‹ Essai philosophique [microform]. Quel est le point de vue le plus complet du monde? et Quels sont les principes de la raison universelle?Chapitre 7 sur 14 · ÏH. - PRINCIPES DE RAISON PURE · texte numérisé non relu

ÏH. - PRINCIPES DE RAISON PURE

La raison universelle, qui existe comme cause comme force, comme raison sociale dans les êtres' et entre les êtres, qui préétablit en quelque sorte une harmonie interne, est appliquée par les esprits raisonnables, dits raisons individuelles, qui siègent la ou se produit la pensée.

Principes de raison pure, principes de raison morale, principes de raison scientifique sont solidaires dans 1 acte, ou dans l'action correspondante, qu'ils ont pour caractères communs de rendre intelligi-

Certaines formules qui pourront se restreindre à un point de vue mathématique fourniront l'identité des deux termes, tandis qu'au point de vue logique elles se ramèneront à rinteUiijîbilité (dite par extension identité logique) , dont le contraire est Tabsurdité. Le rapport qualitatif, exprimé par un verbe, est un rapport logique en comparaison du rapport quantitatif, du rapport d'égalité, qui est miithématique.

De même que produire la clarté est la fonction de la lumière, produire l'intelligibilité est la fonction de la raison. La non-intelligibilité peut n'être pas toujours une contradiction absolue, elle peut aussi bien n'être qu'une contradiction relative, si elle provient d'une lacune d'idées, si les idées de transition ou si les concepts relatifs aux termes à réunir mantjuent à l'esprit, ne sont pas encore accessibles à l'esprit.

La raison universelle a ses échelons, mais c'est une échelle qui est k la portée de tous ceux qui la voient. Cette raison commune est simplement offerte \\ toute conscience raisonnable, humaine, ou autre, avec une certaine mesure d'intensité, par une intuition plus ou moins explicite, plus ou moins générale ; elle est offerte d'une façon bien simple : par trois concepts à priori qui ne se déduisent pas.

Ce sont : lo le concept de pouvoir agir ou /., conscience d'an libre^ouloiv, 2° le concept de cau.e

- concept causalogique - et Z" h concept de Oie,,

- concept finalogique - le premier les unissant en lait. Ces trois concepts, naturellement donnés ensemble dans toute conscience, sont la condition de possibilité de tout ace libre pour toute espèce ci être. ^ .

L'idée de cause en effet donne le moven dattein- .Ire le but que propose Vidée de bien gn^ce „„ ,«,„.

7; ''f '•• ''-"'' P- -" idée, par la conscience de la l.berté. L'acte n'est donc possible que par la pnorité de ces trois concepts, qui le déterminent, qui lui donnent son orientation première.

Cependant, l'acte se poui-suivant, des résistances - .-manderont des efforts de létre ; le plaisir et la .lonleur naîtront avec ces résistances.

L'acte étant le fait le plus certain et le pins ,,én^-al. on est entré avec lui en pleine réalité.

Le concept pur de cause est d'abord indépendant Jes concepts détendue et de durée, qui, étant de. formes de réceptivité en partie propres à notre en-

lendement, se trouvent pourtant liés k lui dès les premières manifestations de notre activité dans le monde sensible, dans le corps vivant.

Esprit, moi, je conçois que j'existe, que je ne me suis pas donné l'existence, et qu'une autre existence a dû me la donner.

Pour faire cette reconnaissance de mon être, je n'aurais besoin en principe (peut-être faudrait-il pour cela être une existence simple), je n'aurais besoin ni. d'exister dans une durée donnée, ni d'exister dans un espace donné ; et je conçois que la même idée de sa cause doit se trouver en tout esprit raisonnable, doué ou non d'un corps ; puis, que la même raison , la cause , doit se poser pour toute existence, qui, n'étant pas raisonnable, ou qui n'étant pas même sensible, est encore Incn moins capable de se créer, et pour toute apparence, qui n'est plus qu'un dernier effet.

C'est pourquoi, avant d'avoir fait aucune expérience sensible, je puis affirmer ce principe capital de la raison universelle :

6° Tout effet a une cause.

La cause est conçue comme ayant une existence supérieure à l'effet, qu'elle doit toujours envelopper et contenir en puissance, sinon en acte.

Par une réduction réciproque des deux termes,

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80 Ol'ELS SONT LES PRINCIPES

efîet et cause, qui sont comme les deux membres d'une équation, d'autres expressions, d'autres principes se déduisent de ce fondement de la raison pure.

Voici d'abord des expressions qui sont équivalentes :

Tout ce qui devient, procède de ce qui est. Tout ce qui est relatif, provient de ce qui est absolu.

L'absolu est l'origine des êtres relatifs. L'Être immuable est le principe des êtres qui deviennent.

L'ôffet devient, parce que la cause est. A un effet réel en devenir, correspond une cause réelle.

La réalité de la cause est, par conception et par définition, d'ordre supérieur à celle de l'elTet, même si l'effet est une existence vivante et consciente, de sorte que le rapport de l'effet à la cause primordiale est le rapport ,lu relatif à l'absolu, .pii a pour symbole mathématique le rapport du fini à l'infini, ou encore, le rapport de linfiniment petit au fini. Mais le rapport logique des termes est plus large et plus complet et moins exclusif que ce rapport quantitatif, «ar il est aussi bien qualitatif, soit quantitatif à une foule de points de vue.

Ce rapport est celui de — ce qui est moins à ce qui est plus — dans lequel l'effet, le moins est donné par la cause, le plus ; c'est le plus être, la cause, qui peut donner le moins être, l'effet, et l'inverse est impossible.

On peut donc énoncer cette sorte d'inégalité qualitative :

7° L'eSfet ne peut donner la cause, et encore cette autre :

go L'effet est moins que la cause ; et inversement :

9° La cause est plus que l'effet.

Comme expressions équivalentes on a :

Le supérieur donne l'inférieur.

Le supérieur subordonne l'inférieur, et l'identité logique : le supérieur est plus que l'inférieur.

Désormais, on peut réduire (7) — reffet ne peut donner la cause — à sa plus simple expression en n'y laissant des facteurs idéaux, effet et cause, que les valeurs mutuelles indispensables à la relation, c'est-k-dire que les valeurs, moins et plus. D'où :

10° Moins ne peut donner plus.

Ici, ce rapport s'entend en général qualitativement, et seulement comme un cas particulier quantitativement.

LAGRÉSILLC 6

Il est presque inutile de faire remarquer que de la même manière (8) donnerait l'identité : moins est moins que plus.

Avant de tirer de ce principe : (lo) — moins ne peut donner plus — des conséquences matérielles, il est bon de considérer que jusqu'ici on n'a pas encore pénétré dans le domaine de l'expérience sensible, que l'expérience interne, directe et immédiate, a seule été invoquée, par suite que les effets dans les formules précédentes peuvent garder encore la valeur d'existences, leur cause ou leurs causes étant des existences superdonnées.

A majeur argument, ces principes seront-ils vrais dans le domaine de l'expérience postérieure, externe et indirecte, des sens, pour des effets phénomènes, pour des effets secondaires, qui seront les produits de causes véritables ou de causes-existences.

Ce dont il faut se garder, c'est de poser comme cause ce qui ne saurait être cause ; ainsi les causes imaginaires, toutes causes qui seraient inférieures à leurs effets, ne sont que des intermédiaires, que des agents, que des déterminants, subordonnés aux causes réelles qui demeurent inaperçues. En mécanique, cette erreur conduit au mouvement perpétuel, et en métaphysique, elle conduit par différence à tirer quelque chose de rien.

Le principe : moins ne peut donner plus, ne doit pas être oublié ; et il faut repousser, au moins en métaphysique, toutes les apparences et toutes les erreurs de langage, qui contiennent de si étranges jugements que : les petites causes produisent de grands effets, que l'homogène engendre l'hétérogène, et que tout autres qui aboutissent k cette contradiction logique — moins peut donner plus.

A vrai dire, il y a des influences déterminantes, des causes additionnelles, qui ferment un circuit, qui amènent Iq moment critique, qui achèvent plus ou moins vite un cycle préparé, et qui assurent la perpétration d'une action anonyme.

Un effet vraiment simple au sens métaphysique, ne doit procéder que d'une seule cause ; un effet quelconque, composé, qui résulte de plusieurs causes relatives, suivant la même rigueur, ne doit procéder que d'une seule cause définitivement absolue ; car deux causes absolues — différentes — n'auraient rien de commun, et leurs effets non plus, aucunes relations ne seraient possibles, ni entre les causes, ni entre les effets.

D'autre part, deux causes absolues — identiques — ne se distinguent plus d'une seule et ne font qu'une. L'existence de Dieu est déjà impliquée dans la cause absolue.

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Les êtres qui deviennent, quoique causes véritables, ne sont donc pas de telles causes, et il n'y a dès lors de cause définitivement ab&olue que l'Être immuable, dont ils doivent tous procéder pour communiquer entre eux, si peu que ce soit. C'est indispensable de comprendre que deux causes rigoureusement absolues, si elles ne sont pas la même, sont irréductibles, sont incompatibles, sont absolument (Uitres en un mot ; qu'elles n'ont donc pas de relations possibles, ce qui veut encore dire pas d'effets communs ; donc qu'elles ne peuvent, se poser ensemble.

Qu*on ne perde pas de vue la distinction profonde qu'il y a entre la conception arbitraire de la causalité relative, soit de la causalité physique, et entre la conception nécessaire de la causalité absolue de l'immuable, qui engendre la causalité réelle du devenir, et les causes cependant bien réelles que sont les êtres existants.

Le principe (lo) — moins ne peut donner plus — est applicable à des choses hétérogènes de génération, pourvu que leurs qualités soient de valeurs assez inégales, l'une étant, par exemple, privée d'une qualité de l'autre, qui est supérieure aux siennes.

Appliquons-le entre les concepts — matière et esprit : la matière n'a que l'existence inconsciente et l'esprit a l'existence consciente ; la matière ne se manifeste que comme force passive ou comme énergie, tandis que l'esprit se manifeste comme force active ou comme liberté. Donc on a :

11° La matière est moins que l'esprit.

La matière, — du reste (lo) et (ii) le prouvent, ne peut donner ce qu'elle ne contient pas, la conscience et la liberté. D'où :

12° La matière ne peut donner Fesprit.

L'esprit pourrait donner la matière ; mais la donne-t-il? C'est ce que nous croyons possible de démontrer ; des vues développées étant utiles pour cela, cette démonstration réclamerait des conceptions physiques et métaphysiques qui ne peuvent trouver place dans cette brochure, et que nous réserverons pour un traité plus étendu.

Remarquons que la matière est d'abord une conception de l'esprit ; il semble donc qu'on peut dire :

La notion de l'esprit — la raison — peut fournir la notion de la matière.

En principe, l'esprit, toutes conditions supposées.

est capable de reproduire Tacte, ce qui permet cette autre formule :

La notion de l'esprit — la raison — peut reproduire la notion de l'acte.

Or, cette notion de l'acte, c'est la connaissance de la fonction, qui existe entre la liberté, la cause, et le bien, soit de la fonction entre le pouvoir, le moyen et le but.

L'être raisonnable se détermine pour une raison finale, pour un bien, en prévoyant et en mesurant FefFort qu'il lui faudra faire.

La cause, qu'est devenue l'être après sa détermination, après sa résolution, tire d'elle son effet par un acte qui lui est propre. L'effet est un reflet métaphysique, un reflet actif de la cause, si on isole la cause et l'effet.

Comme l'effet est un reflet de sa cause, la raison d'un être est aussi un reflet de la Raison qui est l'Être, qui est l'Absolu.

Les mondes inférieurs alors se conçoivent comme reflétant les actions sur eux des mondes supérieurs, les relations de haut en bas, étant des relations invisibles de causes à effets.

La cause, enveloppant l'effet, peut reproduire et peut absorber l'effet : l'esprit peut recommencer l'acte, la matière peut retransmettre l'action ; mais

les réciproques sont impossibles en vertu de (10) — moins ne peut donner plus. On a donc ces formules :

13° La cause absolue peut reproduire l'effet.

14° La cause absolue peut absorber l'effet, et

15° L'effet ne peut reproduire la cause.

16° L'effet ne peut absorber la cause.

La somme de réalité d'une cause et de ses effets reste constante, ses effets étant comme le détachement en elle-même de réalités infiniment petites par rapport à elle, cela au point de vue le plus strict, et non aux points de vue conventionnels. On conçoit que le tout donne ainsi ses parties, qui toutes isolément n'arrivent pas en masse à le reconstituer.

C'est la raison qui intervient comme cause pour se faire en elle-même un tout quantitatif, une somme numérique, avec des parties ; mais les — touts — naturels ne sont de simples sommes que par abstraction.

En vertu de — moins ne peut donner plus — , on peut encore dire :

17** La quantité ne peut donner la qualité.

Hormis, en sous-entendu, la qualité inférieure qu'est la quantité même, quantité qui est capable d'être qualifiée par une ordination au-dessus du

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nombre, qui est capable de former par une qualité nouvelle comme de nouveaux nombres d'un autre ordre, des unités nouvelles.

Par exemple, au-dessus de l'ordre quantitatif, il y a l'ordre géométrique, puis l'ordre mécanique, puis l'ordre organique, puis l'ordre psychique.

Autres expressions causalogiques.

On aura des expressions qui contiendront la forme du temps, si on fait intervenir la notion du devenir. 18° Moins ne peut par lui-même devenir plus. 19° La matière ne peut devenir l'esprit. 20° Quelque chose — cause phénoménale — ne peut devenir par lui-même ni plus, ni moins. 21° Quelque chose ne peut devenir par luimême autre chose.

22° Quelque chose — cause phénoménale — ne peut donner plus par lui-même.

23° Quelque chose ~ cause phénoménale — peut donner moins comme eifet phénoménal.

Ces dernières formules revenant à dire : quelque chose est identique h lui-même, quelque chose ne peut donner que ce qui est contenu en lui-même, se ramènent aisément à l'identité.

Si cependant la raison de l'homme intervient

comme force de transformation, quelque chose peut devenir plus à l'aide de cette force.

De même que le changement de nature de — quelque chose — exige une force au-dessus de lui, de même le changement de nature de — quelque être vivant, — de quelque être existant du devenir, ne peut se faire que par l'influence d'une puissance supérieure, qui lui offre, qui lui suggère, l'intuition d'un progrès, et qui fait appel a son effort en lui découvrant une voie, une orientation meilleure.

Quelque être vivant — pourrait donc être substitué à — quelque chose — dans ces formules, en mettant à la place de — par lui-même — par son libre vouloir, sans l'intuition d'une idée nécessaire ; d'où :

24° Quelque être ne peut devenir meilleur ou plus parfait par son libre vouloir sans l'intuition d'un bien.

Ce — quelque chose — peut sous certaines réserves être encore — quelque idée :

25° L'idée de la matière ne peut par ellemême donner l'idée de l'esprit.

26° L'idée d'un être vivant ne peut par ellemême donner l'idée de Dieu.

L'idée d'un être vivant doit servir du reste à ma-

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térialiser et à figurer Tidée de Dieu, une idée ne pouvant s'exprimer qu'en se liant k d'autres.

Sans procéder tout à fait des idées qui la lient, une idée nouvelle doit chercher pour s'exprimer les idées les plus voisines, les idées qui eu sont le chemin préparé.

Toutes ces formules causalogiques peuvent être éprouvées en essavant de prendre leur contraire, qui est leur négation. Si l'on ne voit pas immédiatement l'absurdité, en appliquant cette contradiction à quelqu'une des autres formules solidaires, l'absurdité deviendra manifeste, et on reconnaîtra que l'homogénéité doit entraîner la négation de toutes et supprimer l'identité logique ou l'intelligibilité de la proposition.

Ainsi : dire que — l'idée de la matière peut donner par elle-même l'idée de l'esprit — revient à dire que l'idée de l'inconscient peut donner l'idée du conscient, qu'une idée peut donner ce qu'elle ne contient pas, et cela par elle-même, qu'une raison peut aboutira la non-identité intelligible, en posant : €/ue r inférieur peut donner le supérieur, que moins peut donner plus.

Quelque chose est cause par rapport k une autre, parce qu'elle la donne et qu'elle la subordonne, et elle peut elle-même être effet par rapport k ce tout qui l'enveloppe k son tour, ou par rapport k ce principe qui la qualifie.

Tout ce qui ne paraît pas changer, tout ce qui paraît demeurer identique, et par suite ce qui paraît antérieur, est d'abord entrevu comme cause, tandis que tout ce qui paraît changer et tout ce qui paraît en devenir, et par suite, ce qui paraît postérieur, est en même temps entrevu comme effet.

Les êtres vivants, sous le changement plus ou moins continu, ne laissent pas d'être des causes déjà profondes, alors que les corps bruts sous leur fixité apparente, persistance moyenne de masses, ne sont que des causes de forme en tant que bruts. Il y a loin quant k la causalité de l'expérience sensible k la raison pure.

Ceux qui ne sont pas métaphysiciens ne se soustrairont pas sans peine aux illusions de l'expérience, quoique les illusions de la vue leur montrent que la raison est capable constamment de les éliminer.

Il faut avouer qu'il y a de singulières lacunes entre la cause que requiert la raison pure et entre la cause du sens vulgaire.

Dans l'application, des distinctions extrêmement

délicates, subtiles, difficiles, sont nécessaires entre les causes comme entre les raisons, et ces distinctions réclament de longs développements métaphysiques.

Ni le concept de cause, ni celui de raison, ne doivent être rétrécis, tous leurs sens communiquant entre eux et pouvant se réduire l'un k l'autre. On ne saurait appeler autrement que raison ce qui est raison, ni autrement que cause ce qui est cause. La cause matérielle d'Aristote se ramènerait à la quantité, ou au nombre des unités pures ; la cause formelle, à l'ordre que prennent ces unités ; la cause ejj/iciente, au pouvoir organisateur, à l'injluence directrice ; la cause finale, au but que se propose cette volonté.

Il y a la cause primordiale, l'alisolu définitif; il y a les causes absolues émanantes en tant qu'êtres, il y a les causes volontaires afférentes à leurs actes, il y a les causes phénoménales et il y a les causes relatives qui les représentent et qui les expliquent.

Le développement dans le monde de la cause pri^ mordiale, qui est l'Être suprême, qui est la Raison vivante, ferait en théorie logiquement comprendre la hiérarchie des causes, qu'on peut encore appeler réelles, par la hiérarchie des vivants, c'est-à-dire des ordres, et empêcherait de les confondre avec ces

causes secondes, avec ces causes relativement apparentes, résultantes d'actes, dérivées d'actions globales, qui sont les lois physiques, quelque fixes du reste qu'elles puissent paraître dans la nature élémentaire.

Ces principes de causalogique, qui remontent k une définition, absolue et réciproque, de la cause et de l'effet, peuvent permettre de porter, pour ainsi dire en trois mots, des jugements décisifs au nom de la raison pure sur la validité de bien des systèmes qui prétendent k tort se réclamer d'elle, que ce soient des systèmes scientifiques, des systèmes philosophiques ou même des systèmes sociologiques.

Tel principe dont on a vu la déduction : la matière ne peut donner l'esprit — , est particulièrement dur pour plusieurs systèmes modernes.

Les principes de raison morale et de raison scientifique, qui vont suivre, ne feront d'ailleurs que les confirmer et les compléter en définissant les autres aspects de l'acte.

Tous doivent fournir des règles pour ordonner des conceptions synthétiques qui domineront l'expérience matérielle et qui lui donneront sa signification intelligible.

Des vues métaphysiques, qui ne sont pas d'une évidence immédiate, en s'appuyant sur eux, trouve-

ront leur preuve avec une extrême simplicité ou se présenteront comme les plus probables.

Ce sont surtout les trois formules fondamentales (7), (8) et (10) qui sont susceptibles d'application fréquente ; mais dans l'ordre des phénomènes, leur application doit être faite d'une façon d'autant plus judicieuse, que l'équivoque est plus à redouter quand on introduit des déterminations qui sont en dessous de la haute généralité.

En effet, alors que les formules mathématiques ne sont que quantitatives, ne s'expriment que par le verbe unique d'égalité simple, les formules métal#giques sont qualitatives, et, par la substitution de verbes divers, ont un ressort de conception illimité, de sorte que la subordination de l'effet à la cause peut comporter une infinité de caractères et une infinité de modes.

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