DE LA RAISON, PUIS L'UNIFICATION DE LA SCIENCE
La science, la science du /jhysique, a ses points de vue, la philosophie, la science de l'esprit, a ses points de vue ; le point de vue le plus complet du monde devra être commun k la science et k la philosophie, il devra faire place k la science tout entière.
Dans cette fusion harmonique de toutes les con-
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naissances, les contradictions des sciences spéciales entre elles, les contradictions fondamentales de la science proprement dite et de la philosophie devront s'évanouir en un accord supérieur ; les concepts principaux sur lesquels se concentrent les contradictions ont été entrevus.
Or, le sommet de la science entière ne peut être i|ue la raison dans ses principes les plus élevés qui, en s'appliquantàdes cas de plus en plus particuliers, deviendront des principes scientifiques.
Dans la philosophie même, l'originalité des sjstèmes doit avoir pour limite la vérité ou la raison vraie.
L erreur n'atteint pas la raison universelle ; c'est l'application de cette raison qui engendre les erreurs. Les intuitions immédiates — données telles que des mouvements - ne deviennent des idées orales et sensibles que par une traduction excessivement complexe, qui les fausse en les développant, peut-être en cherchant, soit inconsciemment, soit vo^ lontairement à les associer d'une façon arbitraire. Le contrôle de la raison peut réduire l'erreur». On ne saurait faire appel qu'à la raison universelle.
I. Dans une thèse remarquable, M. Brochar.l a excel]eniment di^ tingiie diverses causes d'erreur. (Paris. Mcan. .897.)
Le système philosophique qui exprimerait la fonction complète de l'univers, devrait d'abord poser la raison dans ses principes communs irréductibles, puis il unirait dans une métaphysique, la mécanique et la logique, pour aboutir à la morale, la raison universelle, qui est une en ses principes, devant permettre cette union, et en même temps il se trouverait exprimer le monde réel k son vrai point de vue.
Le monde réel k son point de vue vrai, qui est donné par sa cause primordiale et par son but final, détermine et enveloppe toutes les espérances de la terre et de l'homme, et ce monde réel se révèle seulement en tant que monde intelligible, dans lequel la liberté et la loi coexistent, cessant d'être hors de ■ces deux termes.
Ainsi donc, il s'agira de trouver l'expression irréductible de la raison universelle, les raisons supérieures, qui subordonnent toutes les raisons principales et toutes les idées rationnelles de l'esprit, et qui ne deviennent des interprétations qu'en se transmettant dans les sphères inférieures de la relation verbale et de l'imagination.
U unification de la raison, de laquelle se déduiront par voie de démonstration les lois du monde réel intelligible, est aussi une première méthode,
une seconde méthode étant nécessaîrement d'appliquer ces lois pour construire.
Cette unification de la raison existe du reste d'une façon implicite, sans quoi sur quelles bases voudrait^n que les raisons, qui sont dites évidentes, puissent reposer; les faits ne sont pas par euxmêmes des raisons et ils en supposent : le fonctionnement rationnel des facultés de l'esprit et des agents psychiques est intervenu pour tirer — les faits ~ des sensations élémentaires.
Personne ne doutera que de tels principes, si on peut les mettre en lumière, n'aient une importance capitale.
Il est probable qu'ils permettront de porter un jugement immédiat et définitif sur bien des svstèmes philosophiques et scientifiques sans que de longues dissertations soient nécessaires.
Leur haut degré de généralisation en fera des formules générales, dans lesquelles pour l'application il pourra suffire de mettre k la place des termes leurs valeurs. Ainsi on remplace dans une équation les variables, ou les inconnues, par les racines supposées, et si on n'obtient pas une identité, c'est que ces racines sont fausses.
Toutefois, comme ces formules se prononceront sur la qualité, au lieu de se prononcer seulement
sur la quantité, l'identité sera logique au lieu d'être seulement mathématique.
Ces principes de première raison constitueront donc une logique métaphysique, parce que, étant absolus, ils ne seront pas rien que de forme, mais qu'ils seront aussi de fond, comparativement au syllogisme — logique de forme.
En passant, il est bon de signaler une raison contradictoire dont on fait usage : les petites causes produisent les grands effets.
Cela revient à dire que l'inférieur produit le supérieur, et k la limite, que rien peut produire quelque chose. Absurdités flagrantes.
Les petites causes — qui produisent de grands effets — ne sauraient d'aucune façon être les causes de ces effets, et ne peuvent être que les agents de la cause véritable ou des causes véritables ; par conception — ce qui doit s'entendre ici par définition forcée — la cause donne l'existence tout entière k son effet, et elle le contient déjk en puissance avant de l'émettre en acte.
La liberté est une cause primordiale, qui suppose cependant l'existence, et les idées sont des causes primordiales concomitantes qui correspondent au degré d'existence ; car le pouvoir d'orientation de l'être ne peut s'exercer que suivant les idées qu'il a,
et entre lesquelles il choisit son orientation. Les conditions, qui rendent la liberté possible, ne peuvent se distinguer de la liberté. L*acte — qui est le fait par excellence dans sa généralité — en même temps que la liberté, suppose le bien ; de sorte que l'idée du bien est inséparable ; mais il faut la distinguer comme cause finale, ou mieux comme but, pour éviter quelque confusion, et pour faire apparaître les transitions, les causes proprement dites, après les êtres, étant des moyens pour atteindre le but.
Il y a, on le voit, des liens absolus entre le bien, in cause et l'effet, qui sont, pour l'être comme pour la raison, les facteurs de tout acte avant le mouvement objectif.
On conçoit que les sciences particulières, en conservant une méthode d'avancement quelconque, qui se justifie pratiquement, doivent toutes s'orienter en subordination sur les principes de la raison universelle; et on conçoit que la raison unifiée puisse les centraliser déjà sans que leurs fusions latérales aient encore pu s'effectuer.
Se prononcer sur ce qui est possible, sur ce qui est nécessaire et sur ce qui ne l'est pas, poser des limites et étendre des limites, déterminer les priorités et les suprématies, dire dans quel rayon une
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théorie est applicable et sous quelles réserves, enfin permettre de reconstruire méthodiquement le monde avec les données acquises pour obtenir le meilleur point de vue, qu'elles peuvent constituer, tels seront en outre les pouvoirs qu'on peut attendre de la raison unifiée.
En se donnant cette dernière tâche — la reconstruction du monde — la raison première devient métaphysique proprement dite ; k la limite des sciences, il y a une seule science capable de les embrasser toutes dans une raison supérieure et une : c'est la science des dernières réalités ; c'est donc bien la science des êtres et de VEtre. Gomme science de l'être simple, la métaphysique domine encore la psychologie qui a besoin de conceptions, et comme science de l'Etre, elle devient théodicée.
Pour parfaire la construction idéale du monde, ayant le ciment de la raison, — on ne tarde pas k s'en apercevoir, — des pierres manquent ; on dispose de données insuffisantes, il y a des lacunes à combler dans les sciences, et il y a la grande lacune entre l'être simple et entre l'être multiple qu'est le vivant, qui est la lacune entre l'absolu et le relatif.
Il manque beaucoup de termes entre les données que la raison scientifique a tirées immédiatement de
l'observation et, ensuite, de l'expérience et du calcul, et entre les données que la raison pure a tirées de l'intelligence et de la conscience, où elle se réfléchit, où elle se voit.
Si à un moment de l'histoire une philosophie a su unifier toutes les connaissances d'alors, elle a réalisé pour son temps une synthèse relativement complète du monde et elle en a saisi le sens le plus complet.
Quelle est la philosophie qui a le mieux atteint ce point de vue, posant des unités absolues, unités psychiques et libres, en déduisant rigoureusement les choses, le physique, soumettant la multiplicité, le déterminisme et le destin à un ordre supérieur, à un ordre moral, k l'unité divine de l'Être suprême et immuable, faisant à la fois la part de toutes les sciences, sans se laisser absorber par une et sans en négliger ?
Pythagore ne serait-il pas entre tous les philosophes connus celui qui a produit, pour son temps, le système du monde h la fois le plus étendu et le plus profond, si le peu de données qu'on a sur ses ouvrages rendent possible un jugement? Nous croirions volontiers que c'est de la dispersion de ses (Mîseignements (jue procède toute la flore des philosophes grecs.
Le fameux précepte de Socrate : connais-toi toi-
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même, n'est-il pas tiré de Pythagore? Le divin Platon a lui-même emprunté au génie de celui qui prit le premier le titre de philosophe, la partie la plus élevée de la philosophie qu'il a seule développée, tandis qu'Aristote s'occupait davantage des sciences physiques un peu à l'exclusion d'autres. Leilmitz enfin est un continuateur de Pythagore dans son œuvre la plus subtile qui est la monadologie.
L'arithmétique, la géométrie et la mécanique virent le jour dans l'institut scientifi(|ue, philosophique, moral et social de cet initiateur extraordinaire, où l'on enseignait encore : l'astronomie, les sciences occultes et symboliques, la théologie, l'ontologie, la psychologie, la morale, la politique, la poésie, la musique, l'esthétique, l'anthropologie, la gymnastique et l'hygiène, où l'on enseignait enfin toutes les sciences possibles sans les séparer, par une série d'initiations graduées.
Ceux qui arrivaient à posséder la clef rationnelle de la synthèse universelle étaient sans doute peu nombreux.
Le peuple excité, comme toujours, par des meneurs politiques, que la puissance morale de Pytiiag.>re eflrayait, brûla l'institut et les ouvrages du maître.
A défaut de documents écrits, la clef d'un svstème
LAGR srU.E
QVEh EST LE POINT DE VUE
trop vaste pour les intelligences, dut vite se perdre, chaque disciple s'attachant à une spécialité. Quoi qu'il en soit, h tort ou h raison, k certains indices, il nous paraît probable que toutes les sciences pythagoriciennes pouvaient s*unir dans une unité assez parfaite, comme les chaînons d'une métaphysique achevée et universelle, qui exprimait alors le monde à son point de vue le plus complet.
A cause de la pénétnition de détail des sciences modernes, le problème est aujourd'hui bien plus complexe, il ne suffirait plus aujourd'hui de reconstituer simplement la synthèse pythagoricienne, même en découvrant les sens mystérieux des symboles, qui sont comme autant de formules indéchiffrées, mais elle peut servir d'exemple.
fJtmiJîcation de la science peut au moins être posée comme un idéal vers lequel il faut tendre, comme étant la condition de sa vérité générale.
Actuellement, la lacune entre les sciences physicomathématiques d'une part, entre les sciences logicopsy chiques d'autre part, est un abîme qui doit être comblé ; et ce n'est pas le seul : il y a à relier les sciences biologiques k ces deux groupes, les sciences occultes elles-mêmes, mais rectifiées, et l'ensemble de ces sciences doit satisfaire k la raison morale.
Il ne doit pas être permis de supprimer ou d'écar-
LE PLUS COMPLET DU MONDE ? Sj
ter d'emblée une seule science, sous prétexte qu'elle est impar^iite, pour simplifier le problème ; c'est peut-être parce qu'on a pris ce parti qu'il n'a pas été un peu résolu; toutefois il est permis de rectifier les points de vue de certaines sciences et de les épurer. Dans le plan du monde cherché, les grandes lignes que les déductions des principes de la raison universelle traceront, ne s'appliqueront pas encore k des cas particuliers, elles se borneront k des généralités et k des abstractions, de sorte qu'elles resteraient des cadres vides, des routes désertes, si on n'y introduisait pas les êtres actuels en mouvement Jl la vie qui se continue.
Si l'on prenait comme point de départ les conceplions physiques du monde, c'est-k-dire le monde conçu comme un mécanisme, on devrait rétablir, retrouver, par une pénétration plus grande le monde métaphysique, duquel la matière se dissipe, et possédant les unités, on pourrait s'en servir pour représenter le monde actuel et pour faire rentrer tous les faits dans un fonctionnisme universel.
C est pourquoi les principes de la raison devront être d'abord appliqués à ce quil y a de plus simple, à l'unité absolue, à l'atome primordial ou à la monade la plus élémentaire, qui es/ le premier élément de construction.
or EL EST LE POINT DE VUE
II sagit de refaire avec cet élément les svstèmes existants en se servant de la raison comme puissance créatrice, en substituant la raison aux puissances naturelles organisatrices, qui n'opèrent du reste que suivant la raison universelle pour former des corps, en composant un tout suivant un ordre avec des unités ou monades.
La seconde méthode, à laquelle on est ainsi conduit, est en quelque sorte une application spéciale et un complément de la première.
A cause de la relativité de notre expérience, c'est aussi une méthode de pénétration et d'invention, qui exige le perfectionnement de concepts trop restreints et la création de nombreuses hvpothèses. Elle consiste, par reconstitution, k partir de l'élément absolu le plus simple pour aller k la rencontre des éléments relatifs, que font connaître la phvsique, la chimie et. plus tard. la biologie, en un mot, elle consiste k jiartir de la nummie qui fait fonction d'atome pri^ mondial pour arriver aux éléments des corps bruts et k ceux des corj)s organisés.
L'unité îibsolue. qui est objectivement l'indivisible, sera posée comme une limite de l'espace avec les proi.rietes passives, négatives même, qui sont compatibles avec son absoluïté. Or le problème est de construire avec hii des atomes multiples, des
LE PLI s COMPLET DU MONDE ?
systèmes élastiques, de premiers éléments mécaniques par conséquent.
Point des plus importants, ce problème semble impossible tant qu'on n'arcorde fias à l'atome primnrdial un pouvoir spontané d'orientation.
Nous avions différé au début de cet article de donner l'explication de cette nécessité du pouvoir d'orientation pour l'unité élémentaire, et nous l'indiquons sommairement ici.
Nous retrouvons dans ce pouvoir, sans l'avoir cherchée, la déclinaison des atomes, nous retrouvons sans avoir eu d'abord la pensée de l'introduire, la conception d'Épicure, et cela, par une déduction rationnelle, qu'on peut ainsi résumer :
L'élasticité exige un déplacement de parties ; eji se maintenant sur le terrain de l'absolu, on doit affirmer que l'atome définitivement simple ne peut être élastique, n'ayant qu'une partie dans l'espace. Comment donc la relation de plusieurs atomes simples pourra-t-elle engendrer une zone d'espace qui réagit, qui est élastique? Rien que si en prenant contact ces atomes se quittent pai- des mouvements de rotation.
Mais ces atomes par leur constitution indéformable se touchent toujours normalement ; ils uti sauraient par suite recevoir du dehors les mouve-
ments de rotation nécessaires pour déterminer comme une réaction élastique.
Donc te sonf euX'tmhnes qui doivent produire leur rotation, laquelle a besoin d'intervenir pour permettre des atomes élastiques composés, et cette rotation est une autorotation.
Ce pouvoir interne, qui est la manifestation d'une force libre, dans un but compréhensible, en vue de maintenir une équilibration, fait donc de ces atomes «les unités psychiques, ou des monades.
Ainsi a lieu sur ce système, uniforme et monovalent, qui est l'unité inférieure et l'élément des autres systèmes naturels, la fusion de la science du physique et de la science du psychique. Vautoro^ ffifinn représente la liberté en face du choc, qui na lieu que normalement, et qui représente le déterminisme. A Faction extérieure, répond un acte intérieur contingent. Si deux atomes concourent vers un point de l'espace au même instant du temps, sans ♦[u'un obstacle puisse s'opposer entre eux, le choc fatalement doit avoir lieu en ce point, et étant prédit, représente la Vitalité.
Certains systèmes construits avec les atomes élasti.jues devront correspondre aux atomes chimiques, certains systèmes construits avec ces derniers devront correspondre aux molécules, et les mouve-
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ments vibratoires, de phases appropriées aux atomes de divers ordres, devront expliquer la radiation, la chaleur, la lumière, l'électricité et le son. Plus tard, en poursuivant les constructions idéales, on devra retrouver les trois états des corps pondérables, et on devra découvrir les causes intimes de phénomènes divers.
Le pouvoir d'orientation à une origine du mouvement, Fautorotation, qui se déduit comme une nécessité dans l'atome primordial, doit se reconnaître dans les systèmes successifs, dans les unités composées, qui dans la nature sont par suite des êtres vivants, ou des sociétés vivantes, sous les apparences d'agrégats et de mélanges, de masses et de nébuleuses.
Cette autorotation générale du système dépendra d'une monade dominante, qu'on ne pourra plus assimiler à un atome primordial quelconque, et elle sera produite nécessairement par un grand nombre d'actions instantanées de cette monade — àme du système — sur les monades subordonnées pour déterminer dans l'ensemble le sens du mouvement à son origine.
Différentes de l'autorotation générale, sont les autorotations individuelles des monades inférieures, des monades à tous les degrés, lesquelles n'en per-
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sisteut pas moins dans leurs ressorts propres, eu étant conditionnées par l'équilibration de t >ut le système.
A tous les degrés hiérarchiques, se place de quelque manière, plus ou moins manifeste, cette autorotation, qui représente un choix contingent des solutions possibles, et qui signifie partout : le pouvoir, la direction, la pondération, l'équilibration. Elle existe dans le vol et dans la natation chez les animaux ; elle existe jusque dans les corps célestes.
ÎI ne faudrait cependant pas la voir dans une rotation quelconque d'un corps matériel. Dans le «avire, ce pouvoir est exercé par le pilote, et dans la machine par le mécanicien. Un bicycliste, par exemple, dirige constamment sa machinent la maintient constamment en équilibre par la rotation du guidon, c'est-à-dire par une autorotation convenable.
Dans la marche de Thomme, l'autorotation est tout aussi nécessaire, quoiqu'elle soit moins facile à apercevoir et qu'elle puisse être exercée par un centre nerveux.
Les communications de systèmes naturels à systèmes naturels sont en conséquence susceptibles de se traduire par diverses solutions de mouvements, parmi lesquelles, la plus probable est la plus ratioiJ
LE PLIS COMPLET DU MONDE
nelle au point de vue de ces systèmes, considères comme des unités vivantes.
Passant de la synthèse des éléments des corps bruts k la synthèse idéale des éléments des corps organisés, de proche en proche, par une intégration mécanique et psychique, on en viendra a reconstituer logiquement les cellules et les êtres pluricellulaires que sont les plantes et les animaux. La reconstruction théorique des systèmes naturels est une étude qui comportera beaucoup de détails et qui mettra à contribution dans un travail commun toutes les sciences.
Le but, ici, a été de montrer, en résumé, la marche à suivre pour relier la métaphysique à l'expérience, et l'intelligible au sensible, en tenant compte de toutes les connaissances.
Les solutions parvenant à s'enchaîner avec continuité, répondant finalement k l'expéripnce, les déductions de la raison pure auraient fini alors par se raccorder avec les déductions de la raison scientifique, qui sont fondées sur l'observation des choses; et runijication de la science, de la science entière, pourrait — du moins on peut l'espérer et la préparer — suivre un jour celle de la raison.
Deux méthodes ont été entrevues pour embrasser
QVEh EST LE POINT DE VUE
et pour pénétrer le monde réel, ou ses raisons — ce ({ui revient au même idéativement — et ces deux méthodes devraient simultanément concourir à préparer la fusion de toutes les sciences dans une philosophie métaphysique.
La première méthode part du sommet, qui est la raison universelle, et la seconde méthode, soutenue par les principes de la première, part de l'élément absolu, de l'unité élémentaire; la recherche des principes de la raison universelle est plus proprement logique et morale, tandis que la reconstruction rationnelle des systèmes naturels est plus proprement scientifique et mathématique; les deux méthodes sont philosophiques et métaphysiques. L'une *'t Fautre, se complétant, devraient concourir k représenter le tableau du monde à son point de vue le plus complet, la première étant un coup d'œil circulaire sur le monde, qui l'embrasse, et la seconde étant un regaril continu dans une direction qui eu pénètre la réalité.