plriforme rattachée au blastogènc par un pédoncule étroit. Cette vésicule formera le kyste du futur cysticerque qui . aussitôt constitué, se met à bourgeonner. Le bourgeon se forme au sommet, mais, au lieu de faire saillie à l’extérieur, il s’enfonce dans la cavité du kyste, devient lui-mème une vésicule et double bientôt le kyste. On a, dès lors , dit Villot, deux bourgeons unis par un pédoncule, mais disposés en sens inverse et emboîtés l’un dans l’autre. Lorsque le sommet du bourgeon interne rencontre la base du bourgeon externe , il ne peut continuer sa route . rebrousse chemin et pénètre dans sa propre cavité, bourgeonnant le. scolex dont le sommet se trouve maintenant à l’entrée de l’invagination. La trompe, dit Villot, se présente toujours à l’état de protraction, c’est-à-dire hors de son réceptacle musculeux et les crochets ne sont point renversés.

Ce mode de formation du scolex. tel que le décrit Villot, concorde parfaitement avec ce que nous avons vu chez les autres cysticerques et est en opposition avec les idées de Leuckart. En somme, ici aussi , l’embryon hexacanthe ou la vésicule blastogène , souche de la colonie, bourgeonne la tête à une de ses extrémités, en même temps qu'il se fait en ce point une invagination qui servira à la protection de l’organe , et il ne paraît pas que les crochets se forment sur la paroi interne de cette dépression.

Pour Villot , cette forme de cysticerque est caractérisée par le fait que l’embryon , au lieu de devenir une simple vésicule bourgeonnant des scolex a son intérieur comme les échinocoques et les cœnures, « se transforme par » bourgeonnement eh un grand nombre de vésicules dont chacune pro- » duira un scolex; les cœnures et les échinocoques sont des colonies de » scolex; le parasite des Glomcrîs , au contraire, représente des colonies » de cyst cerques. Il en résulte que les colonies de ce dernier, au lieu d’avoir » la forme d’une vésicule ont la forme d’une grappe. »

Mais les Staphylocy stis sont-ils une forme larvaire bien ditférente des autres cysticerques, ou bien connaît-on déjà un mode de reproduction analogue? Diesing a créé, il est vrai, Piestocystis^owx un groupe de cys-

ticerques dont il énonce ainsi l’un des caractères principaux : Multiplicatif) interdum fit per prolifcationem in pagina externa partis blastocystidis

obtinentem (1). Etaient rangés dans ce groupe, a la suite de quelques espèces décrites pour la première fois par Diesing et sur lesquelles on n’a guère de documents, les Cysticercus crispas et clithy ridn(M. Autant qu’on peut juger par la description qu’en donne Siebold (2), la première de ces deux espèces se rapprocherait- plutôt de la forme du Cœnure, car la vésicule-mère ne paraît pas conserver son individualité propre. Pour le Cysticercus clithy ridiam , ni Rudolphi (3), ni Valenciennes (4), ni von Linstow (5) qui l’ont vu vivant, ne parlent de son bourgeonnement (6). Néanmoins, ce mode de reproduction n’est pas un fait isolé: abstraction faite des cas accidentels cités et mal observés par d’anciens auteurs (7), abstraction faite aussi des autres espèces du groupe des Piestocystis , insuffisamment connues à cet égard, nous connaissons des cysticerques chez lesquels se passent pour ainsi dire normalement des phénomènes analogues, le Cysticercus ionyicollis '8) elle Cysticercus talpœ (9), par* exemple, et ces cas permettent, nous semble-t-il, de rattacher les Staphyiocyslis à la forme générale des cysticerques, tout en reconnaissant, d’ailleurs, qu’ils forment l’extrémité d’une série et que leur nom doit être conservé.

Villot décrit deux espèces distinctes de Sta/phy locystïs : toutes deux, vivent chez les Musaraignes; l’une forme le Tœnia pistillum , et l’autre appartient probablement soit au Tœnia scutigera , soit au Tarda scalaris.

Echinocoqhc du Lombric . — Metsghnikoff a découvert dans le Lombric,

(1) Ui-isiv;, Révision des Ceplialocoidleen . Abth. Cyclocoty'ceu, p C.

(2) V. SieboM), Veber den Qeneratiomioechse' der C-esloden, nebst einer Rçnision der Gaîtung Teirarhynekus . Zeiisch. f wiss. Zool., t. II , 1850 , p 198

(3) Ki'dolphi , Enlozorum Synopsis , p. 558

(4) V.yiænci :.\\ïS , Hurle bithyridiumlacertce , Ann. des Sc. natur. , b 'série , t. II. , 1844, p. 248.

(5) V. Linstow , N eue Beobachtunyen an IMminthen . A rehiv fur Naturgeschichte , t. XXXXIS , 1878 , p. 218.

(6) Le perluis de la partie postérieure du corps du ] )ilhyridium dont nous avons parie est prolnblem’nt la marque d'un bourgeonnement.

(7) Goeze , Nalurgachichtc der Einjeweidewunner, p. 240. — B ikms îk , Ueber lebenàe Witrmer im lebenden Memchen , p. 62. — Ri doi.phi , Entozoorum Synopsis , p. 545.

18) Bremseu , Icônes helminlhum , taf. 17, f. 14-17.

(9) Bendz , Jigttayelse om Fortplantelsen of en Cysticercus og af Cœnurus. Overs. Kgl Danske Selsk. Forhandlgr, 1842, p. 73. — Isis, 1844 , p. 814.

à Odessa, un curieux cysticerque qu’il a étudié avec soin (1). Cet animal vit dans la cavité du corps; sa vésicule contient de 1 à 13 tètes. Lerostellum porte 12 longs crochets. Le premier stade observé par le savant Russe est une petite sphère enveloppée d’une cuticule épaisse ; tout le centre s’éclaircit bientôt pour former une cavité. Les scolex naissent sur la paroi de cette cavité; ce sont d’abord des mamelons solides qui se creusent, tandis que la partie opposée à leur point d’insertion est le siège d’une multiplication cellulaire active , dont le résultat est le développement d’un mamelon qui devient le véritable scolex. Metschnikoff compareles parois qui protègent ce futur scolex à la vésicule-proligère des Echinocoques ordinaires ; elles vont en s’amincissant à mesure que se fait le développement du scolex. et finissent par se détruire, le laissant en liberté au sein de la vésicule-mère.

Les ventouses et les crochets , d’après l’observation de Metschnikoff, naissent à l’extérieur du mamelon , et ne s’invaginent que secondairement dans la partie postérieure du corps qui se distend en vésicule. Metschnikoff considère cette partie postérieure du corps comme la véritable vésicule caudale et, par suite de la coexistence d’une vésicule-proligère , dans laquelle s’est formé le scolex , il conclut que la vésicule-proligère n’est pas du tout l’homologue de la vésicule caudale.

Nous ne saurions partager sur ce point l’opinion de Metschnikoff, et nous croyons, avec Leuckart, que Metschnikoff confond la partie postérieure du corps du jeune Tænia avec la vésicule caudale, qui provient toujours de l’embryon hexacanthe. La partie postérieure du corps de l’échinocoque ordinaire présente aussi cet aspect de vésicule : c’est que cette portion du jeune Tænia est destinée à tomber. Elle joue en réalité, le rôle de la vésicule, mais nous savons, par tout ce que nous avons vu sur le développement de ces animaux, qu’il esl impossible que ce soit là la véritale vésicule caudale.

Metschnikoff n’a pas réussi à donner un Tænia aux Canards auxquels il a administré ces fort intéressants parasites.

Pagenstecher a trouvé, dans le foie d’un Pavo sj) ici férus mort au Jardin zoologique de Berlin, une vésicule d'Échinocoques grosse environ d’une

' (1) Vcrhandlungen der Petersburger Nf. V. Zool. 1868-1869, p. 262.

ligne, mais possédant déjà une cuticule stratifiée et de nombreux corpuscules calcaires. U existait en outre, dans le même organe, 23 vésicules plus petites qui manquaient des couches cuticulaires caractéristiques. Aucune des 24 vésicules ne contenait de scolex. S’agit-il bien d’échinocoques (1)?

Le parasite trouvé par Pagenstecher est-il le même que l’échinocoque trouvé par von Siebodlo dans le poumon du Meleagris gallo-paao et chez lequel la présence des scolex a été constatée? On manque aussi de données sur cette espèce (2).

Crisp aurait aussi trouvé un écbinocoque chez le Meleagris ocellatafô).

On a indiqué aussi une série de cysticerques plus ou moins authentiques . sur lesquels on ne possède guère d’autres renseignements que la dimension de la vésicule et le nom de l’hôte chez lesquels ils vivent, ainsi, par exemple, les Piestocystis ou Cysticercus rugosa , variai) 'dis . Taxi , Martis. Dubius , Camelopardalis , Gucumerinus , Miniopteri . Sepiolee , etc., et des especes comme le cysticerque du Synodontis Sehal décrit par Wedl et dont les affinités ne peuvent être déterminées.

On a aussi trouvé des échino coques dans la Panthère. L Herpestes Pharaonis , dans le Goura noronata , etc., en outre de celles que nous avons citées. Il est possible qu’il y ait là beaucoup d’espèces distinctes; les documents à leur sujet étant à peu près nuis , il faut attendre pour se prononcer, et nous n’insistons pas.

(1) Verhandlungen der Naturh. méd. Verenies in Heidelberg, 1875.

(2) Berichl über die Letst in Geb. der Helminlhologie , Arcbiv. f. Naturg 1837, vol. 'i. p. 266

(3) Proced. Zool. Soc. 1860, p. 185.

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