ET REPRESENTATION DES CORPS
La condition nécessaire du phénomène le plus stable — le corps, — c'est la subsistance cVan tout. Il est certain que ce tout, qu'est un corps, a des parties ; car c'est un corps, parce qu'il se manifeste à l'expérience sensible, c'est-à-dire par des changements externes ; ces changements objectifs sont, ainsi qu'il a été établi, nécessairement des mouve-
ments, et des mouvements de parties, le mouvement réclamant des unités, réclamant le multiple.
Mais les parties peuvent exister sans que le corps, sans que le tout, soit constitué, et il faut bien que le tout soit constitué d'une certaine manière déterminée, en un mot // faut un ordre déterminé . D'où
19° Le tout se compose de Tordre et des parties.
Incidemment, des expressions qui sont relatives à l'ordre, nous pouvons tirer des principes, qui ne s'appliquent pas seulement à un corps brut, mais qui s'appliquent à un corps vivant, et encore à une société.
20° La condition nécessaire de l'unité du multiple, c'est l'ordre.
21° La condition d'existence d'un corps vivant, c'est l'ordre.
Des principes sociaux et politiques peuvent être déduits :
22° La condition d'existence d'une société, c'est l'ordre.
ri
Çui assure l'ordre, qui règle l'harmonie entre les unités sociales, dans un système psychique, dans un corps mtelligent ? c'est le pouvoir dirigeant.
A la tête de toute unité, il y a un pouvoir dirigeant, que cette unité soit simple ou composée ; il a été montré précédemment d'autre part qu'il y a à rorigine de tout mouvement un pouvoir d'orientation possible ; l'acte, qui précède l'action et le mouvement, exige ce pouvoir en faisant intervenir la volonté, en se posant comme acte réel.
De cette orientation originelle, dès le début de l'action, dépendra la conséquence de l'action ; il appartient à ce moment au pouvoir dirigeant d'exercer le pouvoir d'orientation qui est disponible entre ses mains. Comme le pouvoir dirigeant, ou la direction, est une volonté, la forme - du devoir - lui est applicable :
23° La direction doit assurer Fordre le plus moral des unités sociales.
240 La direction doit exercer son pouvoir à lorigine de tout mouvement.
C'est ici le cas d'utiliser les principes de causalog.que : — le supérieur doit subordonner l'inférieur -- et - la quantité, ou le nombre, ne peut donner la qualité, ou la valeur.
25° La direction doit hiérarchiquement subordonner l'inférieur au supérieur.
26° Le nombre des suffrages doit être subordonné à la valeur des suffrages.
27° L'accès des fonctions dirigeantes doit être en raison des qualités.
Telles sont les formules qu'on obtient en combinant ces divers principes de l'ordre et de la subordination causale.
Après cette digression, revenons aux corps en général. Les corps et même les choses sont des tout, dans lesquels il y a de Vordre et des parties.
On a ces relations :
28° Le tout donne les parties.
29° Les parties ne donnent pas le tout.
Ordres abstraits. — Le tout numérique est déjà l'assemblage quantitatif, symbolique, des parties ; l'agrégat est l'assemblage des parties dans un espace suivant cet ordre le plus grossier, qui s'appelle contiguïté, ou juxtaposition indifférente; l'association chronologique, l'association par ressemblance, sont aussi des ordres; le tout géométrique, le tout méca-
nique sont des assemlilarjes fjualitatifs, des assemblages plus complexes, quoique encore simples.
Dans la réalité, un tout peut unir ses parties ou ses unités, suivant des ordres naturels, qui sont plus que mécaniques, et qui ne correspondent pas seulement à des lois physiques ; tels sont les ensembles qui s'appellent des corps vivants, des animaux.
Ainsi donc, il y aura la conception du tout et il y aura la conception des parties distinctes. Dans le ciel, nous ne saisissons guère que des parties, et dans la matière, nous ne saisissons guère que des tout.
Rationnellement, la plus élémentaire partie des parties distinctes dans l'espace se doit concevoir. Or, dans cette partie spatiale la plus élémentaire, dans cette partie limite de l'espace, où il n'y a plus espace, il ne saurait plus y avoir que des parties distinctes dans le temps, que des essences de la matière ou de Têtre qui ne peuvent être isolées dans l'espace, mais dont les alternances, ou les variations, signifient les changenients internes de relation, et caractérisent les manifestations actives.
Par conséquent, la condition nécessaire du phénomène élémentaire, laquelle est l'élément matériel ou mieux prématériel, c'est aussi l>ien la subsistance de ses essences. Auparavant, on considérait la subsistance totale de l'être, et maintenant on considère,
pour le distinguer, les propriétés ou les abstractions qui recomposent cette subsistance en son unité.
Les essences objectives de l'élément étant la masse et ré/ienjie, l'essence subjective devra être complémentaire, pour que la relation interne donne k l'être simple sa réalité, et si on lui donne le nom à'intraperceptiou, devra comprendre sous ce nom les vertus de la monade, desquelles il a été parlé (perception, vouloir, pouvoir).
D'où ce principe :
30° La condition nécessaire de Télément matériel, en tant qu'objet (perçu et qui perçoit) est la subsistance de l'être en trois essences complémentaires : la masse, l'énergie, Tintraperception.
En même temps, on peut énoncer les postulats suivants, qui sont séparément les conditions de possibilité corrélatives des lois phénoménales scientifiques.