‹ Essai philosophique [microform]. Quel est le point de vue le plus complet du monde? et Quels sont les principes de la raison universelle?Chapitre 9 sur 14 · V. - PRINCIPES DE U RAISON SCIENTIFIQUE · texte numérisé non relu

V. - PRINCIPES DE U RAISON SCIENTIFIQUE

PIIÉNOLOGIQUE

Sur quels principes va maintenant se fonder la raison scientifique qui est la raison des phénomènes?

Dès qu'on entre dans l'ordre des phénomènes, le changement externe est posé par l'expérience sensible. Le temps et l'espace interviennent pour définir ce changement comme les conditions de sa représentation et comme les conditions de l'existence phénoménale. L'espace existe indépendamment de toute forme particulière de sensibilité, de toutes espèces de sens, en tant que possibilité de Vaction, et de même existe le temps qui est la condition du renouvellement de faction entre les unités naturelles.

La conséquence du changement dans le temps et dans l'espace, c'est le mouvement. 11 faut dire par suite que le premier principe scientifique, c'est l'affirmation, sans alternative, du changement externe : du mouvement.

Donc :

1° Le mouvement existe.

L'acte, chez l'être, dans la conscience, devenir subjectif, changement interne, se continue hors de lui par le changement externe, par le mouvement, et passe au rang anonyme d'action.

De ce passage, on déduit ces deux formules :

2° Tout acte aboutît au dehors à un mouvement.

Le changement de mouvement est le cas général, étant donné qu'il y a mouvement initial.

3° Toute action consiste dans le mouvement.

Les êtres, à moins de s'identifier, ne peuvent communi(|uer entre eux que par le mouvement, ou que par la raison, que par la Raison qui est l'Être ; mais cela ne veut pas dire qu'il n'y ait que les communications des sens définis qui perçoivent certaines vibrations; il y a toutes communications superficielles d'atomes k atomes, de monades à monades, de centres à centres, d'unités vivantes à unités vivantes, qui ont lieu sans pénétration absolue, — car cela est impossible sans identification.

Les êtres, ne se transmettant les uns aux autres que des mouvements, ne s'exprimeront encore des phénomènes qu'à la condition que la raison universelle, réunissant ces données infinitésimales, reconstruise, avec les effets, les causes et les raisons, comme les hommes, qui savent lire une langue commune, reconstruisent les idées avec les lettres qu'ils échangent. Une fois de plus, on voit la nécessité de la raison universelle.

Si les intelligences se trouvent en harmonie par la raison universelle, elles ne communiquent effectivement que par le mouvement, mais non pas que par les sens. Deux armées en masses ne prennent contact que dans une large vallée ; mais des soldats-

isolés, des éclaireurs ont pu communiquer individuellement dans la montagne ; mais les chefs d'armée eux-mêmes auraient pu se donner rencontre. Avant de poser des formules, il est, qu'on veuille bien le reconnaître, de toute nécessité de concevoir ce qui peut en faire l'objet, les termes à relier; on ne saurait discuter avant d'avoir conçu, et on devrait, avec une semblable prétention, se borner à dire : l'être est et le non-être n'est pas ; ou, le nonêtre est et l'être n'est pas. Ce qui est également faux par insuffisance de conceptions préalables.

C'est pourquoi nous présentons constamment des conceptions qui permettent une pénétration suffisante de l'esprit.

Nous pouvons dire après ces explications : 4° Les êtres communiquent entre eux par le mouvement.

En dehors de l'Être immuable qui peut identifier les êtres en lui (ce qui n'est plus de Tordre des phénomènes d'aucune nature, même transcendante), les êtres ne peuvent communiquer entre eux que superficiellement par le mouvement, que ce soient des atomes, monades les plus obscures, des monades dirigeantes, ou des vivants, et cela n'exclut pas pour cela des accords sympathiques. Des principes déjà vus exigent qu'un être simple reste lui-

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même, bien que sa valeur puisse croître par ses efforts.

Les intuitions pures et simples consistent par conséquent dans un mouvement reçu qui sollicite un changement d'orientation ; à part sont les intuitions innées et fixes, lesquelles sont le fond de la raison.

5° Les idées sont transmises phénoménalement par le mouvement.

En effet, les idées se reconstruisent par une série d'intuitions transmises comme des éléments caractéristiques. L'association de ces éléments ne laissera pas de dépendre cependant, et de l'entendement, et de l'imagination, qui en reconstituent rationnellement une idée ou des idées résultantes, avec des concepts et avec des images plus particuliers à un esprit.

De sorte que les idées, qui ne sont pas textuellement empruntées, mais qui sont transmises seulement comme en principes, ne se ressemblent jamais identiquement, et empruntent au moins des nuances à celui qui les repense comme siennes et qui, on peut le dire, les refait comme idées verbales.

La ressemblance peut se réduire à une analogie dans le fond.

Cela suppose encore que la volonté ne neutrali-

sera pas, ne faussera pas ces intuitions, ces orientations passives de l'esprit.

Nous disons : les idées sont transmises — phénomènalementy — car il faut réserver le pouvoir de l'Être divin, qui, préexistant partout où il y a existence, peut comnmniquer directement par le dedans une intuition d'un bien à tout être sans se transporter comme une monade.

A propos des monades, on peut se demander comment une monade dirigeante entre en communication à la fois avec un nombre incalculable d'unités qu'elle subordonne. D'abord, elle n'agit normalement en personne que sur les monades immédiatement inférieures, qui à leur tour ont leurs ressorts. Ensuite, les monades supérieures, prenant des vitesses inouïes, fort au-dessus de celle de la lumière, dans un temps fini peuvent être regardées comme enveloppant par une infinité de points de contact tout leur ressort, et principalement les parties affectées dans lesquelles se localise l'action.

Laissant de côté la genèse des idées pour celle des corps, reportons-nous au concept causalogique

connu — tout effet a une cause — et mettons ce principe sous la forme équivalente :

6° La condition nécessaire de l'effet est la cause.

En ce qui concerne le mouvement, la cause primordiale du mouvement, qui n'était pas, ou plutôt qui était autre, c'est l'acte dont ce mouvement est un effet; en tant que changement d'orientation, c'est l'acte d'une unité qui réagit par une autorotation, et en tant que passage du repos au mouvement, c'est l'acte de l'unité adverse sur l'unité passive.

Alors le principe précédent devient :

7° La condition nécessaire du mouvement est Facte.

L'acte créateur, qui a tiré de l'htre intégral l'unité, et qui l'a émise avec une vitesse initiale, est un acte a part, qui rentre dans la formule.

Si dans le mônie principe (G), nous substituons le terme phénomène au terme effet, et le terme être subsistant h celui de cause, nous obtenons le principe général de la raison phénoménale :

8° La condition nécessaire de l'apparence ou du phénomène est la subsistance de l'être dans l'ordre phénoménal.

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Ce principe s'applique à la fois à l'être qui perçoit et à celui qui est perçu, Tacte étant un dualisme.

Or, la subsistance de l'être dans l'ordre des phénomènes comprend : et sa subsistance dans le temps, et sa persistance dans l'espace.

Par suite, de l'expression (8) deux autres expressions se dérivent, qui sont le principe de la subsistance interne ou subjective, et le principe de la subsistance externe, objective, ou de la persistance.

A la subsistance interne correspond la conscience, et k la persistance externe correspond l'objet. D'où:

9° La condition nécessaire du phénomène est la subsistance de l'être dans le temps et dans l'espace.

10° La condition nécessaire de la conscience est la subsistance de l'être comme subsistance interne dans le temps.

11° La condition nécessaire de l'objet est la subsistance de l'être comme persistance externe dans l'espace.

Ils ont les corollaires suivants :

12° La conscience exige une continuité de temps,

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