‹ Essai philosophique [microform]. Quel est le point de vue le plus complet du monde? et Quels sont les principes de la raison universelle?Chapitre 5 sur 14 · IP PARTIE · texte numérisé non relu

IP PARTIE

Quels sont les principes

de la raison universelle ?

ï. - PRÉLIMINAIRES

Tous principes rationnels, encore relatifs, subordonnés, doivent se fonder sur une base absolue, qui serait elle-même un principe (comment ne seraitelle pas un principe?), le premier principe synthétique de toute raison, si l'intelligence humaine était capable de condenser en une seule formule, en un seul principe verbal, ce qui est la condition de toute espèce d'évidence, ce qui fait que l'esprit voit clair.

A défaut d'une seule formule, cette base s'exprimera par plusieurs formules qui seront solidaires, cette base tiendra dans plusieurs principes également irréductibles. La suppression d'un seul de ces principes en le niant, les niant tous, et tous les principes relatifs qui en découlent, devra entraîner la perte «le la vision de l'esprit ou l'impuissance do l'intel-

ligence, et devra rendre impossible d'atteindre une évidence, de mettre l'esprit d'accord avec lui-même.

De là un moyen de les vérifier, qui est une expérience logique, le supérieur ou l'absolu ne se laissant pas vérifier autrement par l'inférieur ou par le relatif, le supérieur ne se prouvant pas directement par l'inférieur, qui ne le contient pas en totalité.

Exprimer ces principes primordiaux de la raison universelle, c'est mettre en lumière ce qui est la base ultime de la plus haute certitude, ce qui en est l'unique base, ce qui, chez toutes les intelligences, permet la certitude logique et donne une signification aux faits perçus par l'esprit.

La possession de ces principes — toutes discussions les ayant vérifiés comme il vient d'être dit et les ayant confirmés avec le temps — doit produire l'unification de la raison universelle entre les sciences et entre les esprits, et elle doit fournir par déduction logique du général au particulier toutes les raisons usuelles dominantes, raisons pures, raisons scientifiques, raisons morales, raisons pratiques, qui sont employées légitimement pour former des jugements.

Par ordre de subordination, on peut distinguer trois degrés de la raison supérieure ; ces trois degrés de la raison supérieure, qui s'élève au-dessus

de la raison sensible et de la raison pratique, de la raison qui a en quelque sorte pris une conscience claire d'elle-même, sont : la raison morale ou divine, la raison pure, et la raison scientifique.

La raison pratique n'est guère que la mémoire rationnelle des observations et des faits matériels, et son application à des cas non identiques peut réclamer une théorie scientifique.

La raison scientifique, au-dessus de la raison pratique, trouve sa preuve dans l'expérience qu'elle crée, et qui ne vaut que ce qu'elle vaut elle-même, parce qu'elle lui est subordonnée, et cette raison s'élève jusqu'à la raison pure en voulant concevoir une unité, qui n'est plus donnée par l'expérience. C'est la raison pure qui juge la raison scientifique.

La raison pure a son tour trouve sa sanction dans la raison morale, à laquelle elle ne doit pas être contraire, si même elle n'aboutit pas directement a elle sous forme active.

Quant à la raison morale, malgré sa suprématie, et sans doute à cause de sa suprématie, elle est introduite dans les plus simples intelligences par la conscience du bien et du mal, par le sentiment de la liberté ou du libre arbitre, qui est inséparable de l'idée du bien. Elle ne saurait être confondue pour cela avec la raison pratique.

Trouver en quels principes résident ces raisons, qui sont les trois divisions de la raison universelle, telle est la grande question.

Du fait que la raison universelle — nous démontrerons plus loin qu'elle est universelle — permet d'émettre des raisons qui font autorité, il est bien évident que, ne pouvant donner que ce qu'elle contient, et à un degré moindre de puissance, elle est constituée elle-même par un principe qui a force de loi, ou par des principes communs irréductibles, puisque l'intelligence de l'homme est réduite à la nécessité d'analyser le principe unique pour le saisir par des réflexions.

Raison morale, raison pure et raison scientifique peuvent à la fois se combiner dans l'acte qui relie ainsi leurs principes.

Autre chose du reste est de savoir par quels agents est exercée la raison, autre chose de savoir comment est employé son principe dans un esprit individuel.

Les agents psychiques, qui constituent la puissance de cet esprit individuel, qui composent sa raison en tant que faculté, qui exercent la fonction, appli- «pient le principe ; ainsi une loi législative qui régit le fonctionnement d'un parlement, est mise en vigueur [jarses membres.

Ce que le parlement est à la loi, la faculté de la raison l'est k son principe. Ces agents, qui sont les monades principales de l'individu, sont sans doute présidés par Vame monadi(pie, et ils siègent dans les centres cérébraux oii la conscience a lieu.

Ceci soit dit pour éviter quelque confusion et pour donner un léger aperçu de l'Ame raisonnable, de rame composée, qui correspond à l'entendement et qui est la puissance de l'esprit.

En passant, il est aussi utile de faire entrevoir ce que c'est que la foi par rapport à la raison de l'individu. La conception sera mise plus loin à profit. On n'a pas le droit assurément de rejeter la foi au nom de la raison, ni de se prononcer autrement, si Ton ne sait pas ce que c'est que la raison, si on ne sait pas comment elle s'exerce effectivement.

La foi est une adhésion de l'esprit à une communication dont il ne peut atteindre la preuve; elle est vraisemblablement l'adhésion d'une association de monades à une communication de l'àmc simple, dite monadique, ou au moins à une communication d'un noyau très prépondérant de monades supérieures. Ainsi une société accorde sa confiance à la parole de ses chefs.

La vérification de cette communication, ou sa traduction rationnelle, peut demeurer impossible pour

LAUHESILLE.

GG oi i;ls sont les principes

la masse de l'esprit, laquelle ne fait que recounaître une supériorité morale et lui donner son crédit, faute de pouvoir comprendre exactement ce qui est au-dessus de sa pénétration.

C'est de la même façon (jue la grande majorité des hommes, même avec une certaine instruction, croient les vérités énoncées par les savants, c'est delà même façon que chacun croit ce qu'il ne peut directement apprécier, quand le fait lui est transmis par quelqu'un qui offre «les garanties aussi fortes qu'on peut en demander.

Les principes de la raison universelle sont aussi bien des jn*incipes législatifs du monde réel partout où la liberté intervient : la raison universelle chez un être, la raison de l'être, est un reflet de la Raison qui est l'htre, de la llfiison suprême. Quoique cette origine de la raison ne soit pfis d'abord manifeste, qu'on sache — que l'être est ici — Vétre qui de" rient, la créature, le vivant, — que l'Être est ici — l'Ktre immiiaùie, le créateur. Dieu ; enfin dans ce concept, la notion de reflet a un sens actif et métaphvsifjue, le sens d'ordre réduit, de germe homologue, et non le sens ordinaire, qui est passif et physique.

Les principes de la raison universelle doivent logl({uement relier par un verbe des termes absolus.

DE LA RAISON UNIVERSELLE ? G7

c'est-à-dire qu'ils posent l'absolu, soit pour expliquer les êtres réels, lesquels sont l'ab-solu qui se réalise, soit pour expliquer l'Être, qui est l'absolu réalisé, ou plutôt pour expliquer leurs rapports.

Seul ce qui est absolu est réellement, est un être réel, au milieu des choses relatives qui apparaissent dans le phénomène; réciproquement, ce qui est un être réel est absolu, il ne pourrait ne plus être, ce qui est le caractère des choses relatives ; cependant il pourrait, étant, devenir encore, et il faut distinguer ce qui est en devenir de ce qui est immuable ; pour — ce qui est en devenir — , on peut se demander — combien est-il, — ou — combien est-il devenu ; mais pour ce qui est, le combien est l'entier, l'achevé.

La raison pose l'absolu, et une science ne pose le relatif, qu'en sous-entendant l'absolu, soit théorique, soit naturel.

Une science qui se donne pour but d'extraire les principes essentiels de la raison fait partie de la science première, et d'elle doivent se déduire les principes des sciences de tous genres.

Faisant intervenir l'absolu, c'est une logique, non pas seulement de forme, mais de fond, faisant intervenir l'acte, qui exige des unités naturelles, c'est

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une logî(jue métîiphvsique, qu'on pourrait appeler inétalo(jique\

A chaque degré de la raison supérieure : raison morale, raison pure, raison srienfi/ff/ne. correspondront des principes plus spéciaux, soit à Vidée de l*ien, soit à i'idée de eaase, soit à l'idée de phénomène, de sorte que. si on voulait donner <les noms également aux trois divisions d'une telle logique métaplivsique, on pourrait les appeler respectivement : Finalogique, Causalogique, Phénologique. Enfin, si la métalogique traite de TÉtre immuable en tant que Dieu, elle peut être dite Théologitjue.

Nous comprendrons sous ces termes quatre chapitres de cette partie, après avoir montré dans un premier qu'il faut avant tout affirmer lexistence de la raison universelle (raison qui n'a rien de commun dans le langage avec — la raison volitive qu'on tirerait du consentement universel — soit dit pour prévenir tout malentendu».

I. >'oiii déià donné par S. îtoi.enhaiier à la logique de ceriains pria- «-ipe* rationnels quadruple racine de la raison suffisante).

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